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Mobilisation

19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 15:19
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Grève SNCF - "Haro sur les médias !" :

 
 
 

 

A quand les "journalistes" en tenue anti-émeute, appelant à tirer sur les ennemis de la liberté de la presse ?

 

L’ éditorial du Monde "Haro sur les médias !" du 17 novembre pose deux problèmes.

Premièrement, la vérité présentée comme factuelle et évidente ne l’est pas du tout : la majorité des français soutiendrait la liquidation des régimes spéciaux des cheminots. Il conviendrait de rappeler que si 53% des suffrages exprimés se sont portés sur Sarkozy le 6 mai, cela ne veut pas dire que tous ces gens avaient lu et approuvé son programme !

Cela veut surtout dire qu’il s’est trouvé une majorité des participants au vote pour voir une volonté d’aller de l’avant dans Sarkozy, par rapport à la crise sociale que vivent de larges couches. S’ils ont eu ce sentiment (en clair s’ils ont été piégés) c’est parce que la gauche leur a offert le pire d’elle-même et qu’au pouvoir elle ne cesse depuis trois décennies de montrer qu’elle ne veut pas faire autrement que la droite, si ce n’est en un peu moins rapide.

Mais ce sentiment de couches relativement nombreuses de petits salariés et de petits patrons, commerçants ..., qui vont vers là où ils sentent qu’il y a de la force, est réversible. Et justement de puissantes luttes sociales des salariés peuvent les retourner : les sarkozystes malgré leur désir n’en sont pas du tout au stade d’organiser des contre-manifs sérieuses d’ "usagers".

Donc la volonté journalistique d’affirmer que "l’opinion" soutient "les réformes" n’est pas de l’information, mais constitue un engagement actif dans la bataille aux côtés de Sarkozy, contre les cheminots. Comme tout représentant de l’ordre dominant, le "journaliste" se croit et se veut, en général sincérement, neutre, et pense que les faits qui contredisent ses affirmations sont de l’idéologie. Mais il n’est pas neutre, et les cheminots le traitent comme ce qu’il est réellement.

L’information réellement objective consisterait à présenter "l’opinion" comme un enjeu au lieu de dire à "l’opinion" ce qu’elle est censée déjà penser. Ce procédé a déjà été utilisé en 2005 lors du référendum et a échoué ; il est probable que certains "journalistes" en ont gardé un immense dépit. Les mêmes qui invoquent le vote du 6 mai en faveur de Sarkozy ne s’interrogent évidemment pas sur la crainte visible du suffrage universel du même Sarkozy à propos de son "traité européen simplifié".

Mais cet édito du Monde va plus loin et pose un second problème.

Puisque qu’il a été décidé que la vérité objective et "l’opinion" sont contre les cheminots, alors tout ce qui contredit cette décision partisane qui se croit neutre est dénoncé comme ... atteinte à la liberté de la presse. Ceux dont on liquide les droits sont dénoncés comme de dangereux totalitaires. Pour l’éditorialiste du Monde, Sarkozy ne fait pas de pression sur les médias, mais les cheminots, si. Les cheminots menacent la liberté de la presse ! A quand les "journalistes" en tenue anti-émeute, appelant à tirer sur les ennemis de la liberté de la presse ?

Il y a d’ailleurs journaliste et journaliste. Ceux qui, notamment dans la presse régionale, viennent réellement voir ce qui se passe, et qui pensent encore que leur métier consiste à dire ce qui se passe, peuvent basculer du côté du réel. Le "journaliste" dont il est ici question, éditorialiste anonyme, c’est le patronat de la presse fait plume. Ce dont il faut se débarasser pour qu’il y ait un jour dans ce pays de véritables journalistes et une véritable presse.

Derrière sa dénonciation de la vindicte des cheminots, il y a l’appel à la vindicte contre les cheminots. L’éditorialiste a peur. La vraie raison en est celle-ci : l’ "opinion publique", cette grande sotte, devient intelligente quand et seulement quand un nombre croissant de travailleurs, de citoyens, prennent en main leurs propres affaires. L’éditorialiste a peur que cela se produise, par exemple mardi avec la conjonction des fonctionnaires, des étudiants, des cheminots et du bâtiment (une "information" qu’il ne donnera évidemment pas). C’est parce que l’édifice de la peur, de la vindicte et de l’intimidation par l’ "opinion publique" pourrait s’effondrer que le "journaliste" peste contre ce qui serait l’effondrement de son objectivité imaginaire et de sa neutralité surfaite. C’est parce qu’il commence à ressentir sa propre incapacité à convaincre l’opinion qu’ elle est comme il pense qu’ elle doit être, qu’ il compare les cheminots aux régimes politiques dictatoriaux, pour justifier la violence et l’intimidation à laquelle il se prépare.

Comme tout ceux qui se préparent à taper, il se présente à l’avance comme victime. Mais l’escalade violente de l’éditorialiste du Monde doit être comprise pour ce qu’elle est : un symptôme de peur, donc encouragement pour nous.

Vincent Présumey

http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5726

 

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 14:48
La grève des transports pour la défense des retraites donne l’occasion à la droite de vomir sa bile haineuse. Micros et caméras font leur miel des inepties des anti-grévistes. Il faut répondre à ces délires.

"C’est une prise d’otages !".
Non. Une prise d’otage, c’est si on t’enferme dans une cave, menotté au mur, cagoulé, et que régulièrement on vient te mettre un pistolet sur la nuque en te menaçant de te tuer parce que ta famille ne paye pas. C’est ça, une prise d’otage. Là, il s’agit simplement d’une grève. Les manifestants antigrévistes de dimanche ont peu de rapports avec Ingrid Betancourt (hélas pour elle).

"On nous empêche de travailler !".
Non. Il n’y a pas de piquet de grève devant chaque entreprise. Personne n’est empêché de travailler. Simplement il faut se débrouiller tous seuls pour se déplacer, sans les
cheminot-e-s et les traminot-e-s. Au passage, la situation illustre l’absurdité totale de l’aménagement du territoire qui consiste à loger les travailleurs et travailleuses à l’est de Paris et à placer leurs entreprises à l’ouest. Si habitation et travail étaient plus harmonieusement organisés, les transports ne poseraient pas tant de problèmes, et causeraient moins de pollution.

"Supprimer les régimes spéciaux, c’est une question d’équité".
Non. C’est une question de dumping social. L’équité, ce n’est pas l'alignement par le bas, mais voir ce qu’on peut faire de meilleur pour le plus grand nombre. Et l’équité n’est pas non plus à géométrie variable. Si la préoccupation réelle du gouvernement Sarkozy était l’équité, il n'aurait pas fait voter le bouclier fiscal qui plafonne l'impôt des plus riches et il aurait évité de se tripler son salaire !

"La mondialisation oblige à supprimer les régimes spéciaux".
Non. Ceux et celles qui pensent ça sont donc prêt-e-s immédiatement à toucher un salaire chinois ou indien, puisqu’"avec la mondialisation on n’a pas le choix" ? La mondialisation n’est qu’un prétexte pour cacher des choix purement idéologiques.

"Avec l’allongement de la vie, il faut bien travailler plus longtemps".
Non. La productivité augmente plus vite que l’espérance de vie. Donc la richesse existe pour financer largement cet allongement de l’espérance de vie. Simplement il y a un choix politique idéologique : laisser les capitalistes, les actionnaires, les possédants, accaparer cette richesse supplémentaire au lieu de la distribuer à ceux et celles qui ont contribué à la produire.

"C’était une promesse de campagne, être contre est anti-démocratique".
Non. La démocratie, ce n’est pas tout est à prendre ou à laisser. La démocratie, c’est l’élaboration collective du fonctionnement de la société. Il n’y a pas de débat sur cette question, mais un passage en force du fait de l'idéologie d’un seul homme ou d'un seul parti. La démocratie, ce n’est pas un chèque en blanc.

"L’opinion publique est contre cette grève, les sondages le prouvent".
Non. Un sondage n’a jamais rien prouvé. Tout dépend de la manière dont on pose la question. Demandons donc aux gens s'ils pensent que c'est normal de travailler plus pour gagner moins. On btiendrait 99% de Non ! Donc 99% de gens contre la contre-réforme des retraites de Sarkozy.

Alors les anti-grévistes, mollo ! Remballez vos arguments de piliers de comptoir ! Et soutenez plutôt ceux et celles qui sont en train de se battre pour le droit à la retraite de tous et toutes.

Car il faut être soit complètement stupide, soit totalement malhonnête pour imaginer que le gouvernement Sarkozy s’arrêtera aux régimes spéciaux. C’est l’ensemble du régime de retraite par répartition qu’il veut détruire pour faire plaisir aux actionnaires des assurances privées. Dès qu’il en aura fini avec les régimes spéciaux, c’est le régime général qui passera à la moulinette de l’allongement de la durée de cotisation (encore!) et de la réduction des pensions (encore et toujours !).
Alors bien sûr que c’est pénible, crevant, exaspérant de devoir se débrouiller sans les transports en commun pour se déplacer.
Mais les responsables, ce sont les saboteurs des retraites : Sarkozy, Fillon et Bertrand.
 
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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 14:34

 


Manif à Nanterre
envoyé par rue89


On appréciera l'attitude des étudiants anti-blocage qui se trompent en chantant la Marseillaise: ils font le salut nazi, puis ferment ensuite le poing. Plus présentable devant la caméra.
Ainsi que les encouragements à la Police: "Allez les bleus !" lorsqu'ils s'en prennent à leurs camarades.
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 21:54
 
Les étudiants appelés à se joindre
aux fonctionnaires mardi
 
 
ORLÉANS (Reuters) - La coordination étudiante a appelé les grévistes dans les universités à se joindre à la journée de mobilisation dans la fonction publique prévue mardi et a incité les lycéens à manifester également jeudi.

Les étudiants opposés à la loi Pécresse sur l'autonomie des universités étaient réunis en coordination samedi et dimanche à la faculté des Lettres de Tours (Indre-et-Loire).

 

"Nous appelons à trois dates de rassemblement unitaire", a déclaré Elise Terra, une étudiante d'Amiens, nouvellement élue porte-parole du mouvement.

 

"Nous appelons à retrouver les salariés au cours de la journée de mobilisation du 20 novembre", a indiqué la porte-parole.

 

Les étudiants en grève ont également souhaité être à l'initiative de deux autres rassemblements "d'ampleur nationale".

 

"Nous appelons les lycéens et les étudiants à des manifestations dans la France entière le 22 novembre. Ainsi qu'à un mouvement interprofessionnel le 27 novembre", a précisé Elise Terra à Reuters.

 

De nombreux délégués se sont dits satisfaits de l'augmentation constatée selon eux des facultés en grève et ont dit espérer qu'elle augure d'un rapide élargissement du mouvement.

 

Samedi, la coordination étudiante avait recensé 56 facultés "mobilisées", dont 26 universités "totalement bloquées". La prochaine coordination doit se réunir le week-end prochain à Lille (Nord).

 

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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 21:36

Commission Balladur :
une régression présidentialiste

par Roger Martelli
Fondation Copernic

Le 29 octobre dernier, le Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, présidé par Édouard Balladur, a remis au Président de la République son rapport sur « Une Ve République plus démocratique ». Les premiers commentaires ont insisté, soit sur la présumée volonté de revaloriser le Parlement, soit sur l’idée que la montagne a accouché d’une souris. Curieuse méthode que celle qui s’installe depuis quelques mois : chaque fois qu’une mesure est annoncée, soit on en dénature la portée, soit on s’exclame qu’elle pourrait être pire et que, au final, on n’est pas si malheureux que l’on pouvait le craindre ! À rebours de ces analyses, on affirmera ici que, en matière institutionnelle, il est difficile de faire pire que les 77 dispositions proposées par le Comité. Officiellement, il ne retient pas l’option d’une Sixième République qui, il est vrai, est repoussée par les deux partis dominants, à droite et à gauche. Le Comité Balladur a choisi plutôt de se situer dans la continuité du rapport Vedel rédigé en 1993, en prévoyant, dans bien des cas, de constitutionnaliser une pratique de fait des institutions et, dans d’autres cas, en infléchissant de façon nette une philosophie institutionnelle qui ne cesse de s’accentuer depuis 1962. En fait, sans même que soit retenue l’hypothèse d’un numéro « VI », la mise en œuvre de la logique énoncée se traduirait par un tournant présidentialiste sans précédent dans toute l’histoire constitutionnelle française.

 

Entendons-nous : il y a présidentialisme et présidentialisme. Celui qui présida à la naissance de l’actuelle République n’avait qu’un lointain rapport avec le présidentialisme occidental classique, tel qu’en usent par exemple les États-Unis d’Amérique. Même si le Président de la République était « la clé de voûte des institutions » (Michel Debré), l’article 20 de la Constitution prévoyait que « le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation ». Le Comité a choisi de modifier substantiellement les deux articles (5 et 20) qui cernent les compétences respectives du Président et du Gouvernement. C’est désormais le Président de la République qui « définit la politique de la nation » (article 5), tandis que le Gouvernement la « conduit » (article 20). Conformément au souhait du candidat Sarkozy, et dans l’exacte continuité de la pratique institutionnelle engagée depuis l’été (l’engloutissement abyssal du Premier ministre), c’est bien la simplification présidentialiste à l’américaine qui est recherchée : un exécutif renforcé à une seule tête, face à un législatif qui contrôle sans être pour autant doté des moyens constitutionnels de peser sur la politique de la nation.

 

Le Président n’est plus la clé de voûte, mais la charpente même des institutions. Le nouvel article 18, qui lui permet de démettre le Premier ministre sans attendre que celui-ci lui remette la démission du Gouvernement, lui donnerait en outre le droit de prendre la parole devant le Parlement, dans ses assemblées comme dans ses commissions. Cet écart avec une conception remontant à 1873, permet d’insister symboliquement, et sur la responsabilité exécutive première du Chef de l’État, et sur l’égalité de légitimité de la représentation nationale et du Président. Égalité factice, en fait, car la légitimité personnelle qu’accorde au Président le suffrage universel direct serait même doublement renforcée par la modification de la loi électorale. Disparaît en effet, d’une part, la pratique des parrainages qui servait de filtre à la possibilité de concourir au suffrage universel. Désormais, c’est un collège de 100 000 élus qui fera le tri des candidatures : c’est à peu près le nombre retenu par la première version de la Constitution de 1958, avant l’adoption de la règle du suffrage universel direct. Le système des primaires à l’américaine, mais sans même la controverse politique préalable qui conditionne le système américain… D’autre part, le Comité suggère que soit modifié le Code électoral pour qu’il y ait désormais coïncidence entre le second tour de l’élection présidentielle et le premier tour de l’élection législative. Le fait majoritaire et la prééminence du scrutin présidentiel seraient ainsi renforcés.

 

C’est de ce côté, en fait, que se situe la quintessence des propositions Balladur. On parle de revalorisation de l’action parlementaire. Formellement, le Parlement retrouve en effet quelques unes des prérogatives que lui enlevait la Constitution dans ses formulations initiales. Il aurait la maîtrise de son ordre du jour et le gouvernement ne disposerait que de la moitié du temps de séance pour faire inscrire ses projets de loi. Ses pouvoirs de contrôle seraient étendus (toujours limités toutefois : la proposition 8 prévoit ainsi que le Parlement donne un simple « avis » sur les nominations présidentielles) et il disposerait des moyens du Conseil d’État et de la Cour des Comptes pour exercer ses missions. Ne nous y trompons pas cependant : davantage qu’une revalorisation et qu’une démocratisation, c’est une rationalisation non démocratique de la décision publique qui se profile désormais. L’objectif affiché est en effet de réduire les dysfonctionnements de la machine institutionnelle. La hantise n’est pas celle du divorce du pays légal et du pays réel, mais celle du blocage de la production législative. La pratique du 49-3 est maintenue pour les lois de finances ou de financement de la sécurité sociale. Quant à la vieille coutume républicaine du « droit d’obstruction », qu’autorise la liberté parlementaire absolue d’amendement (la seule manière de compenser de l’intérieur le déséquilibre majoritaire induit par les institutions), elle est contenue par l’exhortation à « l’autodiscipline » appuyée sur la contrainte de l’équilibre fiscal (article 40) et une revalorisation de la procédure d’irrecevabilité (article 41). La dictature majoritaire sera-t-elle assouplie ? Sur le fond, c’est le contraire qui se profile : le bipartisme se verra de fait accentué, malgré l’introduction d’une dose ridiculement homéopathique de proportionnelle (vingt à trente sièges !), et par le filtre draconien des candidatures à l’élection présidentielle, et par l’institutionnalisation de la coïncidence de l’élection législative et du second tour de l’élection présidentielle. La seule concession envisagée se trouve dans l’annonce d’un hypothétique « droit de l’opposition »… Peu de risque, dans ce dispositif, de voir s’installer quelque contradiction de majorité que ce soit entre le Président et les députés de sa famille politique.

 

Avec les propositions du Comité Balladur, nous sommes dans la logique pure de la bonne « gouvernance » qui, avec l’accentuation du bipartisme, est universellement présentée comme le moyen de contourner la crise profonde de la démocratie représentative depuis une trentaine d’années. L’objectif n’est pas l’extension de la pratique démocratique et la diffusion des pouvoirs, mais la canalisation réglementée des choix entre des formations qui, de droite comme de gauche, s’accordent sur le fond du possible et de l’impossible, du réaliste et de l’irréaliste, du dicible et de l’indicible. Une fois admis que les cadres de l’économie de marché sont le socle indépassable de toute société, comment rendre les plus fluides possibles les procédures de décision ? Le pilotage présidentialiste, fût-il encadré dans l’exercice de ses aspects les plus régaliens (droit de grâce et de nomination, article 16, révision constitutionnelle…), est ici tenu pour la garantie principale d’une cohérence maîtrisée. Or, dans cette logique, le pouvoir ne se partage pas : au mieux, il « s’encadre » ou il se « contrôle »…

 

Ce n’est pas un hasard si les plages de démocratie directe sont réduites à la portion congrue, mettant la réforme constitutionnelle en-deçà même des évolutions envisagées à l’échelle européenne. Sans doute verra-t-on un progrès dans le droit accordé aux justiciables de dénoncer l’inconstitutionnalité d’une loi auprès d’un tribunal qui, à son tour, saisit obligatoirement le Conseil constitutionnel. Au-delà, les améliorations sont homéopathiques, quand les évolutions ne sont pas préoccupantes. Le recours au référendum n’est obligatoire, en matière de révision constitutionnelle ou de traité relatif à l’élargissement de l’Union européenne, que lorsque ladite révision n’est pas votée par le Parlement réuni en Congrès, ou lorsqu’il y a désaccord entre les deux Assemblées. Le droit au référendum d’initiative populaire apparaît dans la Constitution (article 11) mais se trouve immédiatement subordonné à l’implication « d’un cinquième des membres du Parlement soutenu par un dixième des électeurs ». Quant à la transposition des directives européennes (qui constitue aujourd’hui l’écrasante majorité de la production législative), elle fera l’objet de « procédures d’examen simplifié », ce qui peut diminuer d’autant l’autonomie du pouvoir législatif des Assemblées.

 

Un exécutif renforcé par l’omniprésence de la fonction présidentielle et un législatif réduit au rôle d’enregistrement des directives européennes et de contrôle de l’exécutif… Si tels sont les axes de son travail, il n’y a pas d’autre voie raisonnable que le refus pur et simple des conclusions du Comité Balladur. Plus que jamais, il importe de mettre en avant, contre la logique qui se profile, la seule rationalisation démocratique qui puisse se concevoir : la mise en place d’une Sixième République, sur la base d’un vaste débat national préalable, sanctionné par l’élection d’une Assemblée constituante puis d’une soumission directe du futur projet constitutionnel à référendum. La philosophie de la refonte institutionnelle ne peut être qu’ambitieuse : faire franchir un seuil à l’histoire institutionnelle de ce pays, en faisant en sorte que la « Sixième » République soit en même temps la première d’un genre social et participatif, dont l’affirmation des droits, de la souveraineté populaire et de la solidarité seraient les principes constituants. S’il faut rebâtir, c’est à partir d’une conception des institutions cohérentes avec la manière même d’envisager la transformation sociale. Si l’objectif est de rationaliser les procédures de choix utilisés par la puissance publique, dans le cadre d’une vie politique bornée par la « concurrence libre et non faussée », les options du Comité Balladur apparaissent parfaitement fondées. Si l’objectif est au contraire de renverser la logique générale de dépossession civique et de rétraction de la sphère du droit social et de l’espace public, alors le refus d’une accentuation des dérives actuelles et l’option d’une franche alternative institutionnelle sont les plus appropriés. C’est bien évidemment le second terme qui sera ici retenu et c’est dans ce sens que, au printemps 2006, la Fondation Copernic avait produit, sur la base d’un travail pluraliste, un document portant l’exigence d’une VIe République. Loin des prudences alambiquées de la « gouvernance », c’est à une véritable révolution institutionnelle démocratique que proposait de s’atteler notre Fondation, en suggérant de penser dans leur interpénétration la question sociale et la question institutionnelle. Sur cette base, une rupture constitutionnelle était envisagée autour de quatre grands axes.

 

1. La construction institutionnelle doit s’ancrer plus fortement dans l’affirmation des droits. On ne s’implique pas totalement dans la citoyenneté si l’on ne dispose pas de droits suffisants. Il est en cela nécessaire de prolonger les grands acquis, notamment ceux de la Libération, en insistant plus fortement que par le passé sur quatre idées :

 

• Les droits sont indivisibles : ils sont à la fois politiques, économiques, sociaux, culturels ; ils sont à la fois individuels et collectifs. • Les droits sont universels : rien ne peut limiter leur exercice ; rien, et donc en particulier surtout pas l’origine, la nationalité, le genre ou l’orientation sexuelle. Toute discrimination est une injure à la République. • Les droits énoncés par la Constitution sont contraignants et peuvent en particulier être opposables devant les tribunaux. • Enfin, pour garantir l’égalité des droits, la puissance publique a l’obligation d’agir et de se doter des moyens nécessaires, à commencer par une justice plus démocratique, par des instruments économiques adaptés et par des services publics étendus, démocratisés, modernisés. 2. La démocratie sera plus vivace si les citoyens se sentent bien représentés ; mais la démocratie dite « représentative » ira d’autant mieux que les citoyens auront la possibilité de s’impliquer directement. La souveraineté populaire, sous toute ses formes, est le principe ordonnateur d’une nouvelle citoyenneté, plus soucieuse d’implication que de simple représentation. L’extension du droit de vote, la parité, la pratique des budgets participatifs, le droit d’initiative législative, le référendum d’initiative populaire, le statut de l’élu, l’extension des conseils et assemblées citoyennes sont autant de pistes nécessaires.

 

3. La démocratie se régénérera d’autant mieux qu’elle sera sociale. Elle ne peut pas prospérer si le champ de l’économie lui échappe, si l’entreprise lui reste fermée, si les lieux où se jouent le plus fortement la destinée collective restent des lieux fermés, opaques, réservés à de petits groupes d’hommes concentrant des pouvoirs exorbitants, au nom de la libre entreprise et de la sacro-sainte loi des marchés. La reconnaissance constitutionnelle du principe de la « citoyenneté sociale » ou de la « citoyenneté à l’entreprise » est donc à l’ordre du jour. Elle supposera une extension conséquente des pouvoirs des organismes où sont représentés les salariés. Ainsi, les droits d’alerte, d’expertise, de contrôle et de proposition des Comités d’entreprise doivent être promus comme des droits constitutionnels. De même doit être promue activement la revalorisation de la négociation collective, avec la systématisation du principe majoritaire (représentation syndicale fondée sur le vote régulier ; consultation directe des salariés). Enfin, l’obligation des services publics dans les domaines décisifs, et notamment l’éducation, le travail, la formation, la santé, le logement, l’énergie, la culture, l’information. Ces services, bien sûr, doivent être soustraits aux règles de la concurrence.

 

4. Sur la base des principes précédents, c’est à une redéfinition de l’architecture des pouvoirs qu’il faut désormais s’atteler. La généralisation de la proportionnelle et la suppression du Sénat dans sa forme actuelle en sont des préalables. La réduction drastique des pouvoirs du Président de la République, la suppression du principe de son élection au suffrage universel, la concentration des pouvoirs exécutifs entre les mains du gouvernement, la revalorisation massive du rôle, des pouvoirs et des moyens du Parlement, la subversion démocratique et égalitaire de la décentralisation et la transformation de l’appareil d’État en sont les pivots ou les « clés de voûte ». Dans tous ces domaines, des plages de consensus existent d’ores et déjà dans l’espace actuel de la transformation sociale. Il est possible aujourd’hui de penser une alternative cohérente, suffisamment forte pour espérer devenir majoritaire. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il n’y a pas, en matière de réforme institutionnelle, que du consensus.

 

Ainsi, si l’implication citoyenne est réclamée par presque tous, toutes et tous n’ont pas nécessairement la même conception de son ampleur. Faut-il considérer qu’elle est en quelque sorte un « plus » de la démocratie représentative, et la limiter ainsi à des propositions du type référendum d’initiative populaire ? Ou faut-il au contraire considérer que cette implication doit devenir le pivot des institutions à venir, ce qui suppose de multiplier et de valoriser les formes d’implication, à toutes les échelles de territoire, en allant jusqu’au bout de la démarche, certains proposant même de retenir le vieux principe de la révocabilité des élus cher aux sans-culottes et à la Commune de Paris ? Faut-il introduire le principe de la citoyenneté de résidence, ce qui implique que l’on dissocie la citoyenneté de la nationalité ? Ou bien faut-il maintenir le lien et contourner la difficulté en envisageant par exemple d’étendre systématiquement l’attribution de la nationalité aux résidents ? Faut-il introduire le principe du scrutin proportionnel de liste à toutes les élections, ou faut-il se contenter d’insérer une dose de proportionnelle et donc de garder une part de logique majoritaire ? Faut-il donner au gouvernement la garantie de la durée en limitant la tutelle du Parlement, par exemple en établissant des barrières au droit parlementaire de censurer un gouvernement ? Ou bien faut-il considérer que le droit de désignation, de contrôle et de censure de l’Assemblée ne doit en aucune manière être limitée ? S’il faut établir le principe de l’unicité de l’Assemblée dotée du pouvoir législatif, ne faut-il pas pour autant maintenir le principe d’une seconde assemblée chargée, soit d’intervenir à la charnière de l’Assemblée nationale et des collectivités territoriales, soit d’assumer la représentation et l’implication législative du monde du travail ?

 

Les débats ne manqueront donc pas pour pousser plus loin les éléments de réflexion et de construction aptes à mobiliser l’initiative citoyenne et la Fondation Copernic prendra les initiatives qui sont de son ressort pour stimuler de façon pluraliste un tel débat. Les contradictions et désaccords ne doivent pas pour autant occulter ce qui est déjà acquis. Le document du printemps témoigne de la force du socle d’ores et déjà commun. Ses formulations nous paraissent garder leur pertinence pour l’essentiel ; c’est pourquoi nous les soumettons de nouveau à l’examen critique collectif. Ce texte, pour n’être pas achevé, montre qu’il existe d’autres pistes solides que celles du sarkozysme dominant. En tout état de cause, les forces attachées à la transformation sociale peuvent ensemble s’accorder sur un point : les conclusions du Comité Balladur sont inacceptables. Elles constituent un recul démocratique sans précédent, une accélération de l’alignement sur le bipartisme et la « bonne gouvernance » à l’américaine. Une seule attitude s’impose : le refus, la critique résolue et argumentée du contenu des réformes envisagées et la promotion d’une alternative forte, autour de la revendication d’une Sixième République, sociale et participative.

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Published by Rouges et Verts - dans Pour une autre République
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 21:03
 COMMUNIQUE DES ALTERNATIFS
18.11.2007
La base n'est vraiment pas raisonnable
La base n'est vraiment pas raisonnable quand elle refuse de ses soumettre aux « réformes indispensables » de Sarkozy et qu'elle ne comprend pas les « avancées » obtenues par tel ou tel secrétaire confédéral.

La base n'est vraiment pas raisonnable quand elle ne voit pas qu'elle se fait noyauter par des agitateurs de la gauche radicale (et autres «anarchistes ») et continue la grève quand tous les médias vantent les ouvertures. C'est ce qui s'est passé à la SNCF le 14 novembre quand les cheminot-te-s n'ont pas su lire les avancées contenues dans la lettre du ministre Bertrand aux seules fédérations CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA, CGC et FGAAC, et qu'ils ont voté massivement la reconduction de leur grève.

Les médias, qui, eux, sont réfléchis et indépendants, savent que «53% de français ont voté pour Sarkozy» et que «les Français veulent l'équité», ont su trouver les formules justes : «la base se rebiffe», «la base se crispe», « la base dicte sa loi », déclinées sur tous les tons.

Non décidemment, quand elle se mobilise et prend ses revendications en mains, la base n'est pas raisonnable .
 
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Published by Rouges et Verts - dans Communiqués des Alternatifs
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 18:03

 
 
Pour la première fois, un négociateur de la CFTC raconte comment le patronat a tenté en vain de le corrompre dans le cadre de discussions sociales.
Renaud Lecadre, Libération

Un syndicaliste accepte d’évoquer, à visage découvert, les relations parfois incestueuses entre l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) et les syndicats de salariés. Jean-Claude Duret, 65 ans, ancien ingénieur chez Thomson (rebaptisé Thalès), a milité pendant quinze ans à la CFTC. Il n’entend pas démontrer que le patronat arrose systématiquement les syndicats pour leur arracher une signature, simplement narrer sa propre expérience.

 

La scène se passe en juin 1998, au siège parisien de l’UIMM. Les partenaires sociaux sont réunis pour renégocier la convention collective des cadres. Le patronat souhaite rogner leur régime de départ en retraite: à la différence des autres salariés, les cadres peuvent travailler jusqu’à 65 ans; si leurs employeurs veulent s’en débarrasser dès 60 ans, il doivent verser l’équivalent d’une indemnité de licenciement.

Jean-Claude Duret,membre de la délégation CFTC, ne voit pas pourquoi il devrait lâcher du lest. D’entrée, il est marqué par l’ambiance au QG de l’UIMM : «La CGC donne à Denis Gautier-Sauvagnac du “monsieur le président” long comme le bras. Seule la CGT gueule, pour la forme.» Assis à la table des négociations, son supérieur de la CFTC lui glisse : «Tu vas faire capoter la réunion si tu poses des questions. Te casse pas la tête, on signera quand même.»

Sauf que Duret est du genre tête brûlée. Après esclandre, il quitte brusquement la réunion, suivi par un type en costard, membre de la délégation de l’UIMM. qui lui pose cette question fâcheuse: «Quels sont vos besoins?» Jean-Claude Duret s’indigne derechef, le type en costard ne se démonte pas: «Tout homme a son prix, un syndicaliste n’est pas incorruptible. Je vous serre la main, c’est pour la dernière fois.»

De fait, Duret ne sera pas convié par la CFTC aux réunions suivantes. Il y voit «la preuve que le patronat choisit ses partenaires syndicaux.» Dernier souvenir de cette mémorable journée: le soir, l’ensemble des délégués syndicaux se retrouvent au restaurant. Duret veut régler son addition. On lui rétorque : «T’inquiète, c’est payé par le patronat.» Interrogée hier par Libération, l’UIMM n’a pas souhaité réagir. Au sein de la CFTC, un ex-cadre confirme l’histoire. De surcroit, la centrale syndicale lui aurait fait miroiter une retraite aux petits oignons contre son silence...

La révision à la baisse de la convention collective des cadres a finalement été signée dans son dos. Deux ans plus tard, il s’agit de la ratifier entreprise par entreprise. Chez Renault, pilier de l’UIMM, le financement des syndicats par l’employeur fait alors jaser en interne: «Une fois de plus, on achète le silence et le bon vouloir des syndicats.» Chez Thomson, Duret entend faire de la résistance locale en tant que délégué CFTC. Il fait circuler une pétition exigeant la «suppression de l’accord UIMM», dénonçant le «chantage du patronat pour obtenir des syndicalistes dociles».

Après avoir suspendu ses subventions à la CFTC, la direction de Thomson obtiendra la tête de Duret. En août 2000, la Fédération de la metallurgie retire sa délégation aux syndicalistes maison, remplacés par des apparatchiks fédéraux. En octobre, la Fédération metallo de la CFTC présente à la direction de Thomson la liste de ses candidats aux élections professionnelles, précisant que «le nom de M. Duret n’y figure pas»

Un an plus tard, c’est la mise à la retraite d’office, Jean-Claude Duret étant victime directe de la révision au rabais de la convention collective, qu’il a combattue en vain. L’adversaire était-il trop fort ? Sa plainte pour discrimination syndicale vient d’être validée par la Cour de cassation. Il est désormais prêt à tout déballer devant les tribunaux.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/288461.FR.php
© Libération
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 17:55

« Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! »
C'est le titre de l’éditorial du magazine Challenges signé par Denis Kessler

« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

 

À l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées – toujours qualifiées d’« historiques » – et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises. Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

 

Cette « architecture » singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires. Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les « tabouise » en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après-guerre apparaissent sacrilèges. Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasidisparition du Parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux.

 

Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse. »

Le magazine Challenges, 4 octobre 2007


Denis Kessler (né le 25 mars 1952 à Mulhouse), a été vice-président du MEDEF, est actuellement président du groupe Scor. Diplômé de HEC, il a commencé une carrière d'universitaire en économie, prenant une part active à l'émergence en France du débat sur la « fin des retraites », en collaboration avec Dominique Strauss-Kahn, un des anciens professeurs à HEC, ou André Masson. Il est devenu président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) puis, vice-président du MEDEF, symbolisant l'accroissement du poids du secteur des assurances dans l'organisation patronale. Promu en 1997 directeur international d’Axa et bras droit de son président Claude Bébéar, il est licencié au bout de seize mois. Il défend un démantèlement total du système de protection sociale français comme il l'a confié au magazine Challenges en octobre 2007 : « la liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception ». (Wikipedia)
 
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 17:53

Les 50 patrons les mieux payés
ont touché
316 fois le SMIC en 2006

http://www.lesechos.fr/info/france/300213271.htm
L'ex-patron de Renault Louis Schweitzer arrive en tête avec 11,9 millions d'euros grâce à sa plus-value sur stock-options, selon le magazine Capital. Mais les patrons actionnaires sont les mieux lotis : Bernard Arnault a perçu 326 millions d'euros de dividendes

Les revenus des patrons français ont encore progressé en 2006, avec pour les 50 mieux payés de France, un revenu moyen de 3,8 millions d'euros sur l'année, soit l'équivalent de 316 années de Smic, indique le mensuel économique Capital jeudi. Ce classement prend en compte les salaires, les avantages en nature (voiture de fonction...) et les plus-values réalisées sur des stock-options.

"En comparaison de la hausse du pouvoir d'achat des ménages ( 2,3%), ils (les dirigeants de grand groupes français) se sont accordés l'an dernier des augmentations de Père Noël, jusqu'à 25% pour les mieux lotis", souligne Capital dans son palmarès des plus hautes rémunérations.

Cette "envolée va de pair avec une explosion des résultats des entreprises", avec notamment des bénéfices de près 100 milliards d'euros et des cours de Bourse en hausse de 17% pour les sociétés du CAC 40, mais cela "n'explique pas tout", selon le mensuel économique.

L'ex-patron de Renault, Louis Schweitzer, arrive en tête des revenus encaissés en 2006, avec 11,9 millions d'euros, notamment grâce à une "belle plus-value de stock-options". Il est suivi de Daniel Bouton (Société Générale, 10,8 millions d'euros) et Bernard Charlès (Dassaut Systèmes, 10,3 millions d'euros). Noël Forgeard, ancien co-président d'EADS, visé par l'enquête sur des délits d'initiés, a, lui, empoché 3,8 millions d'euros en 2006, tandis qu'Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme principal actionnaire privé français d'EADS, a reçu 3,3 millions d'euros. En queue de peloton, Alain Dinin, PDG de Nexity a reçu 1,7 million d'euros. Les stock-options font aussi la fortune des PDG retraités, souligne Capital. L'ancien PDG du cimentier Lafarge, Bertrand Collomb, a ainsi touché 8 millions d'euros en cédant ses stock-options, selon le magazine.

Mais pour les dirigeants qui sont également actionnaires de leur entreprise, le salaire ne représente qu'une "broutille", écrit Capital, puisque l'essentiel de leurs revenus provient des dividendes. Le patron de LVMH Bernard Arnault est le plus gâté, avec 326 millions d'euros de dividendes reversés en 2007 au titre de 2006. L'homme le plus riche de France peut du coup se contenter d'un "salaire de misère", écrit le magazine. Avec 3,9 millions d'euros, il arrive à la 13ème place des dirigeants d'entreprises les mieux payés en France. Selon les estimations du journal, les 60 patrons actionnaires les mieux lotis ont empoché au titre de l'exercice 2006, 30 millions d'euros de dividendes en moyenne.

Les patrons qui partent à la retraite ne sont pas en reste. Grâce aux retraites-chapeau, qui offrent aux PDG un pourcentage de leurs salaires par année d'ancienneté, Bertrand Collomb, touchera 60% de sa dernière fiche de paie, soit 1 million d'euros par an jusqu'à la fin de ses jours, écrit Capital.

Numéro un des "retraités" les mieux dotés, Lindsay Owen Jones a reçu 3,1 millions d'euros d'indemnités en 2006 au titre de ses 37 ans de carrière chez L'Oréal.

(Source AFP)

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 17:48

Veuillez trouver ci-dessous le texte national du collectif "Riposte". Adopté à Paris en septembre dernier, il a été signé localement à Nice, à la suite d'une réunion le 14 novembre, par les organisations suivantes : Altermondialisme et écologie (AlterEkolo), Les Alternatifs, MRC, PCF, PRS (Pour une République Sociale), PS.

 

 

Mobilisations sociales

Appel des partis de gauche et écologistes

 

La politique menée par le président de la République et sa majorité est à la fois profondément injuste et totalement inefficace.

 

 

 

Les 15 milliards d’€ de cadeaux fiscaux distribués aux plus riches cet été n’ont eu aucun impact sur l’emploi. Par contre, la facture va être présentée dès cet automne à tous les citoyens, et avant tout aux plus modestes, tandis que l’état des finances publiques se dégrade.

 

 

 

Nicolas Sarkozy met en œuvre une politique fondée sur la mise en cause des protections sociales et du droit du travail. Cette politique accroît les inégalités et la précarité pour tous, salariés mais aussi chômeurs, retraités, étudiants, jeunes. Les malades sont aussi touchés, par des franchises médicales qui feront peser un impôt supplémentaire sur leurs épaules au prétexte de financer les dépenses nécessaires à la recherche contre la maladie d’Alzheimer.

 

 

 

Face à cette politique, les partis de gauche et écologistes soutiennent les mobilisations unitaires d’ores et déjà prévues et à venir, pour imposer au gouvernement de réelles négociations. Ils se sont mobilisés pour exprimer leur refus des franchises médicales, le 29 septembre. Ils seront aux côtés des prochaines mobilisations à l’initiative des syndicats pour mettre en échec la politique antisociale de la droite.

 

 

 

Ils soutiennent une tout autre politique fondée sur la solidarité, la justice sociale, l’égalité, une autre répartition des richesses et le respect de la dignité :

 

 

 

Concernant les retraites, en opposition avec la politique du gouvernement, nous proposons la pérennisation du système de répartition et la prise en compte de la pénibilité du travail. En outre, il faut revaloriser tout de suite les petites retraites et des pensions de réversion. Des ressources nouvelles peuvent être trouvées du côté des revenus financiers et des stock-options.

 

 

 

Sur le pouvoir d’achat, enjeu essentiel à la fois pour la vie quotidienne et pour l’économie, la priorité doit être à la revalorisation des salaires, des retraites et des minima sociaux.

 

 

 

Les services publics doivent être renforcés, rénovés et démocratisés, notamment pour l’éducation, à l’opposé de la politique de suppression de postes du gouvernement. Il faut développer un réel service public de la petite enfance. Il est urgent de renforcer la recherche publique et l’innovation, d'investir massivement dans le soutien aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie, de financer la construction massive de logements sociaux.

 

 

 

Le droit du travail doit être défendu et les pouvoirs des salarié-e-s étendus

 

 

 

La politique de l'immigration doit respecter les droits et la dignité des personnes. Nous combattons la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy et la chasse aux migrants. Le honteux recours aux tests ADN doit être abrogé définitivement.

 

 

 

Ensemble, comme dans les luttes contre le CPE, nous pouvons faire reculer la droite.

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