Alternative antilibérale

Mardi 16 mai 2006 2 16 05 2006 22:05
Faut-il se dire antilibéral ?

 Un point de vue dissonnant dans le discours ambiant.

 par Philippe Zarifian, signataire du texte "Pour un rassemblement antilibéral de gauche des candidatures communes"


J'ai signé ce texte parce que je le trouve opportun. Il existe. Il doit être pris en bloc. Simplement, je ne me définirai jamais (jamais !) comme anti-libéral. J'imagine que tout le monde sait ce qu'est le libéralisme, autant politique qu'économique, qu'il a été le courant de pensée et de pratiques qui a permis, aux 17 et 18ème siècle (avant l'essor du capitalisme industriel) de rompre avec l'Ancien Régime et d'instaurer le principe de la reconnaissance et du développement des libertés individuelles, de rejeter tout régime de pouvoir absolu et de reconnaître le rôle du marché comme régulateur des échanges économiques. Je pense que nous pouvons, à notre époque, dépasser le libéralisme, au sens d'aller au-delà (démocratie active et autogestion), mais certainement pas de revenir en-deçà. Se déclarer "anti-libéral" est, à mon sens, une position clairement réactionnaire, une vaste négation des acquis parmi les plus précieux (et fragiles) de notre histoire civilisationnelle et au moment où ces acquis sont directement attaqués, d'abord aux Etats Unis et maintenant en France. Il existe encore aujourd'hui dans le monde plus de gouverments anti-libéraux que l'inverse. Je propose donc aux "anti-libéraux" d'aller faire un tour dans ces pays ! J'aurais personnellement honte de me proclamer "anti-libéral" face à la situation de la grande majorité des pays du monde.
Mais je n'ouvre pas un débat. J'assume ma responsabilité : signer un texte pour des raisons d'opportunité politique, alors que je suis en désaccord profond avec sa principale "affiche" (ou effet d'affichage) : l'anti-libéralisme. Je ne suis pas sûr que des masses de citoyens français accepteront de soutenir un candidat "anti-libéral". J'espère que non d'ailleurs. Quant à ceux qui pensent que le capitalisme actuel "fonctionne" au libéralisme (parfois confondu avec la simple 'économie de marché'...), ils se trompent tout simplement. Nous vivons à l'âge des grandes entreprises mondialisées, qui fonctionnent de manière beaucoup plus féodale que libérale, c'est à dire en tentant de capter des clientèles, de les rendre durablement captives, de maximiser ainsi leur rentabilité et d'attaquer les territoires de quasi-monopole de leurs concurrents. Où est la libre concurrence là dedans et le rôle d'un supposé "marché" ? Qu' on m'explique en quoi Microsoft ou France Télécom sont "libéraux" ? Ce que dit Bruxelles est la pure idéologie pour ne pas étaler au grand jour la constitution de ces géants monopolistiques. La privatisation des services publics n'est pas du tout faite pour "relancer la libre concurrence", mais pour ouvrir de nouveaux territoires de clientèles et de nouvelles opportunités de rentabilité à ces géants.
Où est le libéralisme là dedans ?
Philippe
Par Rouges et Verts
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Dimanche 21 mai 2006 7 21 05 2006 23:31
Débat à gauche
 
Le 8 février, dix partis et mouvements de gauche s'étaient réunis à Paris au niveau national pour dire leur soutien unitaire à la mobilisation anti-CPE, ainsi qu'à d'autres mobilisations.
Ces dix partis et mouvements de gauche avaient également décidé d'organiser des débats publics dans tout le pays sur différentes questions politiques qui, précisément, font débat à gauche.
Les Alternatifs ont participé à cette réunion unitaire et sont partie prenante du processus, d'autant qu'il ne s'agit pas de s'engager sur un programme législatif ou présidentiel associant ces dix partis et mouvements. Non pas que les Alternatifs y soient hostiles par principe, mais parce qu'aujourd'hui, un tel engagement programmatique est rendu impossible par le poids encore préoccupant du social-libéralisme au sein de la gauche.
 
C'est bien dans ce cadre qu'aura lieu à Nice, le 24 mai, un premier débat public.
Les Alternatifs en seront donc partie prenante et souhaitent l'élargissement de ce processus de débats publics à d'autres forces de gauche, en particulier la LCR, ainsi qu'aux mouvements de type "citoyen" ou politico-associatifs tels qu'ils existent dans plusieurs villes de notre département.
 
"Pacte républicain, lutte contre les discriminations, vivre ensemble"
Mercredi 24 mai à 18 h 30
Rencontre publique
Park Hôtel, 6 avenue de Suède à Nice
Par Rouges et Verts
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Mardi 23 mai 2006 2 23 05 2006 20:41
POUR DES CANDIDATURES
DE LA GAUCHE ANTILIBERALE
AUX ELECTIONS DE 2007 ET 2008

Un coup d’accélérateur sensible au sein de la gauche radicale dans la perspective des échéances électorales de 2007 et 2008 se manifeste depuis la mi Mai. La réunion nationale  des collectifs du 29 Mai, issus du Non de gauche au Projet de Traité  Constitutionnel Européen, qui s’est tenue à Paris a réuni plus de 350 délégué-e-s issus de 150 collectifs locaux ou départementaux. A cette occasion la Charte antilibérale qui était en discussion dans les comités depuis plusieurs mois et qui a été l’objet de très nombreuses réunions dans les départements a été adoptée au consensus. De l’avis de tous les présent-e-s son contenu représente un grand pas en avant compte tenu de la diversité des itinéraires des participants-e-s, même si celui-ci ne peut constituer qu’une étape ; en effet certains  points restent encore en débats et d’autres insuffisamment voire pas du tout traités. Lors de cette réunion une très forte aspiration unitaire s’est manifestée, aucune raison ne pouvant expliquer que si l’on peut se mettre d’accord sur les contenus, on ne pourrait pas défendre en commun ceux-ci lors des échéances électorales. . Si la participation du syndicat Solidaires ou d’ATTAC ne permet pas au comité national du 29 mai de s’engager en tant que tel sur le terrain strictement politique et électoral, la grande très grande  majorité des représentant-es- présents des comités du 29 mai est prête à participer activement à une campagne unitaire.
 Un second et nouvel appel « Pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes, il y a urgence ! » avait été initié quelques jours avant cette échéance  notamment  par plusieurs personnalités comme Claude Debons et Yves Salesse ;celui-ci relance les initiatives pour aboutir à des candidatures unitaires. Il est signé par des militants syndicaux et associatifs, des élu-e-s,  des personnalités qui pourraient jouer un rôle important dans une campagne présidentielle (Raoul Jennar, José Bové…), par des courants des Verts (courant alter ekolo avec Francine Bavay) et de la LCR (Francis Sitel, Christian Picquet), des responsables de PRS (courant Mélenchon) et , c’est une nouveauté, par plusieurs organisations en tant que telles, comme le PCF ou les Alternatifs.
Tout n’est certes pas réglé : la majorité de la LCR reste sur la réserve et ne s’est pas engagée, et la Conférence Nationale de cette organisation à la mi- juin sera très tendue, la direction du PC, eu égard aux divisions du parti, hésite toujours à définir très clairement sa position sur l’éventualité d’une participation gouvernementale même si elle affirme qu’il ne participera pas à un gouvernement dominé par la social-libéralisme ; ce dernier  aura tendance à vouloir tirer la couverture à lui en particulier en mettant en avant la candidature de MG Buffet, ce qui est, bien sûr, inacceptable si on veut que la candidature soit réellement unitaire . Mais les représentants les plus identitaires de la LCR et du PCF sont en porte-à-faux face à l’aspiration unitaire qui monte.
    Il est nécessaire de se saisir de cet appel, d’organiser des collectifs locaux. Le PCF signataire de l’appel a lancé de son côté un appel à des « comités populaires », mais pourrait les intégrer aux collectifs unitaires.  La position des Alternatifs est claire : nous sommes favorables à des collectifs larges, recouvrant l’espace social et politique que symbolise la diversité de signataires de l’appel unitaire, pas à des comités organisés autour d’un parti. La pression doit aussi être mise sur la LCR contre la tentation du « bunker » de sa direction.
    Dans ces collectifs nous défendrons nos positions sur la stratégie, positions qui sont d’ailleurs très largement partagées:
  • - nécessité impérieuse de battre la droite en 2007
  • - refus de passer  sous les fourches caudines d’un accord gouvernemental avec le PS.

Si  un  pas en avant vient d’être fait dans la bonne direction, il reste de sacrés obstacles à franchir pour aboutir. Rien ne dit que la dynamique unitaire pourra triompher des attitudes identitaires des principaux partenaires intéressés – LCR et PCF -. Reste que le souvenir de la dynamique unitaire de la campagne contre la TCE demeure très fort chez les militant-e-s et que la question au demeurant reste très simple : compétition sans espoir pour la place de meilleur second rôle à gauche du PS, dans un rapport de forces désastreux face au social libéralisme, ou capacité à engager une vraie dynamique sociale et politique par la présentation de candidatures unitaires aux échéances électorales de 2007-2008. Reste que selon le fameux adage «L’union est un combat ».


                        L’exécutif des Alternatifs
Par Rouges et Verts
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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 01 2007 21:11


Présents : Brigitte Dionnet, Jean-François Gau, Elisabeth Gauthier, Jérôme Relinger (PCF) ; Christian Picquet, Francis Sitel, Alain Faradji (Courant unitaire LCR), Claire Villiers, Hamida Ben Sadia (Alternative Citoyenne), Henri Merme, Roland Mérieux (Alternatifs), Bernard Guibert, François Soltic (Alterekolo), Eric Coquerel (Mars), Pierre Carassus, Pierre Mascomère (Gauche Républicaine), Jean-Luc Gonneau (Cactus/La Gauche !), Christian Sunt (Les objecteurs de croissance), Claude Debons, Marc Mangenot, Claude Michel, Emmanuel Chanial, Franck Merat



Deux thèmes à l’ordre du jour



Bilan depuis dernière réunion CN


Sur la candidature MG Buffet


Plusieurs intervenants ont redit leur déception, voire leur colère à propos de la décision de candidature de Marie-Georges Buffet.

Suite à sa déclaration sur TF1 il a été redemandé fortement que cessent toutes ambiguïtés sur le fait que MG Buffet représenterait le rassemblement antilibéral. La délégation du PCF a indiqué que cette ambiguïté n’existe pas, qu’il est acté par tous depuis le Collectif national du 21 décembre qu’il n’y a pas de candidature commune du rassemblement des forces antilibérales à l’élection présidentielle et qu’il n’y a pas matière à s’inquiéter sur ce sujet qui serait donc « réglé ».


Sur la signification de cette candidature



Sur les raisons de l’échec


Plusieurs ont été évoquées :

impossibilité de contourner le piège de la 5ème République que seul un candidat « trait d’union » était à même de faire (Carassus),

interrogation sur la méthode dite du consensus (Coquerel),

incapacité du PC à s’extraire du schéma de l’unité « autour » de lui (Debons, Coquerel),

incapacité du Collectif à donner la priorité à l’objectif historique qui était le notre par rapport aux objectifs à court terme de chaque organisation politique ou même de chaque personnalité quelle que soit la légitimité de ces intérêts (Picquet).

JL Gonneau a dit que les fautes étaient partagées. C. Picquet a répondu que c’était vrai mais quel l’on ne pouvait mettre sur le même plan des fautes politiques délibérées et majeures comme celles commises par la direction de la LCR, puis du PCF, ou même le retrait unilatéral de J. Bové, et des erreurs comme celle de la pétition demandant le retrait de MG Buffet dont plusieurs signataires avaient justement admis que la formule sur le retrait de M.-G. Buffet était de nature à brouiller les termes du débat.

Pour le PCF, ce n’est pas la volonté de rassembler autour de lui (ce qui n’est pas sa politique) qui explique la situation actuelle, mais le constat que le blocage constaté lors de la réunion nationale des collectifs des 9 et 10 décembre ne pouvait pas être surmonté : les différentes réunions qui ont suivi (composantes politiques le 18 décembre et CN le 19) ont montré qu’aucune proposition de candidature ne pouvait faire consensus et ont vu le rassemblement se rétracter encore, notamment avec le départ de PRS. Surtout, il apparaît que la divergence principale a porté sur la conception même du rassemblement : s’engager comme l’a fait le PCF pour des candidatures communes des forces antilibérales en 2007 ou pour une recomposition à gauche ou à gauche de la gauche allant jusqu’à la constitution d’une nouvelle force politique n’est pas la même demande et n’est pas porteur du même projet.



Sur la « recomposition » :nouvelle force ou nouvel espace ?

Beaucoup d’interventions ont justement porté sur cette question, en s’inscrivant en faux sur cette idée que l’entrée en campagne de MG Buffet serait justifiée par la question de la recomposition et l'évolution supposée des stratégies des uns et des autres dans la démarche. Autrement dit serait devenu prioritaire l’objectif d’une nouvelle force alors que le cadre que nous formions ensemble se centrait sur l’émergence de la gauche antilibérale sur le plan électoral.

Claude Debons ou Eric Coquerel ont indiqué que c’était un faux prétexte et que dans le « changer la donne à gauche » il était bien question de recomposition, même si le vocabulaire peut changer, avec la notion de créer un nouvel espace à gauche (et non une nouvelle organisation politique) qui ne signifiait pas pour autant l’effacement des partis actuels. De cela il a souvent été question que ce soit dans les discussions du CN ou des échanges avec le PC.

Le PCF rappelle que, dans le texte du 10 septembre comme dans ces échanges, il a en effet toujours été question de rassemblement durable des forces antilibérales, pour lequel il milite : campagne collective pour des candidatures communes, décisions prises en commun après les élections, groupe parlementaire commun, travail se poursuivant ainsi sur plusieurs années entre militants et élus qui induirait une force nouvelle de travail et de coopération. Pour le PCF il n’est cependant pas exact de dire que cet objectif induit, même implicitement, celui d’une recomposition.


Les conséquences

Beaucoup ont insisté sur la rupture que signifiait la candidature MG Buffet et que du coup le cadre unitaire créé à partir de l’appel du 10 mai n’était plus. Ces intervenants ont expliqué que l’on ne pouvait considérer cela comme un « accident » dont les effets ne se limiteraient qu’aux Présidentielles. Dans la démarche en cours présidentielles et législatives étaient indissociables, à partir du moment où une candidature unitaire à la présidentielle n’est plus d’actualité, nous sommes confrontés à un changement de cadre politique.

Si cette analyse est largement partagée, les avis divergent sensiblement par contre sur les enseignements à en tirer.

Pour certains, en dehors de « l’unité d’action », il n’est plus d’actualité d’envisager de poursuivre la démarche unitaire avec la direction du PCF.

D’autres estiment que, quelles que soient les critiques que l’on peut faire au PCF, et à la LCR, ces forces restent dans le camp de la gauche antilibérale et que, si l'objectif stratégique demeure l'unité de l'ensemble de cette dernière, que l’on ne peut exclure toute alliance électorale à l’avenir même si le cadre fixé par l’appel du 10 mai est brisé.

Des interrogations s’expriment sur la nécessité de poursuivre le CN ou du moins avec une délégation officielle du PCF (sur ce dernier point B. Guibert, F. Mérat notamment) qui pourrait devenir observateur. JF Gau rappelle qu’à la différence de la LCR, le PCF est signataire de l’appel du 10 mai et donc membre à part entière du CN.


Pour le PCF, le blocage qui n’a pas pu être surmonté ne doit pas conduire à passer par pertes et profits la volonté de poursuivre exprimée par les militants des collectifs et la démarche pour laquelle nous nous sommes engagés : le rassemblement des forces antilibérales pour ouvrir une autre voie à gauche en 2007, selon la stratégie définie le 10 septembre et le programme élaboré les 14 et 15 novembre. Il s’affirme donc favorable au maintien du Collectif national, à la réactivation de ses groupes de travail unitaires et propose de travailler à des candidatures communes aux élections législatives, comme ont commencé à le faire des collectifs locaux, à partir des dispositions prévues dans le texte commun et du groupe de travail constitué à cet effet.

Beaucoup (Villiers, Picquet, Claude Michel) précisent que notre échec est une victoire pour le PS et le bipartisme. Mais a également été réaffirmé le potentiel antilibéral en France qu’aucune des candidatures actuelles ne pouvait espérer capter à la hauteur de ce qu’étaient nos objectifs. C. Picquet a estimé que notre travail n’a d’ores et déjà pas été inutile et va marquer la gauche ne serait-ce que parce que s’est révélée à elle-même une force politique.

Il pouvait y avoir démoralisation, sentiment antiparti (que certains intervenants expriment mais contre lequel la plupart disent nécessaire de lutter) mais que l’on sentait aussi la volonté de poursuivre.


Sur les collectifs :


Le premier bilan a porté sur les réactions des collectifs.

Claude Debons voit quatre cas de figure : ceux qui ont enregistré l’échec de notre processus, ceux qui n’en sont pas encore persuadés et qui espèrent toujours qu’une solution commune va être trouvée, ceux qui en sont déjà à la séparation entre les tenants d’une candidature Buffet et les autres, ceux qui sont pour continuer malgré ce qui vient de se passer et s’interrogent aujourd’hui sur le comment.

La très grande majorité des intervenants confirment la force du désir des collectifs de persévérer dans l’action commune. Plusieurs interventions pointent des sentiments de déception, de frustration, voire de ressentiment et de colère à l’égard de la direction du PC s’expriment également dans des collectifs, mais qui ne vont pas jusqu’à ne plus vouloir militer avec les camarades communistes.

Le PCF indique qu’avant de tirer des conclusions sur ce que pensent les collectifs locaux, il faut examiner les avis qu’ils expriment et donc constituer un groupe de travail pour examiner leurs procès-verbaux.

Décision est prise de réanimer la commission pluraliste chargée de dépouiller les compte- rendus.



Perspectives


Candidature

Le dernier collectif national avait acté qu’à ce stade il n’existait pas de candidature unitaire de notre rassemblement.

Le PCF s’en tient à ce constat : personne ne doit se réclamer de la légitimité de notre rassemblement. Pour lui, la candidature de MG Buffet, décidée à partir de l’impossibilité de dépasser le blocage enregistrée, vise à faire entendre la voie d’une gauche populaire et antilibérale porteuse de l’espoir d’une gauche ne renonçant ni au changement ni au pouvoir.


Certains ont avancé que cela n’était pas définitif et que l’on pouvait, les appels et pétitions le montrant, toujours envisager une candidature Bové qui ensuite mettrait devant leurs responsabilités la LCR et le PC.


D’autres intervenants ne pensent pas nécessaire de rajouter de la division à la division en tentant une 3ème candidature. Eric Coquerel (Mars) pense que l’on ne peut déserter le champ électoral et que ceux qui aspirent à une gauche antilibérale unitaire doivent se faire entendre. Il faut donc imaginer des interventions pendant la campagne présidentielle et surtout ne pas mettre entre parenthèse les législatives, des candidats pouvant représenter la gauche antilibérale et unitaire même s'il est clair que ce ne pourra être dans le cadre qui fut le notre jusqu'à maintenant et qui découlait de l'appel du 10 mai.


Christian Picquet a lui estimé que jusqu’au bout il fallait réaffirmer la nécessité d’une candidature commune de toute la gauche antilibérale.


Réunion nationale des 20 et 21 janvier

L’idée d’une réunion nationale des collectifs avait été évoquée lors du CN du 21 décembre et avait reçu l’assentiment de toutes les forces à l’exception du PCF avait indiqué qu’il n’était pas contre par principe, à condition qu’elle débouche du positif après l’échec du 9/10 décembre. Il fallait donc préciser son ordre du jour et le type de décisions qui pourraient y être prises.


Pour le PCF, il ressort de la discussion qu’une telle réunion devrait avoir pour objectif un échange sur les raisons de la situation créée et sur les perspectives. Les raisons : il s’agit pour la plupart des intervenants des responsabilités du PCF, évoquées plus haut ; de l’écart entre la demande issue du 29 mai et l’offre politique des partis. Les perspectives : aller en conséquence vers la création d’un nouvel espace politique. Nouvelle force politique ? Confédération ?Pour quelle attitude en vue de la présidentielle ? Une nouvelle candidature ou non ? Ce sont toutes ces questions que doit traiter la réunion des 20 et 21.

La délégation du PCF a constaté que le point de départ du débat proposé est la rupture avec la candidature de MG Buffet (C Villiers) et son objet la constitution d’une nouvelle force politique. Personne ne peut empêcher personne de se rencontrer en vue d’une telle construction, mais le PCF ne peut évidemment pas s’engager dans la préparation d’une réunion ayant un tel objectif.


Plusieurs intervenants, dont Henri Merme, Roland Mérieux ou Claude Debons, enregistrent cette décision et H. Mermé propose que ceux qui veulent organiser une telle réunion donnent rdv le 8 janvier à 18 heures chez les Alternatifs. H Mermé précise « qu’il faut être cohérent avec la nouvelle situation créée par la décision unilatérale de la direction du PCF de présenter MG Buffet en dehors du rassemblement unitaire, la réunion des 20 et 21 ne peut être co-organisée avec la direction du PCF ». Claire Villiers propose une réunion sur deux jours : un samedi sur le bilan pour tous les collectifs et le dimanche pour tous ceux qui veulent discuter de la construction d’un nouvel espace à gauche.

Alain Faradji et Eric Coquerel se retrouvent pour estimer qu’enregistrer cet état de fait de rupture sur le 20/21 sans en débattre plus longtemps est une erreur et que l’on doit tenter d’appeler à cette réunion nationale au nom du Collectif national. Un ordre du jour commun est possible qui n’édulcore aucune question sans pour autant tourner au règlement de compte. Soit une vraie discussion politique, l’état des lieux sur la question des Présidentielles (le CN étant d’accord unanimement pour dire qu’il n’y avait aucune des candidatures réclamées qui représentait notre rassemblement) et des Législatives, un débat sur comment maintenant changer la donne à gauche et créer les conditions du "rassemblement durable", autant de termes qui sont dans le texte fondateur du 10 mai et qui ne peuvent donc être considérés, si on se met d'accord, comme la réunion fondatrice d'une nouvelle force politique même si aucun débat n'est interdit. Avec cet ordre du jour il y aurait toute légitimité à ce que la réunion nationale des 20 et 21 soit bien une réunion des collectifs.

Le PCF attire l’attention des membres du CN qui souhaitent organiser une telle réunion sur le fait qu’aucune ambiguïté ne doit peser sur son caractère : il ne s’agira pas pour lui d’une réunion nationale des collectifs locaux à l’appel du CN, avec les exigences en termes de représentativité des précédentes réunions nationale, mais d’une réunion nationale ouverte à qui le souhaite.

Les décisions prises


Pour le moment le Collectif national est maintenu au moins jusqu’à la réunion nationale des 20 et 21 janvier avec une prochaine réunion le 16 janvier à 18 heures Place du Colonel Fabien.


Dans cette période il se charge de relancer trois commissions :


Le site : à la demande du PCF qui juge le traitement éditorial du site trop "partisan", le comité pluraliste qui s’en occupe va mieux se coordonner.


Le dépouillement des comptes rendus de collectif : la date de clôture des retours des collectifs est fixée au 12 janvier. Le groupe pluraliste chargé de les dépouiller se réunira le 12 janvier (contact Roland Mérieux). Il est proposé que ceux qui ont déjà travaillé sur ce second dépouillement s’y joignent (France Coumian, JL Gonneau).


Le programme. Il est proposé une réunion des responsables d’atelier des différentes parties du programme afin de le finaliser en tenant compte de la réunion de la commission de synthèse des 9 et 10 décembre et des amendements reçus.


La réunion nationale des 20 et 21 janvier, réunion de ceux qui veulent l’organiser : le 8 janvier 18 heures chez les Alternatifs



Pour le collectif national : Eric Coquerel


Par Rouges et Verts
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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 01 2007 21:36

José Bové au Grand Journal - 8 janv 07
envoyé par unisavecbove

Ce soir mardi, plus de 5000 personnes ont déjà signé l'appel "José Bové peut et doit être le candidat de l'alternative à gauche" lancé samedi 6 janvier. Aujourd'hui, Jean Ferrat et Raoul Marc Jennar viennent également de le faire, après Michel Onfray et Magyd Cherfi. Merci à eux et vous tous qui avez fait de même.
Il faut continuer, non seulement pour atteindre l'objectif des 10 000 signatures que nous nous étions fixés au début, mais pour le dépasser et saisir l'occasion qui nous est offerte de reconstituer le front unitaire du 29 mai autour d'une candidature qui est en train de démontrer sa capacité à rassembler largement ceux qui refusent que l'union de la gauche antilibérale soit absente de l'élection présidentielle.
Nous pouvons réussir. Nous le devons.
Faites massivement connaître et signer l'appel sur  http://www.unisavecbove.org/

Par Rouges et Verts
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 01 2007 16:21


La candidature Bové,

l’élan unitaire

et la reconstruction de la gauche.

 

samedi 13 janvier 2007, par gwen

 

Notre appel à l’unité de la gauche autour de José Bové rencontre un énorme succès qui ne pouvait être un secret de Polichinelle que pour les éternels sceptiques. Quelques jours ont passé depuis le lancement de la pétition et nous atteignons allègrement les dix mille signatures, il nous faut maintenant penser le processus en oeuvre et comprendre ce que nous engageons.

Il suffisait de s’appesantir quelques minutes devant la diversité des signataires pour apercevoir un phénomène qui va bien plus loin que notre seule sympathie à Bové, sympathie à laquelle nos critiques auraient bien voulu nous réduire. Notre mouvement se regroupe autour de la figure de José, parce qu’il incarne un large éventail du mouvement social français, mais nous ne pouvons pas nous réduire à observer cette confluence du nombre autour d’un seul. Nous devons nous penser nous pour envisager le projet que nous pouvons porter et l’envergure du mouvement. Si l’on fait une sociologie assez rapide des signataires, nous pouvons apprécier différents éléments pour tenter de répondre à la question "qui sommes-nous et que projetons-nous ?".

1) Dans les cent premiers signataires, nous retrouvons des personnalités plus ou moins connues dans le champ politique des mouvements sociaux, des organismes militants, des collectifs de critique du néo-libéralisme, des syndicats divers, des partis politiques minoritaires de la gauche et de l’extrême gauche. En définitive, nous pouvons résumer cette observation superficielle en considérant ces acteurs comme représentatifs du coeur du mouvement altermondialiste qui a renouvelé la vie politique française et internationale depuis la chûte du Mur de Berlin et la fin des utopies. Sans se réduire, s’opposer ni se confondre, l’autre composante majeure parmi ces premiers signataires est la présence d’individus issus de ce que nous pouvons caractériser comme la gauche intellectuelle française. Artistes, écrivains, professeurs, journalistes, etc, qui participent d’un mouvement de revitalisation de la critique et de sortie de la morosité de l’intelligentsia française depuis les désillusions post-68. Cette convergence hétérogène entre divers acteurs de la société civile pour tenter une réunification de la gauche dans le panorama politique français semble alors symptomatique d’un bouleversement à l’oeuvre et qui engage une rupture sur le long terme. Il n’y a pas une ligne politique déterminée selon un héritage politique unanime, le rassemblement dénote alors plus un processus en devenir qu’un événement qui marquerait la fin de quelque chose.

2) Si l’on se pose maintenant la question de la cartographie de ce soulèvement citoyen en faveur de Bové, ou qui utilise Bové comme alibi, comme point commun par défaut, nous sommes assez impressionnés de constater l’impossibilité d’une certaine logique géographique. Les initiateurs du site sont visiblement originaires du sud de la France, on parle de Marseille, Montpellier, le Larzac, cette France du sud qui a toujours plutôt subi l’hégémonie politique du nord et avant tout, l’hypertrophie parisienne. Mais la pétition ne montre aucune homogénéité territoriale, tous les points de la métropole sont touchés, et au-delà : en outre-mer et quelques voix par delà la Manche, l’Atlantique, la Méditerranée soutiennent cet élan unitaire. On ne peut non plus constater un flux de personnes géographiquement déterminées, comme on aurait pu imaginer le déplacement de la rumeur de villes en villes, pensons à la Révolution française. Il n’en est rien, sans doute doit-on considérer dans ce phénomène l’outil de l’internet qui permet la virtualisation de la participation politique, la synchronisation des forces et la déterritorialisation des paroles.

3) Si l’on considère maintenant la gamme des statuts socio-professionnels, on est stupéfait de la diversité des activités de chacun. De l’étudiant à la retraitée, de l’intellectuel au jardinier, du médecin à l’informaticien, du chômeur au "mécano citoyen". On rajoute le mot "citoyen", comme quelque chose de en plus, de pas donné d’avance, pas évident. Celà révèle comment la responsabilité "citoyenne" des signataires de l’appel obéit à un élan spontané, par delà une légitimité institutionnelle, symbolique, médiatique à porter un projet politique. La responsabilité incombe à l’anonyme, l’invisible autant qu’au "dominant symbolique", comme qui dirait le bon vieux Bourdieu (style Michel Onfray). Les absents dans la liste, pourtant si variée, sont les dominants socio-économiques traditionnels, cadres supérieurs, entrepreneurs...

4) Enfin, l’activité hors reconnaissance institutionnelle, explicitée dans la case auxiliaire après la profession légale, permet une définition personnalisée du signataire. Allant de l’auto-définition ironique (activité : mille), activiste (militant intel, syndicaliste, maire) étendue (citoyen du monde), précise (grand-mère), optimiste (vive 2007) témoigne d’un rapport très personnel à l’activité politique. La relation est faite entre le sujet individuel et le sujet politique. La participation à la sphère politique inclut la singularité du citoyen. La politique (politeia : vie de la cité) n’est plus réservée à un corps auto-proclamé ou légitimé socialement comme seul propre à mener les affaires publiques. Nous pouvons rapprocher ce fonctionnement de l’idée d’autonomie de Castoriadis, contre l’hétéronomie, (l’hors société) du pouvoir décisionnel. Chacun se réserve le droit, non pas métaphysiquement (tous les citoyens naissent libres et égaux) mais "foncièrement" de projeter sa voix dans le débat, provocare, provoquer l’ordre institué.

5) Et pour faire une analyse socio-politique classique, l’identification politique de chacun montre que tous les groupes de l’activité politique traditionnelle (de gauche uniquement, cela va de soi) sont représentés. Des partis (Verts, LCR, PC, PS, LO ?), des syndicats (CGT, FO, CFDT, la Conf...), des collectifs divers que nous n’énumérerons pas ici, pour que la lecture reste quelque peu digeste !, les mouvements altermondialistes (ATTAC, Fondation Copernic, etc), des médias et sites web autonomes (Zalea, Rushes, 69.3...). Convergent des individus de toutes ces entités, transcendant les barrières et clivages traditionnels, contredisant les guerres de chefs et d’ego.

Nous pouvons ainsi, après une sociologie rapide de notre force en gestation entrevoir un mouvement qui dépasse les structures instituées, une convergence d’individus citoyens, autonomes, pour un rassemblement unitaire. En allant plus loin, nous constatons d’une certaine manière que ce conglomérat de voix va bien au-delà de Bové (contre les réductions hâtives ou dédaigneuses) et c’est bien plutôt une unité dans l’hétérogénéité. Bové est un point de convergence, une possibilité d’accord, par la médiatisation maîtrisée de son travail, par son refus de s’attacher à une ligne orthodoxe, normative, par l’absence d’une hiérarchie autour de lui qui fermerait l’identification et la représentation du corps électoral. Nous pourrions dire que la candidature Bové à cela de grand que l’ego est petit. Bové est l’arbre qui cache la forêt, et cette forêt n’est peut-être rien d’autre que le peuple de France qui apparaît subrepticement le 21 avril, le 29 mai, contre le CPE, contre le karcher, contre les OGM... Alors, les pré-carrés de chacun vont-ils encore longtemps éclipser la forêt dans l’ombre qui attend ? Ou saura-t-elle à nouveau redonner de l’oxygène à notre bonne vieille Gaule ?

 

http://www.unisavecbove.org/spip.php?article89

Par Rouges et Verts
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 01 2007 20:17
Nous ne sommes pas tous d'accord.
Et alors ?



La volonté qui s'exprime par le net et dans les réunions des collectifs de ne pas se résigner à l'éclatement annoncé des candidatures antilibérales est très positive et confirme la promesse novatrice que constitue l'énorme travail développé depuis la campagne du non de gauche. En même temps, je continue à déplorer le déficit de discussion collective qu'induit la démocratie électronique qui transforme en « mal pensant » toute expression de réserves ou d'objections à la tactique centrée sur l'appel à la candidature de José Bové. Et pourtant, les réunions qui se tiennent, que ce soit celles auxquelles j'ai participé dans le collectif du 18 ème à Paris et l'inter collectifs parisien, ou celles dont j'ai lu le compte-rendu (celle des bouches du Rhône par exemple) montrent qu'il y a beaucoup plus de matière à interrogation que ce qui ressort des engouements plus unilatéraux sur les listes de diffusion.

Les argumentaires sont connus mais peu confrontés et les questions difficiles sont peu ou pas assez discutées.



Je fais part de mon malaise sur les points suivants d'importance inégale :



 1.. Comment peut-on passer d'une méthode exigeante de construction de consensus à celle du forcing arithmétique ? Cela a été déjà excellemment dit : le forcing en faveur de MGB  peut-il en justifier un autre, serait-ce pour JB ?
 2.. Comment peut-on passer, sans changer de conception, de l'affirmation pendant des mois que « quand on combat la présidentialisation de la vie politique l'enjeu est celui d'un simple nom à mettre sur un bulletin de vote » à l'affirmation que « le retour de José Bové est le seul à pouvoir changer la donne ? » Est-ce une façon de construire une nouvelle approche de l'action politique ? je vois bien que l'objection commence à être contournée par l'appel à la reconstitution d'un collectif autour de JB mais est-ce avec le consentement de tous (tes) les intéressé-e-s ou bien est-ce une forme là aussi de forcing ?
 3.. Comment peut-on passer du projet commun initial d'une candidature unitaire antilibérale à celui d'une candidature de plus sans changer de projet ? Soit, comme le disent certains intervenants, l'objectif est de mettre sous pression les diviseurs MG B et O B en pensant que cette situation est réversible et dans ce cas là, il faut dire que la condition sine qua non pour le maintien de JB sera le retrait de MG B et OB - soit l'objectif est de pousser la candidature jusqu'au bout en considérant qu'elle permet d'exister dans la présidentielle et de réellement préparer la suite. Chacun des deux scénarios pose des problèmes redoutables mais il ne s'agit pas du tout de la même stratégie. Qui n'est pas gêné par cette énorme ambiguïté ?
 4.. Comment prévenir le risque qu'une candidature simultanée des 3 B n'amplifie dangereusement l'effet vote utile en faveur de Ségolène Royal ? Si l'objectif est de faire payer le plus cher possible aux directions de la LCR et de du PCF leurs responsabilités dans l'échec, ce scénario est défendable mais est ce la préparation de l'avenir ou bien la tentation du règlement de comptes qui l'emporte ?
 5.. Comment éviter que le forcing sur le scénario JB ne divise dangereusement les collectifs eux-mêmes et leurs composantes ? Les éléments dont je dispose m'incitent à penser que les divisions sont fortes et traversent toutes les sensibilités. On peut considérer que la dynamique des chiffres des signatures dans et hors collectifs va balayer les objections. Certes ! mais peut-on faire une croix sur certaines des  sensibilités au sein des « mino » de la LCR, des communistes unitaires, des Alternatifs, de Mars, Alter ecolos ou d'ailleurs qui disent qu'elles ne suivront pas un scénario JB ?


Le principal argument en faveur de ce scénario est de répondre à l'amertume et à l'immense frustration que laisse l'échec de décembre en permettant d'imaginer la candidature possible. Mais je crains qu'il produise aussi un immense déception pour la simple raison que je ne vois pas comment les directions de la LCR et du PCF renonceraient.
Pour la LCR, ce serait sous la contrainte de l'absence des 500 signatures et alors la configuration d'une candidature « d'opportunité » de JB avec le soutien de la LCR changerait le sens da la candidature elle-même. Ce serait sans problème pour certains mais ce serait l'inverse pour d'autres. J'ajoute que la barre des 500 signatures va être un enjeu des tactiques PS et UMP à ne pas négliger et qu'il est impossible de spéculer sur une hypothèse unique.

Pour ce qui est du PCF, je veux bien entendre que tout peut bouger mais là, c'est une affaire de conviction et d'intuition. Je crois ce scénario très hautement improbable.
Cela veut dire que dans tous les cas de figure, il y aura concurrence avec MG B. Et alors ? C'est peut-être un passage obligé. Si ça aidait pour la suite, je me laisserais convaincre mais je ne suis pas un adepte du cannibalisme en politique.



Pour que le retrait du PCF et de la LCR soit un réel acte politique, il faudrait que ce soit le cour du martèlement de la campagne autour de JB. Mais là, c'est une autre objection car cela déplacerait le centre de gravité de la campagne en devant se situer forcément sur le terrain de la rivalité avec le PCF et la LCR. Et là, je ne vois pas en quoi ce serait porteur d'avenir puisque c'est précisément plus de 30 ans de cette histoire stérile que nous voulions dépasser. Le risque serait d'être enfermés dans cette seule partition et inaudibles sur les questions de fond dans l'affrontement majeur avec le FN, la droite et les dérives de SR. Même si cela ne fait rêver personne, d'autres formes d'intervention dans la campagne seraient moins improductives.



Au final, je souhaite comme tout le monde que la réunion nationale des 20 et 21 janvier consolide les collectifs et leur structuration, qu'elle confirme la perspective de travailler à un nouvel espace politique faisant converger les forces et sensibilités de la gauche transformatrice, ce qui inclut évidemment des fractions très significatives de la LCR et du PCF. Mais je crains que la résolution de la frustration immédiate de l'absence de candidature à la présidentielle ne conduise à une frustration politique beaucoup plus durable si l'intervention dans la Présidentielle se battit sur des leurres. Il en faudra beaucoup pour me convaincre que je me trompe lourdement. J'espère seulement que l'on pourra mettre en perspective l'ensemble des échéances et ne pas dilapider l'unité des collectifs. Il faudra à tout le moins ne pas céder à la tentation du despotisme démocratique où la loi majoritaire écrase les pensées dissidentes. Défendre l'espoir, c'est aussi accepter d'avoir cette humilité là..



François Labroille (A titre strictement personnel)

Alternative Citoyenne Ile de France
Par Rouges et Verts
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 01 2007 20:22


Montredon, le 15 janvier 2007.


Chers amis, chers camarades,


La pétition « José Bové peut et doit être le candidat de l’alternative à gauche » est déjà un immense succès : 15000 signatures en neuf jours !

Je tiens à remercier tous les signataires de la confiance qu’ils me font et, surtout, du geste citoyen qu’ils accomplissent pour forcer les appareils politiques à faire le choix d’une candidature unitaire à l’élection présidentielle.

J’ai toujours dit que j’étais disponible pour incarner, sur le bulletin de vote, une campagne collective et unitaire de la gauche antilibérale, écologique, alternative et solidaire, si deux conditions étaient remplies : une dynamique populaire pour légitimer cette candidature ; une démarche de rassemblement avec toutes les forces du « non » de gauche à la Constitution européenne.

La dynamique populaire est en marche, la démarche unitaire reste un combat. Je n’ai pas l’intention de fuir mes responsabilités. C’est pourquoi je voudrais lancer aujourd’hui un appel à l’espérance.

J’appelle tous les citoyens qui se reconnaissent dans la mobilisation unitaire pour en finir avec la logique de chômage, de précarité et d’inégalités sociales à signer massivement la pétition. Notre objectif doit désormais être de plusieurs dizaines de milliers de signatures avant la fin du mois de janvier.

J’appelle tous les jeunes et habitants des quartiers populaires, toutes les victimes de discriminations à prendre part activement au débat électoral. J’entends bien les aider à ce que leurs préoccupations soient au centre de la campagne.

J’appelle tous les citoyens écologistes à considérer que le combat pour sauver la planète est indissociable d’un combat contre l’économie libérale et productiviste. Nous ne pouvons faire confiance ni à la gauche traditionnelle ni à la droite pour mettre en œuvre un véritable pacte écologique.

J’appelle tous les militants des collectifs unitaires de la gauche antilibérale à mettre la richesse de leur expérience et de leur diversité au service de la mobilisation unitaire. La réunion nationale des 20 et 21 janvier doit être l’occasion de poursuivre le combat pour une candidature de rassemblement, sur la base de la pétition, avec l’ensemble des sensibilités et des personnalités qui ont participé à cette démarche depuis le printemps 2006.

J’appelle tous les élus antilibéraux à manifester leur solidarité en offrant publiquement leur parrainage pour une candidature unitaire de la gauche antilibérale. Je pense plus particulièrement aux élus communistes, aux élus verts et aux élus « divers gauche » qui se sentent privés de cette perspective.

J’appelle Olivier Besancenot et Marie-George Buffet à construire ensemble une campagne unitaire sur les bases suivantes : programme antilibéral des 125 propositions, meetings communs reflétant toutes les sensibilités du rassemblement, partage équitable des temps de parole officiels. Je leur propose une rencontre dans les meilleurs délais pour examiner toutes les dispositions pratiques d’une telle campagne.

J’appelle tous les collectifs unitaires à se préparer à mener campagne pour l’élection présidentielle, mais aussi pour les élections législatives. Notre objectif doit être de présenter dans toutes les circonscriptions des candidats unitaires de la gauche antilibérale.

Chers amis, chers camarades,

Au vu de la poursuite de la mobilisation populaire et unitaire autour d’une candidature de l’alternative à gauche, je dirai, à la fin du mois de janvier, si je reste disponible pour l’incarner sur le bulletin de vote. Un formidable mouvement est en passe de ruiner les logiques de division qui ont prévalu jusqu’alors. Amplifions-le encore et nous gagnerons !

Fraternellement,

José

Par Rouges et Verts
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 01 2007 20:40

J’ai donné une interview au Journal du dimanche sur la gauche antilibérale. Dans la foulée, une dépêche de l’agence Reuters a inondé les rédactions avec un titre ahurissant : “ Clémentine Autain n’exclut pas un soutien à Ségolène Royal ”. Depuis samedi soir, me voici annoncée à la télé, à la radio ou dans Libération d’hier comme une nouvelle alliée de Ségolène Royal, prête à devenir ministre dans sa majorité ! Après m’être assurée que nous n’étions pas le 1er avril, je me suis inquiétée de la construction de l’information puisque les journalistes (ou apparentés) semblent, et particulièrement le week-end, se recopier les uns les autres sans davantage de réflexion ou de vérification. En réalité, j’ai juste réaffirmé dans cet entretien dominical que je voterai pour le ou la candidat-e de gauche présent au second tour de la présidentielle, pour battre la droite ou l’extrême droite. La dépêche insinue également que je serais prête à participer à un gouvernement dominé par le PS. Là encore, ma position n’a pourtant pas varié. Le PS n’a pas fait le choix de rompre avec les politiques économiques libérales menées depuis vingt-cinq ans dans ce pays. Or, les collectifs antilibéraux veulent s’affronter à la logique du profit et de la concurrence, et développer les services publics, les protections sociales, les droits attachés à la personne, les libertés. Si je ne confonds pas droite et gauche, je ne participerai pas à un gouvernement dominé par le PS, dans son orientation actuelle. Ce n’est pas une posture, celle qui consisterait à ne jamais se confronter aux responsabilités - je suis d’ailleurs élue à Paris, en charge de la jeunesse – et de se cantonner à une logique de pure contestation mais la conviction que participer à un gouvernement n’a de sens que si la ligne politique commune permet de transformer la société. La question est donc : ministre, pour faire quoi ? Si les bases politiques d’une alliance gouvernementale ne permettent pas de changer les conditions d’existence du plus grand nombre et de mener les ruptures nécessaires au partage des richesses, des pouvoirs, des savoirs et des temps, à quoi bon ? Je suis donc furax des raccourcis journalistiques. Et je pense que ce bug en dit long sur la vague médiatique en faveur du duel Sarkozy/Royal. C’est comme si nous étions décidément toutes et tous sommés de rejoindre Ségolène Royal, comme happés par son ascension ! A-t-on le droit de rester soi-même, fidèle à une orientation politique et de ne pas courir après ce qui, à un moment donné, apparaît comme le sens du vent ? Je reste convaincue que le rassemblement de toutes les forces antilibérales est le seul moyen de faire vivre une gauche de transformation sociale.

 

Clémentine Autain
Par Rouges et Verts
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 01 2007 20:42
POUR UNE GAUCHE DE TRANSFORMATION SOCIALE, ECOLOGIQUE, FEMINISTE, AUTOGESTIONNAIRE

Après la crise de fin décembre, une réunion nationale de collectifs unitaires antilibéraux était indispensable pour relancer le processus.
C'est un pari difficile, qui nécessite que nous répondions à 3 questions :
- comment s'organiser ?
- comment peser lors des scrutins de 2007 ?
- comment construire dans la durée un projet et un espace politique alternatifs?
Les collectifs et courants unitaires ont aujourd'hui la responsabilité de préfigurer dans leurs initiatives le mouvement politique de transformation sociale nécessaire. Quelle relation entre mobilisations sociales et campagnes politiques ? Quelle présence aux élections et dans les institutions ? Avec quelles pratiques de démocratie active et citoyenne ? Comment affronter la Droite et le FN sans se subordonner au PS ? Comment dépasser la dépréciation des utopies et de tout projet d'affrontement réel avec le libéralisme/capitalisme ?

FIN DE LA PREMIERE PHASE

La rencontre des collectifs unitaires des 9 et 10 décembre 2006 avait à la fois manifesté la force du mouvement et la difficulté à poursuivre le processus de rassemblement en dépassant l'obstacle de la candidature à la Présidentielle, que la méthode du consensus n'avait pu permettre de surmonter.
La dynamique du débat a abouti à un bref sursis, mais la suite est connue: alors que les débats au sein des collectifs ont fait apparaître une volonté croissante d'aboutir à une campagne commune et à une candidature "trait d'union", la consultation des adhérent-e-s du PCF, légitime mais organisée selon des modalités telles que l'issue en était d'emblée acquise et conclue avant le choix des collectifs unitaires, a abouti à la présentation de la candidature de Marie-George Buffet.
Le passage du cadre commun d'opposition au TCE à une dynamique à vocation programmatique et électorale était difficile,  l'expression des collectifs a été corsetée  par des logiques d'appareils politiques.
Une première phase est close : la gauche de transformation sociale reste à construire.

La direction du PCF, en dépit de la mutation engagée après 2002, recule dès qu'est mis en jeu le rôle central du parti. De ce point de vue, il n'y a pas rupture mais continuité avec les choix effectués aux européennes de 2004, choix que les Alternatifs avaient refusé d'accompagner. On pouvait espérer que dans les conditions nouvelles créées par la majorité du NON au TCE au sein de la gauche,  et les premières étapes de construction du processus unitaire "antilibéral", le PCF passerait d'une vision de l'ouverture autour du parti à une stratégie de construction commune : il n'en a rien été. De nombreuses interventions au Conseil National du PCF qui a précédé la consultation des adhérent-e-s, laissent même craindre une régression n'excluant pas des compromis avec le PS.
Le rôle négatif joué par la LCR ne doit pas être sous-estimé : sa sortie du cadre unitaire dés septembre, au nom d'une clarification politique dont l'exigence n'était pas entièrement infondée, mais qui aurait pu et dû s'effectuer dans la dynamique du processus et en fonction des échéances politiques concrètes, a affaibli la démarche. Elle manifeste à la fois un refus de s'engager dans le rassemblement d'une gauche de transformation sociale, et une crispation constante sur la construction auto-centrée d'une petite organisation.
Les Alternatifs saluent la participation de militant-e-s des Verts, de la LCR, du PCF au processus de rassemblement, ils ont su privilégier la construction à long terme sur des intérêts, au demeurant sans doute mal compris, d'organisations.

ATOUTS ET FAIBLESSES DU PROCESSUS

Les étapes de septembre et d'octobre 2006 ont jalonné la construction du rassemblement, des bases communes stratégiques et programmatiques ont été élaborées.

Les Alternatifs considèrent les "125 propositions" ("Ce que nous voulons") comme une première étape d'un débat à poursuivre. Notamment sur des questions centrales pour un projet de transformation sociale, écologique, féministe, démocratique, comme l'initiative populaire et citoyenne, autogestionnaire dirions-nous, et  un modèle de développement rompant avec le productivisme et la toute puissance de la marchandise.
L'approfondissement de ces questions est vital, en terme de projet comme d'alliances sociales et de construction d'un nouvel internationalisme enrichi des apports novateurs de l'alter mondialisme.
L'adversaire capitaliste doit, en effet, être attaqué sur tous les terrains : celui de la démocratie, celui de la production, celui de la consommation, et de l'ensemble des institutions.

Le processus que nous poursuivrons doit refléter les potentialités antilibérales/anticapitalistes dans la société, dont témoigne à sa manière le socle militant dès à présent construit, et concrétiser, élargir, la dynamique esquissée par la première vague de réunions et meetings de l'automne 2006.
La forme politique expérimentée est originale. Elle n'est ni un cartel d'organisations ni une structure pyramidale de collectifs, mais un espace associant des collectifs devant brasser la diversité des cultures et expériences sociales et politiques, des organisations en tant que telles, et des sensibilités minoritaires d'organisations.
Mais les collectifs doivent s'ouvrir beaucoup plus largement à la
diversité, à de nouvelles générations, à des militant-e-s des mouvements sociaux, féministes, écologistes, citoyens, alternatifs, à côté des participant-e-s de culture "communiste" (dans leur grande diversité).

POUR AVANCER

Le projet à moyen terme que nous défendons, dans les collectifs et au delà,  est la construction d'un espace politique et militant pluraliste, heureusement hétérogène, a même de combattre le capitalisme dans toutes ses dimensions et de changer radicalement la donne à gauche.
Cet "espace" ne sera pas un parti mais devra permettre à la fois:
- l'engagement à titre individuel de femmes et d'hommes dans le combat commun
- l'autonomisation et l'expression politique de courants et militant-e-s d'organisations de gauche et écologistes ne se retrouvant pas en tant que telles dans le processus,
- la participation de mouvements politiques constitués.

Par ailleurs, les Alternatifs sont favorables à un large front commun "antilibéral" incluant le PCF et la LCR.

Notre projet est donc celui d'un très large rassemblement, mais le moment politique actuel doit permettre de prendre acte des blocages induits par le  PCF et la LCR dans leur majorité, et d'affirmer la force autonome des collectifs et courants unitaires. Cette affirmation passe par le succès de la réunion nationale des 20 et 21 janvier, appelée par toutes les composantes unitaires du rassemblement. Avec quatre enjeux :
1/ Les moyens du développement  d'une forme politique nouvelle doivent être trouvés :
- par des modalités radicalement démocratiques (ce qui n'est pas un mince défi) de coordination et d'impulsion, renforçant la place des collectifs sans nier la présence des sensibilités et organisations politiques
- par le financement du processus par ceux et celles qui y participent

2/ Une intervention forte et audible durant la campagne présidentielle est nécessaire, à partir du socle stratégique et propositionnel  commun (reprise des réunions publiques, initiatives de débat permettant l'échange avec des militant-e-s des mouvements sociaux...). Au mois de juin 2006, les Alternatifs s'étaient prononcés pour la candidature de José Bové,
candidature devant être portée par des collectifs locaux et un collège pluraliste de porte-parole nationaux.
Les Alternatifs n'ont pas encore pris collectivement position sur l'appel "Unis avec Bové" : certain-e-s militant-e-s l'ont signé et d'autres non.
Cet appel manifeste une forte attente d'initiatives, au sein des collectifs comme au delà. Il doit être débattu les 20 et 21 janvier avec le soucis de préserver notre cadre commun.

3/  Une participation significative aux législatives, sous un sigle commun, des  partisans unitaires de la gauche de transformation sociale.
Des accords de non-concurrence peuvent être envisagés localement avec la LCR et le PCF.

4/ Un débat sur l'affirmation et l'organisation d'une gauche durable et pluraliste, ouverte, pour la transformation sociale, écologique, féministe, démocratique, qui doit être mené d'ici la fin de l'année  en tenant compte du bilan des scrutins à venir.
Par Rouges et Verts
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