LAME de FOND et
CRISE de REGIME
Nous vivons une lame de fond analogue à mai 68 et décembre 95 et plus profonde que juin 2003. La jonction s’est faite entre les salariés, salariées et la jeunesse scolarisée, la participation du privé va grandissant, des grèves accompagnent chaque journée de manifestations.
Ce n’est pas seulement le CPE qui est rejeté, ce sont aussi toutes les formes de précarité imposées depuis les années 80 au monde du travail, et plus largement l’ultra-libéralisme, qui fait de la société une jungle où règne la loi du plus fort. Privatisations des services publics, attaques contre les retraites par répartition, contre l’assurance sociale, contre l’indemnisation du chômage, multiplication des contrats de travail à durée déterminée, licenciements, visent à détruire tous les acquis du monde du travail au profit des actionnaires institutionnels, fonds de pension et fonds de placement.
L’unité et l’auto-organisation sont les deux caractéristiques du mouvement.
Tous les syndicats sont dans l’action ; les organisations de la jeunesse sont au coude à coude. L’auto-organisation progresse au fur et à mesure que le mouvement s’approfondit ; c’est là où elle est la plus avancée que le mouvement est le plus puissant.
C’est dans la généralisation de l’auto-organisation, appuyée sur une unité maintenue, que peut résider la clé du succès.
Sans rien enlever aux responsabilités des syndicats, des Assemblées générales de grévistes, de salariés et salariées participant aux manifestations, permettront une conduite démocratique du mouvement. C’est dans cette perspective que se pose la question de la grève générale. Elle ne peut ni se décréter au sommet ni surgir spontanément. Elle doit être débattue, décidée et construite par les salariés et salariées eux-mêmes.
Nous ne sommes pas seuls
L’Europe voit de multiples protestations contre la politique ultra-libérale de la Commission de Bruxelles et des gouvernements européens : la CES (Confédération européenne des syndicats) s'oppose au CPE ; la grève en Grande-Bretagne pour les retraites est la plus importante depuis 1926 ; en Allemagne l’action se développe pour la défense des services publics.
La jeunesse est une des premières victimes de l’ultra-libéralisme. Elle n’est pas la seule.
La révolte des banlieues fin 2005 avait témoigné de la souffrance des jeunes des milieux populaires, sans parvenir à élaborer des revendications politiques. Pour les femmes, qui fournissent déjà le gros contingent des mi-temps contraints et des retraites les plus basses, la précarité va s’aggraver. Avec le projet de loi modifiant le CESEDA, les étrangers verront les conditions d’accès à la carte de séjour encore plus difficiles à remplir ; ainsi vont se multiplier les sans-papiers qui pour survivre devront travailler dans des conditions qui s’apparentent à des délocalisations sur place, source de surprofits pour le patronat.
Quelle est aujourd’hui la légitimité du gouvernement et de la majorité de l’Assemblée nationale ? Ils n’ont derrière eux que le MEDEF. Chaque fois qu’ils sont désavoués (régionales, référendum sur le TCE) ou aux prises avec une contestation généralisée (juin 2003, révoltes des banlieues), ils se lancent dans une fuite en avant provocatrice, accentuant tous les éléments de leur politique contestée. La Constitution de la 5e République, qui permet de gouverner contre la majorité des citoyennes et citoyens, doit être abrogée ! Nous vivons une crime de régime dangereuse pour la démocratie. Il faut rénover la démocratie représentative et développer à tous les niveaux la démocratie participative.
De qui se moque le Président de la République ?
Avec un parfait mépris pour les salariés, les jeunes et leurs organisations, il décide de promulguer la loi instituant le CPE, qui sera d’application immédiate, tout en promettant une nouvelle mouture qui ne sera rien d’autre qu’une nouvelle forme de précarité imposée aux jeunes.
Le mouvement doit se poursuivre jusqu’au retrait du CPE, la négociation avec les organisations syndicales et un nouveau débat au Parlement.
La question est plus que jamais
celle de la traduction politique
des mouvements sociaux.
Il ne servirait à rien de remplacer l’ultra-libéralisme d’aujourd’hui par un social-libéralisme qui n’en différerait que par quelques mesures humanitaires. Les Alternatifs, partie prenante du mouvement en cours, militent avec l’ensemble de la gauche pour s’opposer à la politique du MEDEF et du gouvernement. En même temps, ils travaillent pour que la gauche critique qui a fait campagne avec succès pour un non de gauche au traité constitutionnel européen, élabore avec les citoyennes et citoyens, les associations, un programme opposé à l’ultra-libéralisme, défendant les services publics, la Sécurité sociale, les retraites par répartition, visant à faire disparaître le chômage, développant la démocratie participative.
Non au CPE !
Non au chômage et à la précarité !
Dans nos luttes et dans les élections
construisons l’alternative !
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LE BLOG DES ALTERNATIFS
Au conseil municipal de Nice du 16 décembre 2005, Bruno DELLA SUDDA, conseiller municipal Alternatif, était intervenu lors de la délibération de la mise aux normes de l'usine d'incinération de l'Ariane et en révélant l'analyse d'un laboratoire indépendant sur les olives des jardins de l'Abadie. Cette mise aux normes européennes était obligatoire et indispensable pour limiter les pollutions créées par l'usine. Mais les énormes sommes d'argent dépensées pour cela ne doivent pas nous faire oublier l'essentiel : l'incinération reste une technologie dépassée, très dangereuse pour la santé (rejet de dioxines et furanes - cancérigènes - et de métaux lourds). Cette mise aux normes ne doit pas faire oublier le but : la fermeture de l'usine à l'horizon 2018, comme le prévoit le Plan Départemental d'Elimination des Déchets Ménagers (PDEDM) et comme l'a confirmé le conseil général (qui a en charge le suivi de ce plan) et son remplacement par le tri sélectif, économe et écologique, sans danger pour la santé publique.
Uni(e)s contre une immigration jetable
Le maire de la Trinité s'est emparé du 20e anniversaire de l'accident de Tchernobyl pour se livrer à une charge anticommuniste et antisoviétique dans le bulletin municipal. Il y dénonce les effets d'un système opaque et antidémocratique à la racine d'une catastrophe sans précédent. Il aurait été plus convainquant s'il avait abordé le volet français de la catastrophe et l'attitude de ses amis politiques au pouvoir lors de l'accident. En effet, à l'époque, le premier ministre se nommait Jacques Chirac, son porte-parole était A. Juppé, le ministre de l'environnement, A. Carignon. En lisant la chronologie des évènements, on s'apercevra que sur la question du nucléaire l'opacité, le mensonge et le cynisme de l'état RPR valent bien ceux du système soviétique. Avec une nuance de taille, le premier dirige toujours la France, tandis que second s'est effondré depuis 17 ans.