Droits et libertés

Mercredi 17 janvier 2007 3 17 01 2007 22:58
Le fichier Éloi,
ou les glissements progressifs de la xénophobie




Daniel Borrillo & Éric Fassin
juriste, Paris-X, chercheur au CERSA (CNRS) ;
sociologue et américaniste, école normale supérieure, chercheur à GTMS (EHESS / CNRS)

Bien que les étrangers en général et les sans-papiers en particulier soient déjà abondamment et depuis longtemps fichés, un nouveau fichier – ELOI – a vu le jour discrètement au cours de l’été 2006. Il est prévu d’y inscrire, outre les étrangers en situation irrégulière, leurs enfants, les personnes chez lesquelles ils sont assignés à résidence et celles qui leur rendent visite en rétention. Ce fichier vient donc renforcer un dispositif de contrôle qui pèse sur tous ceux qui sont en contact avec les étrangers, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière.
Face à cette volonté de casser toute manifestation de solidarité avec les étrangers, Daniel Borrillo et Eric Fassin se prennent à rêver à un sursaut citoyen qui, à une « xénophobie subie », opposerait une « solidarité choisie ».

Le plus remarquable, c’est que la nouvelle soit passée inaperçue, ou presque. Un arrêté du 30 juillet 2006, publié au Journal Officiel le 18 août, crée un « traitement de données à caractère personnel », justifié par la nécessité de « faciliter l’éloignement des étrangers se maintenant sans droit sur le territoire ». Ce fichier, justement nommé ELOI, ne concerne pas seulement les étrangers en situation irrégulière, mais aussi les personnes qui les hébergent lorsqu’ils se voient assignés à résidence, et celles qui leur rendent visite quand ils sont placés en rétention administrative. Sans doute l’information s’est-elle perdue dans la torpeur de l’été ; on peut pourtant penser qu’il y a quelques années encore, elle aurait provoqué une vague d’indignation. Reste à voir si nos gouvernants auront eu raison de parier sur l’indifférence des uns, et la lassitude des autres, face à l’extension continue du contrôle et de la répression.

Des associations se mobilisent en effet : la Cimade, le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), l’Iris(Imaginons un réseau internet solidaire) et la Ligue des droits de l’homme déposent un recours devant le Conseil d’état. C’est qu’il s’agit de droits fondamentaux, qui touchent les Français non moins que les étrangers. Au-delà des principes, la création d’ELOI s’inscrit dans une actualité politique. Certes, les « sans-papiers » sont, depuis longtemps déjà, « sur-fichés ». Mais ce fichier nouveau doit être compris en regard de la circulaire de juin 2006 concernant les parents étrangers d’enfants scolarisés en France. à cette occasion, beaucoup de clandestins sont sortis de l’ombre, s’exposant au contrôle policier dans l’espoir d’une régularisation administrative qui devait leur être refusée dans la grande majorité des cas. Aussi n’est-ce pas un hasard si doivent figurer dans le nouveau fichier, troublante innovation, avec les noms des étrangers en situation irrégulière, ceux de leurs enfants.

Mais il y a plus. à quoi sert le fichage des hébergeants et des visiteurs ? En quoi peut-il concourir à la finalité revendiquée – « la lutte contre l’immigration clandestine » ? C’est la seconde innovation, non moins inquiétante que la première. En fait, il faut bien la comprendre comme le prolongement d’autres mesures. Depuis 2003, les personnes qui en France hébergent des visiteurs étrangers sont déjà fichées, et, au niveau de l’Union européenne, le système d’information sur les visas de court séjour (VIS) étend la mesure à l’espace Schengen. Avec ELOI, la boucle est bouclée : désormais, le fichage et le contrôle concernent tous ceux qui sont en contact avec les étrangers – qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière. La suspicion se généralise : au-delà des étrangers, elle touche tous ceux qui pourraient leur manifester une solidarité politique ou personnelle, leurs alliés et leurs proches. Les amis des étrangers sont-ils en train de devenir nos ennemis ?

Le soupçon sur les relations amicales s’étend d’ailleurs aux relations conjugales, avec ce que nous avons qualifié de « chauvinisme matrimonial » (Le Monde, 16 mai 2006). C’est le sens du projet de loi, voté au printemps par l’Assemblée nationale, sur le contrôle de la validité des mariages, qui concerne à la fois les unions célébrées à l’étranger et celles avec un étranger. Le tout récent rapport de la commission des lois du Sénat prend ainsi pour point de départ « l’augmentation concomitante du nombre de mariages de Français avec des étrangers », en particulier venus de « pays à très forte pression migratoire », et « de signalements aux procureurs de la République pour suspicion de mariages simulés ». Il est bien sûr précisé : « Certes, il serait caricatural d’assimiler mariages binationaux et mariages simulés. » Mais c’est pour ajouter aussitôt : « Néanmoins, la coïncidence de ce phénomène avec le renforcement des contrôles de l’immigration et l’intérêt comparatif accru du mariage binational n’apparaît pas totalement fortuite. » Le rapport suggère donc que la politique de restriction de l’immigration entraînerait l’accroissement de la fraude matrimoniale… ou en tout cas de la suspicion.

C’est l’extension sans fin d’une logique du soupçon, qui par cercles concentriques passe des clandestins aux immigrés, et des étrangers à leurs amis, à leurs familles, à leurs alliés. Ces glissements progressifs de la xénophobie ont une finalité politique simple : par l’intimidation, il s’agit de décourager la solidarité qui s’est exprimée dans le pays depuis plus d’un an, en particulier autour du Réseau éducation sans frontière (RESF), et qui joue par exemple lorsque la police fait irruption dans des écoles maternelles. Qui sait l’usage qu’on fera, un jour ou l’autre, de ces fichiers ? Accueillir aujourd’hui un étranger n’entraînera-t-il pas une responsabilité, si celui-ci devait se retrouver demain en situation illégale ? Bref, la condition d’étranger n’est-elle pas en train de devenir contagieuse ?

Une formidable force potentielle

Toutefois, la politique actuelle est travaillée par une contradiction. D’un côté, on cherche à isoler les « sans-papiers », en traçant autour d’eux une frontière de la peur. Mais d’un autre côté, de même qu’on confond volontiers les immigrés légaux ou clandestins dans un semblable soupçon, de même la suspicion s’étend des étrangers aux citoyens « d’origine étrangère ». C’est ainsi que le préfet de la Seine-Saint-Denis, dans une note au ministre de l’intérieur récemment publiée, décrivait « un territoire où 2/3 de la population est étrangère, ou d’origine étrangère, et où les référents culturels sont loin de ceux de notre vieux pays. » Avec la racialisation de notre société, on ne fait plus guère la différence entre ceux qui sont étrangers, et ceux qui « en ont l’air ».

Or que s’est-il passé, pendant le printemps 2006, aux états-Unis ? La politique de répression contre l’immigration clandestine a mobilisé des millions d’Hispaniques – citoyens, immigrés légaux et clandestins confondus [1]. Outre-Atlantique, les « sans-papiers » sont certes beaucoup plus nombreux qu’en France : on parle de douze millions de clandestins, contre quelques centaines de milliers chez nous. Mais ce sont aussi et surtout leurs proches qu’on a vu descendre dans les rues, pour faire pression sur le Congrès et la Maison Blanche par leurs manifestations pacifiques, en mêlant les drapeaux américains et mexicains. Bref, si l’on confond les immigrés en situation irrégulière et régulière, mais aussi les étrangers et les citoyens d’origine étrangère, on dessine les contours d’une formidable force politique potentielle. C’est ainsi qu’à la surprise générale, le « nativisme » américain a éveillé le « géant latino endormi ». Pourquoi n’assisterait-on pas bientôt en France à des réveils comparables ?

Il est vrai que la xénophobie politique semble déployer chez nous une logique inexorable. L’exemple des états-Unis permet pourtant d’imaginer d’autres mobilisations, qui pourraient venir en contrepoint d’initiatives comme RESF. Et si se développait un nouveau mouvement civique, conjuguant la solidarité des proches, amis et familles, avec celle des alliés, engagés à leurs côtés ? Sans doute faut-il espérer que le Conseil d’état saura résister à l’extension du domaine du fichage. Mais s’il n’entendait pas le plaidoyer des associations, on se prend à rêver que dans les mois et les années qui viennent, contre une xénophobie subie, nous soyons nombreux, quels que soient nos origines et nos liens, personnels ou politiques, à rendre visite à des étrangers dans des centres de rétention, pour afficher une solidarité choisie, et revendiquer ainsi l’honneur de figurer dans le fichier ELOI.

Note


Source: http://www.gisti.org/doc/plein-droit/71/eloi.html
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 01 2007 23:06

Ma vie privée

sur la place publique, jamais !

Pas touche

à mon numéro de Sécu

 




 

Jamais les outils informatiques n'ont atteint une telle puissance et cependant jamais le gouvernement n'a été aussi désinvolte et irrespectueux de la vie privée des citoyens. Aujourd’hui, il propose au Parlement d'autoriser l'interconnexion de tous les fichiers sociaux au moyen du numéro de Sécurité Sociale (NIR) ; tandis qu’un amendement est déposé pour utiliser ce même numéro pour toutes les connections au Dossier médical personnel (DMP) des 60 millions de personnes concernées.

Le numéro de Sécurité sociale est un numéro qui associe à chaque chiffre une information qui renseigne sur son titulaire. Pour éviter qu’il ne soit dangereux en terme de liberté, son usage a été très fortement limité par la loi.

Retrouver ce numéro signifiant dans de multiples fichiers serait la dernière étape avant l’interconnexion des fichiers. Est-il acceptable qu’un même identifiant soit utilisé à la fois pour la gestion du droit à la sécurité sociale comme aujourd'hui, et également demain pour croiser nos fichiers sociaux et accéder à notre DMP, et comme certains l’ont déjà demandé pour identifier notre dossier fiscal, voire notre dossier chez l’assureur ? Peut-on considérer que le droit à une vie privée serait aussi bien préservé avec de telles extensions ? Évidemment, non.

Aucun argument technique pour étendre l'usage du NIR n'est pertinent. Aujourd’hui comme depuis trente ans, ces arguments techniques ont toujours été utilisés pour légitimer l’objectif politique de pouvoir interconnecter des fichiers concernant une même personne. Tous ces arguments ont maintes fois été écartés par les démocrates, notamment dans des débats à l'Assemblée nationale.

Une nouvelle fois, avec une forte détermination du gouvernement, le dossier revient sur le tapis de l'Assemblée et c'est la CNIL qui se verrait confier la décision de l'usage de ce numéro pour accéder et au DMP et à notre dossier médical à l’hôpital ou chez le médecin traitant. La CNIL a toujours été fermement opposée à l'usage de ce numéro, mais des voix y compris en son sein semblent s'élever pour accepter de modifier cette doctrine.

Une extension de l’usage du NIR porterait un coup décisif au respect de la sphère privée protégée par la non connexion des fichiers. Nous exigeons que cette garantie des libertés individuelles demeure encore et toujours au premier plan des préoccupations de l’État.

Ceci est donc un appel solennel adressé à la CNIL et à toute personne qui disposerait d'un pouvoir pour les décisions dans ce domaine à ne pas autoriser l’extension de l'usage du NIR, et ce dès aujourd’hui dans le cadre du Dossier médical personnel, afin de préserver les droits et libertés des citoyens. On ne doit pas jouer à l'apprenti sorcier avec nos vies privées.

Appel à l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et de DELIS (Droits Et Libertés face à l'Informatisation de la Société).

 

Premiers signataires : Cécile ALVERGNAT (ancien membre de la CNIL) , Martine BILLARD (députée de Paris) , Marie-Jeanne BISMUTH (Médecin de santé Publique, Praticien Hospitalier, CHU Dijon) , Nicole BORVO (sénatrice PCF de Paris) , Pierre DELION (professeur de pédopsychiatrie, chef de service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille) , Jean-Pierre DESCHAMPS (pédiatre, professeur de santé publique) , Jean-Claude DEVILLE (Statisticien) , Jean-Pierre DUBOIS (président de la LDH) , Jacques GAILLOT (évêque de Partenia) , François GEZE (éditeur) , Roland GORI (psychanalyste, professeur des universités) , André GRIMALDI (Chef du service de diabétologie-métabolisme CHU Pitié-Salpêtrière Paris) , Louis JOINET (Ancien directeur de la CNIL) , Denis LABAYLE (gastro-entérologue, chef de service, Centre hospitalier Sud Francilien (91)) , Henri LECLERC (président d'honneur de la LDH) , Danièle LOCHAK (professeur de droit) , Noël MAMERE (député Vert de la Gironde) , Meryem MARZOUKI (présidente d'IRIS (Imaginons un réseau internet solidaire)) , Laurent MUCCHIELLI (sociologue, chercheur au CNRS) , Patrice MULLER (médecin généraliste, directeur de la revue Pratiques) , Claude POULAIN (Ancien responsable de la sécurité des systèmes d'information à l'Insee) , Michèle RIVASI, J-P SANCELLIER (Infirmier libéral Dijon) , Christian SAOUT (président de Aides) , Francois SAUTEREY (Président du Réseau Associatif et Syndical) , Pierre SUESSER (DELIS) , Jacques TESTART (directeur de recherche à l'Inserm) , Michel TUBIANA (président d'honneur de la LDH) , André VITALIS (professeur de communication, université Bordeaux 3) , Alain WEBER (avocat)

Signer la pétition - Voir les signataires

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Pour tout contact: contact@pastouchenumerosecu.org

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Vendredi 18 mai 2007 5 18 05 2007 18:05

 


Patrick Weil, spécialiste de l'immigration (CNRS/Paris 1) est interrogé par Mehdi Ouraoui sur la politique d'immigration de Nicolas Sarkozy, en particulier sur la proposition de "Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale".
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 06 2007 12:31

Non au ministère de « l’immigration et de l’identité nationale »

Nous vous invitons à signer cette pétition lancée le 21 juin 2007 en soutien à l’initiative des historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration : www.upolin.org

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n’a jamais eu de précédent dans l’histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même. En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l’identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d’un ministère. Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir «  une politique de la mémoire» dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense. Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

signer la pétition sur www.upolin.org

Premiers signataires :
Dominique A, auteur/chanteur ;
Tony ALBINA enseignant ;
Robert ALDRICH, professor of European History (Univ. de Sydney) ;
Claire ANDRIEU, historienne (IEP de Paris) ;
Philippe ARTIERES, historien (CNRS) ;
Ariane ASCARIDE, comédienne ;
Serge AUDIER, philosophe (Univ. de Paris 4) ;
Leonor BALDAQUE, comédienne ;
Jacques BANGOU, médecin ;
Marc-Olivier BARUCH, historien (CNRS) ;
Olivier BASSUET, assistant-producteur,
Christian BAUDELOT, sociologue (ENS de Paris) ;
Laurent BAZIN, anthropologue (CNRS) ;
Stéphane BEAUD, sociologue (Univ. de Nantes) ;
Antonio BECHELLONI, historien (Univ. de Lille 3) ;
Irène BELLIER, directrice de recherche (CNRS),
Françoise BENHAMOU, économiste (Univ. de Rouen) ;
Alban BENSA, anthropologue (EHESS) ;
Edward BERENSON, historien (directeur de l’Institute of French Studies de New York) ;
Madeleine BLAMEBLE, professeur d’allemand ;
Marie-Claude BLANC-CHALEARD, historienne (Univ. de Paris 1) ;
Christian BOLTANSKI, artiste ;
Luc BOLTANSKI, sociologue (EHESS) ;
François BON, écrivain ;
Jean-Luc BONNIOL, anthropologue (Univ. d’Aix-Marseille 3) ;
Pierre BOUVIER, socio-anthropologue (Univ. de Paris 10) ;
Raphaëlle BRANCHE, historienne (Univ. de Paris 1) ;
Alain BRESSON, historien (Univ. de Bordeaux 3) ;
Geneviève BRISAC, écrivain ;
Anne-Sophie BRUNO, enseignante-chercheuse (Univ. de Paris 10) ;
Dominique CABRERA, cinéaste ;
Michel CAHEN, chercheur (CNRS) ;
Véronique CHAMPEIL-DESPLATS, professeur de droit (Univ. de Paris 10) ;
Jean-François CHANET, historien (Univ. de Lille 3) ;
Herrick CHAPMAN, historien (New York University) ;
Christophe CHARLE, historien (Univ. de Paris 1) ;
Roger CHARTIER, historien (Collège de France) ;
Michel CHAUMONT, responsable des relations publiques (théâtre des Amandiers, Paris) ;
Patrick CHEMLA, psychiatre ;
François CHEREQUE, secrétaire général de la CFDT ;
Denis CLERC, économiste ;
Olivier COHEN, éditeur ;
Huguette et Pierre CORDELIER, enseignants ;
Albano CORDEIRO, économiste-sociologue (CNRS),
Paola CORTI, historienne (Univ. de Turin) ;
Mariannick DAGOIS, musicienne ;
David DAHOMAY, enseignant ;
Jacky DAHOMAY, philosophe ;
Oliviers DEJOURS, chef d’orchestre ;
Edouard DELEPINE, historien ;
Martine DERRIER, directrice d’un bureau de théâtre ;
Agnès DESARTHE, écrivain ;
Mamadou DIOUF, historien (Univ. du Michigan) ;
Richard DRAYTON, historien (Univ. de Cambridge) ;
Michel DREYFUS, historien (CNRS) ;
Geneviève DREYFUS-ARMAND, historienne ;
Stéphane DUFOIX, sociologue (Univ. de Paris 10) ;
Florence DUPONT, professeur de littérature ancienne (Univ. de Paris 7) ;
Guillaume DUVAL, journaliste ;
Alain EHRENBERG, sociologue (CNRS) ;
ELDIABLO, auteur ;
Driss EL YAZAMI, directeur de l’association Génériques ;
Christine ERHEL, économiste (Univ. de Paris 1) ;
Jean FABBRI, secrétaire général du SNESup ;
Joëlle FARCHY, professeur des sciences de l’information (Univ. de Paris 1) ;
Arlette FARGE, historienne (CNRS) ;
Didier FASSIN, professeur (Univ. de Paris 13) ;
Eric FASSIN, sociologue (ENS de Paris) ;
FEFE/SAÏAN SUPA CREW, auteur/chanteur ;
Georges FELOUZIS, sociologue (Univ. de Bordeaux 2) ;
Richard FIGUIER, directeur de publications (Ecole française de Rome) ;
Didier FRANCFORT, historien (Univ. de Nancy 2) ;
Etienne FRANCOIS, historien (Freie Universität Berlin) ;
Emilio FRANZINA, historien (Univ. de Verone) ;
Patrick FRIDENSON, directeur d´études (EHESS) ;
Raphaël FRYDMAN, réalisateur ;
Jean-Philippe GENET, historien (Univ. de Paris 1) ;
François GEZE, éditeur ;
Ralph GIESEY, historien (Univ. de l’Iowa) ;
Marie-Pierre GRACEDIEU, éditrice ;
Nancy GREEN, historienne (EHESS) ;
Claude GRUNITZKY, directeur de magazine (New-York) ;
Robert GUEDIGUIAN, cinéaste ;
Michelle GUILLON, géographe ;
André GUNTHERT, chercheur (EHESS) ;
Simonne GUYON, enseignante retraitée ;
Jean-Louis HALPERIN, professeur de droit (ENS de Paris) ;
Patrick HASSENTEUFEL, professeur de science politique (Univ. de Versailles-Saint Quentin) ;
Jean-Paul HEBERT, économiste (EHESS) ;
Marie-Antoinette HILY, sociologue (CNRS) ;
Hubert JABOT, avocat ;
Paul JANKOWSKI, historien (Brandeis University) ;
JAVA, auteur/chanteur ;
Eric JENNINGS, historien (Univ. de Toronto) ;
Marina JULIENNE, journaliste ;
Hartmut KAELBLE, historien (Université Humboldt, Berlin) ;
Michel KAPLAN, historien (Univ. de Paris 1) ;
Jürgen KOCKA, historien (Freie Universität, Berlin) ;
Sandrine KOTT, historienne (Univ. de Genève) ;
Jean-Louis LABARRIERE, philosophe (Maison Française d’Oxford) ;
Mehdi LALLAOUI, cinéaste ;
Benoît LAMBERT, metteur en scène ;
Marie-Christine LAVABRE, politiste (CNRS) ;
Marie LAVIN, inspectrice d’académie honoraire ;
Herman LEBOVICS, historien (State University of New York) ;
Safia LEBDI, chef de projets ;
Arnaud LECHEVALIER, économiste (Univ. de Paris 1) ;
Jacques LE GOFF, professeur honoraire (Collège de France) ;
Jocelyn LETOURNEAU, historien (Univ. Laval, Québec) ;
Claire LEVY-VROELANT, professeure de sociologie (Univ. de Paris 8) ;
Natacha LILLO, historienne (Univ. de Paris 7) ;
Antoine LILTI, historien (ENS de Paris) ;
Patricia LORCIN, historienne (Univ. du Minnesota) ;
Liêm-Khê LUGUERN, professeur d’histoire-géographie ;
Alf LUDTKE, historien (Univ. d’Erfurt) ;
LUKE, groupe de rock ;
Aïssa MAÏGA, actrice ;
Alain MANQUAT, chef d’entreprise ;
Thierry MAREMBERT, avocat ;
Elsa MARTAYAN, urbaniste ;
Roger MARTELLI, professeur d’histoire ;
Antoine MATH, chercheur (IRES) ;
Claude MAZAURIC, historien ;
Fabrice MELQUIOT, écrivain ;
Dominique MEURS, économiste (Univ. de Paris 2) ;
Nobutaka MIURA, professeur d’études françaises (Univ. Chûô, Tokyo) ;
Ariane MNOUCHKINE, metteur en scène ;
Claudia MOATTI, historienne (Univ. de Paris 8) ;
Jean-Claude MONOD, philosophe (CNRS) ;
Gérard MOREAU ;
Bernard MULLER, anthropologue (CNRS) ;
Odile NAVE, professeur d’histoire-géographie ;
David NIRENBERG, historien (Univ. de Chicago) ;
Francine NOEL, professeur d’histoire ;
Gérard NOIRIEL, historien (EHESS) ;
Philip NORD, historien (Univ. de Princeton) ;
Nicolas OFFENSTADT, historien (Univ. de Paris 1) ;
Les OGRES DE BARBACK, groupe de rock-tziganes ;
Ariane PAILHE, chercheuse (INED) ;
Thierry PECH, éditeur ;
Claude PENNETIER, chercheur (CNRS) ;
Michelle PERROT, historienne ;
Marc PIAULT, anthropologue ;
Laurent PINON, historien (ENS Paris) ;
Janine PONTY, historienne ;
Judith RAINHORN, historienne (U. de Valenciennes) ;
Andrea REA, sociologue (Université Libre de Bruxelles) ;
Frédéric REGENT, historien (Univ. Antilles-Guyane) ;
RIDAN, auteur/chanteur ;
Jacques RIGAUDIAT, fonctionnaire ;
ROCCA, rappeur/auteur ;
Jean-Louis ROCCA, sociologue (Univ. Tsinghua, Pékin) ;
Régis ROINSARD, réalisateur ;
Diane ROMAN, professeure de droit public (Univ. de Tours) ;
Henry ROUSSO, historien (CNRS) ;
La RUMEUR, rappeur/ auteur ;
Peter SAHLINS, historien (Social Sciences Research Council, New York) ;
Patrick SAVIDAN, philosophe (Univ. de Paris 4) ;
Jair de SOUZA RAMOS, professeur (Univ. Federal Fluminense, Rio de Janeiro) ;
Todd SHEPARD, historien (Univ. de Philadelphie) ;
Cindy SKACH, politiste (Univ. de Harvard) ;
Patrick SIMON, démographe (INED) ;
Nathalie SIMONNOT, administratrice ONG internationale ;
Yves SINTOMER, sociologue (Univ. de Paris 8) ;
Serge SLAMA, enseignant-chercheur en droit public (Univ. de Paris 10) ;
Martine SONNET, historienne (CNRS) ; Dominique STOENESCO, professeur de portugais ;
Martine STORTI, écrivaine ;
Alain TARRIUS, sociologue (Univ. de Toulouse) ;
Manuel TAVARES, pédopsychiatre ;
Emile TEMIME, historien ;
Sylvie THENAUT, historienne (CNRS) ;
Olivier THEVENON, démographe (INED) ;
Bernard THIBAULT, secrétaire général de la CGT ;
Yann TIERSEN, chanteur/auteur ;
Igor URRESOLA, consultant ;
Béatrice de VARINE, professeur d’histoire ;
Hugues de VARINE, consultant ;
Pierre VESPERINI, éditeur ;
Vincent VIET, historien ;
Michel VOLOVITCH, biologiste (ENS de Paris) ;
Pierre VOLOVITCH, économiste ;
Marie-Christine VOLOVITCH-TAVARES, historienne ;
Loïc WACQUANT, sociologue (Univ. de Berkeley) ;
Sophie WAHNICH, historienne (CNRS) ;
Patrick WEIL, historien (CNRS) ;
Stephen WHITE, historien (Emory University) ;
Catherine WIHTOL de WENDEN, politiste (CNRS) ;
Sylvie ZAIDMAN, attachée de conservation du patrimoine (Bobigny) ;
Claire ZALC, historienne (CNRS) ;
Michelle ZANCARINI-FOURNEL, historienne (Univ. de Lyon-IUFM).

>> www.upolin.org
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 07 2007 15:44
Quand les "juristes" de l'UMP s'opposaient à l'instauration de peines planchers
LE MONDE | 17.07.07

'Assemblée nationale examine à son tour, à partir du mardi 17 juillet, le projet de loi "renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs" adopté le 5 juillet en première lecture au Sénat. Le texte comprend trois volets : instauration de peines minimales d'emprisonnement pour les récidivistes, majeurs ou mineurs ; restriction de l'atténuation de la responsabilité pénale prévue pour les mineurs de plus de seize ans ; généralisation de l'injonction de soins.

 

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Pour la plupart des députés, la discussion aura un air de déjà-vu. Voilà en effet trois ans que ce sujet s'invite régulièrement dans l'Hémicycle. C'est une proposition de loi visant à instaurer des peines minimales en matière de récidive déposée le 4 février 2004 par Christian Estrosi, et cosignée par 175 députés de la majorité, qui avait lancé le débat. Le député (UMP) des Alpes-Maritimes se faisait le relais du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, qui avait fait de cette question un thème de démarcation avec le chef de l'Etat, Jacques Chirac, et ses fidèles.

Les chiraquiens allumaient alors un contre-feu en constituant une mission d'information, sous la responsabilité du président de la commission des lois, Pascal Clément (UMP, Loire). Celle-ci aboutissait à la rédaction d'une proposition de loi examinée en première lecture à l'Assemblée nationale le 14 décembre 2004. Le texte écartait le principe des peines planchers. M. Estrosi déposait une série d'amendements pour introduire les dispositions qui constituent, aujourd'hui, le corps du projet de loi. Les "juristes" de la majorité s'y opposaient.

Ainsi en était-il de l'amendement prévoyant des peines minimales dès la deuxième récidive, sauf décision motivée de la juridiction. "Cet amendement remet en cause notre tradition juridique, et notamment le principe d'individualisation de la peine, qui est souvent rappelé par la Cour européenne des droits de l'homme, estimait alors M. Clément. Certes, la possibilité pour le tribunal d'écarter l'automaticité en motivant sa décision pourrait permettre de contourner la difficulté constitutionnelle. Cependant, la constitutionnalité d'une telle disposition reste pour le moins douteuse." Le député, qui deviendra ministre de la justice dans le gouvernement Villepin, exprimait sa "crainte que l'adoption de l'amendement de M. Estrosi n'inverse la logique judiciaire, instaurant le principe d'une peine plancher et l'exception d'une dérogation motivée".

Jean-Luc Warsmann (UMP, Ardennes), qui préside aujourd'hui la commission des lois, s'opposait lui aussi à l'amendement estimant qu'il existe deux conceptions de la sanction pénale en cas de récidive : "Une vision fondée sur l'automaticité des peines, d'obédience anglo-saxonne, et une vision d'origine française, reposant sur le principe de l'aggravation des peines en cas de récidive". Il estimait ne pas pouvoir "souscrire au principe de la sanction automatique telle qu'elle ressort, même atténuée, de l'amendement présenté", jugeant celui-ci "en contradiction avec les réalités de la société contemporaine". "Précisément parce qu'il ne prend pas en compte des circonstances de chaque espèce, il pourrait conduire au prononcé de peines disproportionnées", indiquait-il.

Valérie Pécresse (UMP, Yvelines) regrettait pour sa part "qu'un tel amendement n'ait pas fait l'objet d'une étude d'impact" et faisait part de ses "doutes sur son efficacité". Quant à Guy Geoffroy (UMP, Seine-et-Marne), aujourd'hui rapporteur du projet de loi, il estimait qu'"en termes d'affichage l'adoption de l'amendement de M. Estrosi accréditerait l'idée que le législateur a fait le choix de l'automaticité des peines".


Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 18.07.07
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 07 2007 17:04

Tous les syndicats dénoncent ce projet de loi, qui prévoit un service minimum de remplacement en cas de grève des transports, et appellent au retrait du texte.

 NOUVELOBS.COM | 17.07.2007

 

(Reuters)

Le Sénat entame mardi 17 juillet l'examen du projet de loi sur le service minimum dans les transports terrestres en cas de grève, alors que tous les syndicats en dénoncent les principales dispositions. C'est le deuxième texte à risque pour le gouvernement après celui sur l'autonomie des universités.
La CGT appelle à des manifestations le 31 juillet à l'occasion de la présentation du texte à l'Assemblée nationale, appel relayé par la fédération CGT des cheminots qui propose aux autres syndicats de la SNCF de s'y joindre.

Accord de prévention des conflits avant janvier 2008

Le projet de loi, qui comporte neuf articles, est divisé en deux parties. La première prévoit notamment que les directions des entreprises et les organisations syndicales devront négocier avant le 1er janvier 2008 un accord de prévention des conflits.
La deuxième partie porte sur l'organisation des transports en cas de grève. Le texte stipule que "les salariés dont la présence détermine directement l'offre de service" -les conducteurs de train, de bus, ou de métro sont directement visés- auront l'obligation de se déclarer comme grévistes s'ils souhaitent participer au conflit deux jours avant le déclenchement de celui-ci. Le salarié qui ne se conformerait pas à cette procédure pourra se voir infliger une sanction.
Un vote à bulletin secret pourra également être organisé dans les entreprises sur la poursuite d'une grève si celle-ci dépasse les huit jours.

"Aucune des propositions formulées n'a été prise en compte"

Ces deux dispositions sont dénoncées par toutes les organisations syndicales qui en ont demandé le retrait au ministre du Travail Xavier Bertrand, sans effet. "Force est de constater qu'aucune des propositions formulées par les organisations syndicales n'a été prise en compte", dénonce le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault.
Deux des amendements d'ores et déjà déposés proposent l'extension de la loi -réservée pour l'heure aux seuls transports terrestres- aux autres services de transport, voire à l'ensemble des services publics.
"Les salariés des entreprises de transports publics terrestres sont les cobayes d'une politique visant à une restriction du droit de grève de grande ampleur dans notre pays et pour l'ensemble des salariés tant du secteur privé que des services publics", estime la CGT.

Risque de pression de la hiérarchie ?

Pour le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, la déclaration individuelle préalable "peut amener le salarié à subir de multiples pressions, notamment de sa hiérarchie" et "la menace d'une sanction disciplinaire vis-à-vis du salarié qui ne se prononcerait pas est inacceptable".
La consultation à bulletin secret au bout de huit jours de grève "aboutirait à soumettre l'exercice individuel de droit de grève à une décision collective. En d'autres termes, les salariés grévistes apparaîtraient contraints par le fait majoritaire", estime-t-il également.
Même son de cloche du côté de la CFDT. "Cette obligation de préavis individuel, outre le fait de sa difficulté de mise en oeuvre, appliquée sans discernement à toutes les entreprises quelles que soient leur taille et l'organisation du réseau, présente un risque sérieux de restriction du droit de grève", juge son secrétaire général François Chérèque.

Plusieurs menaces de grèves pour la rentrée

Par ailleurs, à ses yeux, "l'organisation d'un référendum des salariés (est) contradictoire avec la vision développée d'un dialogue social de qualité, et inutilement facteur de tensions entre les salariés".
Plusieurs organisations syndicales laissent d'ores et déjà planer la menace de grèves à la rentrée si le projet de loi était adopté en l'état. "Il est de ma responsabilité d'attirer votre attention sur le fait que de l'évolution de ce texte dépendra, pour partie, le climat social dans les entreprises de transport", a prévenu Bernard Thibault dans une lettre adressée à Xavier Bertrand. (AP)

 

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Samedi 17 novembre 2007 6 17 11 2007 18:03

 
 
Pour la première fois, un négociateur de la CFTC raconte comment le patronat a tenté en vain de le corrompre dans le cadre de discussions sociales.
Renaud Lecadre, Libération

Un syndicaliste accepte d’évoquer, à visage découvert, les relations parfois incestueuses entre l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) et les syndicats de salariés. Jean-Claude Duret, 65 ans, ancien ingénieur chez Thomson (rebaptisé Thalès), a milité pendant quinze ans à la CFTC. Il n’entend pas démontrer que le patronat arrose systématiquement les syndicats pour leur arracher une signature, simplement narrer sa propre expérience.

 

La scène se passe en juin 1998, au siège parisien de l’UIMM. Les partenaires sociaux sont réunis pour renégocier la convention collective des cadres. Le patronat souhaite rogner leur régime de départ en retraite: à la différence des autres salariés, les cadres peuvent travailler jusqu’à 65 ans; si leurs employeurs veulent s’en débarrasser dès 60 ans, il doivent verser l’équivalent d’une indemnité de licenciement.

Jean-Claude Duret,membre de la délégation CFTC, ne voit pas pourquoi il devrait lâcher du lest. D’entrée, il est marqué par l’ambiance au QG de l’UIMM : «La CGC donne à Denis Gautier-Sauvagnac du “monsieur le président” long comme le bras. Seule la CGT gueule, pour la forme.» Assis à la table des négociations, son supérieur de la CFTC lui glisse : «Tu vas faire capoter la réunion si tu poses des questions. Te casse pas la tête, on signera quand même.»

Sauf que Duret est du genre tête brûlée. Après esclandre, il quitte brusquement la réunion, suivi par un type en costard, membre de la délégation de l’UIMM. qui lui pose cette question fâcheuse: «Quels sont vos besoins?» Jean-Claude Duret s’indigne derechef, le type en costard ne se démonte pas: «Tout homme a son prix, un syndicaliste n’est pas incorruptible. Je vous serre la main, c’est pour la dernière fois.»

De fait, Duret ne sera pas convié par la CFTC aux réunions suivantes. Il y voit «la preuve que le patronat choisit ses partenaires syndicaux.» Dernier souvenir de cette mémorable journée: le soir, l’ensemble des délégués syndicaux se retrouvent au restaurant. Duret veut régler son addition. On lui rétorque : «T’inquiète, c’est payé par le patronat.» Interrogée hier par Libération, l’UIMM n’a pas souhaité réagir. Au sein de la CFTC, un ex-cadre confirme l’histoire. De surcroit, la centrale syndicale lui aurait fait miroiter une retraite aux petits oignons contre son silence...

La révision à la baisse de la convention collective des cadres a finalement été signée dans son dos. Deux ans plus tard, il s’agit de la ratifier entreprise par entreprise. Chez Renault, pilier de l’UIMM, le financement des syndicats par l’employeur fait alors jaser en interne: «Une fois de plus, on achète le silence et le bon vouloir des syndicats.» Chez Thomson, Duret entend faire de la résistance locale en tant que délégué CFTC. Il fait circuler une pétition exigeant la «suppression de l’accord UIMM», dénonçant le «chantage du patronat pour obtenir des syndicalistes dociles».

Après avoir suspendu ses subventions à la CFTC, la direction de Thomson obtiendra la tête de Duret. En août 2000, la Fédération de la metallurgie retire sa délégation aux syndicalistes maison, remplacés par des apparatchiks fédéraux. En octobre, la Fédération metallo de la CFTC présente à la direction de Thomson la liste de ses candidats aux élections professionnelles, précisant que «le nom de M. Duret n’y figure pas»

Un an plus tard, c’est la mise à la retraite d’office, Jean-Claude Duret étant victime directe de la révision au rabais de la convention collective, qu’il a combattue en vain. L’adversaire était-il trop fort ? Sa plainte pour discrimination syndicale vient d’être validée par la Cour de cassation. Il est désormais prêt à tout déballer devant les tribunaux.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/288461.FR.php
© Libération
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Mercredi 13 février 2008 3 13 02 2008 21:46

La première chambre civile de la Cour de Cassation, par son arrêté du 6 février 2008, ouvre de nouveau la question du statut juridique de l’embryon.

 

Accepter que soit inscrit dans un registre d’Etat Civil un fœtus quel que soit son stade de développement, c’est opérer un glissement vers la reconnaissance du statut de « personne » à l’embryon.

 

La détresse de certaines femmes est ainsi instrumentalisée pour jeter la confusion entre embryon, fœtus et enfant en jouant sur la compassion. Comment ne pas voir se préparer ainsi les conditions de reconnaissance du statut juridique de « personne » à l’embryon. Ce glissement introduit en creux une remise en question du droit à l’avortement.

 

L’ANCIC, la CADAC et le MFPF jugent inacceptable cette offensive juridique, constante et sournoise, contre l’avortement, contre le droit fondamental des femmes à vivre librement leur sexualité et à décider du nombre d’enfants qu’elles souhaitent.

 

En France, déjà en 2003, l’amendement Garaud par le « délit d’interruption involontaire de grossesse », avait tenté d’entraver le droit des femmes à l’avortement.

 

En Europe, aux Etats Unis partout dans le monde les lobbies anti-avortement oeuvrent ouvertement, au détriment de la santé des femmes, pour empêcher toute légalisation là où ce droit fondamental n’existe pas ou pour le supprimer là où il existe.

 

L’ANCIC, la CADAC, le Planning n’accepteront pas que soit remis en cause par quelque moyen que soit un droit obtenu après un long combat et au prix d’un lourd tribut payé par les femmes.

 

Les trois affaires vont être rejugées. Nous appelons l’ensemble des démocrates à ne pas se laisser abuser par les manipulations compassionnelles et à rester mobilisés contre les atteintes aux droits des femmes.

 

Paris, le 8 février 2008

 

         A.N.C.I.C.                                   C.A.D.A.C.                                        M.F.P.F.

Association  Nationale des Centres                     Coordination des Associations                            Mouvement Français

d’Interruption de Grossesse                                pour le Droit à l’ Avortement                               Pour Le Planning Familial

et de Contraception                                            et à la Contraception

 

Contacts :

Marie-Laure Brival (ANCIC) : Tél : 06 72 07 67 08/émail : marie-laurebrival@wanadoo.fr

Maya Surduts (CADAC) : Tél. 06 07 48 71 83 / émail : colcadac@club-internet.fr

Maïte Albagly (MFPF) : Tél : 01 48 07 29 10 / émail : mfpf@planning-familial.org
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Dimanche 24 février 2008 7 24 02 2008 15:52

Le ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement c’est le Ministère des colonies ! colonisation_aff.jpg

 

Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Or, le bilan positif de la colonisation alors que pendant plus de quatre siècles pendant lesquels la France a participé activement à la traite négrière, à la déportation des populations de l’Afrique sub-saharienne, a massacré et imposé sa loi sur des dizaines de peuples dont elle a pillé les richesses, cherché à détruire les cultures, les traditions, nié l’histoire et la mémoire.

 

Depuis des années nous assistons malgré les interpellations des citoyens et des associations, au silence assourdissant de l’Etat concernant sa responsabilité dans les crimes coloniaux, parallèlement à un retour des valeurs inégalitaires issues de la colonisation et au démantèlement du droit des étrangers.

 

Non, la colonisation n’a pas joué un rôle positif, car elle s’est toujours développée sur la violence, l’humiliation, la dépossession… La supériorité d'un peuple sur un autre: ce racisme comme fondement essentiel étant, est en soi inacceptable.

 

En créant un « ministère de l’immigration et de l’identité française », le gouvernement français met aujourd’hui en acte les idées développées par Nicolas Sarkozy dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar... C’est en fait la réintroduction d’un « Ministère des colonies » qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances de la « Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration » : « Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme “problème” pour la France et les Français dans leur être même ».

 

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies : rafles de sans papiers, contrôles d’identité au faciès illégaux, contrôles dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les préfectures... Il organise des centres d’internements (appelés centre de rétention) surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile et organise des descentes violentes dans les foyers comme . Au nom de « l’identité nationale » on démantèle le droit d’asile et on casse le droit au regroupement familial, les droits des enfants (définis dans les conventions internationales signées par la France).

 

L’utilisation de tests génétiques pour contrôler l’immigration constitue une mesure régressive profondément choquante, car elle vise à discriminer une certaine catégorie de la population, et ouvre insidieusement la porte au fichage génétique.

 

La politique de codéveloppement et d’immigration choisie débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles et la perte de la souveraineté économique, sociale et politique des pays d’immigration.

 

Le refoulé colonial amène la France sur une posture qui se traduit par un alignement sur la politique américaine au moyen-orient et la continuation de la politique de la Françafrique.

 

Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires, de plus en plus considérés comme des « territoires perdus de la République » qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des révoltes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à reprendre la loi sur l’état d’urgence utilisée durant la Guerre d’Algérie.

 

A l’occasion du 3ème anniversaire du vote de la loi sur la « colonisation positive » et dans le cadre de la 2ème semaine anticoloniale du 16 au 24 février 2008 nous appelons à un rassemblement contre cette politique qui bafoue les droits fondamentaux de l’Homme et traite les immigrés comme des criminels.

 

Tous ensembles exigeons : 

 

- L’abrogation des dispositions colonialistes de la loi du 23 février 2005

 

- La reconnaissance par l’Etat Français de sa responsabilité dans les crimes coloniaux.

 

- La fin des rafles et des expulsions, la régularisation de tous les sans papiers

 

- La suppression du Ministère de « l’identité nationale et de l’Immigration ».

 

Pour le collectif d’organisation de la semaine anticoloniale.

 

contact@anticolonial.org

 

Le collectif de la Semaine Anticoloniale regroupe une cinquantaine d’organisations

 

Premières organisations signataires de l’appel du 23 :

 

AFASPA, ATTAC, CADTM, Droits devant, MRAP, Survie, ZEP, Veto!, FETAF, Au Nom de la Mémoire, CEDETIM, PCOF, Les Alternatifs, Les Verts, MJCF, PCF, LCR, Collectif Génocide Made in France, Droits devant, RPS ( Régions et Peuples Solidaires), Réseau International Frantz Fanon, Cercle Frantz Fanon, Espace Marx, Coordination 75 des Sans Papiers, Fédération des Collectifs île de France de Sans papiers, Voir Démocratique ( Maroc), Caac Comores, Amicale Panafricaine, Plate forme panafricaine, FTCR, ATMF, COPAF….

 

Avec le soutien de l’UCIJ ( Unies contre l’immigration Jetable)

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Samedi 9 août 2008 6 09 08 2008 17:12
Pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,

- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,

- s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en écrivant à contact@nonaedvige.ras.eu.org

http://nonaedvige.ras.eu.org/
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