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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 20:40

J’ai donné une interview au Journal du dimanche sur la gauche antilibérale. Dans la foulée, une dépêche de l’agence Reuters a inondé les rédactions avec un titre ahurissant : “ Clémentine Autain n’exclut pas un soutien à Ségolène Royal ”. Depuis samedi soir, me voici annoncée à la télé, à la radio ou dans Libération d’hier comme une nouvelle alliée de Ségolène Royal, prête à devenir ministre dans sa majorité ! Après m’être assurée que nous n’étions pas le 1er avril, je me suis inquiétée de la construction de l’information puisque les journalistes (ou apparentés) semblent, et particulièrement le week-end, se recopier les uns les autres sans davantage de réflexion ou de vérification. En réalité, j’ai juste réaffirmé dans cet entretien dominical que je voterai pour le ou la candidat-e de gauche présent au second tour de la présidentielle, pour battre la droite ou l’extrême droite. La dépêche insinue également que je serais prête à participer à un gouvernement dominé par le PS. Là encore, ma position n’a pourtant pas varié. Le PS n’a pas fait le choix de rompre avec les politiques économiques libérales menées depuis vingt-cinq ans dans ce pays. Or, les collectifs antilibéraux veulent s’affronter à la logique du profit et de la concurrence, et développer les services publics, les protections sociales, les droits attachés à la personne, les libertés. Si je ne confonds pas droite et gauche, je ne participerai pas à un gouvernement dominé par le PS, dans son orientation actuelle. Ce n’est pas une posture, celle qui consisterait à ne jamais se confronter aux responsabilités - je suis d’ailleurs élue à Paris, en charge de la jeunesse – et de se cantonner à une logique de pure contestation mais la conviction que participer à un gouvernement n’a de sens que si la ligne politique commune permet de transformer la société. La question est donc : ministre, pour faire quoi ? Si les bases politiques d’une alliance gouvernementale ne permettent pas de changer les conditions d’existence du plus grand nombre et de mener les ruptures nécessaires au partage des richesses, des pouvoirs, des savoirs et des temps, à quoi bon ? Je suis donc furax des raccourcis journalistiques. Et je pense que ce bug en dit long sur la vague médiatique en faveur du duel Sarkozy/Royal. C’est comme si nous étions décidément toutes et tous sommés de rejoindre Ségolène Royal, comme happés par son ascension ! A-t-on le droit de rester soi-même, fidèle à une orientation politique et de ne pas courir après ce qui, à un moment donné, apparaît comme le sens du vent ? Je reste convaincue que le rassemblement de toutes les forces antilibérales est le seul moyen de faire vivre une gauche de transformation sociale.

 

Clémentine Autain

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Published by Rouges et Verts - dans Alternative antilibérale
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