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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 17:27
Mohammed al-Saghir Abu Sharar avait 37 ans quand la Hagana et les autres gangs terroristes juifs ont attaqué Al-Dawwayema, un village situé à 18 kilomètres au nord-ouest d’Al-Khalil (Hébron) en 1948.

 « Quand ils sont arrivés, ils ont commencé à tuer la population civile en masse, les hommes, les femmes et les enfants, » se souvient Mohammed, qui a maintenant près de 100 ans.
 « Ils ont tué tous les gens qu’ils voyaient. Ils ont brisé les têtes des enfants et ouvert les ventres des femmes à la baïonnette. Ils ont même violé certaines femmes avant de les assassiner. » Mohammed dit qu’un des chapitres les plus sanglants a eu lieu dans la mosquée. « C’était un vendredi et beaucoup des vieux étaient déjà à la mosquée locale pour la prière, » se rappelle-t-il. « Environ deux heures avant les prières, vers 10h ou 10h30, plusieurs véhicules transportant des hommes en arme sont arrivés. Ils nous ont mitraillés, tuant les 75 vieux. Il n’y a pas eu un seul survivant, » ajoute-t-il, les larmes aux yeux.
« Ensuite, ils ont commencé à aller de maison en maison, tuant des familles entières. La tuerie a forcé les gens à fuir vers l’est. Cependant, les hommes de la Hagana les pourchassaient, tuant davantage de gens. »
Dans son livre « All That Remains », Walid al-Khalid, historien palestinien incontesté, a écrit que Al-Dawayema avait une population de 3.710 personnes en 1945.
Le monde commémore le 15 mai le « Jour de la Nakba », lorsqu’Israël a été créé sur les décombres de notre pays.
Le 18 avril 1948, le groupe Irgun de Menahem Begin s’est emparé de la ville palestinienne de Tibériade, mettant en fuite ses 5.500 habitants palestiniens.
Le 22 avril, Haifa est tombée aux mains des sionistes et 70.000 Palestiniens ont fui.
Le 25 avril, l’Irgun a commencé à bombarder les secteurs civils de Jaffa, terrifiant les 750.000 habitants qui ont fui, paniqués.
Le 14 mai, la veille de la création d’Israël, Jaffa était complètement encerclée par les militants sionistes bien mieux équipés, et seuls environ 4.500 résidents sont restés.

Aucun refuge
Mohammed, qui vit maintenant avec sa famille dans le petit village d’al-Majd, à environ 7 kilomètres au sud-ouest d’Al-Dawayema, dit que des dizaines de familles ont cherché refuge dans une grande grotte appelée “Turel Zagh”. « Les Juifs leur ont dit de sortir, de se mettre en ligne et d’avancer. Et lorsqu’ils ont commencé à marcher, ils les ont mitraillés, » ajoute-t-il. « Une femme, l’épouse de Mir’ie Freih, a survécu au massacre en faisant semblant d’être morte. » Mohammed dit que les victimes du massacres furent ensuite ensevelies dans les puits de Bir al-Shara et Bir al-Sil. Son témoignage est corroboré par les historiens et chercheurs israéliens, à partir d’archives déclassifiées de l’armée israélienne et d’entretiens avec des vétérans de l’armée. L’historien israélien Benny Morris avait interviewé un participant au massacre, qui lui a dit qu’environ 80 à 100 personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été tués par « la première vague des conquérants.»
En 1984, un journaliste israélien a interviewé l’ancien Mukhtar (notable du village) de al-Dawayema, Hasan Mahmoud Ahdeib, et est revenu avec lui sur le site, pour la première fois depuis le massacre. Ihdeib lui a parlé des gens tués dans la mosquée et des familles assassinées dans la grotte, lui montrant le puits où les corps avaient été jetés. Quelques jours plus tard, le journaliste israélien a fait venir des ouvriers qui ont creusé et ont découvert les os et les cranes. En 1955, la colonie juive d’Amatzia était bâtie sur les ruines d’al-Dawayema. Aharon Zisling, le premier Ministre de l’agriculture d’Israël, avait comparé le massacre, au nom de code « Opération Yo’av », aux crimes nazis.

Mémoire vivante
Il y a quelques années, Mohammed et sa famille ont visité les ruines de son village, où son père, sa mère, son grand-père et ses ancêtres ont été enterrés. « Je suis resté là, en pleurs. J’ai vu notre maison, complètement délabrée. J’ai vu la pièce où mon père recevait les invités. J’ai vu les puits d’eau abandonnés. » Le vieux Palestinien centenaire espère toujours qu’il pourra revenir vivre dans son village natal. « Mon souhait reste inchangé, c’est de revenir dans mon village, d’y mourir et d’y être enterré. » A la question s’il accepterait une indemnisation pour sa propriété perdue, il reste un moment silencieux avant de répondre : « Ce n’est pas une question de propriété et de dédommagement, » dit-il. « C’est mon pays, mon histoire, ma maison, mes souvenirs d’enfance. Mes grands-parents ont été enterrés là. Vendriez-vous la tombe de votre père pour tout l’or du monde ? »

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Published by Rouges et Verts - dans Solidarité Palestine
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