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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 23:28
 

inv
Royal et Bayrou
font bloc contre Sarkozy
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La charge est lourde. François Bayrou a estimé, vendredi 27 avril, sur RTL, que Nicolas Sarkozy "représente un risque pour la France". Il a accusé le candidat de l'UMP et son entourage d'être intervenus pour obtenir l'annulation du débat qu'il devait avoir avec Ségolène Royal, samedi 28 avril, sur Canal+/i-télé et retransmis sur France Inter, en évoquant des "intimidations" et des "menaces".

Interrogé sur les preuves dont il disposait, le candidat centriste a répondu : "Je n'en ai pas la preuve, mais j'en ai la certitude. Je m'appuie sur des témoignages nombreux, pas seulement à la direction de Canal+, mais chez ceux qui s'intéressaient au débat et qui avaient l'intention de le retransmettre." "C'est une accusation certaine", a insisté M.Bayrou, mettant en cause "les réseaux qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy."

"Ce que j'ai défendu contre les régimes de l'Est, je le défendrai en France, a-t-il poursuivi. Je dis avec certitude qu'il y a dans l'organisation de Nicolas Sarkozy, depuis longtemps, une tentative de verrouiller l'information. Nous avons sous nos yeux la preuve que cette propension de Nicolas Sarkozy à verrouiller l'information et le débat est nuisible pour la France." Le président de l'UDF a rejeté l'hypothèse selon laquelle le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) serait intervenu pour empêcher ce débat au nom des règles d'équité des temps de parole. "C'est absolument faux. J'ai vérifié auprès du CSA ce qu'il en était et, si jamais il y avait eu une intervention, elle aurait été susceptible de recours devant le Conseil d'Etat en référé", a-t-il indiqué.

"L'ETAT SARKOZY SE CROIT TOUT PERMIS !"

Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+, a récusé "formellement toute pression" et expliqué que la chaîne avait renoncé pour des "problèmes techniques" d'équilibre de temps de parole. Les invitations lancées à l'UMP pour compenser "sont restées sans suite", a-t-il indiqué. De leur côté, les proches de M. Sarkozy ont vivement réagi, vendredi matin, aux propos de M. Bayrou. "Je trouve que cela dépasse les limites, dénoncer sans aucune preuve, sans le moindre indice, c'est extrêmement grave, s'insurge Claude Guéant, directeur de campagne de M. Sarkozy. Il est en train d'accumuler comme Mme Royal des mensonges purs et simples." Pour François Fillon, conseiller politique de M. Sarkozy, le débat Bayrou-Royal, est "un coup médiatique", un "détournement de l'esprit de l'élection présidentielle", expose-t-il dans un entretien au quotidien 20 minutes.

Dès jeudi, Ségolène Royal avait elle-même commencé à dénoncer des "pressions". "On trouvera d'autres solutions", affirmait-elle en fin de matinée après que la presse quotidienne régionale, la première, ait refusé d'organiser le débat. "Heureusement, la presse est libre… sauf quand elle subit quelques pressions. Ce débat aura lieu", indiquait-elle, en visitant dans le 11e arrondissement, en compagnie du maire de Paris, Bertrand Delanoë, un immeuble promis à la vente à la découpe et racheté par la ville. Après le désistement, en début de soirée, de Canal+, le ton est monté dans son entourage. "Deux fois dans la même journée, l'Etat Sarkozy se croit tout permis!", s'insurgeait Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de la candidate tandis que, dans le bureau voisin, Jack Lang, en ligne avec le directeur de Canal+, dénonçait "un droit d'empêchement".

L'avocat Jean-Pierre Mignard, saisi par Mme Royal, a pris le relais vendredi matin. "Si aucune solution n'est trouvée, nous saisirons le CSA, et le Conseil d'Etat en référé sur les libertés, souligne-t-il. L'interdiction pratique porte un coup très grave à l'expression des sensibilités politiques diverses et une atteinte au pluralisme. Cela revient à imposer à Mme Royal les formes de son expression, avec qui et quand." Pour Me Mignard, il n'y a pas de doute : "L'UMP ne fait pas pression. Ils ne font qu'intervenir à longueur de temps."

La candidate socialiste tient d'autant plus à ce débat avec M. Bayrou qu'il est approuvé dans les sondages par les Français et qu'il présente l'avantage de reléguer son rival de l'UMP dans le "rôle du spectateur". "On ne s'intéresse plus à lui", se réjouit Julien Dray. "Plus le temps passe, plus il s'énerve", constate Jack Lang. L'espace ainsi monopolisé, Mme Royal peut jouer à fond la carte du rapprochement avec le centre. "François Bayrou a évolué au cours de cette campagne", a-t-elle souligné jeudi soir, sur TF1, en avançant "des valeurs et des principes" communs. Interrogée sur la possibilité pour elle, en cas de victoire, de nommer M. Bayrou premier ministre, elle a esquivé : "Nous n'en sommes pas là."


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Published by Rouges et Verts - dans Présidentielle
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