Solidarité Palestine

Mardi 23 mai 2006 2 23 05 2006 22:17

Appel des élus des collectivités territoriales et des représentants d’institutions et d’associations des Alpes de Haute Provence engagés dans la coopération décentralisée avec la Palestine .



Nous continuerons à faire vivre

nos projets de développement

avec le peuple palestinien.



Nous qui avons en charge dans nos collectivités territoriales et dans nos villes, les conditions du vivre ensemble dans un monde globalisé nous ne pouvons faire abstraction des évènements qui se produisent au-delà de nos frontières. C’est pourquoi nous nous sommes engagés à soutenir un programme de développement durable autour de l’huile d’olive palestinienne, symbole de notre culture méditerranéenne commune.


Le Conseil des ministres européen des Affaires étrangères a pris une décision politique grave en décidant de suspendre une partie importante de son aide financière au peuple palestinien. La suspension de l’aide de l’UE, s’ajoutant à celle des aides américaines et à l’arrêt illégal des transferts de taxes dues par Israël à l’Autorité palestinienne, apparaît comme une volonté d‘étranglement économique et social et comme la sanction de tout un peuple qui connaît déjà une terrible situation sociale.


Selon les organismes humanitaires de l’ONU, la Cisjordanie et la bande de Gaza sont au  « bord du désastre ». L’UNWRA (office de l’ONU pour les réfugiés) souligne que le manque de produits alimentaires à Gaza, du fait de la fermeture fréquente du passage de Karni, et depuis que l’aide a été suspendue, aboutit à une augmentation significative « du nombre de personnes affamées ». La Banque Mondiale précise que, sans changements, 75% des Palestiniens se retrouveront sous le seuil de pauvreté pour 56% aujourd’hui. A cela s’ajoute un lourd problème de santé publique : 850 000 volailles sont suspectées à Gaza d’avoir contracté la grippe aviaire.


Que cherche t-on à vouloir étrangler de la sorte le peuple palestinien ? A le punir d’avoir exercé son droit souverain à la démocratie ?

Le choix du Hamas lors des élections législatives est le résultat de nombreux facteurs propres à la société palestinienne mais surtout de la politique israélienne d’occupation ainsi que de l’inaction et du silence de la communauté internationale.


Pour nous qui sommes respectueux de la démocratie, il ne saurait être question de remettre en cause les résultats des urnes et la légitimité de celles et ceux qui en sont issus. On ne peut en effet réclamer des élections et ne pas en reconnaître le résultat dès lors qu’il ne nous satisferait pas.


Malheureusement, la France et ses partenaires européens qui ont reconnu le caractère transparent et démocratique du scrutin palestinien, ont estimé nécessaire de poser, pour la première fois, des conditions assorties de sanctions aux nouveaux dirigeants palestiniens, alors qu’ils se sont toujours refusés à exiger d’Israël une quelconque conditionnalité pourtant prévue par l’article 2 des Accords d’association économique de l’Europe avec Israël qui exige le respect du droit international. La décision de l’Union européenne revient ainsi à encourager Israël à poursuivre, en toute impunité, sa politique unilatérale, en contradiction flagrante avec le droit international.

Il serait souhaitable que les « vingt-cinq » manifestent la même détermination pour obtenir d’Israël l’application des résolutions de l’ONU et les dispositions de la Feuille de route, en particulier de reconnaître aux Palestiniens le plein exercice de leur droit à l’autodétermination dans les territoires occupés depuis 1967 ; de mettre un terme à la colonisation et à l’annexion de Jérusalem-Est ; de faire respecter l’avis de la Cour internationale de Justice et le vote de l’Assemblée générale des Nations unies du 20 juillet 2004, enjoignant Israël de mettre un terme à la construction du Mur, qu’on sait destiné à annexer davantage encore de territoires palestiniens et à pérenniser les colonies et leur expansion ; autant de conditions incontournables pour avancer vers une solution juste et durable.


Après la décision de l’UE de suspendre son aide à l’Autorité palestinienne, il est nécessaire de rappeler que le soutien des collectivités territoriales ne s’adresse pas à des partis politiques mais à d’autres collectivités territoriales. Force est de constater que les municipalités conquises par le Hamas ne remettent pas en cause leurs accords de coopération et que rien ne permet aujourd’hui de dire qu’elles se dérobent à leurs engagements concernant la nature des projets menés ensemble.


Surtout, la spécificité de la coopération décentralisée est de mettre en lien, les populations entre-elles. L’ancrage dans la réalité sociale palestinienne, la relation aux citoyens caractérisent notre action, d’où la place que nous accordons au travail avec l’Union des fermiers palestiniens, notre partenaire dans ce programme de soutien à la filière oléicole palestinienne. De véritables liens d’amitié et de fraternité se sont développés entre les populations ici et là-bas, nous permettant de comprendre l’immense richesse et la diversité de la société palestinienne, mais aussi son épuisement du fait de l’occupation de son territoire et son désir de parvenir à un accord de paix avec Israël dans la justice et la dignité. Cela signifie la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien tels que reconnus par le droit international et les résolutions de l’ONU.


Nous continuerons donc, avec vigilance et exigence, à mettre en œuvre et à faire vivre nos projets de développement au bénéfice des populations et des citoyens dans le cadre d’échanges réciproques, tout en sachant que la première condition d’un développement durable en Palestine est l’arrêt de l’occupation et l’ouverture d’une perspective de règlement politique du conflit fondé sur le droit et la justice. Il est temps de redonner une chance à la paix.


Nous demandons à la France et à l’Union européenne de respecter le droit et la légitimité du choix électoral des Palestiniens et de rétablir l’aide à l’Autorité palestinienne.

Jean-Louis BIANCO , Président du Conseil général - Yannick PHILIPPONEAU, maire de Ste Tulle - José ESCANEZ, maire de Château-Arnoux - Christophe CASTANER, Vice-président du Conseil régional - Serge GLOAGUEN, maire de Digne les Bains - Raymond PHILIPPE, maire des Mées.


Raymond BRESSAND, maire de Reillanne - Michèle GASTALDI, maire de la Palud - Denis BAILLE, maire adjoint de Thoard- Martine CARRIOL, conseillère régionale - Paul ROUCAUD, maire de Montfort


André PINATEL, président de la Chambre d’agriculture - Jérôme BURQ, directeur de l’Etablissement de Carmejane - Jean-Marie BALDASSARI, expert oléicole-Adolive - Monique ETIENNE, Présidente de l’AFPS04.





Par Rouges et Verts
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 01 2007 22:47



"Des olives et des murs"
Film documentaire

de l'AFPS 04


2006- 58’ - vo sous titrée - vidéo numérique un film réalisé par Monique Etienne et Kristian Delacroix


Bien que la Palestine soit en miettes, ses territoires découpés et parcellisés par des centaines de kms de murs de grillage et de béton, le peuple palestinien, occupé et en grande souffrance, résiste.

L’occupant israélien utilise sa puissante armée pour annexer et coloniser les terres et les villages palestiniens. La vie quotidienne des populations est jalonnée d’angoisses, d’humiliations, de contrôles, de brimades, d’arrestations, de représailles, de destructions et de morts.

Malgré tout, la vie continue dans les campagnes. Les oliviers couvrent les collines et dressent fièrement, leurs têtes riches de leurs olives, malgré les saignées des bulldozers israéliens.

L’huile, richesse millénaire, coule encore des moulins pour nourrir et permettre des revenus pour les oléiculteurs.

Les auteurs nous font partager les moments heureux en famille et la violence de la colonisation. Palestiniens et Israéliens donnent des clés pour mieux appréhender ce qui se joue dans cette région du monde où la justice et le droit sont bafoués au profit de la loi du plus fort.

Accompagnés du travail des hommes et du bruit des machines, nous assistons à la coulée d’une belle huile d’olive.

La caméra accompagne les cueilleurs volontaires d’une mission civile internationale qui enfreignent l’interdiction imposée par les colons et l’armée israélienne de récolter les olives appartenant à un oléiculteur palestinien. La confrontation sera inévitable.

Les impressionnants murs qui avancent profondément dans les territoires palestiniens et les colonies nous montrent jusqu’où peut aller la "folie" de l’occupant pour s’accaparer les terres palestiniennes.

Monique Etienne est journaliste, membre du CA de l’AFPS et présidente de l’AFPS04. Elle est allée de nombreuses fois en Palestine et en Israël depuis la 1ère Intifada. Kristian Delacroix est réalisateur documentariste, membre de l’AFPS. Il est allé régulièrement en Palestine et en Israël.


Pour commander un DVD

Envoyer un chèque de 20 € ( DVD 15€, port 5€ ) à

Kristian Delacroix et Monique Etienne

« le village » place Sixte Mallet

04 510 Mallemoisson

__ Bon de commande : http://afps04.site.voila.fr/bdc.pdf

Si vous souhaitez organiser une projection ou un débat, les réalisateurs sont disponibles pour présenter leur film.

Conditions de location :

80 euros la soirée + frais de déplacements.

Dispositif technique :

Film, lecteur DVD et sonorisation fournis par les auteurs

Le vidéoprojecteur et l’écran sont à fournir par vos soins.

Contact :

tel : 04 92 34 74 84

mail :mounekris@aol.com

Site AFPS04 : http://afps04.site.voila.fr/




Article extrait du site de
l'Association France Palestine Solidarité : http://www.france-palestine.org

Par Rouges et Verts
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 01 2007 18:54
Le banquet du CRIF
sur la chaîne du Sénat ? NON !



Nous apprenons, avec surprise et indignation, que la chaîne “Public-Sénat” qui partage avec LCP-AN la chaîne parlementaire, va transmettre en direct la Soirée du CRIF (Conseil représentatif des Institutions juives de France), le mardi 23 janvier, à 22 heures.

Dans la définition officielle de la chaîne “ Public- Sénat ” il est dit ceci : “ Public- Sénat partage avec LCP-AN l’antenne de la chaîne parlementaire. La chaîne parlementaire a été créée en 1999 par l’Assemblée nationale et le Sénat afin de remplir une mission de service public, d’information et de formation des Citoyens à la vie publique, par des programmes parlementaires, éducatifs, et civiques ”.

Or, le CRIF, qui se définit entre autre par son soutien sans faille au gouvernement d’Israël qui, par ses pratiques coloniales en Palestine occupée, viole quotidiennement le droit international, est de fait une association “ partisane ”. Il n’a, en outre, pas le monopole des opinions juives en France, bien sûr.

Alors, que peut signifier ce privilège offert à cette association ? [1]Signalons au passage que cette retransmission est suivie immédiatement par l’émission “ Bouge la France : qui est communautariste ? ”. Bonne question, d’ailleurs !

Comment ne pas voir dans cette programmation un détournement du caractère DÉMOCRATIQUE de l’institution “ Public -Sénat et LCP-AN ”, par la présentation d’un grand moment de propagande, malheureusement avalisé par les “ élites ” politiques de la République ?

Tous ces jours ci, nous sommes rappelés à un important travail de mémoire à travers l’évocation de la question des “ Justes ”. Les “Justes” d’alors, souvent restés inconnus, beaucoup d’entre nous ont partagé leur histoire. Ils étaient des citoyens de la République qui, au nom de la justice et des droits de l’Homme, ont décidé de désobéir aux lois du gouvernement de Vichy et à l’occupant.

D’autres combats ont eu lieu depuis, d’autres “ Justes ” se sont levés pour défendre des vies et des Droits (par exemple ceux qui ont soutenu la résistance algérienne contre l’armée française, ceux qui aujourd’hui exigent, au nom des mêmes valeurs universelles de justice, le respect des droits légitimes, nationaux et humains, des Palestiniens soumis à une occupation militaire terrible par l’occupant israélien).

Que dans ce contexte de commémoration, qui certes précède aujourd’hui la période de campagne présidentielle, notre chaîne parlementaire offre une telle tribune publique au CRIF est donc inacceptable et nous demandons l’annulation immédiate de cette programmation.

Au nom du respect de la Démocratie et du Droit, il est urgent de s’en tenir aux principes de la République et de sortir de la confusion des genres, sous peine de se poser la question : au service de qui joue cette confusion


En tant que citoyens et citoyennes,

protestez :

adressez des mels ou appels téléphoniques à

1) Chaine Public Sénat 92 boulevard Raspail 75006 Paris Tél. : 01 42 34 44 00 Fax : 01 42 34 44 50

courrier à adresser au webmaster ( voir site) : k.broyer@public.senat.fr Site : www.publicsenat.fr

2) Sénat :

Pour envoyer un courrier électronique à la présidence : presidence@senat.fr site : www.senat.fr/

3) CRIF Conseil Représentatif des Institutions Juives de France Espace Rachi 39 rue Broca - 75005 Paris Tél. +33 (0)1 42 17 11 11 Fax. +33 (0)1 42 17 11 50 Email : infocrif@crif.org Web : www.crif

Marie Renée Legrand, Bureau national de l’AFPS


[1] * En effet, c’est Jean-Pierre Elkabbach, PDG de Public Sénat, qui a proposé à R.Cukierman, le président du CRIF, de retransmettre la soirée annuelle du Conseil Représentatif des Institutions juives de France. 800 personnalités du monde politique, dont de nombreux membres du gouvernement, ainsi que des ambassadeurs et des représentants des communautés religieuses, de la société civile et du monde médiatique se pressent à cette manifestation où il est de bon ton de se montrer.




Article  du site de
l'Association France Palestine Solidarité : http://www.france-palestine.org

Par Rouges et Verts
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Lundi 30 avril 2007 1 30 04 2007 11:32
Mordechaï Vanunu
pourrait retourner en prison


JERUSALEM (Reuters) - L'ancien technicien nucléaire israélien Mordechaï Vanunu a été reconnu coupable par un tribunal israélien d'avoir violé les règles de sa mise en liberté en s'adressant à des médias étrangers.

Après cette décision du tribunal de Jérusalem, il pourrait retourner en prison. La sentence, susceptible d'être contestée en appel, sera rendue le 18 mai.

Vanunu, qui avait confirmé en 1986 à un journal britannique l'activité nucléaire militaire d'Israël sur son site atomique de Dimona, avait été condamné pour trahison à une peine de 18 ans de prison, qu'il a intégralement purgée.

Il a été libéré en 2004 mais doit limiter ses contacts avec les étrangers et ne peut quitter le territoire israélien, une mesure qui est réexaminée chaque année et a encore été confirmée il y a dix jours.

Depuis sa remise en liberté, Vanunu, 52 ans, fait campagne pour le désarmement au Proche-Orient et souhaiterait émigrer, ce que les autorités refusent car elles craignent qu'il ne détienne encore des secrets sur le programme nucléaire israélien.

"Tout ce que je veux, c'est être libre, quitter le pays", a-t-il dit aux journalistes lundi au tribunal.

Celui-ci lui a reproché d'avoir donné des interviews à la presse internationale ces trois dernières années.

Par Rouges et Verts
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Lundi 30 avril 2007 1 30 04 2007 16:02
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 05 2007 10:40

Entretien exclusif
Mordechaï Vanunu :

« C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid »
par Silvia Cattori*

Ingénieur au centre de Dimona, Mordechaï Vanunu révéla, en 1986 au Sunday Times, l’existence du programme nucléaire militaire israélien. Enlevé en Italie par le Mossad alors qu’il venait de contacter les journalistes britanniques et avant que leur article ne paraisse, il fut jugé à huis clos et emprisonné dix-huit ans. Bien qu’interdit de contact avec la presse, il a répondu aux question de Silvia Cattori pour le Réseau Voltaire.


 
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Mordechaï Vanunu, avec en arrière-plan l’image satellite du centre de production de plutonium militaire de Dimona, en Israël

Silvia Cattori : Quel était votre travail en Israël, avant que des agents du Mossad ne vous kidnappent à Rome, en octobre 1986 ?

Mordechaï Vanunu : Depuis neuf ans, je travaillais au centre de recherches en armements de Dimona, dans la région de Beer Sheva. Juste avant de quitter ce travail, en 1986, j’avais pris des photos à l’intérieur de l’usine, afin de montrer au monde qu’Israël cachait un secret nucléaire. Mon travail, à Dimona, consistait à produire des éléments radioactifs utilisables pour la fabrication de bombes atomiques. Je savais exactement quelles quantités de matières fissiles étaient produites, quels matériaux étaient utilisés et quelles sortes de bombes étaient fabriquées.

Révéler au monde – seul – que votre pays était secrètement détenteur de l’arme nucléaire…, n’était-ce pas là prendre un très grand risque ?

Mordechaï Vanunu : Si j’ai décidé de le faire, c’est parce que les autorités israéliennes mentaient. Elles se répandaient, répétant que les responsables politiques israéliens n’avaient nullement l’intention de se doter d’armes nucléaires. Mais, en réalité, ils produisaient beaucoup de substances radioactives ne pouvant servir qu’à cette seule fin : confectionner des bombes nucléaires. Des quantités importantes : j’ai calculé qu’ils avaient déjà, à l’époque – en 1986 ! – plus de deux cents bombes atomiques. Ils avaient aussi commencé à fabriquer des bombes à hydrogène, très puissantes. Aussi ai-je décidé de faire savoir au monde entier ce qu’ils tramaient dans le plus grand secret. Et puis, aussi, je voulais empêcher les Israéliens d’utiliser des bombes atomiques, afin d’éviter une guerre nucléaire au Moyen-Orient. Je voulais contribuer à apporter la paix dans cette région. Israël, détenant déjà des armes surpuissantes, pouvait faire la paix : il n’avait plus à redouter une quelconque menace palestinienne, ni même arabe, car il possédait tout l’armement nécessaire à sa survie.

Vous étiez préoccupé par la sécurité, dans l’ensemble de la région ?

Mordechaï Vanunu : Oui. Absolument. Bien entendu, ce n’est pas pour le peuple israélien que j’ai fait ce que j’ai fait. Les Israéliens avaient élu ce gouvernement, et ce gouvernement avait décidé de les doter d’armes nucléaires. Vous savez, tous les Israéliens suivent de très près la politique du gouvernement israélien… Mais, en ce qui me concerne, je réfléchissais à partir du point de vue de l’humanité, du point de vue d’un être humain, de tous les êtres humains vivant au Moyen-Orient, et aussi de tous les êtres humains, dans le monde entier. Parce que ce qu’Israël avait fait, beaucoup d’autres pays pourraient le faire.

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Une du quotidien britannique "The Sunday Times" du 5 octobre 1986 : "Révélation : les secrets de l’arsenal nucléaire israélien"

Aussi ai-je décidé, dans l’intérêt de l’humanité, de faire connaître au monde entier le danger que représentaient les armes nucléaires secrètes d’Israël. En 1986, on était en pleine Guerre froide et les armes nucléaires proliféraient. Elles étaient en train de se répandre dans plusieurs pays encore non-nucléaires, comme l’Afrique du Sud, et d’autres. Le danger représenté par les armes nucléaires était réel. De nos jours, ce danger a diminué.

Saviez-vous à quoi vous vous exposiez ? Pourquoi était-ce vous, en particulier, qui deviez prendre un si grand risque, et personne d’autre ?

Mordechaï Vanunu : Bien entendu, je savais ce que je risquais. Mais ce que je pouvais faire, personne d’autre que moi n’aurait pu le faire. Je savais que j’aurais eu affaire au gouvernement israélien. Ce n’est pas comme si j’avais été quelqu’un qui s’en serait pris à des intérêts privés ; je savais que je m’en prenais directement au gouvernement israélien et à l’État juif israélien. Je savais donc qu’ils pouvaient me châtier, qu’ils pouvaient me tuer, qu’ils pouvaient faire de moi absolument tout ce qu’ils voulaient. Mais j’avais la responsabilité de dire la vérité au monde. Personne d’autre que moi n’était en mesure de le faire : il était donc de mon devoir de le faire. Quels qu’aient été les risques.

Votre famille vous a-t-elle, alors, soutenu ?

Mordechaï Vanunu : Les membres de ma famille ont été incapables de comprendre ma décision. Pour eux, le plus dérangeant fut de découvrir que je m’étais converti au christianisme. Pour eux : c’était plus dommageable, plus douloureux que le fait que j’ai révélé les secrets nucléaires d’Israël… Je les respecte, ils respectent ma vie. Nous sommes restés en bons termes, mais nous ne nous fréquentons plus.

Vous sentez-vous seul ?

Mordechaï Vanunu : Oui. Bien sûr, je suis seul, ici, à la cathédrale Saint-Georges. Mais j’ai beaucoup d’amis, qui me soutiennent.

Dans quelles conditions avez-vous été jugé et emprisonné ?

Mordechaï Vanunu : Mon procès a été tenu dans le secret le plus absolu. J’étais seul, avec mon avocat. J’ai été condamné pour espionnage et trahison. Les autorités israéliennes se sont vengées sur moi en me maintenant en isolement cellulaire durant toute la durée du procès. Elles n’autorisaient personne à me voir ni à me parler, et m’interdisaient de m’adresser aux médias. Elles ont publié beaucoup de désinformation à mon sujet. Le gouvernement israélien a utilisé tout son pouvoir médiatique pour faire un lavage de cerveau de l’opinion publique. Pour laver le cerveau des juges, aussi, au point de les convaincre de la nécessité de me mettre en prison. Ainsi, mon procès a été tenu secret et les médias n’ont pas pu accéder à la vérité ; ils n’ont pas pu m’entendre. Les gens étaient convaincus que j’étais un traître, un espion, un criminel. Il n’y eut pas un atome de justice, dans ce jugement. Mais il n’y avait pas que le procès : le plus cruel fut de m’isoler, en prison. Ils m’ont puni non seulement par l’emprisonnement, mais aussi en m’isolant totalement, en m’épiant en permanence, au moyen de mauvais traitements particulièrement vicieux et cruels : ils ont essayé de me faire mettre en colère, ils ont essayé de me faire regretter ce que j’avais fait. J’ai été maintenu au secret, dix-huit années durant, dont onze années et demie en isolement total. La première année, ils ont mis des caméras dans ma cellule. Ils ont laissé la lumière allumée trois années d’affilée ! Leurs espions me battaient sans cesse, ils m’empêchaient de dormir. J’ai été soumis à un traitement barbare ; ils ont tenté de me briser. Mon objectif était de tenir, de survivre. Et j’ai réussi !…

Par chance, on ne vous a pas pendu haut et court, comme le voulait pourtant le ministre de la Justice d’alors, Tommy Lapid. Vous avez tenu bon, et vous avez été relâché le 21 avril 2004. Vous aviez tout juste 50 ans !

Mordechaï Vanunu : S’ils m’ont relâché, c’est parce que j’avais purgé les dix-huit ans de prison auxquels ils m’avaient condamné. Ils voulaient me tuer. Mais, en fin de compte, le gouvernement israélien a décidé de n’en rien faire.

En avril 2004, les télévisions ont montré votre sortie de prison. Le monde a alors découvert ce qui vous était arrivé. Vous êtes apparu devant les caméras heureux, déterminé, combatif : tout le contraire d’un homme brisé…

Mordechaï Vanunu : Sortir de prison, aller parler au monde entier, fêter ça… après dix-huit ans de captivité, d’interdiction de tout :… ce fut un grand moment…

Vos geôliers n’ont donc pas réussi à vous briser mentalement ?

Mordechaï Vanunu : Non ; absolument pas. Mon objectif était de sortir, et de parler au monde entier, de faire comprendre aux autorités israéliennes qu’elles avaient échoué. Mon but était de survivre, et cela a été ma plus grande victoire sur toutes ces organisations d’espionnage. Ils ont réussi à me kidnapper, à me traîner devant leur tribunal, à me maintenir en prison, au secret, pendant dix-huit ans… et j’ai survécu à tout ça. J’ai souffert, certes ; mais j’ai survécu. Malgré tous leurs crimes, je suis toujours vivant, et je suis même en excellente santé ! Je suis de forte constitution ; c’est sans doute grâce à çà, que j’ai surmonté l’épreuve.

Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir ?

Mordechaï Vanunu : Ma fermeté. Le fait de continuer à être convaincu que j’avais eu raison de faire ce que j’avais fait. La volonté de leur faire comprendre que, quoi qu’ils fassent pour me châtier, je continuerais à rester en vie.

Quel est le plus grand obstacle auquel vous ayez à faire face, actuellement ?

Mordechaï Vanunu : On m’interdit de quitter Israël. J’ai été libéré de prison, mais ici, en Israël, je suis dans une grande prison. Je voudrais quitter ce pays, aller jouir de la liberté dans le vaste monde. J’en ai marre du pouvoir israélien. L’armée peut venir m’arrêter à tout instant, me punir. Je sens que je suis à leur merci. J’aimerais tellement vivre loin, très loin d’ici…

Quand Israël vous laissera-t-il quitter le pays ?

Mordechaï Vanunu : Je n’en sais rien. Ils m’ont interdit de quitter Israël pendant une année. Un an ayant passé, ils ont renouvelé l’interdiction pour une nouvelle année, qui prendra fin en avril prochain. Mais ils peuvent encore prolonger l’interdiction, aussi longtemps qu’il leur plaira…

Quel regard portez-vous sur le Traité de non-prolifération nucléaire quand, dans le cas d’Israël, on tolère « l’ambiguïté nucléaire », alors qu’on met constamment sous pression l’Iran – un pays qui, lui, se soumet aux inspections ?

Mordechaï Vanunu : Tous les pays devraient être ouverts aux inspections internationales et dire la vérité sur ce qu’ils sont en train de faire, secrètement, dans toutes les installations nucléaires dont ils disposent. Israël n’a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire. Ce sont près de cent quatre-vingt pays qui l’ont fait, dont tous les pays arabes. L’Égypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Jordanie… : tous les pays voisins d’Israël ont ouvert leurs frontières aux inspections de l’AIEA. Israël est le pire exemple. C’est le seul pays qui ait refusé de signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Les États-Unis et l’Europe devraient commencer par régler le cas d’Israël ; Israël doit être considéré à l’instar de n’importe quel autre pays. Nous devons en finir avec l’hypocrisie, et obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Il faut imposer à Israël le libre accès des inspecteurs de l’AIEA au centre de Dimona.

L’Iran, qui remplit ses obligations et accepte les inspections de l’ONU, est pourtant menacé de sanctions. Israël, qui est doté de l’arme nucléaire et refuse toute inspection de l’AIEA, ne fait l’objet d’aucune poursuite. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » de la part des États-Unis, mais aussi de l’Europe ?

Mordechaï Vanunu : Oui ; c’est même encore pire que ce que vous dites : non seulement on ne s’en prend pas à Israël, mais on aide même ce pays en secret. Il y a une coopération secrète entre Israël et la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis. Ces pays ont décidé de contribuer à la puissance nucléaire d’Israël afin de faire de ce pays un État colonial, dans le monde arabe. Ils aident Israël, parce qu’ils veulent que ce pays soit à leur service, en tant que pays colonialiste contrôlant le Moyen-Orient, ce qui leur permet de s’emparer des revenus pétroliers et de maintenir les Arabes dans le sous-développement et les conflits fratricides. Telle est la principale raison de cette coopération.

L’Iran n’est-il pas, comme l’affirment Israël et les États-Unis, une menace ?

Mordechaï Vanunu : Étant sous le contrôle des inspecteurs de l’AIEA, l’Iran ne représente aucun danger. Les experts occidentaux savent parfaitement quelle est la nature du programme nucléaire iranien. Contrairement à Israël, qui ne laisse personne accéder à ses installations nucléaires. C’est la raison pour laquelle l’Iran a décidé d’aller de l’avant et de dire au monde entier : « Vous ne pouvez pas exiger de nous plus de transparence, alors que vous continuez à fermer les yeux sur ce qui se passe en Israël ! » Tous les Arabes voient, depuis quarante ans, qu’Israël a des bombes atomiques et que personne ne fait rien contre ça. Tant que le monde continuera à ignorer les armes atomiques d’Israël, il ne pourra pas se permettre de dire quoi que ce soit à l’Iran. Si le monde est vraiment préoccupé, et s’il veut sincèrement mettre un terme à la prolifération nucléaire, qu’il commence donc par le commencement, c’est-à-dire : Israël !…

Vous devez être agacé, quand vous entendez Israël, qui n’est pas en règle, dire qu’il est prêt à bombarder l’Iran, qui, à ce stade, n’a enfreint absolument aucune règle !

Mordechaï Vanunu : Oui ; cela me met hors de moi. Nous n’avons rien à reprocher à l’Iran : avant de faire quoi que ce soit contre un quelconque autre pays, il faut s’occuper du cas israélien. Si quelqu’un veut s’en prendre à l’Iran, il doit, préalablement, s’en prendre à Israël. Le monde ne peut ignorer ce qu’Israël fait, en la matière, depuis plus de quarante ans… Les États-Unis devraient obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Et il est grand temps, aussi, pour l’Europe, de reconnaître officiellement qu’Israël possède des bombes atomiques. L’ensemble du monde arabe devrait être extrêmement inquiet en entendant tous ces discours qui incriminent l’Iran, qui ne possède aucune arme atomique, et qui continuent à ignorer Israël.

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Lors d’un transfert, suite à son son emprisonnement en 1986, Mordechaï Vanunu transmet les détails de son enlèvement par le Mossad, à Rome, aux journalistes à travers la vitre du fourgon de la police israélienne

Quels sont les États qui ont coopéré avec Israël ?

Mordechaï Vanunu : Israël a aidé la France et la Grande-Bretagne dans leur campagne contre l’Égypte, en 1956. Après l’opération de Suez, la France et la Grande-Bretagne ont commencé à coopérer au programme nucléaire israélien, afin de remercier Israël pour le soutien qu’il leur a apporté, durant cette guerre.

L’Afrique du Sud n’a-t-elle pas aidé Israël, jusqu’en 1991 ?

Mordechaï Vanunu : C’est effectivement en Afrique du Sud, dans le désert, qu’Israël a procédé à ses essais nucléaires…

Dans les années soixante, le président Kennedy aurait, semble-t-il, demandé qu’il y ait des inspections à Dimona, en Israël. Voyez-vous un lien entre cette demande et son assassinat ?

Mordechaï Vanunu : Je pense qu’à l’époque de Kennedy, les États-Unis étaient opposés au programme nucléaire israélien. Kennedy a tenté d’arrêter Israël, en la matière, mais son assassinat ne lui en a pas laissé le temps… Pour moi, le mobile de l’assassinat de Kennedy est lié à la diffusion d’armes nucléaires en Israël et dans d’autres pays. Ceux qui l’ont assassiné étaient des gens qui étaient favorables à la dissémination nucléaire. Grâce à l’élimination du gêneur Kennedy, la prolifération a pu continuer. De fait, les présidents Johnson et Nixon [qui ont succédé à Kennedy, ndt] n’y voyaient aucun inconvénient : ils ont laissé faire Israël. Constatons simplement que c’est bien un changement allant en ce sens qui s’est manifesté, après l’assassinat de Kennedy…

Votre dénonciation n’a pas empêché Israël de maintenir taboue cette question : il a réussi à ne pas se mettre les grandes puissances à dos. Sa stratégie de l’opacité se serait-elle donc avérée efficace ?...

Mordechaï Vanunu : Force est bien de reconnaître que oui. Israël est un cas d’école. Comment un petit pays peut-il défier le monde entier et poursuivre une politique agressive, sans le moins du monde se préoccuper des autres ? Les Israéliens ont réussi à le faire, à l’époque, oui… Mais aujourd’hui, le monde a changé. La Guerre froide est terminée, le communisme est défait, le monde s’oriente vers la paix : on le voit, des armes nucléaires n’aideront Israël en rien. Maintenant qu’Israël doit montrer qu’il désire la paix, et de quelle manière il entend y contribuer, pour ce pays, de quelle utilité pourraient bien être des armes nucléaires ? La politique nucléaire israélienne était possible, dans le contexte de la Guerre froide. Mais aujourd’hui, nous devons obtenir d’Israël qu’il adopte une nouvelle politique, qu’il démontre au monde entier qu’il veut la paix et qu’il reconnaisse qu’il n’a nul besoin d’armes atomiques.

Dans les années cinquante, Israël disposait déjà d’un armement considérable. Quelle raison avait-il alors de se doter de l’arme nucléaire ?

Mordechaï Vanunu : Un pays aussi petit qu’Israël n’a aucune raison valable de détenir un nombre aussi énorme d’armes atomiques. C’est un peu comme si le programme d’armement nucléaire d’Israël lui était monté à la tête. On ne peut en aucun cas utiliser d’arme atomique dans la région : toute bombe atomique qui serait utilisée contre la Syrie, l’Égypte ou la Jordanie aurait des effets radioactifs et rendrait la vie impossible en Israël également. Toute bombe endommagerait Israël même. Jusqu’ici, les Israéliens n’ont pas même le droit de discuter de cette question entre eux. Néanmoins, ce problème occupe tous les esprits. Nous attendons la réponse d’Israël sur cette question.

Pour Israël, ne s’agit-il pas d’une arme qui lui permet de maintenir le statu quo ? D’un instrument de chantage politique ? Pour pouvoir discuter d’égal à égal avec les grands – États-Unis en tête – et ne rien concéder aux Arabes, qu’Israël a spoliés et qui sont faibles militairement ?

Mordechaï Vanunu : Oui. C’est tout à fait cela. Israël utilise la puissance des armes nucléaires afin d’asséner ses politiques. Israël a beaucoup de pouvoir, il écrase l’ensemble de ses voisins de son arrogance. Les États-Unis – même eux ! – ne sont pas en mesure de dire aux Israéliens ce qu’ils doivent faire. Aujourd’hui, l’Europe voit à quel point Israël est puissant. Même sans utiliser la bombe atomique, même sans brandir la menace qu’ils le feraient, les Israéliens peuvent imposer leur pouvoir, ils peuvent faire absolument tout ce qu’ils veulent : ils peuvent ériger leur muraille, ils peuvent édifier des colonies en Palestine…, personne n’est en mesure de leur dire qu’ils n’ont pas le droit de le faire, parce qu’ils sont extrêmement puissants.

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Photo prise secrètement par Mordechaï Vanunu à l’intérieur de la centrale de Dimona

C’est là le résultat de leur utilisation des armes atomiques à des fins de chantage politique. Ils peuvent utiliser des bombes atomiques contre tout pays qui voudrait stopper leur politique agressive à l’encontre des Palestiniens. Telle est la situation, aujourd’hui. Le monde entier le sait, tout le monde le sait. Et il y une autre raison, pour laquelle ni les États-Unis ni l’Europe ne font strictement rien : c’est qu’ils savent à quel point Israël est puissant. Par conséquent, la meilleure manière de contrer Israël consiste à faire savoir la vérité au monde et à étudier ce qui s’y passe, dans le domaine de l’armement atomique, jusqu’à ce qu’il y renonce.

Israël a-t-il envisagé de recourir à l’arme nucléaire contre ses voisins arabes, en 1973 ?

Mordechaï Vanunu : Oui. En 1973, Israël était prêt à utiliser des armes atomiques contre la Syrie. Et contre l’Égypte.

Pour avoir révélé un secret d’État, vous avez énormément souffert. Finalement ; pour quel résultat ?

Mordechaï Vanunu : Tout d’abord, le monde a maintenant la preuve qu’Israël possède des armes atomiques. Personne, désormais, ne peut plus ignorer la vérité en ce qui concerne le projet nucléaire d’Israël. Après ça, Israël s’est trouvé dans l’impossibilité totale d’avoir recours à ces armes. Un autre résultat de mon action, c’est le fait que le monde a pris conscience de ce que ce petit État juif a fait, dans le plus grand secret. Et le monde a découvert, aussi, sur quels mensonges et sur quelle désinformation cet État a été édifié. Le fait de savoir qu’un si petit pays ait été capable de fabriquer secrètement deux cents bombes atomiques a contribué à alerter l’opinion publique mondiale sur son comportement. La peur qu’un autre petit pays puisse faire la même chose et fabriquer des armes atomiques a incité le monde à se mettre à réfléchir à la manière de stopper la prolifération nucléaire et d’empêcher Israël d’aider d’autres pays à utiliser ces armes, à l’avenir. Quand le monde a découvert ce qu’Israël a fait dans le plus grand secret, la peur de la prolifération nucléaire s’est manifestée. Le monde a pris conscience du pouvoir d’Israël et il a commencé à exercer des pressions sur ce pays afin de le contraindre à faire la paix avec les Palestiniens et avec le monde arabe. Israël n’avait plus aucune raison d’affirmer qu’il redoutait ses voisins arabes, dès lors qu’il disposait, depuis la fin des années cinquante, de suffisamment d’armes pour assurer sa sécurité.

Pour quelles raisons Israël continue-t-il de vous persécuter ?

Mordechaï Vanunu : Ce que j’ai fait contrarie tellement toutes les attitudes politiques israéliennes ! Les Israéliens ont dû changer leurs plans. La politique nucléaire secrète d’Israël est l’œuvre de Shimon Pérès. Et voilà que cette politique consistant à fabriquer des armes atomiques clandestinement s’est effondrée ! À cause de cette révélation, Israël a dû emprunter une nouvelle direction, définir de nouveaux plans et ce à quoi nous assistons aujourd’hui est la conséquence de mes révélations. Ils ont dû inventer de nouvelles sortes d’armes. Aujourd’hui, ils construisent leur muraille, leurs check-points, leurs colonies et ils se sont arrangés pour rendre la société juive plus religieuse, plus nationaliste, plus raciste. Au lieu d’aller dans une autre direction, au lieu de comprendre qu’il n’y a pas d’autre solution que la paix, au lieu de reconnaître aux Palestiniens des droits égaux et de mettre un terme au conflit. Israël ne veut pas mettre fin au conflit. Ce qu’Israël veut, c’est continuer à construire sa muraille et ses colonies !…

Vous avez accompli un véritable exploit !

Mordechaï Vanunu : En tant qu’être humain, j’ai fait quelque chose pour la sécurité et le respect de l’humanité. Tout pays a le devoir de nous respecter, tous, en tant qu’êtres humains, quelle que soit notre religion, que l’on soit juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes… Israël a un gros problème : ce pays ne respecte pas les êtres humains. Ce que ce pays a pu faire, parce qu’il ne considère pas les autres humains comme des égaux, est absolument terrible. Le résultat est dévastateur, pour l’image d’Israël ; l’État d’Israël n’est en aucun cas une démocratie. L’État juif est raciste. Le monde devrait savoir qu’Israël met en pratique une politique d’apartheid : si vous êtes juif, vous avez le droit d’aller où vous voulez et de faire ce que bon vous semble ; si vous n’êtes pas juif, vous n’avez aucun droit. Ce racisme est le véritable problème auquel Israël est confronté. Israël est bien incapable de prouver qu’il est une démocratie. Personne ne peut accepter cet État raciste ; ni les États-Unis, ni les pays européens. Les armes nucléaires israéliennes, ils pourraient, à la rigueur, les accepter… Mais comment pourraient-ils justifier cet État d’apartheid fasciste ?

Vous semblez refuser de reconnaître la légitimité de cet État ?

Mordechaï Vanunu : Bien sûr. C’est ce que j’ai dit, à ma sortie de prison : nous ne devons pas accepter cet État juif. L’État juif d’Israël est le contraire de la démocratie ; nous avons besoin d’un État pour tous ses citoyens, sans égard pour leurs croyances religieuses. La solution, c’est un État unique, pour tous ses habitants, de toutes les religions, comme c’est le cas dans des démocraties comme la France ou la Suisse, et non pas seulement un État pour les juifs. Un État juif n’a absolument aucune raison d’être. Les juifs n’ont pas besoin d’un régime fondamentaliste comme celui qui règne en Iran. Les gens ont besoin d’une véritable démocratie, qui respecte les êtres humains. Aujourd’hui, dans la région du Moyen-Orient, nous avons deux États fondamentalistes : l’Iran, et Israël. Mais Israël est très en avance, en matière de fondamentalisme, même sur l’Iran !…

À vos yeux, Israël est-il donc une plus grande menace que l’Iran ?…

Mordechaï Vanunu : Bien entendu : nous savons ce que les Israéliens font subir au peuple palestinien, depuis plus de cinquante ans ! Il est grand temps, pour le monde, de s’en souvenir et de se préoccuper de l’holocauste palestinien. Les Palestiniens ont tellement souffert, et depuis tellement longtemps, à cause de toute cette oppression ! Les juifs ne les respectent absolument pas, ils ne les considèrent pas comme des êtres humains ; ils ne leur accordent aucun droit, et ils continuent à les persécuter, à mettre en danger la vie présente des Palestiniens, et par conséquent leur propre avenir, aussi.

Que dites vous à mon pays, la Suisse, qui est dépositaire des Conventions de Genève ?

Mordechaï Vanunu : La Suisse devrait condamner très clairement et à haute voix la politique raciste d’Israël, c’est-à-dire toutes les violations des droits des Palestiniens, tant musulmans que chrétiens. Tous les pays doivent exiger du gouvernement israélien qu’il respecte les non-juifs, en tant qu’êtres humains. De fait, je n’ai pas le droit de vous parler, je ne suis pas autorisé à parler à des étrangers ; si je m’exprime quand même, c’est à mes risque et périls. Israël a utilisé des dédommagements de l’Holocauste pour fabriquer des armes, pour détruire des maisons et des biens palestiniens. Je serai très satisfait si votre pays me donne un passeport et m’aide à quitter ce pays, Israël. La vie est très dure, ici. Si vous êtes juif, vous n’avez aucun problème ; si vous ne l’êtes pas [ou plus], on vous traite sans le moindre respect.

 Silvia Cattori
Journaliste suisse.
Les articles de cet auteur


Traduction Marcel Charbonnier
Membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo.com).
Les articles de cet auteur



Entretien réalisé en anglais par Silvia Cattori, en octobre 2005.
Par Rouges et Verts
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 06 2007 22:10
A Gaza : manifestation populaire
dénonçant la folie sanguinaire qui sévit...


FDLP - FPLP
 
vendredi 15 juin 2007
 
 

Le membre du comité central du FPLP, le camarade Jamil Mazhar, a affirmé que la cause principale de ces combats est l’accord de la Mecque, qui a consolidé le dualisme et le partage des intérêts et des influences sur le pouvoir.

Le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et le FDLP (Front Démocratique de Libération de la Palestine) ont organisé une manifestation populaire place du soldat inconnu et dénoncent la folie sanguinaire qui sévit à Gaza.

Le FPLP et le FDLP ont organisé une manifestation massive dénonçant les évènements tragiques qui se déroulent dans les gouvernorats de la bande de Gaza et refusant les combats et l’ensemble des violences entre le Fatah et le Hamas. De nombreuses personnalités nationales, les institutions de la société civile et des centaines de citoyens participèrent à la manifestation à la tête de laquelle marchèrent les cadres, les partisans et les membres des deux fronts.

Les manifestants ont scandé des slogans appelant à l’unité nationale et dénonçant tout type de divisions ainsi que le recours aux armes au sein de la Palestine, et ce au moment où l’ennemi sioniste élève sa cruelle offensive sur le peuple palestinien.

Les participants ont exigé des deux parties combattantes l’arrêt de cet effondrement des valeurs et des principes et de l’escalade dangereuse qui menace la situation palestinienne d’une dérive dans la guerre civile, ravageant l’ensemble des Palestiniens, ouvrant ainsi de nouveaux chapitres tragiques dans la souffrance de notre peuple qui subit l’embargo, les agressions israéliennes et les violents combats inter palestiniens.

La foule a réitéré son appel aux directions du Hamas et du Fatah, aux institutions de la présidence et du gouvernement afin qu’ils déclarent une position claire et définitive envers les crimes perpétrés dans les rues. Les participants exigent de leur part un cessez le feu immédiat, le retrait des combattants armés des rues et le commencement immédiat d’un dialogue national total, auquel participent l’ensemble des forces et des parties/sections palestiniennes, les institutions de la société civile afin de fixer le principe d’unité nationale sur la base d’une véritable participation dans les décisions palestiniennes. Cela servira l’ensemble de notre peuple et garantira la non poursuite de ces affrontements.

Le membre du comité central du FPLP, le camarade Jamil Mazhar, a affirmé que la cause principale de ces combats est l’accord de la Mecque, qui a consolidé le dualisme et le partage des intérêts et des influences sur le pouvoir.

Il a également déclaré que dès que la situation se calme et qu’une des deux parties n’est pas satisfaite de son sort, les combats reprennent dans le but d’améliorer les conditions et l’opération du partage, amenant ainsi à une augmentation des combats dans le futur.

Mazhar a insisté sur la nécessité d’un dialogue national total et d’une reconsidération des institutions de sécurité sur des bases égalitaires et professionnelles. Celle-ci doit se faire loin de la classe politique des hommes d’influence et des responsables de l’appareil de sécurité, étant considéré que la mission principale de cet appareil doit être le maintien de la sécurité de la nation et des citoyens et la confrontation avec l’ennemi israélien.

Gaza, le 14 juin 2007, à 11h42.

Traduit par Oum Madj et Abu Saïd

[NDR] Le FPLP a refusé de participer au gouvernement d’union nationale suite aux accords de la Mekke.

Source : site de l'Association France Palestine Solidarité  http://www.france-palestine.org

Par Rouges et Verts
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 06 2007 22:16
Le baiser de Judas

Jean Claude Lefort
vendredi 15 juin 2007
 

Et voilà que les USA et l’Union européenne bougent enfin à propos des événements de Gaza. Ils soutiennent le président Abou Mazen dans ses décisions de dissoudre le gouvernement d’Union nationale et de provoquer de nouvelles élections législatives.

Je mets de côté ici la question de « l’état d’urgence » qu’il a décrété car pour qu’il existe réellement, faudrait-il encore et d’abord qu’il y ait un Etat. L’urgence en l’espèce c’est d’abord d’avoir un Etat palestinien. On en est loin...

Je reviens donc aux soutiens américano-européens adressés rapidement hier soir au président palestinien.

Ils se félicitent donc qu’il soit mis fin au gouvernement d’Union nationale résultant de l’Accord de La Mecque. Pourquoi ce soulagement ? Cet accord incluait pourtant et de manière formelle les trois conditions posées par le Quartet, en particulier le fait que le Hamas reconnaisse Israël et les résolutions internationales pertinentes.

Les Européens se sont officiellement réjouis de cet accord ainsi que de la mise en place de ce type de gouvernement qu’ils réclamaient à cor et à cri. A cela est venu s’ajouter le Plan de paix arabe, suite à la réunion de Riyad, dont tout le monde s’est félicité. Mais les Occidentaux et Israël n’ont pas levé pour autant les sanctions ni reconnu le gouvernement d’Union en son entier. Ils ont reconnu (incroyable mais vrai) certains de ses membres dont la présence au gouvernement avait d’ailleurs été fortement suggérée par les USA.

Accord de La Mecque et Plan de paix arabe, tout était en place pour, non seulement lever les sanctions et reconnaître le gouvernement, mais aussi pour entamer enfin un processus de discussion politique débouchant sur un accord global de paix. Tout était prêt pour avancer vers la paix. Tout était prêt sauf si on ne veut pas la paix ! Et pas plus l’Occident qu’Israël ne veut la paix.

Il faut avoir cela absolument présent en tête, toujours, sinon on ne comprend rien à ce qui se passe au Proche-Orient. Je répète : ils ne veulent pas la paix. Ce n’est pas un présupposé, c’est un fait que je viens de démontrer rapidement à propos des derniers événements mais c’est surtout un fait historique.

Cela fait 40 ans que l’occupation israélienne dure et s’accroît en même temps que des résolutions votées par le Conseil de sécurité n’ont jamais été appliquées. Cela fait 40 ans, et rien ne peut arrêter la guerre et l’expansion israélienne ? On se moque de qui ? A quoi sert le chapitre VII de la Charte des Nations unies dont on se sert partout (récemment encore au Liban), sauf à l’encontre d’Israël qui bénéficie d’une totale impunité. De qui se moque-t-on quand on sait que le territoire dont il est question n’est pas plus grand que la région Bretagne. Et la « communauté internationale » ne pourrait pas y imposer la paix ?

Le soutien occidental ostensible affiché en faveur du président Abou Mazen suite à ses décisions d’hier soir est à inscrire dans cette vérité première.

Pourquoi ? Pour deux raisons : la première c’est que la fin du gouvernement d’Union signe cruellement la fin de l’union du peuple palestinien dont les événements de Gaza ont été un moteur voulu et, deuxièmement parce que, à supposer que le Fatah remporte les élections, il n’en restera pas moins que le Hamas vivra, dégagé par contre de toute responsabilité. Conclusion : il pourra reprendre le type d’actions dont il est coutumier.

Et que diront alors Occidentaux et les Israéliens ? On ne peut pas négocier dans pareilles conditions ! Retour à la case départ. En plus grave, cette fois.

C’est pourquoi je ne m’inscris absolument pas dans ce concert de louanges à l’endroit des décisions prises hier soir. Elles sont dangereuses. Très dangereuses pour le peuple palestinien et plus généralement.

Les louanges déversées ne sont que « baiser de Judas ».

Qui ne le voit ne veut pas le voir.

Cela démontre aussi un autre point : l’Union européenne est complètement assujettie aux USA et à Israël. Elle n’a aucune politique propre (aux deux sens du terme). Elle est du côté de ceux qui ne veulent pas la paix. Le Conseil des Affaires générales et Relations extérieures qui doit se tenir la semaine prochaine abordera-t-il seulement cette question ? Quand on est aux ordres de Washington on attend la voix du maître.

Il faut que monte cette idée simple : si les Occidentaux et Israël voulaient la paix sur la base du droit international, il y a longtemps que cela serait fait. Ils ne veulent pas la paix. Et les écouter ou répondre à leurs « suggestions » n’est qu’aveuglement.

Il faut aussi, dès lors, que monte cette seconde idée simple : l’Union européenne - et la France - doivent jouer un rôle politique au Proche-Orient qui aide à la paix et qui la permette.

40 ans ça suffit ! A nous de prendre à bras le corps le droit et la justice, la paix et la morale ! Le conflit du Proche-Orient c’est le Vietnam de notre époque. Nous, les peuples, avons contraint à la paix au Vietnam. Nous devons contraindre à la paix au Proche-Orient. Nos sommes tous des Palestiniens !

Jean-Claude Lefort
Député du Val-de-Marne
Le 15 juin 2007

Source: site de l'Association France Palestine Solidarité : http://www.france-palestine.org

Par Rouges et Verts
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Mardi 19 juin 2007 2 19 06 2007 12:17
Gaza : plus qu'une prison,
un laboratoire pour un monde-forteresse.

Naomi Klein, The Nation, 14 juin 2007

publié le dimanche 17 juin 2007.
http://www.protection-palestine.org/spip.php?article5177

Gaza aux mains du Hamas, avec des militants masqués assis dans le fauteuil présidentiel ; la Cisjordanie instable, des camps militaires israéliens formés en hâte sur les hauteurs du Golan ; un satellite espion sur l'Iran et la Syrie ; la guerre avec le Hezbollah qui s'en faut d'un cheveu ; une classe politique percluse de scandales, ayant perdu toute confiance publique.

 

A première vue, ça ne va pas fort pour Israël. Mais il y a un mystère : pourquoi, au milieu d'un tel chaos et carnage, est-ce que l'économie israélienne progresse comme en 1999, avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise ?

 

Thomas Friedman a récemment présenté sa théorie dans le New York Times. Israël « cultive et récompense l'imagination individuelle, » et ses habitants font sans cesse éclore des start-up high-tech ingénieuses – peu importent les dégâts causés par les politiciens. Après avoir examiné les projets de fin d'étude des étudiants en ingénierie et informatique à l'Université Ben Gourion, Friedman fit une de ses fameuses annonces déjantées : Israël « a découvert du pétrole ». Ce pétrole, apparemment, se situe dans les esprits des « jeunes innovateurs et entrepreneurs capitalistes, » israéliens, trop occupés à faire des méga-contrats avec Google pour s'arrêter à la politique.

 

Voici une autre théorie : L'économie israélienne ne surchauffe pas malgré le chaos politique qui fait les gros titres, mais grâce à lui. Cette phase de développement remonte au milieu des années 90, quand Israël – l'économie la plus dépendante de la technique dans le monde - était à l'avant-garde de la révolution de l'information. Après l'explosion de la bulle internet en 2000, l'économie d'Israël fut dévastée, connaissant sa pire année depuis 1953. Puis arriva le 11 septembre, et soudainement de nouvelles perspectives de profit apparurent pour toutes les compagnies prétendant qu'elles pouvaient localiser des terroristes dans les foules, rendre des frontières imperméables aux attaques, et extraire des aveux des prisonniers muets.

 

En trois ans, de vastes secteurs de l'économie technologique d'Israël ont été réorientés radicalement. En termes Friedmaniens : Israël est passé de l'invention d'outils pour le « monde plat » à la vente de barrières à une planète d'apartheid. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux dans le pays sont nombreux à utiliser le statut d'Etat-forteresse d'Israël, entouré d'ennemis furieux, comme d'une sorte de hall d'exposition ouvert jour et nuit, un exemple vivant du savoir faire pour une sécurité relative au milieu d'une guerre perpétuelle. Et la raison de la super-croissance d'Israël, c'est que ces compagnies s'activent à exporter ce modèle dans le monde.

 

Habituellement, les discussions sur le commerce militaire d'Israël portent sur le flot d'armes vers le pays, les Caterpillars étasuniens qui servent à détruire les maisons en Cisjordanie et les compagnies britanniques qui fournissent des pièces de F16. On néglige l'énorme business d'exportation en pleine expansion. Israël envoie maintenant 1,2 milliards de dollars de produits de « défense » aux USA, comparés à seulement 270 millions en 1999. En 2006, Israël a exporté 3,4 milliards de dollars de produits de « défense », plus d'un milliard au dessus de ce qu'il a reçu en aide militaire US. Ceci fait d'Israël le 4eme marchand d'armes du monde, dépassant la Grande Bretagne.

 

Une grande part de cette croissance a été dans le secteur dit de "sécurité intérieure". Avant le 11 septembre, la sécurité intérieure existait à peine en tant qu'industrie. A la fin de cette année, les exportations israéliennes du secteur atteindront 1,2 milliards de dollars, en augmentation de 20%. Les produits et service phares sont les barrières high-tech, les drones, les cartes d'identité biométriques et les systèmes d'interrogatoire des prisonniers – précisément des moyens et technologies qu'Israël a utilisés pour verrouiller les territoires occupés.

 

Et voila pourquoi le chaos, à Gaza et dans le reste de la région, ne menace pas le solde final à Tel Aviv, il peut même le relever. Israël a appris à faire d'une guerre sans fin un avantage de marque, et fait la promo du déracinement, de l'occupation et de l'enfermement des Palestiniens, comme d'une expérience d'un demi-siècle dans la « guerre globale contre le terrorisme. »

 

Ce n'est pas par hasard que les projets d'étudiants de l'Université Ben Gourion qui ont tant impressionné Friedman avaient des titres tels que « Matrice de covariance innovante pour la détection de cibles ponctuelles dans les images hyperspectrales » et « Algorithmes pour la détection et l'éviction d'obstacles. » Trente compagnies de sécurité intérieure ont été lancées en Israël rien que ces six derniers mois, grâce en grande partie à de généreuses subventions du gouvernement, qui ont transformé l'armée israélienne et les universités du pays en incubateurs pour les start-up de sécurité et d'armement (à garder en tête dans les débats sur le boycott universitaire).

 

La semaine prochaine, les mieux établies de ces compagnies viendront en Europe pour le Salon du Bourget, l'équivalent de la Semaine de la Mode pour l'industrie des armes. Une des compagnies israéliennes sera Suspect Detection Systems (SDS), qui présentera Cogito1002, un kiosque de sécurité blanc d'air futuriste qui demande aux voyageurs aériens de répondre à une série de questions générées par ordinateur, ajustées selon le pays d'origine, tandis qu'ils mettent leur main sur un senseur « biofeedback ». L'appareil lit les réactions corporelles aux questions et certaines réactions indiquent que le passager est « suspect ».

 

Comme des centaines d'autres start-up israéliennes, SDS se vante d'avoir été fondé par des anciens de la police secrète israélienne, et que ses produits ont été testés sur le terrain sur les Palestiniens. Non seulement la compagnie a testé ses terminaux biofeedback à un checkpoint de Cisjordanie, mais elle proclame que « le concept est soutenu et renforcé par la connaissance acquise et assimilée à partir de l'analyse de milliers de cas en relation avec les kamikazes en Israël. »

 

Une autre star du salon du Bourget sera Elbit, un géant de la défense israélienne, qui prévoit d'exhiber ses avions sans pilote Hermes 450 et 900. Pas plus tard qu'en mai, d'après les dépêches, Israël utilisait les drones dans des missions de bombardement à Gaza. Une fois testés dans les territoires occupés, ils sont exportés : l'Hermes a déjà été utilisé à la frontière Arizona-Mexique, les terminaux Cogito1002 sont expertisés dans un aéroport étasunien ; et Elbit, une des compagnies derrière la « barrière de sécurité » israélienne, est en partenariat avec Boeing pour construire la barrière frontalière « virtuelle » de 2,5 milliards de dollars du Department of Homeland Security, autour des Etats-Unis.

 

Depuis qu'Israël a commencé sa politique de fermeture des territoires occupés avec des checkpoints et des murs, les militants des droits de l'homme ont souvent comparé Gaza et la Cisjordanie à des prisons en plein air. Mais en étudiant l'explosion du secteur israélien de la sécurité intérieure, un sujet que j'explore plus en détail dans un livre à paraître (The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism), il me frappe qu'ils sont aussi autre chose : des laboratoires où les techniques terrifiantes de nos Etats sécuritaires sont testées sur le terrain. Les Palestiniens – qu'ils vivent en Cisjordanie ou dans ce que les politiciens israéliens appellent déjà le « Hamasistan » - ne sont plus seulement des cibles. Ce sont des cobayes.

 

Aussi, dans un sens, Friedman a raison : Israël a atteint le pétrole. Mais le pétrole n'est pas dans l'imagination de ses jeunes pousses. Le pétrole est dans la guerre contre le terrorisme, dans l'état de peur constante qui créée une demande globale sans limite d'appareils pour observer, écouter, contenir et viser des « suspects ». Et, ainsi qu'il s'avère, la peur est la dernière matière première renouvelable.

 

Traduction : JPB

 

Naomi Klein a écrit de nombreux livres, son plus récent, "The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism », paraîtra en septembre.

 

Visitez son site :

 

 

 

Hermes 900

 

Elbit Systems unveils the Hermes 900, a new medium altitude long endurance (MALE) UAV mid-size platform. The Hermes 900 weighs 970kg (maximum takeoff weight) and has a wingspan of 15 meters. The new aircraft features larger multi-payload configurations (up to 300kg), higher flight altitude and extended flight time — without the need for external fuel tanks. The Hermes 900 system supports numerous missions and specialized applications such as electro-optics, IR imaging laser range finder and laser designation as well as SAR/GMTI, Comint DF and ELINT.

 

SAR : Synthetic Aperture Radar

 

GMTI : Ground Moving Target Indicator

 

Comint DF : Communication Intelligence and Direction Finding

 

ELINT : Electronic Intelligence

Source : The Nation http://www.thenation.com/doc/20070702/klein
Par Rouges et Verts
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Mercredi 27 juin 2007 3 27 06 2007 15:29
Préserver l’unité de la patrie palestinienne, de son peuple
et de sa cause.


Déclaration de Marwan Barghouti, depuis sa cellule de prison, le 18 juin 2007

Depuis les murs de ma cellule de prison, je m’adresse à notre grand peuple pour lui dire ceci :

1. Je condamne le coup d’Etat militaire contre l’Autorité palestinienne légitime et ses institutions dans la bande de Gaza.

2. Les événements de Gaza constituent une menace dangereuse contre l’unité de notre patrie et de la cause palestinienne. Ils sabotent le principe de partenariat national et éloignent de la voie de la résistance.

3. Ce coup d’Etat sape les valeurs de la démocratie acquises jusqu’à présent. Il menace l’option démocratique, option qui a conduit le Hamas au pouvoir.

4. Je soutiens pleinement la décision de former un nouveau gouvernement palestinien, dirigé par le premier ministre Salam Fayyad. J’espère que cela permettra de garantir le droit et de mettre un terme au chaos. En outre, j’espère que ce gouvernement va faire tous les efforts pour préserver l’unité de la patrie palestinienne, de son peuple et de sa cause.

5. Je condamne sans réserve les actes illégaux commis en Cisjordanie contre les individus, les biens, les institutions et les leaders du Hamas. Les scènes et images douloureuses auxquelles nous avons assisté à Gaza ne doivent pas se produire en Cisjordanie.

6. Je demande au Président Mahmoud Abbas, leader suprême du Fatah, de constituer une nouvelle direction du mouvement dans la bande de Gaza, avec les responsables qui sont restés sur place.

7. Il faut que les responsables des forces de sécurité démissionnent et qu’une nouvelle équipe soit nommée. Elle devra réformer ces forces de sécurité palestiniennes et toutes ses branches de façon professionnelle, pour permettre la protection de notre patrie, de nos citoyens, de notre projet national et des institutions de l’autorité palestinienne. Elle pourra ainsi faire face aux attaques des occupants et préserver la sécurité et l’ordre, en faisant respecter le droit et en mettant fin au chaos, aux conflits, au déploiement d’armes et à la démonstration des forces armées.

8. J’appelle à la formation d’un comité d’urgence composé de responsables du Fatah connus, respectés et qui ont la confiance du peuple, dont le mandat sera de ranimer le mouvement, de reconstruire ses institutions et de sanctionner ceux qui ont fait preuve d’ineptie et de corruption dans l’accomplissement de leur mandat. Ce comité devra aussi défendre notre peuple et son objectif national de liberté, d’indépendance et de retour vers la patrie. Il devrait organiser le 6ème congrès du Fatah dans les plus brefs délais.

9. J’appelle M. Ismaïl Haniyeh à accepter la décision légale et constitutionnelle du Président Abbas en démissionnant avec son gouvernement pour préserver notre constitution, qui s’appuie sur des lois élémentaires. Il devrait coopérer avec le nouveau gouvernement pour maintenir ce qui reste de légitimité palestinienne et l’unité de notre patrie, de son peuple et de sa cause.

18 juin 2007 communiqué par "The Campaign to Free Marwan Barghouti & AllPrisoners"

info@freebarghouti.org

traduction Lysiane




Article tiré du site de
l'Association France Palestine Solidarité : http://www.france-palestine.org

Par Rouges et Verts
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