Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /2008 16:07

UN APPEL DE BERNARD NEUVILLE, PERMANENT DE VIE & PARTAGES.



Les amis,
 
Je voudrais faire court. Ce n'est pas la première fois que je lance ce type d'appel mais nous n'avons pas le choix.
 
L'association vient d'avoir quinze ans. Elle a servi, comme elle a pu, des personnes touchées par le VIH durant cinq ans (à Nice et Bobigny) puis des sans-abri durant cinq nouvelles années (dans le vieux Nice puis à Paganini) avant de s'installer pour une dernière séquence de 5 ans à l'Ariane d'où, objectivement, elle vient d'être chassée.
Dans ce quartier où j'avais fait le choix de vivre, nous avons développé un service écrivain public ( plus de 700 dossiers ouverts depuis 2003, 2448 entretiens en 2007 au profit de 451 personnes) et une Epicerie Solidaire (600 familles bénéficiaires de l'équivalent de 200 000 repas).
 
 Longtemps, connaissant l'ambiance locale, nous avons tenté de vivre sans subventions publiques. En 2004, pour des raisons économiques justifiées, notre plus gros financeur privé a interrrompu brutalement son soutien (nous étions ainsi financés depuis 1995 par la rétrocession de 8% du chiffre d'affaires de ce petit producteur de sacs de sortie de caisse qui utilisait le logo et le projet de Vie&Partages comme argument de vente). Il nous a fallu dés lors nous tourner vers les pouvoirs publics qui sont en charge de la Politique de la Ville (quartiers en difficulté). Le Conseil Général, depuis quatre ans, s'est toujours refusé à nous soutenir. Il restait à la Ville, à la Région et à l'Etat de prendre leur part dans un contexte de réduction des aides aux associations.
 
 En 2005, j'ai pu avancer personnellement de l'argent à l'association pour boucler le budget. En 2006, pour assurer l'équilibre, j'ai démissionné de mon poste salarié à 3/4 temps. J'ai poursuivi mon travail bénévolement à temps plus que plein (les témoins ne manquent pas). En 2007, sur les 33000€ sollicités au titre du Contrat de Ville, nous n'avons obtenu que 14000€. Cette année là fut aussi celle de notre engagement dans le collectif Maison Blanche et du renforcement de notre implication quotidienne au sein du Réseau Education Sans Frontières. Et c'est en 2008 qu'il a fallu tirer les conséquences.
 
J'ai proposé à l'association de sauver l'Epicerie Solidaire qui employait 2 salariées et trois bénévoles au service de centaines de familles qui ne comptaient bien souvent que sur nous. L'association catholique MIR a pris la suite: nous lui avons cédé gracieusement le service (matériel, véhicule, dossiers, stocks) en contrepartie du maintien du service dans le quartier et de la sauvegarde des emplois. Je suis personnellement heureux pour le quartier et pour le personnel que cette solution ait été trouvée.
Pour ce qui concerne mon activité d'écrivain public, après avoir quitté le local que nous ne pouvions plus assumer à l'Ariane, nous avons été accueillis au 38, rue Dabray dans les locaux du PECOS où j'assure des permanences depuis le printemps.
 Je suis toujours bénévole et Vie&Partages est endettée à hauteur de 10000€: caisse de retraite complémentaire et loyers de l'Ariane impayés.
Côté recettes à espérer :
une créance en cours de recalcul auprès de l'Assedic à qui nous avons trop versé, la participation de nos usagers (adhésion annuelle) et les cotisations de nos amis.
 En 2008, vous avez été 158 à adhérer à l'association. Vous avez versé un peu plus de 5000€ à Vie&Partages. Voulez-vous nous maintenir votre confiance? Je viens de déposer une demande de financement à la Région et à la Fondation VINCI aux fins de solvabiliser les services rendus par l'association.
 
VOTRE SOUTIEN NOUS PERMETTRA D'ATTENDRE LES SUBVENTIONS, DE REVENIR PROGRESSIVEMENT A L'EQUILIBRE DES COMPTES ET DE FINANCER LE QUOTIDIEN (loyer du PECOS, frais de déplacement, de bureau, de téléphone ...). LA REALITE ACTUELLE DE NOTRE ACCOMPAGNEMENT, C'EST :
LE SUIVI DES FAMILLES DE RESF, LE SUIVI DES DERNIERES SITUATIONS REVELEES PAR L'OCCUPATION DE LA MAISON BLANCHE, L'ACCUEIL ET L'ACCOMPAGNEMENT DES PERSONNES QUI NOUS CONTACTENT A LA PERMANENCE ( des usagers de l'Ariane et du centre-ville).
JE ME PERMETS D'AJOUTER A CES ENJEUX : LA SECURITE D'EMPLOI D'UN PERMANENT DE 52 ANS A BOUT DE SOUFFLE SUR LE PLAN FINANCIER MAIS PLUS QUE JAMAIS MOBILISE POUR LE SERVICE DE PERSONNES QUI ONT BIEN SOUVENT EPUISE TOUTES LES AUTRES RESSOURCES...
 
 
Vous pouvez adresser votre cotisation ( à partir de 10€) à Vie&Partages - 38, rue Dabray - 06000 Nice
 tel. 06 68 59 81 59
 Parlez-en autour de vous !
 Nous tiendrons une assemblée générale le vendredi 22 août dans les locaux de la rue Dabray, de 17h30 à 19h. Merci ne nous faire savoir si vous souhaitez y participer ou si vous êtes candidat à un poste au sein du CA (3 postes à pourvoir).
 Le bureau désigné par le CA élira un(e) remplaçant(e) à la présidence de l'association suite à la démission, pour de graves raisons de santé, de notre amie Chantal MUNUERA.
 
 
Merci, du fond du coeur, au nom de l'association, de ses usagers et de moi-même, pour votre amicale confiance. Je vous rendrai compte du résultat de cette généreuse souscription.
 

 Bernard NEUVILLE, délégué de Vie&Partages

Par Rouges et Verts - Publié dans : Droits sociaux
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /2008 16:01

COMMUNIQUE DES ALTERNATIFS (Fédération des Alpes-Maritimes)

 

Les Alternatifs condamnent vivement la décision de maire de Nice, Christian Estrosi. Cette décision revient à expulser de façon brutale la CGT des locaux qu'elle occupe en plein cœur de Nice. Ces locaux ont une histoire : celle des Bourses du Travail à l’origine du mouvement ouvrier. Connus de tous les travailleurs et travailleuses de la région niçoise, ces locaux sont emblématiques des luttes populaires, de la défense des droits des salarié-e-s et du débat citoyen avec d’autres composantes syndicales et associatives.
 
   Les arguments développés par le maire ne tiennent pas.
Pourquoi ne propose-t-il pas une mise en sécurité par tranche de travaux en permettant à la CGT de rester sur les lieux ou un relogement provisoire digne de ce nom ?  Il s'agit en réalité de porter atteinte à un lieu important de représentation et d’action des travailleuses et des travailleurs de Nice et du département.


   Les Alternatifs sont solidaires de la CGT dans son action pour contrer cette attaque et s'associeront aux initiatives qui seront prises à ce sujet.

Pour la Fédération des A.M. des Alternatifs,
Bruno Della Sudda, porte-parole départemental

 

Nice, le 7 août 2008.

Par Rouges et Verts - Publié dans : Communiqués des Alternatifs
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 20:54

Malgré des rappels à l'ordre répétés du ministère de l'Enseignement supérieur, quatre universités sur dix soumettent leurs étudiants à des frais d'inscription en sus des droits d'incription légaux, accuse l'Unef qui menace de saisir la justice.

Selon un rapport du syndicat étudiant, publié mercredi, 35 universités sur 80 imposent à leurs étudiants des frais d'inscription illégaux.

Les frais d'inscription légaux sont fixés nationalement par arrêté du ministère de l'Enseignement supérieur. Ils s'élèvent à 169 euros pour la Licence, 226 euros pour le Master et 342 euros pour le Doctorat. Or rapporte l'Unef, 35 universités y ajoutent des frais illégaux allant de 9 euros à 16.000 euros.

"Nous avons recensé 35 universités, soit 40% qui pratiquent des frais d'inscription illégaux correspondant à des sommes réclamées en toute illégalité, en plus des droits de scolarité nationaux, cette situation n'est pas acceptable", a expliqué à l'AFP Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, résumant le rapport de son organisation révélé par France Info.

Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, ce rapport "n'est pas une surprise". Or quand "on connaît la situation financière des universités on peut se demander si la loi sur l'autonomie des universités, qui instaure un système de concurrence entre les universités, ne va pas accentuer ce phénomène des frais d'inscription illégaux", a-t-il déclaré à l'AFP.

La ministre, Valérie Pécresse, a affirmé, elle, à l'AFP que "l'autonomie ne touche pas aux règles sur les frais d'inscription: la loi est la même que les universités soient autonomes ou non" et "cette loi sera appliquée strictement comme l'an dernier". En attendant, elle a donné, "comme l'an dernier, l'instruction aux recteurs de saisir le tribunal administratif".

Les droits supplémentaires sont légaux seulement lorsqu'ils sont facultatifs, a précisé la ministre, en prenant l'exemple du "droit sportif facultatif qui permet aux jeunes de cotiser à une association sportive". Selon elle, "dans la liste publiée par l'Unef, il y a un certain nombre de situation de ce type".

Le président de l'Unef a souligné que "les frais d'inscription illégaux concernaient 60% des universités il y quatre ans: l'action que nous menons a donc commencé à payer mais ce n'est pas suffisant", a-t-il estimé, en ajoutant: "si la situation n'évolue pas, nous n'hésiterons pas à saisir les tribunaux administratifs".

L'université Aix-Marseille 3, première dans le classement de l'Unef avec 16.000 euros de frais d'inscription illégaux, a fait savoir mercredi que son conseil d'administration, le 20 juin dernier, avait "décidé de supprimer tous les frais pour prestations complémentaires", en précisant que "les données utilisées pour établir ce classement ont été obtenues à partir d'informations mises en ligne avant cette décision".

"Les informations sur lesquelles nous nous sommes basées sont celles données aux étudiants d'Aix-Marseille 3, jusqu'à mardi soir, notre intervention a permis de les faire réagir et je suis heureux d'apprendre que cette université supprime ces frais", a confié M. Prévost.

Les universités concernées sont: Aix-Marseille 3, Reims, Lyon 3, Amiens, Chambéry, Grenoble 2, Aix-Marseille 2, Strasbourg 3, Paris 9, Paris 1, Caen, Paris 3, Tours, Paris 2, Bordeaux 4, Lille 1, Toulouse 1, Versailles Saint-Quentin, Paris 4, Pau, Lyon 2, Nice, Montpellier 1, Paris 8, Perpignan, Littoral, Saint-Etienne, Grenoble 1, Rennes 1, Brest, Metz, Rouen, Nantes, Strasbourg 2 et Mulhouse.

Par Rouges et Verts - Publié dans : Education, formation
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 17:02

Les élus de l'opposition de gauche au conseil municipal sont inquiets pour l'arrivée du tramway à la Trinité. Inquiets que le projet du tracé est-ouest, ne retarde la réalisation de l'extension de la ligne 1, qui doit desservir la Trinité.

« Le projet de la ligne 2 a accaparé tous les commentaires, à cause de l'annonce un peu « bling-bling » d'un tracé qui emprunte la Promenade des Anglais » notent les opposants Gérard Marti, Adeline Mouton, Chantal Carrie et Ladislas Polski. Selon eux, il faut « exiger que le projet d'une ligne 2 filant jusqu'à Cagnes-sur-Mer ne renvoie pas aux calendes grecques le prolongement de la ligne 1 jusqu'à notre commune ».

« Pas de calendrier précis »

Ce à quoi le maire et vice-président de la Canca, Jean-Louis Scoffié répond :

« Rien n'a changé dans nos priorités. L'extension n'est pas en péril, mais il n'y a pas de calendrier précis. Nous en sommes toujours aux études de faisabilité. La priorité reste de transporter des actifs. On avait évoqué 2015 comme date butoir pour la réalisation de l'extension de la ligne 1, 5 à 6 ans pour conclure un tel projet me paraissait raisonnables ».

L'élu rappelle qu'un projet de requalification urbaine avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) avait été conclu, à condition que le tramway desserve le quartier de l'Ariane à l'est de Nice :

« Difficile de revenir sur un tel dispositif ».

Autre signe en faveur de l'extension plus au nord de la ligne actuelle : la prochaine transformation de la Canca en communauté urbaine. Elle amènerait une manne financière supplémentaire de l'Etat, permettant d'accélérer les travaux et de les mener à terme en six ans au lieu de douze ou quinze comme initialement prévus.

P. C. Nice-Matin
Par Rouges et Verts - Publié dans : Alternatifs du Paillon
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 16:51
 Pierre Khalfa – juillet 2008

Le mouvement altermondialiste, qui prolonge des mouvements antérieurs, a une dizaine d’années d’existence. C’est à la fois beaucoup au regard du temps médiatique et même pour une vie humaine, mais peu par rapport aux processus de longue durée qui structurent les évolutions de nos sociétés. Il n’en reste pas moins qu’un bilan s’impose pour un mouvement qui a connu déjà plusieurs phases. Un débat est aujourd’hui en cours à l’échelle internationale pour essayer de résoudre des difficultés qui sont ressenties plus ou moins confusément.

Un nouveau moment historique

1. Le mouvement altermondialiste a commencé par être un mouvement de résistance globale qui s’est manifesté, à partir de Seattle fin 1999, par toute une série de grandes mobilisations à l’occasion des réunions des institutions internationales : Prague, Nice, Gotëborg, Gènes, Barcelone… Il a représenté une rupture dans les rapports de forces mondiaux, et ce de deux points de vue. D’une part, apparaît politiquement ainsi à l’échelle mondiale un mouvement de contestation globale. D’autre part, alors que le néolibéralisme apparaissait idéologiquement hégémonique, le mouvement s’en prend frontalement à ses fondements, participant à sa délégitimation, rentrant ainsi en résonance avec les préoccupations des peuples. Alors que le néolibéralisme affirmait qu’il n’y a pas d’autre alternative (le TINA de Margaret Tatcher), le mouvement affirme qu’« un autre monde est possible ».

2. La seconde phase du mouvement commence avec le premier Forum social mondial (FSM) en 2001. Elle est caractérisée à la fois par un élargissement considérable, par le biais des Forums, des forces participantes au mouvement, par un impact accru auprès des opinions publiques, et par le début d’élaboration de propositions alternatives. C’est la phase où le mouvement passe de l’anti à l’alter . Elle se situe dans un contexte marqué, après le 11 septembre, par la question de la guerre qui polarise l’activité du mouvement - manifestation mondiale du 15 février 2003 issue d’un appel au Forum social européen (FSE) de Florence -, et par le développement de fortes mobilisations au niveau national, notamment en Europe, sur les questions sociales - Hartz 4 en Allemagne, mouvement des retraites et CPE en France, article 18 en Italie, etc. -, qui illustrent le côté central de la question sociale.

3. Le mouvement altermondialiste présente alors un certain nombre de caractéristiques qui font son originalité. Il se veut un mouvement « citoyen », représentant l’intérêt général contre la logique de marchandisation généralisée portée par le néolibéralisme. Mouvement hétérogène, il est composé d’acteurs très divers qui débattent et agissent ensemble à partir de leurs préoccupations propres. Il est donc, par là même, présent sur de très nombreux terrains. Il fonctionne au consensus, considéré non point comme la recherche de l’unanimité, mais comme un moyen dynamique de débattre pour dépasser les divergences initiales. Il ne se pose pas la question du pouvoir politique, situant, pour l’essentiel, son action dans la sphère des contre-pouvoirs. Il est uni sur deux grandes lignes de forces : contre la marchandisation du monde, les droits des êtres humains doivent l’emporter sur le droit au commerce, la libre concurrence et, plus globalement, la loi du profit ; contre la puissance des marchés, il faut mener un combat permanent pour une participation effective, à tous les niveaux, des citoyens aux décisions qui les concernent.

4. Le Forum social est la forme historique qu’a pris le mouvement altermondialiste pour son apparition politique. La Charte des principes de Porto Alegre le définit comme « un espace de rencontre ouvert visant à approfondir la réflexion, le débat d'idées démocratique, la formulation de propositions, l'échange en toute liberté d'expériences, et l'articulation en vue d'actions efficaces, d'instances et de mouvements de la société civile qui s'opposent au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital et toute forme d'impérialisme, et qui s'emploient à bâtir une société planétaire axée sur l'être humain ». Le Forum social veut donc à la fois être un cadre de débat, permettre l’élaboration des alternatives et être un point d’appui pour les mobilisations. Son caractère ouvert et non délibératif lui permet d’incorporer en permanence des forces nouvelles. Par son mode de fonctionnement et les débats croisés qu’il impulse, le Forum social a permis de créer un embryon de culture politique commune faite de respect de la diversité, de mise en œuvre de processus de démocratie participative et de refus d’une structuration hiérarchique. Apparition de nouveaux paramètres Ce mouvement est aujourd’hui confronté à plusieurs problèmes qui, s’ils ne sont pas tous nouveaux, se combinent pour créer une situation inédite.

5. Si des coups d’arrêts ponctuels ont pu y être donnés, l’offensive néolibérale se poursuit et s’accentue, notamment au niveau national et européen. L’existence du mouvement altermondialiste n’a pas produit un renversement des rapports de force. Il ne peut éviter de traiter cette question centrale qui renvoie à son utilité concrète.

6. Mais cette offensive se déploie dans une situation où la légitimité du capitalisme néolibéral est remise fortement en question. Contrairement à ce qui se passait dans la décennie des années 90, il n’y a pas d’adhésion de masse aux idées néolibérales. La multiplicité des crises, la remise en cause permanente des droits sociaux, le développement impressionnant des inégalités, minent leur légitimité. La crise financière actuelle, qui risque de se transformer en récession, produit ses effets au sein même des classes dominantes. Elle a provoqué une levée de boucliers contre le comportement « irrationnel » de la finance, entraînant une flopée de discours sur la « nécessaire régulation des marchés » venant même des acteurs de la finance. Le débat sur la nature de la régulation à mettre en œuvre et sur les mesures précises à prendre va s’amplifier, obligeant le mouvement altermondialiste à apporter ses propres réponses faute de disparaître du débat public.

7. La crise des institutions financières internationales est aujourd’hui patente. L’OMC n’arrive pas à conclure le cycle de Doha et tend à être, de fait, remplacée par des accords bilatéraux de libre-échange. Le FMI, dont les plans d’ajustement structurels ont mené nombre de pays à la catastrophe, est en déficit et le nombre de pays qui font appel à lui se réduit très fortement. La Banque mondiale se cherche une nouvelle fonction après la crise qu’a entraînée la présidence de Wolfowitz, le projet de Banque du Sud renforçant encore cette interrogation existentielle. De plus, le G7, qui se voulait le directoire du monde, apparaît comme un lieu où rien d’important ne se décide. Dans cette situation, le mouvement altermondialiste se trouve dans l’obligation de préciser, devant la globalisation du capital, son rapport aux institutions internationales. Il était simple, face à des institutions jouant le rôle de vecteur de la mondialisation néolibérale de s’y opposer. Aujourd’hui alors que ces institutions sont souvent contournées par les Etats, le mouvement altermondialiste doit discuter plus précisément de quelles institutions internationales seraient nécessaires pour faire face aux multiples crises actuelles - crise financière, crise alimentaire, crise écologique -, qui ont toutes une dimension globale.

8. Si les questions écologiques étaient quasiment absentes au lancement des Forums, le développement de la crise écologique a entraîné une prise de conscience généralisée et ce thème occupe maintenant une place importante dans leur programme. Beaucoup reste cependant à faire pour traduire cette préoccupation en actions concrètes, en politique d’alliances et en stratégies d’action, même si des progrès notables ont été faits.

9. Le développement des politiques sécuritaires tous azimuts, se traduisant notamment par le fichage systématique des citoyens, la multiplication des mesures contre les immigrés, remettent en cause des droits démocratiques élémentaires. Loin de se combiner avec la démocratie, l’extension du règne du marché s’accompagne de politiques répressives visant à maintenir l’ordre néolibéral. Le combat démocratique, la lutte pour les libertés doivent, plus que jamais, être intégrés au combat altermondialiste.

10. Le rapport au politique tend à se poser en termes nouveaux. L’alternance au pouvoir de partis conservateurs néolibéraux et de partis sociaux-démocrates convertis au social-libéralisme ne peut être acceptée sans conséquences sérieuses sur l’impact même du mouvement altermondialiste, ce d’autant plus que les mouvements sociaux et citoyens peinent à bloquer durablement les politiques néolibérales. De plus, l’existence de gouvernements, notamment en Amérique latine, qui se réfèrent explicitement à l’antilibéralisme, pose la question des rapports que le mouvement doit entretenir avec eux. Comment le mouvement altermondialiste peut-il redéfinir un rapport au politique qui préserve à la fois sa diversité et son unité, et ne reproduise pas les schémas du passé dont on sait qu’ils ont mené à l’éclatement et à l’échec ? Le processus des Forums à la croisée des chemins

11. Le processus des Forums sociaux a connu un élargissement continu, tant par les zones géographiques qui sont rentrées dans le processus (sous-continent indien, Afrique, Etats-Unis), que par les forces nouvelles qui s’y sont engagées (mouvement écologistes, économie sociale et solidaire, nouvelles organisations syndicales…). Le processus du FSM continue donc de se développer. L’engagement de la Confédération syndicale internationale (CSI) en est une illustration. Cependant ce développement se heurte à plusieurs problèmes. Certains renvoient aux points qui viennent d’être évoqués, mais d’autres qui étaient présents dès la naissance du FSM sont le produit de contradictions internes.

12. L'incorporation de nouvelles forces dans le processus des Forums ne se fait pas toujours au même niveau. Pour une partie d'entre elles, il s'agit simplement d'être sur la photo et leur participation au Forum n'implique pas un engagement de long terme. Même pour celles qui, au contraire, considèrent leur participation au Forum comme un outil pour construire un travail politique en commun avec d'autres, il est souvent difficile, hors de moments ponctuels, de traduire cette volonté en actes. Un des risques des Forums sociaux est donc de se transformer progressivement en grandes messes, sorte de colloques sur l'état du monde, et de voir ainsi leur rôle politique dépérir peu à peu.

13. Ce constat amène à se pencher sur la deuxième fonction des Forums, celle de l'élaboration d'alternatives. Celles-ci ne peuvent naître ex nihilo de la simple confrontation durant les quelques jours que durent les Forums. Elles peuvent être explicitées et médiatisées pendant ce moment, mais, pour exister, elles supposent un travail continu pour les construire. Par définition, cela signifie un accord politique entre les mouvements pour le faire. La construction d'alternatives communes ne concernera donc qu'une partie des forces engagées dans les Forums. De plus, des mouvements pourront être d'accord sur tel sujet mais pas sur tel autre. La diversité du mouvement, qui est sa force, a un prix politique.

14. La difficulté s’accroît encore lorsqu’il s’agit de faire en sorte que les Forums servent de point d’appui aux mobilisations. Des organisations peuvent participer aux Forums pour débattre, confronter leurs points de vue et ne pas se poser la question des mobilisations à construire. De plus, au-delà même de divergences politiques éventuelles, chaque mouvement a ses propres axes d’intervention et il est difficile de trouver des priorités d’action qui soient communes à tous.

15. Les Forums ont permis l’approfondissement de la coopération entre des mouvements intervenant sur une même thématique par la mise en place de « réseaux ». Ces réseaux ont tendance à structurer de plus en plus l’activité des Forums, notamment au niveau européen. Si cette évolution est évidemment positive car elle permet d’ancrer les Forums dans des dynamiques concrètes, elle a l’inconvénient de participer à l’éclatement des Forums et peut entraver le développement d’une culture politique commune. La solution reste à trouver pour articuler activités thématiques et dynamique globale.

16. Les Forums sociaux reposaient sur un pari implicite : la dynamique du processus pourrait permettre la consolidation d’une culture politique commune, le rapprochement des points de vue, l’élaboration d’alternatives communes, la convergence des stratégies et la construction de mobilisations fédératrices. Force est de constater que cela a été rarement le cas et qu’il est très difficile de construire des processus de mobilisation dans le cadre des Forums. Le bilan de la journée mondiale d’action du 26 janvier 2008 résume les difficultés de l’entreprise. Décidée par le Conseil international (CI) du FSM, qui pour l’occasion rompait avec la doctrine qui avait prévalu jusque-là - le CI n’est théoriquement pas un organe décisionnel en matière de mobilisation -, cette journée s’est transformée progressivement en « FSM décentralisé ». Si les initiatives prises ce jour-là ont été très nombreuses, et si dans certains pays l’écho a été important, le mouvement altermondialiste n’a pas été capable, lors de ce rendez-vous, de faire la preuve de sa capacité à réellement mobiliser au niveau mondial, alors même que cette initiative était soutenue par la CSI. De même, les difficultés du FSE renvoient à des problèmes similaires.

17. Dans cette situation, trois orientations sont possibles. La première vise, avec quelques aménagements à la marge, à poursuivre sous la même forme le processus actuel des Forums avec l’argument, juste, que l’important est de maintenir la dynamique d’élargissement qui n’est pas allée à son terme. La deuxième orientation n’est pas contradictoire avec la première. Elle admet que les Forums ont leur utilité et doivent donc se poursuivre sous leur forme actuelle. Mais elle considère que l’important est ailleurs, car les Forums seraient incapables de répondre à la nouvelle situation, cet ailleurs pouvant prendre diverses formes suivant les protagonistes (postaltermondialisme, construction d’une « internationale », passage à la politique partidaire, etc.). Une autre orientation est cependant possible qui vise à essayer de prendre les Forums comme point d’appui pour répondre aux problèmes nouveaux que doit affronter le mouvement altermondialiste.

18. Cette dernière orientation est compliquée à mettre en œuvre car elle suppose de pouvoir prendre en compte deux aspects partiellement contradictoires des Forums, leur maintien comme un cadre large et leur élargissement d’un côté et, de l’autre, la possibilité d’élaborer des alternatives communes, de construire des axes de bataille et des processus de mobilisation qui ne pourront concerner qu’une partie des participants aux Forums. Il s’agit donc de créer des « coopérations renforcées » entre différents acteurs des Forums et de faire en sorte que l’organisation concrète des Forums permette leur existence.

19. Le processus de préparation des Forums est aujourd’hui essentiellement centré sur un mécanisme complexe de construction de moments de débats, leur foisonnement exprimant la grande diversité des acteurs présents et des terrains d’intervention couverts. Mais, dans ce cadre, les questions de stratégie sont traitées dans les interstices des Forums, à leur marge. L’Assemblée des mouvements sociaux est censée répondre à cette préoccupation. En fait, n’étant pas vraiment intégrée dans le processus du Forum, elle apparaît comme un simple événement qui s’y surajoute et n’est pas réellement préparée en amont pour aboutir à de réels résultats. Il faut donc revoir le processus de préparation des Forums pour que les questions de stratégie soient explicitement partie prenante du programme et de l’organisation des Forums. Le Forum ne doit pas être simplement la juxtaposition de moments de débats, mais doit permettre que se construisent des stratégies pour peser sur le cours des choses.

20. Il s’agit donc de faire évoluer le sens politique des Forums. Changer la configuration politique des Forums suppose un double accord politique : un accord pour que ce changement ne remette pas en cause le fait que le Forum, en tant que tel, ne prenne pas de décision, condition pour que toutes les forces y participent ; mais en contrepartie, il doit y avoir un accord politique pour que des « coopérations renforcées » puissent se mettent en place dans ce cadre, y trouvent les moyens pour exister et puissent bénéficier de la visibilité politique nécessaire. Il faut donc tenir une ligne de crête qui permette de combiner respect de la diversité politique des Forums et construction de stratégies efficaces.

Conclusion

L’avenir du mouvement altermondialiste n’est pas assuré. Il est placé devant le défi que constitue son utilité sur la durée. Il a d’abord exprimé un refus fondamental de l’état du monde. Ce refus a été et reste déterminant, car il clarifie les enjeux. Son problème actuel est de parvenir à être effectivement un mouvement qui aide à une transformation du monde.

Texte rédigé pour une introduction à un débat de l'Université d'été d'Attac-France
Par Rouges et Verts - Publié dans : Altermondialisme
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 16:45

On les appelle les « nomades du nucléaire ». Ils parcourent la France de centrales en centrales pour effectuer les travaux de maintenance dans les zones les plus radioactives. En quinze ans, leurs conditions de travail et de vie se sont dégradées. Et les experts craignent pour le bilan sanitaire des années à venir. Enquête sur ceux qui se surnomment « les esclaves du nucléaire »

« Le nucléaire ne m’intéresse plus, mais j’ai pas le choix. Faut bien gagner sa vie. » Philippe Caens a 41 ans, dont 20 passées au chevet des centrales nucléaires françaises. Electricien, il exerce son métier aux cotés des agents EDF, dont il partage les difficultés. Mais pas le confortable statut. Son employeur, la société Clemessy, est moins prodigue en avantages sociaux, moins généreuse en salaire.
Désormais attaché à la centrale de Flamanville (Manche), Philippe a aussi connu, pendant quatre ans, « les grands déplacements » à travers la France, de centrales en centrales. De 40 à 60 000 kilomètres parcourus chaque année au gré des arrêts de tranche, ces périodes où les réacteurs sont arrêtés pour maintenance. « Je suis divorcé, comme la plupart de mes collègues ».

Comme Philippe, ils sont 22 000 en France, chaudronniers, électriciens, soudeurs, robinetiers, employés par des sous-traitants. On les appelle les « nomades du nucléaire ». Beaucoup sont nés à proximité d’une centrale, dans des régions où, comme le Nord, le chômage dépasse largement la moyenne nationale. Ils connaissent par cœur les 58 réacteurs nucléaires français, répartis dans 19 centrales. Des milliers de kilomètres de câbles et de tuyaux à vérifier et à réparer dans les zones les plus radioactives.

Ces employés sont payés au Smic, auquel s’ajoutent les primes journalières, de 54 à 60 euros pour couvrir les frais de logement et de nourriture. « On essaie de faire de la marge sur les primes », raconte Philippe, qui avec ses 20 ans d’ancienneté, émarge à 10,50 euros de l’heure. Pour le logement, les plus vieux ont pu investir dans une caravane ou un camping-car. D’autres choisissent les hôtels bon marché, à plusieurs dans une chambre. Il y a aussi la solution du gîte, « c’est le moins désagréable, mais en période de vacances les prix explosent ». Il y aussi ceux qui dorment dans leur voiture, sur le parking de la centrale. « Ceux-là n’aiment pas trop en parler parce qu’ils ont honte, confie Philippe. Je me souviens d’un arrêt de tranche où le responsable des prestataires passait à 6H30 le matin sur le parking pour réveiller les gars ».

Autour des centrales, une petite économie locale s’est formée. Dans les campagnes ont fleuri les gîtes, et le long des routes, les marchands de kebab.

Au début des années 90, les sous-traitants assuraient 50 % des activités de maintenance des centrales nucléaires. Ce chiffre s’élève aujourd’hui à 80%. Une dizaine de grands groupes se partagent le marché. Parmi eux, Vinci, Areva, ou Suez. Ces multinationales disposent chacune de plusieurs dizaines de filiales. Pour un seul arrêt de tranche, 30 à 70 sociétés différentes sont amenées à coopérer. Cela représente plusieurs milliers de prestataires, et jusqu’à cinquante conventions collectives différentes à gérer.

La politique du moins disant
La direction d’EDF affirme appliquer « la politique du "mieux disant". » « Nous on dit que c’est au « moins disant », ironise Yves Adelin, ancien cadre d’EDF, responsable CGT. En fait EDF fixe officieusement un prix. Aux sociétés de proposer moins ».
Et quand le contrat d’une société n’est pas renouvelé, des salariés se retrouvent sur le carreau. C’est ce qui s’est produit en février à la centrale de Cruas (Ardèche). La société CIME qui employait 71 salariés a perdu son contrat au profit de la société Essor. Cette dernière s’était engagée à reprendre tous les employés. Mais au début du chantier, la promesse n’est tenue que pour 45 d’entre eux. Le 14 février, installés dans des caravanes devant l’entrée de la centrale, neuf prestataires ont entamé une grève de la faim pour sauver leur emploi. Elle a duré dix jours. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

Pour chaque contrat, EDF paie au forfait. A la société sous-traitante de gérer sa productivité, parfois à la limite de la légalité. Selon une enquête réalisée par le Centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique publiée en 2004, « les glissements de planning et des imprévus nécessitent des rattrapages qui peuvent se faire qu’en faisant passer la durée du travail de 8 à 10 heures par jour, en décalant le travail de jour en travail de nuit ainsi qu’en prolongeant le travail dans la semaine pendant le week-end. » Selon l’étude, 80% des prestataires interrogés en ont fait l’expérience.

En 1990 un arrêt de tranche durait entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui les plus longs durent un mois et demi. « Pour les arrêts simples, certains battent des records à 18 jours » précise Yves Adelin. EDF réplique : « la diminution de la durée des arrêts s’inscrit dans le cadre d’une volonté d’améliorer la disponibilité des centrales nucléaires d’EDF. »
Pour Yves Adelin, « en clair, 24 heures d’arrêt de tranche c’est une perte d’1 million d’euro pour EDF. Il y a 58 tranches par an en France. Faites le calcul. Sur toute la France si vous gagnez une journée d’arrêt de tranche, c’est 58 millions d’euros de gagné pour EDF. C’est pas des petites sommes ».

« Rien n’est calculé pour nous »
Marc Duboile, marié, un enfant, a 45 ans. Il est magasinier, salarié de la société Techman. Il travaille depuis huit ans dans le nucléaire : « Rien n’est calculé pour nous. On n’a pas toujours de place sur les parkings. Souvent, le premier jour du contrat on attend des heures que nos autorisations d’accès soient validées parce que pour plusieurs milliers de gars, il n’y a que deux ou trois guichets mis à disposition. Et puis, vous venez de faire 800 Km depuis chez vous et on vous dit qu’il n’y a pas de casiers prévus pour vous changer. Sans parler du matériel, on attend encore des heures avant de pouvoir travailler parce que EDF ne nous donne pas les outils ».

En 2006, l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, mandaté par EDF, alerte la direction : « J’ai été surpris, écrit-il dans son rapport, en arrivant sur certains sites en début d’arrêt de tranche de rencontrer des prestataires qui déploraient le manque d’outillages en zone nucléaire. Les marchés nationaux existent, et je m’interroge donc sur l’origine de cette carence qui donne dès le départ une piètre idée de l’organisation logistique des sites ».
La direction d’EDF reconnaît qu’aujourd’hui encore « des difficultés ponctuelles peuvent exister sur certains sites. »

Plus de 80% des prestataires veulent arrêter
Depuis 1996, le centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique effectue, à la demande d’EDF, une enquête annuelle sur le moral des nomades du nucléaire. Ces enquêtes sont confidentielles. Une seule a été présentée aux syndicats, en 2005. Elle établissait que 84 % des prestataires interrogés souhaitaient quitter l’industrie du nucléaire. La direction d’EDF confirme ce chiffre, mais s’en défend : « D’autres études montrent au contraire un fort taux de satisfaction de la part des entreprises prestataires du secteur nucléaire. Mais lorsque l’on demande de consulter ces enquêtes, la direction est gênée : « Elles ne sont malheureusement destinées à un usage externe. »

En 1993, 18% de ces « intermittents du nucléaire » présentaient une symptomatologie dépressive. En 1998 ils étaient 25%. Autre symptôme inquiétant, en 2003, la mutuelle de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) remarquait que 80% des feuilles d’assurance-maladie traitées prescrivaient des calmants.

« Pour les prestataires, c’est une souffrance sociale, observe Yves Adelin. Ils ont le sentiment d’être dévalorisés par rapport aux agents EDF. Pour les agents EDF c’est une souffrance psychologique. Ils ont honte de ce que fait subir la direction aux sous-traitants »

« On est là où ca crache »
A ces conditions de travail s’ajoute un autre problème majeur, sanitaire cette fois : l’exposition aux rayons radioactifs.
Le 4 décembre 1990, le conseil de l’Union européenne adopte la directive Euratom qui impose de diminuer la dose toxique reçue par les travailleurs du nucléaire, de 5 rems par an à 2 rems par an. Seulement quelques mois plus tard, en 1991, EDF publie le « Rapport NOC ». Ses auteurs préconisent de « généraliser la sous-traitance à toutes les activités qui peuvent l’être ». Simple coïncidence ? La direction d’EDF affirme qu’« il n’y a aucun lien ».
Pour Yves Adelin, de la CGT, « EDF avait tout intérêt à sous-traiter les postes les plus exposés. L’entreprise se dédouanait de sa responsabilité par rapport aux pathologies médicales à long terme ».

Les prestataires du nucléaire reçoivent 80 % de la dose collective d’irradiation subie dans l’industrie française du secteur. Cette dose est contrôlée sur chaque prestataire grâce à un film et à un badge dosimétriques qu’ils portent sur eux. Quand la limite est atteinte, c’est « la mise au vert », c’est-à-dire le chômage, en attendant que la dose redescende. « Alors pour garder leur boulot, il arrive que des gars dissimulent leur film et leur badge quand ils sont dans des zones où ça crache » confie Philippe Caens.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) effectue régulièrement des inspections dans les centrales, « mais le suivi des doses dépend de l’employeur. A chaque société de contrôler ses salariés », explique Evangelia Petit, de l’ASN.

« La loi impose aux employeurs de fournir une attestation d’exposition à leurs salariés, précise Michel Lallier, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires. Le problème c’est que les prestataires changent constamment de centrale et de société, du coup il y a une énorme confusion sur qui doit délivrer ces attestations. On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des gars qui partent à la retraite n’ont pas d’attestation sur la dose toxique qu’ils ont reçue durant leur carrière. Dans 10 ou 15 ans, quand les premiers cancers apparaîtront, ces employés ne pourront pas faire reconnaître leur pathologie en maladie professionnelle. »

A ce jour, aucune étude n’a été réalisée en France sur les risques cancérologiques qu’encourent les prestataires du nucléaire. « Je crains le pire, affirme Michel Lallier. Il n’est pas improbable qu’on se retrouve dans quelques années face à un problème comparable à celui de l’amiante » L’amiante a tué près d’un millier d’agents EDF. 5000 sont contaminés.

Alexandra COLINEAU

Cet article a obtenu le Prix 2008 de l'AJIS (Association des journalistes de l'Information sociale)

http://www.ajis.asso.fr/article.php3?id_article=1188

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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 21:46
La pauvreté varie en France selon les départements de 6 % à près de 19 %. Elle est plus forte au nord et au sud de la France.

La pauvreté touche plus particulièrement les départements du nord et ceux de l’extrême sud de la France où l’on compte entre 15 % et 19 % de pauvres*. L’Ile-de-France, l’Alsace, la Savoie et la Haute-Savoie ont un taux inférieur à la moyenne nationale (de 6% à 9,5 %).

La pauvreté ne concerne pas les mêmes catégories de la population suivant les territoires. Dans le Nord, la pauvreté se concentre d’abord dans les grandes agglomérations. Dans les zones urbaines, les familles nombreuses sont les plus touchées, en Languedoc-Roussillon et en Corse, ce sont plus souvent des familles monoparentales. En Aveyron, Lozère, Cantal, Creuse ou Gers, où le taux de pauvreté est proche de 13 %, les zones rurales sont les plus marquées et ce sont le plus souvent les personnes âgées, et non les actifs, qui vivent sous le seuil de pauvreté.

* Avec un seuil de pauvreté fixé à 60 % du revenu médian. Le revenu médian est celui qui sépare les ménages en deux, la moitié étant située au-dessus, l’autre au-dessous.

Source : Insee-DGI - revenus disponibles localisés 2004.

En savoir plus : Niveaux de vie et pauvreté en France (Insee première n°1162).


Source: http://www.inegalites.fr/spip.php?article789&id_mot=109

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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 15:52

Le ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement c’est le Ministère des colonies ! colonisation_aff.jpg

 

Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Or, le bilan positif de la colonisation alors que pendant plus de quatre siècles pendant lesquels la France a participé activement à la traite négrière, à la déportation des populations de l’Afrique sub-saharienne, a massacré et imposé sa loi sur des dizaines de peuples dont elle a pillé les richesses, cherché à détruire les cultures, les traditions, nié l’histoire et la mémoire.

 

Depuis des années nous assistons malgré les interpellations des citoyens et des associations, au silence assourdissant de l’Etat concernant sa responsabilité dans les crimes coloniaux, parallèlement à un retour des valeurs inégalitaires issues de la colonisation et au démantèlement du droit des étrangers.

 

Non, la colonisation n’a pas joué un rôle positif, car elle s’est toujours développée sur la violence, l’humiliation, la dépossession… La supériorité d'un peuple sur un autre: ce racisme comme fondement essentiel étant, est en soi inacceptable.

 

En créant un « ministère de l’immigration et de l’identité française », le gouvernement français met aujourd’hui en acte les idées développées par Nicolas Sarkozy dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar... C’est en fait la réintroduction d’un « Ministère des colonies » qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances de la « Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration » : « Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme “problème” pour la France et les Français dans leur être même ».

 

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies : rafles de sans papiers, contrôles d’identité au faciès illégaux, contrôles dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les préfectures... Il organise des centres d’internements (appelés centre de rétention) surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile et organise des descentes violentes dans les foyers comme . Au nom de « l’identité nationale » on démantèle le droit d’asile et on casse le droit au regroupement familial, les droits des enfants (définis dans les conventions internationales signées par la France).

 

L’utilisation de tests génétiques pour contrôler l’immigration constitue une mesure régressive profondément choquante, car elle vise à discriminer une certaine catégorie de la population, et ouvre insidieusement la porte au fichage génétique.

 

La politique de codéveloppement et d’immigration choisie débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles et la perte de la souveraineté économique, sociale et politique des pays d’immigration.

 

Le refoulé colonial amène la France sur une posture qui se traduit par un alignement sur la politique américaine au moyen-orient et la continuation de la politique de la Françafrique.

 

Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires, de plus en plus considérés comme des « territoires perdus de la République » qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des révoltes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à reprendre la loi sur l’état d’urgence utilisée durant la Guerre d’Algérie.

 

A l’occasion du 3ème anniversaire du vote de la loi sur la « colonisation positive » et dans le cadre de la 2ème semaine anticoloniale du 16 au 24 février 2008 nous appelons à un rassemblement contre cette politique qui bafoue les droits fondamentaux de l’Homme et traite les immigrés comme des criminels.

 

Tous ensembles exigeons : 

 

- L’abrogation des dispositions colonialistes de la loi du 23 février 2005

 

- La reconnaissance par l’Etat Français de sa responsabilité dans les crimes coloniaux.

 

- La fin des rafles et des expulsions, la régularisation de tous les sans papiers

 

- La suppression du Ministère de « l’identité nationale et de l’Immigration ».

 

Pour le collectif d’organisation de la semaine anticoloniale.

 

contact@anticolonial.org

 

Le collectif de la Semaine Anticoloniale regroupe une cinquantaine d’organisations

 

Premières organisations signataires de l’appel du 23 :

 

AFASPA, ATTAC, CADTM, Droits devant, MRAP, Survie, ZEP, Veto!, FETAF, Au Nom de la Mémoire, CEDETIM, PCOF, Les Alternatifs, Les Verts, MJCF, PCF, LCR, Collectif Génocide Made in France, Droits devant, RPS ( Régions et Peuples Solidaires), Réseau International Frantz Fanon, Cercle Frantz Fanon, Espace Marx, Coordination 75 des Sans Papiers, Fédération des Collectifs île de France de Sans papiers, Voir Démocratique ( Maroc), Caac Comores, Amicale Panafricaine, Plate forme panafricaine, FTCR, ATMF, COPAF….

 

Avec le soutien de l’UCIJ ( Unies contre l’immigration Jetable)

Par Rouges et Verts - Publié dans : Droits et libertés
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 15:35


Voilà 7 ans que l’équipe de Jean Louis Scoffié a été élue à la tête de la mairie de La Trinité. Nous pouvons aujourd’hui constater que la cheminée de la « peur » et de la « honte » est toujours là, posée, continuant à fonctionner.

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Rappel des faits

Pendant la campagne électorale des élections municipales en 2001, Jean Louis SCOFFIE et ses amis dits « écologistes indépendants» (comprenez « solubles dans la droite ») avaient alors mené bataille contre un projet de modernisation et de mise en normes de l’usine Gerland ainsi que l’aménagement paysager de l’entrée de la commune jusqu’à Bon Voyage. Il promettait avec ses sbires la disparition de l’installation et le départ prochain de l’Usine Gerland du territoire communal s’ils étaient élus. Une proposition irresponsable notamment pour l’emploi et le développement économique de la commune. Aujourd’hui, chacun peut juger sur pièce. La cheminée est toujours là. Bien pire, elle n’a pas été modernisée et continue à polluer autant, sinon plus, qu’il y a 6 ans.

 

Jean Louis Scoffié n’y a rien changé car il vous a menti.

 

Qu’en est-il des promesses faites en 2001 ? Pourquoi avoir menti et lancé de fausses rumeurs dans tout le quartier ? On le sait désormais: par pur électoralisme !

 

Le projet de l’époque ne prévoyait pas seulement l'installation de filtres à fumées sur la cheminée. Il programmait aussi une modernisation des abords de l’entreprise Gerland par la destruction des longs bâtiments grisâtres bordant la D2204 et un aménagement paysager agréable de l’entrée de la ville.

 

Jean-Louis Scoffié et Emmanuelle Fernandez-Baravex n’ont rien fait. L’entrée de ville par « Riba Roussa » ressemble toujours à un vrai « no man’s land » pour reprendre les mots de l’actuelle adjointe à l’environnement*.

 

LA MUNICIPALITE N’A RIEN FAIT POUR AMELIORER LE CADRE DE VIE DANS CE QUARTIER.

 

SCOFFIE A ENDORMI TOUT LE MONDE EN 2001. NE LE LAISSONS PAS RECOMMENCER UNE NOUVELLE FOIS !

  • dans une lettre ouverte au maire de La Trinité, datant du 19 septembre 2000, Emmanuelle Fernandez dénonçait vigoureusement le projet Gerland. Elle affirmait aussi que « le seul paysage du quartier Riba Roussa était dominé par les panneaux publicitaires et les herbes folles ». Elle n’avait pas tort ! Mais après sept ans de Scoffié, le quartier est toujours le même, rien n’a changé.
Par Rouges et Verts
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 15:29

Mardi, j'étais avec Louis Broch, le mandataire financier de notre liste à la préfecture pour le dépot des formulaires et autres papiers administratifs pour la validation de notre liste.

 

Ainsi je vous livre ci dessous les 33 personnalités qui se présentent avec moi pour gagner cette élection municipale. Il s'agit bien d'une liste de large rassemblement, composée d'hommes et de femmes engagés politiquement, syndicalement ou dans la vie associative. Tous les partis de gauche se sont donc aussi rassemblés pour apporter leur soutien et participer à la construction du projet municipal que nous vous soumettrons dans les jours qui arrivent.

 

Voici donc la Liste d'initiative citoyenne et de rassemblement de la Gauche et de l'Ecologie: 1. Gérard Marti , paysagiste 2. Chantal Carrié, militante associative, collaboratrice d’architecte 3. Ladislas Polski, médecin 4. Adeline Mouton, aide soignante, conseillère régionale 5. Alain Ragazzini retraité 6. Annie Roux, chargée de direction 7. Joel Cristofari Professeur agrégé d'Histoire-Géographie Militant syndical et associatif* 8. Jeanine Raimond-Buch retraité éducation nationale 9. Jean Christophe Cervantès fonctionnaire territorial 10. Céline Parola cadre administratif CHU Nice – Trésorière Animation La Plana 11. Michel Portagallo cadre La Poste 12. Annabel Gesrel – Becatini, enseignante – directrice école du Chêne Vert 13. Jean Michel Tonelli, conducteur ST2N 14. Marion Troyat enseignante 15. Stéphane Poulet, technicien supérieur, recyclage des déchets 16. Sabrina Missud, mère au foyer 17. Alexandre Ghipponi facteur, militant syndical 18. Virginie Parent secrétaire générale du journal Pays des Alpes Maritimes 19. Jack André Closse, agent immobilier 20. Christine Liegeois agent MEDAD (anciennement DDE) 21. Georges Courboulex retraité 22. Maryse Becatini, retraitée, ancienne résistante 23. Serge Piseli retraité cadre commercial 24. Claudette Borde, conductrice ST2N, responsable du comité du Logis Familial 25. Millon Alain, artisan 26. Diane Fernandez enseignante 27. Guy Gibello étudiant en histoire 28. Régine Masséglia, adjointe administrative hospitalière 29. Michel Massuco, jardinier paysagiste 30. Zucolela Sylvie secrétaire comptable 31. Gérard Filhol, technicien d’exploitation, président du FC La Plana 32. Dominique Launay, cadre de proximité, La Poste. 33. André Piva, ancien restaurateur.

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Par Rouges et Verts
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