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Mobilisation

9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 18:45

MEETING BOVE A NICE :


PARI REUSSI 

 

    C’était un choix, c’était un pari : le meeting Bové dans les Alpes-Maritimes a eu lieu dans le quartier de l’Ariane au nord-est de Nice, le plus emblématique des quartiers populaires de la Côte d’Azur.

    La salle du théâtre Lino Ventura, dont la direction et l’équipe ont fait au mieux pour accueillir le meeting dans les meilleures conditions possibles, était pleine (640 places assises, plusieurs dizaines de personnes debout en plus).  Bien sûr, une large majorité du public est venue des quatre coins du département, de Grasse à Menton en passant par les vallées du moyen et du haut-pays. Mais il y avait aussi des habitantes et des habitants du quartier, une cinquantaine environ, jeunes et moins jeunes, dont des lycéen-ne-s, présent-e-s aussi.

 

    Le meeting en lui-même, festif et animé, a bien reflété -un peu comme à Aubagne mais avec un tonalité moins militante du côté d’un public plus attentif qu’enthousiaste- la diversité des hommes et des femmes partie prenante de la campagne Bové.

    Présenté-e-s par Pascale Gacem (courant unitaire de la LCR) et Florence Ciaravola (Alternatifs), les intervenant-e-s se sont succédé-e-s dans un premier temps, entrecoupés par les intermèdes musicaux et les vidéos (José Bové en Palestine, au Chiapas...)

   

    Bruno Della Sudda (Alternatifs, conseiller municipal de Nice et représentant de la gauche au conseil de quartier de l’Ariane) a ouvert le meeting (voir 2e partie de cet article), suivi de Dominique Buffoni, représentant de l’intersyndicale (SUD-CGT-FO-CGC-CFDT) des salarié-e-s en lutte de l’hôpital Sainte-Marie, à qui une délégation du comité Bové 06* avait rendu visite pour apporter le soutien de José Bové à l’occasion de leur manifestation intersyndicale l’après-midi même.
    On a pu entendre ensuite Rémy Jean (courant unitaire de la LCR) expliquer l’engagement de son courant dans la campagne Bové, puis Anne-Marie Dubois (adjointe Alternatifs au maire de Bendejun, village du Haut-Paillon) qui a évoqué les mobilisations citoyennes en défense de l’environnement dans la vallée du Paillon.
    Nordine Iznasni (du Mouvement Immigration Banlieues, et l’un des porte-parole nationaux de la campagne) sur la conditions des jeunes et des moins jeunes issu-e-s de l’immigration, et Eddy Malausséna (AlterEkolo, maire de Villars-sur-Var et conseiller régional PACA) sur les politiques publiques locales du développement durable et de l’aménagement du territoire. Puis Laurent Bouvier (Électrons Libres) a rappelé l’existence de mobilisations citoyennes à Nice, en particulier sur la question du logement et évoqué le rôle des Électrons Libres dans la mise en route de la campagne Bové. Enfin, Philippe Mouradian (conseiller municipal de Biot et conseiller de la Communauté d’Agglomération Antibes-Sophia Antipolis) a pris la parole pour les communistes unitaires qui ont fait le choix de la campagne Bové plutôt que le repli sur une « candidature de parti ».

 

    Au milieu des interventions, Luc Chesnel (AlterEkolo) et Franck Gaye (l’un des principaux animateurs du mouvement altermondialiste dans le département), ont animé la séquence de trois questions posées au candidat, questions auxquelles José Bové et Claire Villiers, fondatrice d’AC ! (Agir Ensemble contre le chômage) et conseillère régionale en Ile-de-France sur la liste conduite par Marie-George Buffet aux élections régionales de 2004, l’une des porte-paroles de la campagne au niveau national, ont répondu.

 

    Enfin, ce sont José Bové et Claire Villiers qui ont conclu la soirée par des interventions plus générales sur le sens de cette campagne, avec à la clé la proposition faite par José Bové de remplacer le ministère de la justice par un  Conseil Supérieur de la Justice totalement indépendant du gouvernement.

 

    Un classique à Nice : la fin du meeting s’est faite en chantant Bella Ciao, et beaucoup ont laissé leurs coordonnées en sortant pour être associé-e-s à la suite de la campagne.

 

    En plus des très nombreux encouragements prodigués par un public visiblement satisfait et heureux de cette soirée réussie, on retiendra l’excellente couverture de presse locale du meeting, bien au-delà de ce qu’on imaginait : tous les organes de presse écrite ou audio-visuelle étaient là, hormis le « Patriote Côte d’Azur », il est vrai organe de presse de la fédération locale du PCF.

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(*) Lors de cette manifestation, en plus de la mention du soutien du PCF, le comité Bové a été invité à prendre la parole devant le rassemblement de l’intersyndicale, par l’intermédiaire de Bruno Della Sudda, avec une délégation composée de  Juliette Chesnel (conseillère régionale PACA, AlterEkolo), Jean-Pierre Kluth, Françoise Michel, Radija Arabatziane, Pierre-Paul Danna et Bernadette Bouchard

 

PS. Un dvd de la soirée a été réalisé, la vidéo sera sur le site www.unisavecbove.org très prochainement

 

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INTERVENTION DES ALTERNATIFS AU MEETING DE JOSE BOVE

 

    Pourquoi les Alternatifs sont-ils aux côtés de José Bové ?

    Rouges et verts, féministes et autogestionnaires : c’est ainsi que les Alternatifs se définissent. Or la campagne de José Bové, c’est une campagne très rouge : on y parle beaucoup de propositions sociales, et c’est le moins qu’on puisse faire dans la situation actuelle. C’est aussi une campagne très verte : l’écologie y est très présente. C’est aussi une campagne féministe, comme on l’a vu à l’occasion de la Journée Internationale des femmes le 8 mars, et à propos de la nécessité d’une loi contre les violences faites aux femmes. C’est enfin une campagne où l’on parle beaucoup de démocratie, parce qu’il faut changer complètement ce système politique à bout de souffle, transformer radicalement la démocratie représentative et construire une vraie démocratie active.

    C’est pour toutes ces raisons, mais aussi pour d’autres raisons encore que nous sommes pleinement engagé-e-s dans la campagne de José Bové.

    Parce que José Bové est un candidat atypique, différent : il est le seul à être à la fois clairement à gauche et écologiste, sans être un professionnel de la politique.

    Il est le seul, pour lequel s’engagent des hommes et des femmes issu-e-s de toutes les couleurs de la gauche.

    Enfin, c’est un animateur du mouvement altermondialiste connu dans le monde entier, en Amérique Latine, en Inde, en Palestine comme en Afrique, ce mouvement altermondialiste qui est le grand mouvement d’émancipation apparu en 1999 et qui se développe partout dans le monde, au Nord comme au Sud.

 

    Mais pourquoi sommes-nous à l’Ariane ce soir ? Certains ont pu penser : ils ont demandé une grande salle au centre de Nice, ils ne l’ont pas obtenu et alors ils se sont sans doute rabattus sur l’Ariane Pas du tout : l’Ariane, c’est un choix ! Et c’est le choix des quartiers populaires, c’est tout un symbole car nous disons qu’il y en a assez de stigmatiser les quartiers populaires et leurs habitants, de jeter la suspicion sur les jeunes et les moins jeunes de ces quartiers. Il y a une dizaine de jours, on a entendu Bayrou, et il y a quelques jours encore Marielle de Sarnez, sa directrice de campagne, dire qu’il y avait 800 quartiers en France où on ne pouvait plus aller, où les pouvoirs publics avaient en quelque sorte disparu, où le ministre de l’intérieur ne pouvait pas se rendre ! Mais qu’est-ce que c’est que ce délire ? Quand Sarkozy ne va pas dans les banlieues, ou plutôt dans les quartiers populaires, ce n’est pas parce qu’il ne peut pas y aller, c’est parce qu’il ne veut pas y aller, parce qu’il a peur, tellement il y est impopulaire ! Mais dans les banlieues chics, pas de problème, c’est d’ailleurs de là qu’il vient…

 

    Le quartier de l’Ariane, c’est un quartier de contrastes, avec beaucoup de souffrance sociale, de discriminations, de chômage et de précarité, avec la pollution de l’usine d’incinération, avec des problèmes de logement... mais c’est aussi beaucoup de générosité et de solidarité, un quartier qui se bat pour mieux vivre, contre le racisme et pour l’égalité des droits, pour le droit à l’emploi et au logement, un quartier qui s’est mobilisé il y a quelques années pour que le futur tramway vienne à l’Ariane, alors que le maire était contre. Avec cette mobilisation citoyenne, on avait gagné : le ministre des transports d’alors nous avait entendus, et il avait conditionné l’aide financière de l’État au fait que le tram desserve bien le quartier de l’Ariane. Peyrat avait du l’accepter et changer d’avis ! Mais à propos du tramway, on entend une nouvelle petite musique depuis quelque temps : on nous dit qu’il n’y aura pas assez d’argent pour construire à la fois le prolongement de la ligne 1 jusqu’à l’Ariane et La Trinité, et la ligne 2 vers Nice-Ouest et Cagnes-sur-Mer. Il y a deux mois, dans une réunion publique qui s’est tenue juste à côté, en répondant à mon intervention, le maire de Nice a laissé entendre que l’Ariane ne sera pas sacrifiée, et qu’il n’est pas question de renoncer au prolongement de la ligne 1. Quelques jours plus tard, dans une interview à Nice-Matin, il dit qu’en 2012-2013, c’est la ligne 2 qui sera construite. Quelle ambiguïté de la part du maire de Nice !

    Il va donc falloir être vigilants et si nécessaire se remobiliser !

 

    Quelques mots sur ce qui s’est passé ici, aux Moulins comme à l’Ariane, en décembre 2005 : comment oublier le comportement très agressif de la police  et les projecteurs des hélicoptères pendant l’état d’urgence, pendant des minutes entières contre les immeubles et les appartements, semant la terreur la nuit dans les familles et les jeunes enfants de ces quartiers, comme dans une dictature ? Mais au total il y a eu finalement assez peu d’incidents ici, moins qu’ailleurs : c’est dans doute le signe d’une maturité des jeunes qui pour la plupart  n’ont pas voulu tomber dans le piège des provocations de Sarkozy

 

    L’Ariane, enfin, c’est aussi la Zone d'Éducation Prioritaire et je voudrais dire quelques mots à ce sujet car l’avenir des ZEP, c’est l’un des points forts de la campagne de José Bové dans le domaine de d'Éducation. Quel était le principe de départ des ZEP ? C’était de donner plus à ceux qui ont moins, non pas en fonction de leur origine ou de leur couleur de peau, mais en fonction des ressources financières des familles et des quartiers. Dans ces situations, c’est aux politiques publiques et à l’Etat de faire l’effort nécessaire. Or, à quoi assiste-t-on dans les ZEP depuis de nombreuses années ? Dès qu’il y a des avancées et des moyens supplémentaires, on essaie l’année suivante de les reprendre, en fermant une classe ici, en fermant un poste là… Il en a fallu des grèves à l’Ariane pour réagir à cela, non pas pour demander la lune, mais simplement pour défendre ce qu’on avait arraché ou obtenu parce qu'on est dans l'une des ZEP du département. Au collège de l’Ariane, malgré l’opposition des syndicats des personnels et des parents d’élèves, des moyens supplémentaires en d'Éducation Civique en 6e ont été supprimés pour l’année prochaine ! Tout cela est inacceptable : il faut donner un coup d’arrêt à la liquidation des ZEP ! Sous prétexte de légère baisse démographique, on enlève des moyens alors qu’on pourrait à l’inverse travailler avec des effectifs réduits, travailler mieux et autrement ! Voilà pourquoi nous proposons une vraie relance des ZEP, avec des moyens supplémentaires qui permettraient par exemple aux enseignant-e-s, avec du temps de concertation dans leur service, de travailler en équipe et d’être au plus près des élèves en difficulté, pour faire reculer l’échec scolaire.

 

    Pour conclure, quelques mots sur la crise de la politique et de sa représentation, avec deux propositions qui sont des réponses à cette crise, très profonde et grave pour la démocratie. Car il y a un paradoxe extraordinaire quand on voit, dans cette campagne électorale, d’un côté un grand intérêt porté à la politique à travers l’affluence aux meetings et le succès d’audience des débats télévisés (ils sont plus regardés que les émissions de variétés), de l’autre un nombre grandissant d’hommes et de femmes qui ne se reconnaissant pas ou plus dans le système et la classe politique. Rappelons-nous ces dernières années l’augmentation de l’abstention aux élections, en particulier dans les quartiers populaires !

 

    D’abord, nous proposons donc de transformer complètement le système politique. La droite, elle, dit que la politique doit être faite par des professionnels. Nous disons, nous, exactement l’inverse : la politique est une chose beaucoup trop sérieuse pour être réservée à des professionnels de la politique, c’est aux citoyennes et aux citoyens de faire de la politique, de s’engager dans la citoyenneté active, et en particulier dans les quartiers populaires, et c’est bien le sens du choix de ce soir, le choix de faire ce meeting à l’Ariane à Nice !

    Ensuite, à vous toutes et tous, à celles et ceux qui sont engagé-e-s dans la campagne de José Bové, nous proposons de continuer ensemble. Cette campagne électorale, dans notre esprit, ne doit pas être synonyme, quand elle sera finie de « Terminus, tout le monde descend »

    Au contraire, cette campagne a déjà permis à ce qu’on appelle la gauche alternative et altermondialiste de se rassembler. Comment et de quelle manière, on le décidera avec toutes et tous ensemble : il est maintenant possible et nécessaire que cette gauche s’organise et se transforme en nouvelle force politique unitaire et alternative, écologiste et féministe, autogestionnaire et altermondialiste !

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Published by Rouges et Verts - dans Alternatifs du Paillon
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commentaires

Didier Le Bras 01/11/2011 18:13



José Bové ... un Paysan ??? Moi qui suis un fils de paysan, je rigole ! Bové ne pense qu'à son porte-monnaie. La cause paysanne il s'en contrefiche. Alternatif et député européen ??? Ce monsieur
(fils de bourgeois) s'est servi dela détresse paysanne pour se montrer dans les médias. Il est parvenu à ses fins ... Sans en branler une il perçoit au titre de député européen plusieurs milliers
d'uros par mois. Je rigole ...