Droits sociaux

Mercredi 17 mai 2006 3 17 05 2006 16:05


Droit au logement pour tous.
Manifestation le 20 mai à 14 h 30 devant le Martinez à Cannes...

Dans la ville des festivals où des appartements peuvent s'acheter à plus de 10 millions d'euros, où on peut louer des suites dans les palaces à plus de 10 000 euros la nuit, où on peut être expulsé parce que son propriétaire veut réaliser une opération financière juteuse, où on peut attendre des années avant de "bénéficier" d'un logement dans le parc social.

Sur la Côte d'azur, le manque scandaleux de logements sociaux, l'état délabré du parc, les privatisations des bailleurs sociaux, la spéculation immobilière effrénée , tout concourt à chasser les pauvres des grandes villes, à instaurer un véritable apartheid social.

En 2005, plus de 1 000 expulsions, des familles vivent entassées dans des logements insalubres, dans des caravanes ou tout simplement et scandaleusement à la rue !

La réalité de la Côte d'Azur pour des milliers de familles est à des années lumière des paillettes et des strass du festival.

Continuons la moblisation. En quelques semaines, nous avons empêché des dizaines d'expulsions, nous devons supprimer cette procèdure barbare.

Non aux expulsions sans relogement. Oui au droit de réquisition (plus de 60 000 logements vacants sur la Côte d'azur !)

Renseignements : Gérard Piel 
http://gpiel.canalblog.com/archives/2006/05/04/1813868.html
Par Rouges et Verts
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 05 2006 23:05
Pénibilité au travail,
entre reconnaissance
et réparation

Des négociations interprofessionnelles se déroulent depuis 15 mois sur les modalités de la reconnaissance de la pénibilité au travail. Si les partenaires sociaux sont d’accord sur une définition de la pénibilité, il en va tout autrement de la question de la réparation. Le patronat refuse de financer un dispositif qui se traduirait par des départs anticipés à la retraite. L’Etat ne tient pas non plus à s’engager. Il appartiendrait donc aux salariés de financer leurs départs anticipés. Inacceptable pour la plupart des organisations syndicales.

La réforme des retraites de 2003 avait fait l’impasse sur la question de la pénibilité en donnant aux partenaires sociaux un délai de 3 ans pour régler les conditions de départ des salariés concernés. La négociation interprofessionnelle sur la reconnaissance de la pénibilité au travail a donc commencé en février 2005. Le 2 mai 2006 devait sceller la clôture de cette longue négociation mais elle a finalement été reportée début juin et ce dernier round ne sera certainement pas le dernier. Les représentants des organisations syndicales se montrent très pessimistes sur les chances de parvenir à un accord sur un dispositif de départs anticipés à la retraite à partir de 55 ans pour les salariés ayant exercé tout au long de leur carrière des activités jugées pénibles. 200 000 à 300 000 salariés de plus de 55 ans seraient concernés par ce type de départ anticipé. Les négociateurs parlent de "stock" pour qualifier cette population dont l’espérance de vie est bien moindre que les salariés non exposés. 18,5% des ouvriers décèdent en effet entre 65 et 70 ans contre 8,2% des cadres. Le risque de décéder entre 35 et 65 ans est en outre chez les ouvriers le double de celui des cadres et professions libérales. La pénibilité pèse indubitablement sur l’espérance de vie des salariés et légitime la question des départs anticipés. "Plus on tarde à mettre en place un dispositif de réparation et plus le "stock" se réduit. Il y a urgence," lance Bernard Salengro, délégué national à la protection sociale de la CFE-CGC.

La solidarité en question

Mais la mise en place d’un dispositif de retraite anticipée interprofessionnel fondé sur la pénibilité semble hypothétique. Tout d’abord, cela va  à l’encontre de la volonté de l’Etat d’accroître le taux d’activité des plus de 55 ans face au vieillissement de la population active. C’est d’ailleurs le sens de l’accord sur l'emploi des seniors du 13 octobre 2005. Dans cette logique, l’Etat ne tient pas à participer au financement d’un tel dispositif. 9 milliards d’Euros de finances publiques ont pourtant déjà servi à faire partir 850 000 salariés de plus de 55 ans au cours des 20 dernières années au travers de multiples dispositifs de départs anticipés (voir article lié). Enfin, le financement d'un tel régime de départs anticipés fondé sur la reconnaissance de la pénibilité se heurte au manque de solidarité entre les branches professionnelles. "Les secteurs de l’assurance et des banques, peu concernés par la pénibilité, ne sont pas enclins à  participer au financement d’un tel régime," note Jean-François Veysset, Vice-Président aux affaires sociales de la CGPME qui estime "que le dispositif doit être par ailleurs adapté aux moyens des PME." Le Medef s’oppose quant à lui aussi à toute contribution financière des employeurs à cet éventuel dispositif. Dans sa dernière proposition, le Medef évoque la possibilité que les salariés puissent verser une partie des primes liées à la pénibilité sur des Comptes Epargne Temps. Converties en temps, elles permettraient d’avancer le départ à la retraite de quelques mois. La proposition patronale ne mentionne pas en revanche un possible abondement des employeurs. Selon Michèle Biaggi, Secrétaire Confédérale de FO, "ce n’est tout de même pas aux salariés de financer leurs départs anticipés." Le point de vue est moins tranché du côté de certains représentants syndicaux. "Il va falloir progressivement préparer les salariés au fait qu’ils ne peuvent pas partir avant l’âge légal et conserver toutes les indemnisations financières inhérentes à la pénibilité," estime un responsable d'une fédération syndicale de la métallurgie qui souhaite garder l'anonymat.

L’alternative des transferts de caisses

C’est vraisemblablement à partir de dispositifs déjà existants que ces négociations trouveront une issue. Les réparations de la pénibilité pourraient trouver place, moyennant quelques sérieux aménagements, dans les dispositifs de dispenses d’activité et d’invalidités, financés respectivement par l’Unedic et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. L’alternative tient donc dans l’éventuel financement du dispositif par des transferts de caisses. La délégation patronale a ainsi demandé un chiffrage du poids de la pénibilité dans les dépenses de l’Unedic et de la CNAM. "A 55 ans, 60% des salariés du bâtiment ne sont plus en activité. Ils sont soit en invalidité, en arrêt maladie ou au chômage en dispense d’activité," souligne Eric Aubin, secrétaire général de la CGT Construction. C’est ce chiffrage du coût induit par la pénibilité qui devait être présenté lors de la réunion initialement prévue le 2 mai dernier… Reste que l’enveloppe dégagée risque de ne pas suffire. Une composante "conditions de travail", tenant compte des politiques de prévention et de leurs résultats, pourrait être ainsi introduite dans le calcul des cotisations de chaque branche au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles et l’indemnisation pourrait ne plus être nécessairement conditionnée par une incapacité de travail. Comme le note le rapport "Pénibilité et Retraite"  de Yves Struillou remis en 2003 au Conseil d’Orientation des Retraites : "L’assurance invalidité ne joue que dans les cas où la pénibilité a induit un handicap répondant aux conditions d’accès définies par ce régime et, en tout état de cause, ne joue pas lorsque la pathologie survient après à la cessation d’activité."  Et Rémi Jouan, secrétaire national de la CFDT de rappeler que "tous les salariés ne sont même pas couverts par des accords de prévoyance." En tout état de cause, l’approche devrait être strictement individuelle pour éviter des départs massifs. Un secteur comme le bâtiment, qui peine à rajeunir sa pyramide des âges, pourrait par exemple se retrouver en difficulté face à une perte de main d’oeuvre.

Tracer et mesurer la pénibilité des parcours professionnels

Au-delà des freins liés à la pression démographique et au financement, ces négociations sur la pénibilité ont, au moins, permis aux partenaires sociaux de s’entendre sur une définition des facteurs qui contribuent à la pénibilité. Qu’ils soient physiques (port de charges lourdes, travail sous cadences imposées, postures pénibles, bruit, chaleur), qu’ils concernent des horaires atypiques (travail de nuit) ou qu’ils impliquent la manipulation de produits cancérogènes. Le patronat a même admis que le stress représentait un facteur de pénibilité. Les partenaires sociaux s’accordent également sur la nécessité de mesurer la pénibilité sur le parcours professionnel de tous les salariés au travers d’un système de points. Un tel système pourrait donner droit à des bonifications dans le cadre d’un éventuel régime de départs anticipés (entre 1 et 3 mois de bonifications par année de travail pénible) et aussi favoriser et améliorer les politiques de prévention. Mais le suivi tout au long de la vie de la pénibilité n'est pas sans difficultés. "La pénibilité est un mot valise commode. Nous suggérons d'aborder cette question en termes d’usure prématurée due à une accumulation, au fil du temps, d’une conjugaison d’éléments," précise Jack Bernon, responsable du département santé et travail de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail). Et de préciser, "en matière de suivi médical, il n’y a aucune centralisation des dossiers. Il appartient donc au salarié qui change d’employeur de demander le suivi de son dossier médical. Seul le cas d'exposition à des produits dangereux pour la santé, oblige l'employeur à remettre au salarié, lors de son départ, une fiche relative à son exposition durant son activité, cosignée par le médecin du travail."

Rodolphe Helderlé
Mis en ligne le : 15/05/2006
http://www.novethic.fr/novethic/site/dossier/index.jsp?id=100532
Par Rouges et Verts
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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 01 2007 22:11


CHARTE DU CANAL ST MARTIN
POUR L’ACCES DE TOUS A UN LOGEMENT
Téléchargez la charte (pdf, 100Ko)

PREAMBULE

Nous, citoyens et citoyennes, refusons la situation inhumaine que vivent certains d’entre nous, sans domicile fixe. Nous voulons que soit mis fin à ce scandale, à la honte que cela représente pour un pays comme le nôtre.
La Constitution garantit le droit à la dignité, à des moyens convenables d’existence, et nous avons un devoir d’assistance à personne en danger.
Nous n’acceptons plus que les plus fragiles ou les plus pauvres soient laissés au bord de la route.
Il faut rompre avec les solutions provisoires, les logiques d’urgence qui aggravent la précarité et condamnent tant de personnes à une souffrance insupportable, et même certaines à une mort prématurée.
Nous demandons à l’Etat de mettre en place dès aujourd’hui une politique ambitieuse garantissant l’accès de tous à un vrai logement, à travers les mesures suivantes. Pour la dignité de tous.

ARTICLE 1:
OUVRIR LES STRUCTURES D’HEBERGEMENT 24H/24H, 365 JOURS PAR AN, ET HUMANISER LES CONDITIONS D’ACCUEIL.

Parce que certains centres d’hébergement sont inadaptés, parce que beaucoup de personnes sans domicile fixe refusent d’y aller, il faut humaniser les conditions d’accueil dans les foyers :

  • Ouverture 24H/24, 365 jours par an de tous les centres d’hébergement
  • Mise en place de locaux décents et à taille humaine
  • Accueil en chambre individuelle, ou double si désirée
  • Garantie de places accessibles pour les couples et les personnes ayant des chiens
  • Participation des personnes à la vie et l’organisation du centre
  • Renforcement de l’accompagnement social
Les locaux ne permettant pas de répondre à ces exigences doivent être fermés et remplacés par des structures adéquates. Le nombre de places doit être ajusté à la demande, pour que nul ne reste sans hébergement.

ARTICLE 2:
FINI LE RENVOI A LA RUE ! TOUT ACCUEIL EN HEBERGEMENT DOIT MENER A UNE SOLUTION STABLE

Le système actuel d’urgence porte atteinte à la dignité des personnes lorsqu’on les envoie d’hébergement en hébergement, pour des périodes arbitraires, de quelques jours, entrecoupées de passages à la rue. L’appel au 115 devrait être unique et entraîner un hébergement de la durée nécessaire! Les dispositifs comme l’accueil «7 nuits» du 115 à Paris doivent être abolis! On entretient ainsi l’errance, par une répétition de ruptures alors que tout être humain a besoin de stabilité et de liens durables.
Cette pratique, qui décourage et casse tant de personnes, ruine leur santé et les met en danger, doit cesser immédiatement.
La durée d’accueil dans un hébergement doit toujours être personnalisée et conduire à une solution durable et librement choisie.

ARTICLE 3 :
CREER IMMEDIATEMENT UNE OFFRE DE LOGEMENTS TEMPORAIRES :

En attendant la pleine application des articles 4,5 et 6, et parce que l’hébergement en hôtel, ou le maintien en foyer au-delà de la durée nécessaire, sont coûteux et inadaptés, il faut immédiatement mettre des logements à disposition de manière temporaire par :

  • la location de logements dans le parc locatif privé
  • l’application de la loi de réquisition
  • la mobilisation des logements sociaux vacants notamment ceux voués à la démolition

ARTICLE 4 :
CREER PLUS DE LOGEMENTS SOCIAUX, ACCESSIBLES AUX MENAGES LES PLUS PAUVRES

Compte tenu d’un déficit important de logements, de leur cherté, et de la saturation des hébergements temporaires, il convient de développer, plus qu’actuellement, une offre massive de logements sociaux, accessibles aux personnes et familles les plus modestes.

ARTICLE 5 :
DEVELOPPER DES FORMES ALTERNATIVES D’HABITAT

Pour certaines personnes, il convient de proposer des structures adaptées de logement, permettant de maintenir des liens sociaux et d’éviter l’isolement, tout en permettant à chacun d’avoir son propre espace personnel. Les structures de type « pension de famille » ont montré tout leur intérêt. Des projets novateurs doivent être d’avantage développés et soutenus, compte tenu de la diversité des besoins et des choix de vie (Maisons relais, auberges, auto construction, habitats semi collectifs, structures autogérées...).

ARTICLE 6 :
RENDRE LE DROIT AU LOGEMENT OPPOSABLE SUR TOUT LE TERRITOIRE

Tout citoyen ne pouvant pas se loger décemment par ses propres moyens doit pouvoir obtenir une proposition de logement, et à défaut saisir le juge.
Les pouvoirs publics doivent avoir une obligation de résultat, comme pour le droit à l’éducation et aux soins.
Il est temps de marquer une volonté politique pour prendre cette décision, et mettre en place un calendrier de mise en oeuvre.

«Si on relève toutes les personnes qui sont au plus bas, on relève tout notre peuple »

P.O, Enfant de Don Quichotte

«La lutte contre les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l'égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l'ensemble des politiques publiques de la nation»
Art. 1.Loi no 98-657 du 29 juillet 1998 d'orientation relative à la lutte contre les exclusions

Avec le concours de membres de nombreuses associations intervenant dans les domaines du logement et de l’exclusion, qui ont bien voulu nous apporter leur expertise, et que nous remercions.

Dans l’immédiat, nous exigeons l’arrêt de toute mesure consistant à évacuer par des pressions ou la force une personne de l’abri dont elle dispose, sauf cas de danger avéré.

Les Enfants de Don Quichotte
Campement du Canal St Martin
Paris, le 25 décembre 2006

Par Rouges et Verts
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Mercredi 13 juin 2007 3 13 06 2007 23:52

Le discours: une "TVA anti-délocalisation"

La réalité: un transfert des charges des entreprises vers les salariés

Le Premier ministre François Fillon (AFP)

Le Premier ministre François Fillon (AFP)

Le Premier ministre François Fillon n'a pas écarté, mardi 12 juin, sur France 2 une hausse de TVA à compter de 2009 pour financer la protection sociale, ajoutant que "l'ordre de grandeur" "pourrait être de 5 points". Interrogé sur le chantier de la TVA sociale, lancé le jour même, François Fillon a déclaré qu'il préférait parler de "TVA anti-délocalisation". L'augmentation de la TVA ne servirait "pas à financer les dépenses de l'Etat", a-t-il assuré. Ce mécanisme permettrait de basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages, afin d'alléger le coût du travail et de renflouer la sécurité sociale. Une partie des cotisations patronales serait transférée sur la taxe sur la valeur ajoutée. "Si on transfère une partie des cotisations sociales (sur la TVA) on augmente le taux", a-t-il exposé. 

Pas d'augmentation en 2008 

François Fillon, qui a confié dans l'après-midi une mission sur la faisabilité de la TVA sociale aux ministres Jean-Louis Borloo et Eric Besson, a ajouté: "Nous n'augmenterons pas en 2008 le taux de la TVA", une façon d'indiquer que la réforme, si elle est menée, ne sera pas inscrite dans le budget 2008 débattu à l'automne. Il faut "un petit peu de temps pour mettre tout ça en place", a-t-il dit. Interrogé pour savoir de combien le taux pourrait augmenter, François Fillon a répondu: "Cela dépend de l'effort que l'on veut faire". Prié de préciser si l'ordre de grandeur pourrait être de 5 points, il a précisé que "l'ordre de grandeur pourrait être celui-là". "Mais la question pour moi est de trouver des mécanismes qui nous assurent qu'il n'y aura pas d'augmentation des prix", a-t-il ajouté, en insistant sur le fait qu'il y aurait une "vraie concertation" avec les partenaires sociaux, y compris avec l'opposition, "en particulier Dominique Strauss-Kahn". 

Le financement de la protection sociale 

"Si la TVA anti-délocalisation se traduisait par une augmentation des prix alors naturellement elle n'aurait pas de sens", a-t-il poursuivi. Selon lui, "il faut réfléchir pour l'après 2008 à une façon de lutter contre les délocalisations: la protection sociale va coûter de plus en plus en cher, si on fait porter tout le coût sur le travail, on va continuer à délocaliser". La hausse de la TVA aurait pour "avantage de faire baisser le prix des produits vendus en France du montant des cotisations sociales", et de "faire financer une partie de la protection sociale par les importations". "Ce n'est pas choquant que les T-shirts chinois servent un peu à financer notre protection sociale", a-t-il dit.
NOUVELOBS.COM | 13.06.2007 | 18:24
Le titre est de la rédaction du Blog
Par Rouges et Verts
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 06 2007 22:47

TVA « sociale » : délit de pub mensongère

 

Vendu comme une arme antidélocalisations, le projet Fillon serait un cadeau pour les employeurs, chèrement payé par les consommateurs.

 

Le maquillage de l’opération est assurément soigné. Les partisans de la TVA sociale n’ont rien négligé pour parer leur projet de toutes les vertus. Ce serait, nous explique le premier ministre, une arme « antidélocalisation », « une idée qui pourrait sauver ou créer des centaines de milliers d’emplois en France », qui « aurait le grand mérite de faire participer les importations au financement de la protection sociale »... Et si, par malheur, il était « démontré » que cette idée « produit une augmentation injuste des prix, nous ne la retiendrons pas », assure-t-il. Cette prudence de langage ne doit pas faire illusion : la TVA sociale, dont deux ministres, MM. Borloo et Besson, viennent d’être chargés d’étudier la faisabilité, figure bien parmi les chantiers prioritaires du programme de Nicolas Sarkozy. Elle annonce, à court terme, un redoutable choc économique et social : selon M. Fillon, elle pourrait intervenir en 2009 et se solder par une hausse, sans précédent, de 5 points de TVA. Dépouillée de tout fard idéologique, elle apparaît vite, à l’exact opposé du discours sarkozyen sur la « valeur travail », comme une arme de dévalorisation massive du travail.

 

TVA contre cotisations sociales

 

Depuis sa fondation, en 1945, la Sécu est financée par des cotisations sociales, prélevées à la source de la création des richesses, dans l’entreprise. Ce que le patronat qualifie de « charges » n’est rien d’autre qu’un deuxième salaire, socialisé, pour les salariés, qu’ils perçoivent sous forme de prestations maladie, famille ou retraite. La TVA sociale est la dernière arme inventée par les libéraux pour tordre le cou à ce système. À la suite des nombreux allégements décidés ces dernières années, au profit de la CSG et d’autres taxes, il s’agirait cette fois de supprimer complètement les cotisations sociales à l’assurance maladie. Motif ? En pesant sur le coût du travail, elles constituent un handicap pour « la compétitivité de notre économie, dans le contexte d’une économie globalisée », répète le sénateur centriste Jean Arthuis, « père » de ce projet. Simultanément, pour compenser les pertes occasionnées pour la Sécu, la TVA serait relevée. Au final, nous explique-t-on, les productions françaises, dont le coût diminuerait, seraient avantagées, tandis que les produits importés seraient pénalisés par la TVA à l’entrée dans l’Hexagone.

 

Certitudes et interrogations

 

Quel serait l’impact économique et social d’une telle mesure ? Une certitude : le « coût du travail » baissera. Soit, pour les salariés, une perte sèche sur la partie indirecte de leur rémunération. Pour les employeurs ? Il faudrait une bonne dose de naïveté pour croire qu’ils utiliseront automatiquement la nouvelle marge ainsi créée pour baisser leurs prix, et non, en priorité, pour accroître la part des profits... La compétitivité, l’emploi s’en porteraient-ils mieux ? Nombre d’économistes en doutent. Le transfert de cotisations sur des points de TVA s’apparente à un fusil à un seul coup : l’Allemagne, qui l’expérimente depuis janvier, « a gagné des parts de marché au détriment des pays géographiquement proches - la France, l’Espagne ou encore l’Italie (...) », explique Éric Heyer, de l’OFCE. Mais, « si tout le monde en Europe se met à faire la même chose, les effets positifs s’annuleraient simultanément ». La TVA sociale serait le signal d’une intensification de la guerre économique, guerre où les salariés, leurs emplois, leurs salaires, leurs garanties servent de chair à canon.

 

Illusoire, cette mesure l’est avant tout parce qu’elle repose sur un diagnostic contestable. Les problèmes d’emplois, de délocalisations, les faiblesses de l’industrie française auraient à voir avec le seul « coût du travail ». Or les jérémiades du MEDEF n’y changent rien : la France, en la matière, se situe déjà en bas du tableau européen. Vingt années de politique d’allégement de cotisations n’ont pas donné, loin de là, les résultats promis contre le chômage. Et quelques points de cotisations en moins et de TVA en plus ne changeront guère la donne vis-à-vis de pays dont les bas coûts salariaux sont sans commune mesure avec ceux de la France.

 

Une TVA anti-consommation

 
 
 

Deuxième grande certitude : la TVA augmentée sera, sans coup férir, répercutée par les entreprises sur les prix, et donc imputée aux consommateurs. Injuste par nature, elle frappera tout le monde, mais plus durement les plus modestes. La consommation, moteur numéro un de la croissance française, trinquera, et avec elle, par contrecoup, l’emploi. Les risques pour la Sécu ne sont pas minces non plus : ses ressources se trouvant un peu plus fiscalisées, elle sera davantage exposée au risque d’un rationnement budgétaire, sous prétexte de « lutte contre les déficits ». De fil en aiguille, certains ne s’en cachent pas, à l’instar du sénateur centriste Jean Arthuis, « père » de la TVA sociale, il faudrait un jour basculer sur un système purement - assurantiel...

 

D’autres remèdes

 

Si l’opération TVA sociale doit être combattue sans délai, le statu quo n’est pas pour autant de mise. D’autres remèdes sont sur la table. Le PCF, avec d’autres, propose de tourner la page des allégements de charges (26 milliards d’euros actuellement), à la fois coûteux pour les finances publiques, sans résultat avéré sur l’emploi et qui fragilisent le financement de la Sécu, comme l’a vertement dénoncé la Cour des comptes. Les mêmes sommes pourraient être utilisées pour faciliter l’accès des entreprises, PME en particulier, au crédit bancaire, à condition qu’elles servent effectivement au développement de l’investissement, de l’emploi, des salaires. Et donc au financement de la Sécu. Dans l’immédiat, et aussi pour orienter l’économie dans ce cercle vertueux, comme le suggère l’économiste Pierre-Yves Chanu (voir ci-contre), les placements financiers, spéculatifs, improductifs, jusqu’alors exonérés de toute contribution, pourraient, eux, être enfin soumis à cotisation sociale.

Yves Housson  

Page imprimée sur http://www.humanite.fr

 

Par Rouges et Verts
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 07 2007 21:34

Le contrat nouvelles embauches invalidé par la justice

Reuters - Vendredi 6 juillet, 12h12

 

PARIS (Reuters) - La justice pourrait avoir sonné le glas vendredi du contrat nouvelles embauches (CNE), introduit il y a deux ans par le précédent gouvernement. Il a été jugé par la cour d'appel de Paris contraire au droit international et aux principes fondamentaux du droit du travail. La cour, dans ses attendus, le considère "contraire aux dispositions de la Convention de l'Organisation internationale du travail (OIT)" et non applicable en l'espèce.

 

Imaginé sur ordonnance en août 2005 par le gouvernement alors dirigé par Dominique de Villepin, le CNE permet aux petites entreprises de licencier sans motif pendant une période d'essai de deux ans. Environ 900.000 salariés travaillent sous ce contrat, selon des chiffres officiels.

 

Le CNE est qualifié de "régression" par la cour, qui estime qu'il prive le salarié "de l'essentiel de ses droits" et que sa pertinence en matière de lutte contre le chômage est douteuse. La cour statuait à la demande d'une salariée licenciée, soutenue par trois syndicats, la CGT, la CFDT et la CFTC.

 

"Dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier. Il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements", conclut la cour.

 

Cette décision de principe de la cour d'appel ne pourra être annulée que par la Cour de cassation, si elle est saisie par l'employeur en cause dans l'affaire, un mandataire judiciaire, ou par le parquet général de Paris.

 

A l'audience en juin, le parquet général avait considéré que la CNE n'était pas contraire au droit international et estimé qu'il pouvait s'appliquer, les salariés gardant selon lui la possibilité de saisir la justice d'un licenciement "sans motif valable". C'était aussi la position du gouvernement.

 

"RÉGRESSION"

 

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé l'ouverture à la rentrée prochaine d'une concertation avec les syndicats sur la réforme du droit du travail, avec pour objectif un contrat unique qui remplacerait à la fois le traditionnel contrat à durée indéterminée (CDI) et les formes d'emplois précaires.

 

Le gouvernement Villepin avait expliqué l'institution du CNE par les effets attendus sur la relance de l'embauche.

 

Une étude officielle publiée au printemps 2006 montrait que seuls 10% des CNE signés correspondaient à de réelles créations d'emplois. La version applicable aux jeunes, le CPE (contrat première embauche), a été abandonnée après une vague de manifestations de rue au printemps 2006.

 

Pendant la campagne présidentielle, la candidate socialiste Ségolène Royal proposait l'abrogation du CNE tandis que Nicolas Sarkozy, après avoir proposé sa généralisation, avait modéré cette position.

 

La cour d'appel souligne dans ses attendus que le CNE "prive le salarié de l'essentiel de ses droits en matière de licenciement, le plaçant dans une situation comparable à celle qui existait antérieurement à la loi du 13 juillet 1973 dans laquelle la charge de la preuve de l'abus de la rupture incombait au salarié".

 

"Cette régression va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail", ajoute la cour. Les juges soulignent qu'aucun pays européen ne connait de contrat de travail avec deux ans de période d'essai.

 

Elle cite la Convention de l'OIT qui prévoit qu'un travailleur ne devra pas être licencié "sans qu'il existe un motif valable lié à l'aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités de fonctionnement de l'entreprise", de l'établissement ou du service".

 

La cour d'appel de Paris a statué dans une affaire concernant une secrétaire licenciée un mois après avoir été embauchée, déjà tranchée en sa faveur en première instance par le tribunal des prud'hommes de Longjumeau (Essonne) en avril 2006.

 

Son CNE sera requalifié en CDI de droit commun, a dit la cour d'appel. Cette décision intervient après un long litige technique qui a repoussé le règlement de l'affaire après l'élection présidentielle, le gouvernement ayant fait valoir en vain que l'affaire ne relevait pas de la justice ordinaire mais des tribunaux administratifs.

Par Rouges et Verts
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 11 2007 23:06

On ne travaille pas plus longtemps

On subit une baisse importante de la pension.

 

Gouvernement et patronat se moquent des salarié(e)s. Les chiffres démontrent que la notion du « travailler plus longtemps» est en décalage avec la réalité du travail :

37 ans

C’est la moyenne actuelle de durée des cotisations des salarié(e)s

57,5 ans

C’est l’âge moyen de cessation d’activité des salarié(e)s dans le privé.

57% des salarié(e)s ne sont plus en activité lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite (préretraite, chômage, invalidité ou longue maladie). En 1983, ils n’étaient que 40% dans ce cas : la réforme, qui soi-disant incite à cotiser plus longtemps, n’a rien changé.

 

Avec les réformes de 1993 et 2003, les salariés ne peuvent bénéficier d’une retraite à taux plein qu’avec 40, bientôt 41 et ensuite 42 ans de cotisation. Sauf exception, personne ne peut travailler autant et la pension, calculée en proportion du nombre d’années travaillées, baisse au fur et à mesure. Et comme c’est encore trop pour le gouvernement et le patronat, ils ont ajouté une pénalité supplémentaire : la pension est réduite de 5% par année manquante. Le pensionné moyen, qui n’a réussi à cotiser que 37 ans, subit une réduction de 3 ans x 5% = 15% de sa pension. Il touche ainsi moins de 59% de son salaire.

 

L'entrée de plus en plus tardive des jeunes dans le monde du travail, la persistance d'un taux de chômage élevé, la multiplication des situations de précarité... tout cela rend de plus en plus aléatoire la possibilité d'avoir son nombre d'annuités au complet. Cela devenait déjà difficile avec 37,5 annuités, ce sera quasi impossible avec 40, 41 ou 42 annuités. Il y aura une baisse de la pension au titre des annuités manquantes aggravée d'une baisse due à la décote.

 

Le système par répartition est basé sur un double principe de solidarité : les actifs cotisent pour les retraités, les plus anciens laissent la place aux plus jeunes. Ce double principe est détruit par les réformes précédentes et celles annoncées par le gouvernement !

Telles sont les conséquences de ces réformes imposées aux salariés pour soi-disant sauver la retraite par répartition. Au nom de la productivité et de l’atteinte d’objectifs souvent surréalistes, les patrons n’hésitent pas à se débarrasser de salariés vieillissants, moins productifs, plus souvent absents, mieux rémunérés. Ce sont ces mêmes patrons qui, par la voix du MEDEF, exigent une durée de cotisations de 45 ans.

 

La majorité des personnes part donc déjà et partira de plus en plus à la retraite avec des pensions réduites. Cette tendance ne peut que s’aggraver car l’entrée des jeunes dans la vie active est de plus en plus tardive. Les salarié-e-s seront donc toujours plus nombreux à ne pas bénéficier d’une retraite complète.

Celles et ceux qui en auront les moyens auront recours aux assurances privées, aux fonds de pension, en espérant que, quelques dizaines d’années plus tard, les aléas de la spéculation leur permettront de récupérer leur capital et un peu d’intérêts.

Par Rouges et Verts
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Mercredi 13 février 2008 3 13 02 2008 21:26

A quelques semaines des municipales, la Fondation Abbé Pierre vient de publier un palmarès peu flatteur des communes soumises aux obligations légales en matière de logement social, Saint-Maur-des-Fossés arrivant en tête des "mauvais élèves" des villes de plus de 50.000 habitants et Montauban en tête des "bons".
L'article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) oblige les communes rattachées à une agglomération de plus de 50.000 habitants à atteindre au moins 20% de logements sociaux d'ici 2020. Sur les 720 communes examinées par la Fondation Abbé Pierre, 435 (60,4%) n'ont pas respecté l'objectif fixé par la loi durant la période 2002-2006.
9,3% n'ont même financé aucun logement social durant ces 5 ans. Présentant à la presse ce palmarès, le premier du genre pour la loi SRU, applicable depuis janvier 2002, le délégué général de la Fondation Patrick Doutreligne a regretté que seuls 140 "constats de carence" aient été dressés, et a dénoncé "le laxisme" de l'Etat.
L'analyse de la Fondation a distingué trois types de communes :
1. les communes de moins de 5.000 habitants (mais faisant partie d'agglomérations de plus de 50.000),
2. Les communes de 5.000 à 50.000,
3. Les communes de plus de 50.000.
Parmi les 29 communes de plus de 50.000 habitants concernées, Saint-Maur-des-Fossés figure à la première place des "mauvais élèves", suivie par Neuilly-sur-Seine, Hyères (Var), Toulon et Nice.
Saint-Maur, qui comptait au début de l'application de la loi 5,5% de logements sociaux, avait pour objectif de financer en 5 ans 1.236 logements sociaux: il n'en a finalement financé que 30.
Neuilly, qui avait 2,6% de logements sociaux en 2002, n'a financé en 5 ans que 181 logements sociaux, alors que l'objectif était fixé à 1.324.

Parmi les "bons élèves" de la catégorie, figurent en tête Montauban, suivi d'Annecy, Dijon, Versailles et Paris.
Montauban et Annecy qui comptaient en 2002, respectivement 15,4% et 17% de logements sociaux, ont réalisé plus de 200% de leurs objectifs.
Versailles et Paris ont largement dépassé leurs objectifs, et Patrick Doutreligne a rendu hommage à leurs municipalités qui ont su, "malgré des contraintes environnementales fortes", "se mobiliser pour respecter la loi".

Pour les communes de moins de 5.000 habitants, situées à la périphérie de villes importantes où la tension du marché immobilier est forte, la Fondation a dénoncé celles qui "manifestent un égoïsme local inacceptable" et n'ont toujours pas construit un seul logement social depuis 5 ans. Parmi celles-ci, Saint-Jeannet (Alpes-maritimes) et Barbentane (Bouches-du-Rhône).
Dans cette catégorie, Patrick Doutreligne a souligné la forte représentation des régions Paca et Ile-de-France.
En revanche, les villes de Sangatte (Pas-de-Calais) et Lambres-lez-Douai (Nord) sont allées très au-delà de leur objectif.
Parmi les villes de 5.000 à 50.000 habitants, le "tableau de déshonneur" va à Allauch (Bouches-du-Rhône), le Plan Médoc (Gironde) qui n'ont pas financé le moindre logement social. Parmi les "bons élèves" de la catégorie: Francheville (Rhône), Saint-Médard en Jalles (Gironde).
La Fondation a demandé que soient systématiquement établis des constats de carence pour les communes récalcitrantes, et que le montant des amendes soit triplé. Elle voudrait aussi que soit donnée aux préfets la capacité d'accorder les permis de construire à la place des maires défaillants.

Lire aussi la Gazette des communes à paraître le 18 février, p. 18

Pour en savoir plus, télécharger la synthèse du Palmarès des communes soumises à l’article 55 de la loi SRU, publié par la Fondation Abbé Pierre

Par Rouges et Verts
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Samedi 16 février 2008 6 16 02 2008 21:32
Un documentaire inédit et en exclusivité sur Dailymotion signé des Enfants de Don Quichotte. (Réalisation: JB et Augustin Legrand, Ronan Denecé)

71 minutes de résistance au présent.
Le 26 octobre 2006, de simples citoyens se mobilisent pour fédérer les sans abris de Paris et défendre leurs droits.
Voici l'histoire de leur combat dont ce film se veut être un prolongement, une arme, un outil.
Véritable camp retranché, le canal saint martin fut pendant quelques mois l'expression d'une nouvelle forme de résistance.
(...)
L'amplification de cette résistance ne doit pas cesser, par le biais de ce documentaire nous invitons chacun d'entre vous à participer à cette lutte citoyenne et fraternelle;
Le 21 février 2008, les 28 associations unies, parmi lesquelles le Secours Catholique, la Fondation Abbé Pierre et ATD Quart Monde appellent à un rassemblement pour une nuit blanche citoyenne, Place de la République à partir de 18H00.
Pour une véritable politique publique du logement, pour le respect du droit, pour la bonne application des promesses électorales.
Soyons nombreux. Bien-logés, mal-logés, sans abris, solidaires, citoyens.
Renseignez vous et inscrivez vous sur: www.lesenfantsdedonquichotte.com

Poudre aux yeux
envoyé par lesenfantsdedonquichotte
Par Rouges et Verts
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Samedi 9 août 2008 6 09 08 2008 16:07

UN APPEL DE BERNARD NEUVILLE, PERMANENT DE VIE & PARTAGES.



Les amis,
 
Je voudrais faire court. Ce n'est pas la première fois que je lance ce type d'appel mais nous n'avons pas le choix.
 
L'association vient d'avoir quinze ans. Elle a servi, comme elle a pu, des personnes touchées par le VIH durant cinq ans (à Nice et Bobigny) puis des sans-abri durant cinq nouvelles années (dans le vieux Nice puis à Paganini) avant de s'installer pour une dernière séquence de 5 ans à l'Ariane d'où, objectivement, elle vient d'être chassée.
Dans ce quartier où j'avais fait le choix de vivre, nous avons développé un service écrivain public ( plus de 700 dossiers ouverts depuis 2003, 2448 entretiens en 2007 au profit de 451 personnes) et une Epicerie Solidaire (600 familles bénéficiaires de l'équivalent de 200 000 repas).
 
 Longtemps, connaissant l'ambiance locale, nous avons tenté de vivre sans subventions publiques. En 2004, pour des raisons économiques justifiées, notre plus gros financeur privé a interrrompu brutalement son soutien (nous étions ainsi financés depuis 1995 par la rétrocession de 8% du chiffre d'affaires de ce petit producteur de sacs de sortie de caisse qui utilisait le logo et le projet de Vie&Partages comme argument de vente). Il nous a fallu dés lors nous tourner vers les pouvoirs publics qui sont en charge de la Politique de la Ville (quartiers en difficulté). Le Conseil Général, depuis quatre ans, s'est toujours refusé à nous soutenir. Il restait à la Ville, à la Région et à l'Etat de prendre leur part dans un contexte de réduction des aides aux associations.
 
 En 2005, j'ai pu avancer personnellement de l'argent à l'association pour boucler le budget. En 2006, pour assurer l'équilibre, j'ai démissionné de mon poste salarié à 3/4 temps. J'ai poursuivi mon travail bénévolement à temps plus que plein (les témoins ne manquent pas). En 2007, sur les 33000€ sollicités au titre du Contrat de Ville, nous n'avons obtenu que 14000€. Cette année là fut aussi celle de notre engagement dans le collectif Maison Blanche et du renforcement de notre implication quotidienne au sein du Réseau Education Sans Frontières. Et c'est en 2008 qu'il a fallu tirer les conséquences.
 
J'ai proposé à l'association de sauver l'Epicerie Solidaire qui employait 2 salariées et trois bénévoles au service de centaines de familles qui ne comptaient bien souvent que sur nous. L'association catholique MIR a pris la suite: nous lui avons cédé gracieusement le service (matériel, véhicule, dossiers, stocks) en contrepartie du maintien du service dans le quartier et de la sauvegarde des emplois. Je suis personnellement heureux pour le quartier et pour le personnel que cette solution ait été trouvée.
Pour ce qui concerne mon activité d'écrivain public, après avoir quitté le local que nous ne pouvions plus assumer à l'Ariane, nous avons été accueillis au 38, rue Dabray dans les locaux du PECOS où j'assure des permanences depuis le printemps.
 Je suis toujours bénévole et Vie&Partages est endettée à hauteur de 10000€: caisse de retraite complémentaire et loyers de l'Ariane impayés.
Côté recettes à espérer :
une créance en cours de recalcul auprès de l'Assedic à qui nous avons trop versé, la participation de nos usagers (adhésion annuelle) et les cotisations de nos amis.
 En 2008, vous avez été 158 à adhérer à l'association. Vous avez versé un peu plus de 5000€ à Vie&Partages. Voulez-vous nous maintenir votre confiance? Je viens de déposer une demande de financement à la Région et à la Fondation VINCI aux fins de solvabiliser les services rendus par l'association.
 
VOTRE SOUTIEN NOUS PERMETTRA D'ATTENDRE LES SUBVENTIONS, DE REVENIR PROGRESSIVEMENT A L'EQUILIBRE DES COMPTES ET DE FINANCER LE QUOTIDIEN (loyer du PECOS, frais de déplacement, de bureau, de téléphone ...). LA REALITE ACTUELLE DE NOTRE ACCOMPAGNEMENT, C'EST :
LE SUIVI DES FAMILLES DE RESF, LE SUIVI DES DERNIERES SITUATIONS REVELEES PAR L'OCCUPATION DE LA MAISON BLANCHE, L'ACCUEIL ET L'ACCOMPAGNEMENT DES PERSONNES QUI NOUS CONTACTENT A LA PERMANENCE ( des usagers de l'Ariane et du centre-ville).
JE ME PERMETS D'AJOUTER A CES ENJEUX : LA SECURITE D'EMPLOI D'UN PERMANENT DE 52 ANS A BOUT DE SOUFFLE SUR LE PLAN FINANCIER MAIS PLUS QUE JAMAIS MOBILISE POUR LE SERVICE DE PERSONNES QUI ONT BIEN SOUVENT EPUISE TOUTES LES AUTRES RESSOURCES...
 
 
Vous pouvez adresser votre cotisation ( à partir de 10€) à Vie&Partages - 38, rue Dabray - 06000 Nice
 tel. 06 68 59 81 59
 Parlez-en autour de vous !
 Nous tiendrons une assemblée générale le vendredi 22 août dans les locaux de la rue Dabray, de 17h30 à 19h. Merci ne nous faire savoir si vous souhaitez y participer ou si vous êtes candidat à un poste au sein du CA (3 postes à pourvoir).
 Le bureau désigné par le CA élira un(e) remplaçant(e) à la présidence de l'association suite à la démission, pour de graves raisons de santé, de notre amie Chantal MUNUERA.
 
 
Merci, du fond du coeur, au nom de l'association, de ses usagers et de moi-même, pour votre amicale confiance. Je vous rendrai compte du résultat de cette généreuse souscription.
 

 Bernard NEUVILLE, délégué de Vie&Partages

Par Rouges et Verts
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