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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 09:46
Election présidentielle du 2 juillet 2006
Mexique : l’ombre de 1988



par Luis Hernández Navarro

1) Les dés électoraux ont été pipés en faveur de Felipe Calderón. Depuis le pouvoir, la droite a commis un coup d’État technique. Non seulement les élections ont été inéquitables, mais elles ont été truquées. Toutes les ressources du gouvernement fédéral, licites et illicites, ont été utilisées pour favoriser le porte-drapeau du Parti d’Action Nationale (PAN). Ce dernier a eu recours à presque toutes les vieilles ficelles du vieux Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) pour faire gagner le candidat du gouvernement. De plus, les subterfuges permis par les nouvelles technologies informatiques ont été mis en œuvre.

2) Il s’agit d’un coup d’État parce que sur la décision souveraine des citoyens de se choisir un gouvernement d’autres autorités ont été imposées par la force. Il est technique parce qu’au lieu de recourir aux forces armées on a usé d’un ensemble de ressources informatiques pour présenter comme vainqueur du combat électoral celui qui ne l’a pas gagné. Il est de droite, parce que la prétention d’imposer Felipe Calderón à la tête de l’Exécutif cherche à donner une continuité aux intérêts conservateurs qui ont prévalu sous le gouvernement de Vicente Fox.

3) La liste des anomalies est énorme : création d’un climat de crainte pour favoriser le vote de la peur, utilisation des ressources publiques destinées au développement social pour influencer le vote (selon le quotidien Réforma, 41% des bénéficiaires de Oportunidades [1] et 44% des bénéficiaires du Seguro Popular [2] ont voté pour les blanquiazules, les blanc-bleu, les candidats du PAN), achat de suffrages, sympathisants du Parti de la Révolution Démocratique (PRD) purgés des listes électorales, utilisation illégale d’informations de l’État pour servir la campagne électorale du PAN, manipulation des résultats préliminaires du vote.

4) Le coup d’État technique du 2 juillet n’est rien d’autre que le dernier maillon d’une longue chaîne d’actions extralégales et illégales perpétrées par l’Exécutif pour essayer d’empêcher Andres Manuel López Obrador (AMLO) d’accéder au gouvernement. La tentative d’inhabilitation politique exercée contre lui l’année dernière [3], la campagne médiatique le présentant comme un transgresseur de la loi et la diffusion d’annonces télévisées dans lesquelles il est montré comme une menace pour le Mexique ne sont que quelques épisodes de cette offensive à son encontre.

5) Pièce centrale de ce coup d’État : l’Institut Fédéral Électoral (IFE). L’arbitre est partial. Cela est devenu évident pendant la campagne électorale et cela a été démontré le jour des élections. Ses neuf membres ont été choisis après une négociation entre Elba Esther Gordillo (PRI) et Germán Martínez (PAN). Cinq pour la Professeur (La Maestra) [4] et quatre pour le panista. Ils se sont entendus. Le PRD a été exclu.

6) Le scrutin du 2 juillet montre un Mexique clairement divisé et en pleine confrontation. La plus grande partie du nord a voté pour Calderón, presque tout le sud pour López Obrador. Les riches ont majoritairement soutenu le PAN, les pauvres, la coalition "Pour le Bien de Tous" [Por el Bien de Todos ; la coalition menée par AMLO].

7) Ont voté pour le panista la majorité des habitants du nord du pays (43%) et du Bajio (47%), ceux dont les revenus sont supérieurs à 9200 pesos [656 euros] (50%) et les professions libérales (48%). Ont soutenu el Peje [diminutif mexicanisé de perredista, le candidat du PRD, AMLO en l’occurrence] la majorité des électeurs du centre (44%) et du sud (40%), ceux dont les revenus se trouvent dans une fourchette de 2 à 4 mille pesos [143 à 285 euros] (respectivement 34% et 39%) et ceux qui ont suivi des études secondaires et préparatoires (38%).

8) Le PRI s’est effondré. Les gouverneurs des états du nord appartenant à cette formation politique, ennemis de Robert Madrazo [5], ont trahi leur parti. À Coahuila, Chihuahua, Durango, Puebla, Sinaloa, Sonora et Tamaulipas, ils ont soutenu Felipe Calderón et là où les candidats à la députation n’appartenaient pas à leur groupe politique, ils ont favorisé le Parti de la Nouvelle Alliance (le Panal). Selon les enquêtes de sortie de scrutin menées par El Universal, seulement 77% des partisans du PRI ont voté pour Madrazo.

9) L’artisane de cette alliance entre les gouverneurs tricolores (PRI) et le candidat présidentiel blanc-bleu (PAN) est Elba Esther Gordillo. C’est elle la grande gagnante indirecte de ces élections. Son parti obtiendra une représentation parlementaire non négligeable, inhabituelle pour une formation politique récemment enregistrée. Ses candidats protégés, issus des listes PAN et PRI, ont été élus au parlement. Ses forces seront la clef de la formation d’une majorité au Congrès.

10) Malgré son échec, le PRI a réussi à se positionner comme grand électeur. Il possède la plus grande quantité d’actes électoraux. Il ouvrira des négociations avec le PRD et le PAN pour vendre cher son alliance.

11) Le vote de la peur a porté ses fruits en faveur du PAN et de ses alliés du Congrès de Coordination Patronale (CCE, sigles en espagnol). Présenter López Obrador comme « un danger pour le Mexique », effrayer la population en brandissant le danger qu’elle perde sa maison, son automobile et ses biens, leur a permis de ratisser au-delà de leur base sociale traditionnelle. L’artillerie lourde qui a été utilisée contre el Peje, par des troupes héritières de la tradition Cristera [6] a fait mouche. La multitude de SMS qu’ils ont envoyés sur les téléphones cellulaires pour secouer la conscience des fidèles semble avoir produit des effets. « México - signalait l’un d’eux -  : es-tu sûr qu’Il autorisera notre religion catholique ? Santa María de Guadalupe : sauve notre patrie et garde notre foi ! Vote ! Motive ! » Il n’est jamais trop tard pour les miracles.

12) L’Armée Zapatiste de Libération Nationale Zapatiste (EZLN, sigles en espagnol) a-t-elle une responsabilité dans ces résultats ? Aurait-elle dû soutenir López Obrador ? Un appui hypothétique du zapatismo à AMLO n’aurait fait que renforcer la campagne de peur orchestrée par le PAN et effrayer de possibles électeurs.

13) Le Mexique vit aujourd’hui un nouveau 1988 [voir encadré ci-dessous]. La « chute du système » avait alors enlevé le triomphe à Cuauhtémoc Cárdenas. Le 2 juillet 2006, le coup d’État technique de la droite a prétendu arracher la victoire à López Obrador. Mais le pays de 2006 n’est pas celui de 1988. Il dispose désormais d’une expérience de l’organisation et de la résistance qui n’existait pas alors. La nation est assise sur un baril de poudre sur le point d’exploser et l’escroquerie faite à la volonté populaire pourrait allumer la mèche. Que personne ne soit dupe sur ce qu’il peut arriver dans les prochains jours !

******

Le spectre de 1988
Que s’est-il passé lors de l’élection présidentielle de 1988 ?

Le fantôme de 1988 a fait sa réapparition avec l’indéfinition de l’Institut Fédéral Electoral (IFE). Le 2 juillet 1988, le leader du Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD), Cuauhtémoc Cárdenas, avait perdu la présidence de la nation à cause d’une gigantesque fraude électorale orchestrée par le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), au bénéfice de son candidat, l’ex-président Carlos Salinas. L’escroquerie fut tout sauf subtile. Une fois fermés les bureaux de vote, les premiers sondages donnaient Cárdenas gagnant, qui à l’époque était à la tête du Front démocratique national. Cependant, un prétendu problème dans le système électronique a arrêté le comptage. A la reprise de celui-ci, Salinas avait pris les devants. Quand la victoire du priísta a été annoncée, l’opposition demanda que les bulletins électoraux soient rendus publics pour permettre une sorte d’audit. Un incendie « accidentel » dans le sous-sol du Congrès, où les bulletins étaient conservés, effaça pour toujours les preuves de la fraude du PRI et la première possibilité réelle de la gauche mexicaine d’accéder au pouvoir.
(Source : Página 12, 4 juillet 2006.)

NOTES:

[1] [NDLR] Oportunidades (Opportunités) est un programme gouvernemental qui octroie des fonds pour l’éducation, la santé et l’alimentation aux familles vivant dans l’extrême pauvreté.

[2] [NDLR] L’un des organismes publics de sécurité sociale mexicains.

[3] [NDLR] Tout député, sénateur ou gouverneur est doté dans l’exercice de ses fonctions d’une immunité constitutionnelle empêchant qu’il soit poursuivi en justice. Seul le processus du desafuero peut lui retirer cette immunité et peut permettre le développement d’une poursuite en justice, procédure pénale qui empêcherait toute personne de se présenter comme candidat présidentielle.
Depuis 2004, des menaces de poursuites judiciaires pour abus d’autorité pesaient sur AMLO. On lui reprochait d’avoir illégalement construit des routes sur une terre expropriée en 2000. Le 7 avril 2005, par un vote de 360 en faveur, 127 contre et 2 abstentions, la Chambre des députés votait pour le desafuero (inhabilitation) de López Obrador. Cette tentative évidente de l’écarter de l’élection présidentielle s’est rapidement retournée contre le PRI et le PAN. Dès le mois suivant, suite aux pressions populaires, le ministère de la Justice (Procuraduria General de la República) a laissé tomber toutes les accusations. En mai 2005. Le Président Fox a même dû apparaître à la télévision pour annoncer que les autorités fédérales mettraient fin à toutes les procédures judiciaires.

[4] [NDLR] On désigne souvent Elba Esther Gordillo par ce titre, ayant été enseignante avant de se lancer dans la vie politique. Suite au scandale en cours au vu des suspicions de fraude dans le processus électoral, Gordillo a été expulsée du PRI le 13 juillet.

[5] [NDLR] Candidat du PRI à l’élection présidentielle.

[6] [NDLR] Référence à la « guerre Cristera », révolte agraire catholique des années 1920 contre le gouvernement laïque.

En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/

Source : La Jornada (www.jornada.unam.mx/), 4 juillet 2006.

Traduction : JFG - Questions Critiques (http://questionscritiques.free.fr/). Traduction revue par l’équipe du RISAL (hwww.risal.collectifs.net/).

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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 09:38
Entretien avec Camille Chalmers

Haïti :
le chemin de la reconstruCTION


par Ermanno Allegri

Le militant haïtien, Camille Chalmers, interviewé par l’agence d’information Adital lors de la rencontre des mouvements sociaux Enlazando Alternativas 2 [1] dresse en quelques mots un tableau d’espérances pour Haïti. Après le renversement d’Aristide en février 2004 [2], après deux ans d’un gouvernement provisoire allant à l’encontre des intérêts du pays et après une campagne électorale qui a tenté d’écarter René Préval de la présidence, le peuple haïtien a entrepris par le vote et la mobilisation dans la rue, un nouveau et difficile chemin de reconstruction. Camille Chalmers est professeur d’économie à l’université d’Etat de Port-au-Prince et coordonne la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA).

Après le renversement d’Aristide, quelle a été la situation en Haïti pendant les deux ans qui ont précédé les élections de février 2006 ?

Nous avons vécu deux années très difficiles avec un gouvernement imposé, qui a mené une politique catastrophique caractérisée par une vision totalement néolibérale et des violations en matière de droits humains. La pauvreté a augmenté. On estime que plus de 76% de la population rurale survit avec moins d’un dollar par jour. C’est un pourcentage énorme. Avec l’arrivée de Gérard Latortue comme président, le niveau de vie de la population s’est terriblement détérioré. En dépit des aides de juillet 2004, les emplois promis n’ont pas été créés. Du point de vue politique il n’y a pas eu non plus de dialogue politique, ni de processus équilibré de préparation des élections. Ces élections ont été les plus coûteuses (80 millions de dollars) mais très mal préparées. En sus d’un grand nombre d’erreurs techniques, elles ont été marquées par la volonté d’exclure de la participation électorale les masses populaires. Malgré tout, les élections ont été un succès. Un profond miracle, fondamentalement dû à la volonté politique du peuple qui a permis que ces élections aient lieu dans des conditions satisfaisantes. Mais la préparation a été marquée par la réaction et le conservatisme. Pendant les deux années qui ont précédé, des arrestations ont eu lieu sans motif, sans véritable procès et des massacres ont même été perpétrés dans des quartiers populaires, ainsi que la persécution de leaders sociaux. En fait, l’impunité en faveur de certains criminels liés au coup d’Etat de 1991 a beaucoup augmenté. C’est ainsi qu’ils ont réussi à s’en sortir sans procès sérieux et que l’impunité s’est institutionnalisée davantage encore.

Les élections laissent-elles présager des changements sérieux à Haïti ?

Les élections du 7 février ouvrent une nouvelle culture, un nouveau climat politique. En dépit des erreurs commises, la population haïtienne s’est emparée de cet espace pour affirmer la souveraineté d’Haïti. Le peuple haïtien a décidé fermement que son président n’allait pas être choisi par des agents de l’étranger mais que c’était bien lui qui allait le choisir. Et nous avons assisté à des exemples de civisme et de lucidité politique incroyable. Imaginez seulement des paysans très pauvres quittant leur domicile à deux heures du matin, marchant pendant cinq heures et qui en arrivant devant le bureau de vote font la file pendant six heures sous le soleil pour pouvoir voter. Parfois même, lorsqu’ils arrivaient sur place, leur nom ne se trouvait pas sur les listes électorales et ils devaient encore marcher jusqu’au prochain bureau de vote. Cela représentait parfois huit heures à attendre sous le soleil et cinq heures de marche supplémentaires pour retourner chez eux. C’est vraiment quelque chose d’incroyable et tout s’est passé dans une ambiance tout à fait pacifique, sans aucune agression et sans aucun affrontement. Ce fut une leçon pratique très importante et qui a montré clairement la décision d’Haïti de récupérer sa souveraineté, le contrôle du pays et le pouvoir politique.

René Préval n’est pas l’homme des Etats-Unis, et il a gagné grâce à la mobilisation populaire. Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui pour Haïti ?

C’est très intéressant et en même temps c’est encore un défi parce que toutes les forces dominantes, l’oligarchie traditionnelle, l’impérialisme du marché, le Core group (représenté par les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l’Argentine, du Chili, des Etats-Unis, de la France qui s’étaient réunis), se sont prononcés contre cette candidature. En dépit de cela et de la propagande féroce contre Préval dans la presse haïtienne, la grande majorité de la population a voté pour lui. Cela montre tout d’abord la faiblesse de la classe politique traditionnelle qui n’a pas réussi à gagner l’appui du peuple et qui n’a aucune base sociale réelle. Ensuite, cela montre que les gens ont très clairement conscience que les forces dominantes sont l’ennemi du peuple. Plus elles accusaient Préval, plus elles inventaient des mensonges à son encontre, plus elles manipulaient l’opinion, plus le peuple pensait : « ça c’est un plan contre nous » et nous le soutiendrons plus encore.

Maintenant commence la difficile tâche de reconstruction du pays.

Nous vivons un moment très intéressant mais il faut aussi reconnaître que la situation actuelle va être très difficile pour le nouveau gouvernement car si il veut vraiment développer un projet d’investissements dans des secteurs clés d’unification dans la lutte contre l’exclusion, contre la pauvreté, contre la polarisation sociale et économique, il va entrer directement en conflit avec la vision économique de la communauté internationale et il est très probable que se produisent des affrontements entre le nouveau gouvernement et la communauté internationale. C’est pourquoi nous espérons que des pays comme le Brésil et les forces sociales aident à faire comprendre au gouvernement la nécessité d’un espace autonome pour définir son propre projet, qu’Haïti doit sortir de la vision extrêmement néolibérale du CCI (Cadre de coopération intérimaire [3]) pour mettre sur pied un cadre alternatif qui permette de résoudre la crise actuelle. (...)

Que signifie pour le pays l’occupation militaire qui est toujours sous le leadership du Brésil ?

La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) dispose aujourd’hui d’un effectif de presque 10.000 personnes : 7.000 militaires et 1.800 policiers environ. Le Brésil a 1.400 militaires en Haïti. C’est une question très sérieuse pour nous les mouvements sociaux qui sommes opposés à cette occupation. C’est une occupation inspirée par les missions de maintien de la paix mais dans un contexte très différent de l’actuelle situation haïtienne où il n’y a ni affrontement militaire, ni guerre civile. Il s’agit d’une force militaire. La structure même de la mission est en inadéquation avec les problèmes que connaît Haïti. Le second aspect est que Préval a appelé a un changement substantiel du mandat de la mission et il a dit à Washington où il s’est rendu récemment qu’il faut remplacer les généraux par des ingénieurs et les tanks par des bulldozers. Il me semble très intéressant de montrer que la priorité actuellement est d’aider à la construction d’Haïti à travers des projets d’alphabétisation, d’infrastructure, de reforestation, de renforcement de la santé publique et de l’éducation publique. Il est très important que la coopération internationale s’éloigne des orientations néolibérales. Préval subit déjà des pressions pour la privatisation. Il y a des pressions pour privatiser la Banque nationale de crédit qui est le seul instrument de l’Etat qui puisse octroyer des prêts en milieu rural. Il y a également des pressions pour privatiser les télécommunications. Cette perspective nous semble catastrophique parce qu’en Haïti on essaie de construire l’Etat, un Etat qui soit réellement capable de répondre aux besoins du peuple et à mettre en place des services publics accessibles à tous pour sortir de la crise actuelle.

Certains intérêts économiques veulent continuer même après les élections à empêcher Haïti de construire son futur...

Il est important de souligner que Préval a été élu de manière démocratique. Après le vote, les chiffres officiels ont donné 48% des votes à Préval et le candidat qui le suivait avait moins de 11%. Le vote a été extrêmement massif. Cependant par la suite on a soupçonné qu’il y avait une grande manipulation pour réduire le résultat de Préval et imposer un second tour. Ce qui équivalait à continuer la manipulation contre Préval. Le peuple s’est mobilisé pendant 4 jours avec 300.000 personnes dans les rues de Port-au-prince et 100.000 personnes à Cap Haïtien. Des manifestations pacifiques très impressionnantes, où le peuple a montré son exigence du respect de la volonté populaire. Je pense que la solution trouvée est satisfaisante car elle respecte vraiment le mandat du peuple. C’est important car il y a une propagande de la presse de droite qui dit que Préval n’a pas été élu et que c’est une manipulation. Mais il est certain que l’élection de Préval correspond à la volonté du peuple haïtien, la volonté de sortir de cette crise et de construire une nation souveraine.

NOTES:

[1] [NDLR] Contre-sommet au Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne et d’Amérique latine, Vienne, Autriche, mai 2006.

[2] [NDLR] Consultez les articles sur le « Crise et transition en Haïti » sur RISAL.

[3] [NDLR] Le Cadre de Coopération Intérimaire a été établi par le gouvernement provisoire haïtien et les bailleurs de fonds, à partir du printemps 2004. Il donne les grandes orientations de la politique du gouvernement et de l’aide des bailleurs dans le cadre de la transition politique du pays.

En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/

Source : Adital, Agencia de Información Fray Tito para América Latina (http://www.adital.org.br/), 17 mai 2006.

Traduction : Virginie de Romanet, pour le RISAL (http://www.risal.collectifs.net/).

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20 juillet 2006 4 20 /07 /juillet /2006 16:52
Une déclaration très importante
de la secrétaire générale du PCF


Au Collectif national d'initiative,
Aux collectifs locaux,
Aux femmes et aux hommes qui agissent pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes

Paris, le 10 juillet 2006

Cher(e)s ami(e)s, Cher(e)s camarades,

Lors de toutes les rencontres que j'ai faites dans les quartiers, les entreprises, comme députée, éluelocale, nombreux sont les hommes et les femmes qui me disent : «cela ne peut plus durer, il faut battre la droite, rassemblez-vous à gauche». Beaucoup s'interrogent, sur les choix politiques qui devraient être mis en œuvre pour que leur vie change vraiment car ils n'ont pas oublié leur déception devant les renoncements de la gauche plurielle. Mais chacun le mesure, faute d'alternative claire à gauche, nombreux sont celles et ceux qui «sortiront les sortants» sans illusion.
Ces femmes ces hommes, se sont rassemblés le 29 mai 2005 contre les politiques libérales pour une autre Europe ; les jeunes se sont levés contre la précarité légalisée et ont fait reculer le gouvernement ; elles et ils se battent dans les quartiers contre les discriminations, elles et ils agissent pour les droits des femmes ; elles et ils sont dans l'action aujourd'hui contre les licenciements boursiers pour des salaires dignes, pour la défense des services publics, aux côtés des enfants et des familles menacés d'expulsion... mais elles et ils ne voient pas pour l'instant de véritable prolongement politique à leurs mobilisations, tant sur le projet politique que sur les contours du rassemblement apte à le porter dans les échéances électorales.
Certes, ce qui a commencé à se construire avec «l'appel pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes», la création des collectifs locaux, leurs premières initiatives, est plein de potentiel. Mais nous ne sommes pas, en l'état, au niveau d'une dynamique populaire citoyenne qui porte dans le pays l'espoir d'une victoire.
Or, j'ai la conviction que si nous poursuivons avec nos concitoyennes et nos concitoyens l'élaboration d'un programme en rupture avec les politiques libérales, si notre rassemblement déjoue les pièges institutionnels, nous pourrons en finir avec le cycle décevant des alternances, nous pourrons battre la droite durablement et réussir à gauche en ouvrant une nouvelle période de progrès social et démocratique.
Quelle responsabilité collective, mais aussi quel formidable défi! C'est en mesurant cela que j'ai à plusieurs reprises dit publiquement que j'étais disponible pour porter à l'élection présidentielle notre projet commun. Je n'ignore évidemment pas qu'il existe entre nous, sur cette question comme sur d'autres, des opinions différentes. Sur toutes, le débat, pour être réellement démocratique, pour ne pas échapper aux militants et aux militantes qui travaillent à cette union, doit se développer dans la transparence. Il m'a donc paru nécessaire de préciser aussi clairement que possible dans quel esprit j'ai formulé cette proposition, et la façon dont je vois sa mise en œuvre.
La question la plus importante, dont beaucoup dépend, est celle de l'objectif que nous devons nous donner.
Certains considèrent que 2007 ne changera pas fondamentalement la réalité à gauche et que notre objectif devrait se limiter à exprimer les exigences de changement pour préparer l'avenir. Ils en déduisent qu'évoquer l'hypothèse d'une victoire reviendrait en fait à préparer le terrain à des compromis avec le social-libéralisme.
J'estime, pour ma part, que notre objectif doit être de gagner. C'est à dire de contribuer de toutes nos forces à un rassemblement populaire majoritaire capable de battre la droite et l'extrême droite et de construire une majorité, un gouvernement qui mettent en œuvre une politique audacieuse, clairement en rupture avec celles mises en œuvre précédemment.
Cet objectif d'une victoire de notre peuple ne peut être différé car chaque heure qui passe, avec cette droite au pouvoir, est une heure de trop contre les droits individuels et collectifs des hommes et des femmes, contre l'emploi, contre le rôle que notre pays pourrait jouer en Europe et dans le monde pour une autre mondialisation.
Cet objectif, si nous le portons avec confiance peut être source après 2005 d'une nouvelle mobilisation des hommes et des femmes de gauche. Elle peut modifier le scénario du bipartisme et du renoncement qu'on veut nous imposer. Se donner cet objectif nécessite bien évidemment de s'adresser à tous les hommes et les femmes de gauche sans exclusive, d'interpeller toutes les forces de gauche. Il ne s'agit pas de rester entre nous, mais de travailler jour après jour à convaincre d'autres de créer une dynamique populaire autour des exigences que nous défendons qui en feront les éléments clés d'une politique de gauche.
Respecter cet objectif, c'est également être clair sur le désistement à gauche au second tour pour battre la droite et réaffirmer que nous ne participerions pas à un gouvernement dominé par le social-libéralisme. Et c'est surtout agir, dès maintenant, pour créer les conditions que se pose la question d'une participation à une majorité, à un gouvernement qui permettrait aux propositions que nous défendons ensemble pour changer la vie d'avancer réellement.
Comment changer la vie ? Beaucoup de nos concitoyennes et concitoyens doutent que cela soit possible dans un système capitaliste mondialisé, une Europe dominée par les politiques libérales.
La deuxième conséquence de l'objectif que nous devons nous donner est donc qu'il faut construire avec notre peuple un véritable projet de société ouvert sur l'avenir, appuyé sur un programme précis de gouvernement. Nous ne pouvons pas nous contenter de grandes intentions et de quelques «mesures phares». Ces derniers mois, nous avons beaucoup travaillé ensemble. La Charte antilibérale issue des collectifs du 29 mai est un acquis qui montre que nous pouvons nous rassembler sur des choix audacieux. Mais il nous faut aller au-delà. Nous devons proposer de gouverner la France. Nous devons donc dire quelles seront nos priorités en matière de sécurité d'emploi et de formation, de pouvoir d'achat, de protection sociale, d'éducation, de services publics, de souveraineté et de sécurité alimentaire, d'égalité entre les hommes et les femmes, d'autonomie des jeunes, de luttes contre les discriminations, des droits des migrants.
Et nous devons, du même coup, préciser clairement par quels moyens la gauche pourra cette fois-ci réussir.

Quelle réforme de la fiscalité elle mettra en œuvre pour permettre à l'Etat d'assurer les dépenses sociales nécessaires.
Quelle politique énergétique elle conduira.
Par quelles mesures elle s'attaquera aux intérêts des grandes puissances financières. Comment elle relancera une grande politique soucieuse de l'environnement.
Comment elle fera reculer la concentration des pouvoirs par une VIème République qui en finisse avec la monarchie présidentielle, qui donne des droits et pouvoirs nouveaux aux citoyens et citoyennes, le droit de vote et d'éligibilité aux résidents étrangers, qui développe en grand une démocratie réellement participative.
De quelle manière elle agira en Europe pour modifier le rôle de la BCE, casser le pacte de stabilité.
Comment elle agira dans les institutions internationales pour un développement durable et de nouvelles coopérations. Ce travail est à notre portée.
Enfin, au regard de l'objectif qui est le nôtre, il me paraît essentiel de construire notre rassemblement sur la durée. Il ne s'agit pas de faire un «coup», de se limiter à une campagne électorale, mais de nous mettre en situation, ensemble, de changer pour longtemps la donne à gauche. Une telle ambition ne peut s'envisager que par la mise en mouvement durable de dizaines de milliers de militantes et militants dans tout le pays pour porter ce pro-jet et cet espoir et pour, si demain notre objectif est atteint, ne jamais dessaisir notre peuple des choix politiques.
Là aussi, il doit être question de garanties. Garanties que chaque composante de notre rassemblement -militantes et militants communistes, socialistes, écologistes, républicains, d'extrême gauche, citoyennes et citoyens sans organisation politique- y voie reconnue pleinement sa place. Et garanties pour notre peuple : comment imaginer que des millions de femmes et d'hommes pourraient voter pour les candidates et les candidats que nous présenterions aux élections législatives si nous ne leur disons pas clairement ce que nous ferons ensuite, jusqu'à la façon nouvelle dont nous voulons faire de la politique.
Notre ambition sur les contenus et la pratique politique sera certainement traitée d'utopie par ceux qui, sous couvert de réalisme, nous enseignent la résignation. Mais soyons lucides : c'est à ce niveau qu'il faut placer les réformes à mettre en œuvre si on veut par exemple reconstruire une école de la réussite, doter la recherche et la culture au niveau nécessaire ou encore sauver l'hôpital public. Tout projet en demi-teinte, toute confiscation du pouvoir, seraient sources de nouvelles déceptions.
C'est sur ces objectifs que je suis engagée. Cela suppose à mes yeux de ne pas dissocier l'élection présidentielle, dont nous connaissons les effets néfastes pour notre démocratie, des législatives qui la suivront de peu. Notre candidature à l'élection présidentielle devra différer radicalement de toutes les autres, en affirmant qu'elle est présentée non pas pour aller à l'Elysée et décider à partir de là avec les meilleures intentions du monde, mais pour en finir avec la fonction présidentielle telle qu'elle existe. C'est par les élections législatives et l'élection d'une majorité, que sera décidée la politique à mener. Le Parti communiste est décidé, de ce point de vue, à contribuer, par un travail étroit avec les collectifs locaux, à ce que les candidatures et les futurs élus, élues, soient à l'image des hommes et des femmes qui, aujourd'hui, résistent et se rassemblent, c'est à dire parité et mixité.
Je n'ignore pas que des questions se posent sur le fait de désigner une candidature commune qui soit issue d'un des partis constituant le rassemblement. Est-ce que cela ne reviendra pas à se rassembler autour de ce parti ? Je comprends d'autant plus ces craintes que telle est la conception des autres candidatures, à droite ou à gauche. Notre rassemblement, à vrai dire, ne saurait exister s'il devait ainsi se faire autour de quiconque, parti ou personnalité, et que celle-ci soit ou non adhérent d'un parti. Je propose donc de constituer aussitôt que possible un collectif de porte-parole qui aura la charge d'exprimer dans l'espace public notre volonté de rassemblement autour d'un projet politique commun. Je suis prête à en être, à égalité avec d'autres, et à me consacrer exclusivement à cette tâche collective.
Cette objection provient aussi de l'idée, pour certains, qu'aujourd'hui, les partis politiques seraient devenus un frein, voire devraient être dépassés. Je pense très sincèrement le contraire et j'appelle chacune et chacun à y réfléchir posément. Les partis doivent changer pour répondre aux conditions d'aujourd'hui, notamment à la soif de participer qui grandit dans notre peuple. Le Parti communiste, qui s'est beaucoup transformé en quelques années, s'y emploie pour sa part.
Mais les partis démocratiques ne sont-ils pas un atout essentiel pour que des femmes et des hommes sans pouvoirs ni richesses puissent intervenir dans la vie politique ? L'engagement volontaire au sein d'un collectif militant qu'est un parti politique a-t-il moins de portée citoyenne qu'un autre choix ? Pour ne prendre que le seul Parti communiste, aurait-on eu le même résultat le 29 mai si ses 140 000 militantes et militants à l'image du monde du travail, ses 10 000 élus et élues dans toute la France n'avaient pas mis au service du combat commun leur énergie, leur expérience, leur rayonnement, les moyens de l'organisation qu'ils font vivre, s'ils n'avaient pas
fait estrades communes sans aucune exclusive et partagé leur temps de parole ? Si nous voulons réussir, les citoyennes et les citoyens doivent prendre la parole et s'engager. Cela implique qu'ils puissent être parties prenantes à égalité de tous les débats, de toutes les décisions. Il serait absurde, dans cet objectif, d'opposer cette mobilisation citoyenne indispensable à la nécessité pour cela de l'existence de forces politiques. Je crois au contraire que la présence d'organisations politiques dans notre rassemblement, loin d'être un handicap, loin de susciter une concurrence nuisible, est un atout irremplaçable sur lequel nous devons nous appuyer.
Toutes les questions que je viens d'évoquer nécessitent un débat politique exigeant. Cela signifie à mes yeux qu'il doit être public et dépasser les cercles militants pour devenir réellement populaire. C'est la condition d'une véritable dynamique politique. C'est aussi la seule façon de dépasser nos opinions ou positions respectives pour trouver ensemble les réponses qui permettront notre rassemblement.
Le temps presse. Tout, oui nous devons mettre tout en œuvre pour qu'en 2007 la droite soit battue, l'extrême droite laminée parce qu'à gauche une majorité de femmes et d'hommes auront cette fois-ci la conviction qu'ils, qu'elles peuvent mettre en œuvre une autre politique et enfin changer leur vie.
Toute mon amitié,

Marie-George Buffet
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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 18:30
Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris -  educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org   
Contact sur ce dossier :
Richard Moyon 06 12 17 63 81
19 juillet 2006


TABLEAU DE CHASSE MINISTERIEL N°2
Interviewé sur Europe 1, Monsieur Sarkozy a persisté dans sa volonté de pratiquer la chasse à l’enfant, au jeune majeur et à l’adulte. Il a, en effet, promis de procéder à « quelques milliers » d’expulsions d’étrangers sans papiers parents d’enfants scolarisés. « Quelques milliers », on appréciera la désinvolture de l’approximation s’agissant de la liberté et de la vie de familles entières. Le style, c’est l’homme !
De fait, la persécution des enfants (et des adultes !) a bel et bien commencé. Pour mémoire : 
Paris. Fengxue CAI et Zhiyian NI, les deux jeunes chinois élèves au Lycée technique du Bois (75014 Paris) raflés ensemble, dans un café à Belleville sont toujours en rétention et dans l’attente de la décision ministérielle : expulsion ou libration (alors que leurs parents pourraient être régularisés du fait de la circulaire du 13 juin).
Ministère de l’Intérieur : 01 40 07 60 60 (standard, demander le Cabinet), Fax Directeur de Cabinet : 01 40 07 13 90  sec.gueant@interieur.gouv.fr
Bourges. Zolboot, enfant sourd de 6 ans et sa famille (dont deux autres enfants, trois ans et 3 mois) vivent cachés depuis deux semaines. La famille avait été réduite à cette extrémité juste avant (la veille) que la police ne vienne les chercher au CADA.
Parce qu'il est hors de question de continuer à faire vivre cette situation indigne à trois enfants, et pour ajouter un acte symbolique à la mobilisation qui prend une ampleur nationale  autour de Zolboot et de sa famille, l'endroit où ils se cachent sera révélé en présence de Guillaume Ledoux, chanteur du groupe Blankass, parrain de Zolboot. (Contact sur ce dossier Nadia Tadrist : 06.27.81.32.04)
Sarreguemines. Aminata DIALLO (Malienne, lycéenne de 19 ans, en rétention à Strasbourg) est toujours en rétention à Strasbourg. Un rassemblement a été  organisé hier devant la préfecture de Metz sous forme d’une parade d'enfants : chants "Douce France...avec les paroles un peu remaniées"; jeux: le facteur "le facteur n'est pas passé; toujours pas eu mes papiers..."
Cholet.  Une maman marocaine, mère d’une petite fille de 5  mois est en garde à vue depuis 15 heures au commissariat de Cholet. Elle a été arrêtée chez elle par la police en même temps que le frère de son ami. Tous sont unanimes pour affirmer qu’ils ont été victimes d’une dénonciation.
La maman, Madame HAMIOUI Sabah, de nationalité marocaine est arrivée régulièrement en France le 20 août 1999. Exploitée, maltraitée par sa belle famille, elle est emmenée a AGEN. Ramenée sous la contrainte au Maroc, elle obtient un visa retour pour la France et porte plainte contre ses tortionnaires.
Entre temps, son mari sort de prison. Il obtient le divorce en 2004.
Elle n’est plus mariée avec un ressortissant marocain ayant la nationalité française. A compter de cette date, elle est considérée en situation irrégulière…..
Elle se réfugie chez une famille à Lussac jusqu’en avril puis s’installe à Cholet chez celui qui deviendra son compagnon. Ensemble, ils donnent naissance à un petit garçon Amine âgé aujourd’hui de 5 mois.
Jeudi dernier (13 juillet), elle se présente à la Préfecture de Maine et Loire pour solliciter la liste des documents lui permettant de demander la régularisation de sa situation. On lui fournit « aimablement » une liste de pièces à fournir. Elle revient à la maison « heureuse » déclare son ami. Ce qu’elle ignore , c’est que l’arrêté de reconduite à la frontière a été signé le ….10 juillet… Nous sommes le 13 … Belle hypocrisie !!!!
Depuis lundi soir, la maman qui allaitait jusqu’à présent son garçon n’a pas pu le voir, ni lui donner le sein…
Elle a été embarquée dans un fourgon de police sans avoir pu approcher, ni son fils ni son ami. Elle est ce soir en zone de rétention au commissariat de police à Angers dans l’attente d’un éventuel transfert sur ROISSY…

Il y a urgence :
Adressez vos messages de protestation à la Préfecture de Maine et Loire :
cabinet-prefet@maine-et-loire.pref.gouv.fr
jean-claude.vacher@maine-et-loire.pref.gou.fr
fax : 0241880463  Tél : 02 41 81 81 81

A la Mairie de Cholet, ville qui s’est déclarée « amie des enfants » :
gbourdouleix@ville-cholet.fr
info@ville-cholet.fr
fax : 02 41 49 25 19  Tél : 02 41 49 25 25

Au Ministère de l’Intérieur :
 sec.gueant@interieur.gouv.fr
Fax : 01 40 07 21 09  Tél : 01 49 27 49 27   01 40 07 60 60

Clermont-Ferrand. Non aux expulsions vers l'Irak. Des papiers pour Kamal Ali.
Mardi 18 juillet le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a confirmé la volonté de la préfecture d'expulser Kamal Ali un jeune kurde d'Irak âgé de 23 ans, présent sur le territoire depuis quatre ans. Arguant que la situation à Mossoul dans le sud de l'Irak -ville d'où est originaire Kamal- se serait améliorée depuis l'intervention des troupes américaines en Irak, la préfecture de Clermont-Ferrand a confirmé sa volonté d'expulser Kamal Ali vers ce pays où il a perdu sa famille dans la guerre.
Depuis son arrivée en France, Kamal a passé quatre ans à apprendre le français qu'il parle aujourd'hui parfaitement. Son avocat a fait état d'une promesse d'embauche mais la représentante du Préfet a fait dans l'excès de zèle.
Le Réseau Education Sans Frontières était présent à l'audience (une quinzaine de personnes). Il dénonce cette décision inique et organisera la solidarité nécessaire pour la régularisation de Kamal.
Cette décision confirme la volonté du ministère de l'Intérieur d'intensifier les expulsions des jeunes majeurs.
Vous pouvez nous aider à aider Kamal en envoyant les deux phrases titres en fax à la préfecture : 04 73 98 61 01. Si vous voulez leur téléphoner c'est 04 73 98 63 63





Organisations membres du réseau « Education sans frontières » ( au 10 04 2006) :

Mouvement associatif (local et national) :
ACER (association pour une citoyenneté européenne de résidence), ADN (Association pour la démocratie - Nice), AITEC (Association Internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs, Groupe contre la criminalisation des familles), AMF (Association des Marocains en France), AMHITI (réfugiés haïtiens en France), A.S.A.V. (Association pour l’Accueil des Voyageurs - 92), Association « En-Temps » (service des mineurs étrangers isolés), Association Française Janusz Korczak (AFJK), Association Intercapa Solidarité Etudiants Etrangers, Association Mosaique (Comité antiraciste de Choisy le Roi/Orly), Association Sar-Phirdem, ATTAC-France, CADAC, CEDETIM, CIMADE (Service œcuménique d’entraide), Cinquième zone, Citoyens Unis pour Chatenay-Malabry, CNAFAL, Collectif Cetace (Créteil), Comité de défense des droits des sans-papiers (59), Comités de Soutien aux familles rroms du Val de Marne,Comité de soutien aux tsiganes du 93, Collectif Bellaciao, Collectif des sans papiers de Seine Saint-Denis (93), Collectif des sans-papiers des Hauts de Seine (92), Collectif des sans-papiers kabyles de France (CSPK), Collectif National pour les Droits des Femmes, 3ème Collectif des sans-papiers de Paris, Coordination nationale des sans-papiers, CVSF, DEI (Section française de Défense des Enfants international), Droit Au Logement, Ecole Emancipée, Emancipation, Ensemble Citoyens (Martigues), FASTI, Faut qu’on s’active ! (Boulogne sur mer), FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves de l’Ecole Publique), Femmes de la Terre, Fondation Copernic, GISTI, Journal « A Contre Courant » politique et syndical (Mulhouse), ICEM Pédagogie Freinet, Identité – RROMS, Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme, Motivé-e-s (Toulouse), MRAP,Observatoire des Libertés Publiques, RAJFIRE (Réseau pour l'autonomie des femmes immigrées et réfugiées), Ras le Front, RCTS (Réseau de travailleurs sociaux pour l’insertion des jeunes étrangers), Réseau Chrétiens Immigrés (RCI), SALAM (Soutenons, Aidons, Luttons, Agissons pour les Migrants et les pays en difficultés), SOS Racisme, SUB TERRA a.s.b.l.,
Mouvement syndical :
CNT, FERC-CGT, FIDL, FSU, Union Syndicale « Solidaires », MGM (Syndicat de la Médecine Générale), PAS 38 (Pour une Alternative syndicale – Isère), SAF (Syndicat des Avocats de France), SEDVP-FSU (Syndicat des Etablissements Départementaux de la Ville de Paris), SGEN-CFDT, SUD-Culture, SUD-Education, SUD-PTT, SUD Santé-Sociaux, Syndicat de la Magistrature, UDAS (Union des Alternatives Syndicales), UNL (Union Nationale Lycéens), UNSEN-CGT.
Collectifs RESF d’établissements, de villes ou de régions :
Aisne (Collectif de défense des sans-papiers 02) - Ariège (Resf 09) - Bas-Rhin (Resf 67) - Bouches du Rhône ( Resf 13) – Charente-Maritime (Resf 17) - Cher (Resf 18) - Essonne (Resf 91) – Essonne (LP Gustave Eiffel Massy)  - Eure (Collectif de l’EURE de Soutien à Wei-Ying et Ming, aux Mineurs et Jeunes majeurs Scolarisés sans papiers (27) - Gironde (Resf 33) - Haute-Garonne (Resf Toulouse) -  Haute-Loire (Resf 43) - Hauts de Seine Nord (Nanterre Resf 92 Nord) - Hauts de Seine Sud (Resf Châtenay 92) - Hauts de Seine (Resf Lycée Jean Jaurès Châtenay-Malabry) - Hauts de Seine (Resf LP Florian Sceaux) - Hérault (Collectif «jeunes sans papiers»34) - Ille et Vilaine (Resf 35)  - Indre (Resf 36) – Indre et Loire (RESF  37) – Isère (Riesf 38) -Loire Atlantique (Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires Nantes) - Loiret (Collectif de Soutien aux Enfants de Sans-Papiers scolarisés Orléans) – Lot et Garonne (Resf 47) - Rhône (Resf Lyon et région) - Maine et Loire (Resf  Angers) - Meurthe et Moselle (Resf Nancy)  - Meuse (Resf 55) - Moselle (Resf Metz et Sarreguemines)  - Nord – Pas de Calais (Resf 59 - 62) - Oise (Solidarité Migrants Beauvais) – Oise (Collectif Solidarité Migrants du Noyonnais) - Paris (Resf 75)  - Paris (Resf 1ème - 2ème – 3ème et 4ème) - Paris 11ème (Groupe Education Sans Frontières Lycée Voltaire) - Paris 12ème (Comité de soutien des enfants tchétchènes de l’école Baudelaire) - Paris (Resf 13ème /14ème /15ème) / -  Paris Resf (17ème/18ème) - Paris (Resf 19ème) - Pas de Calais (Resf Arras et Lens) - Puy de Dôme (Resf  63) - Pyrénées Atlantiques (Resf 64)  - Pyrénées Orientales (Resf 66) - Saône et Loire (Resf 71) - Seine Saint-Denis (Resf 93) - Seine Saint-Denis (Lycée P. Eluard – Saint-Denis) - Seine Saint-Denis (CISéé Lycée Suger Saint-Denis) - Seine Saint-Denis (CISéé Lycée Utrillo Stains) - Seine Saint-Denis (Collectif lycée J. Feyder Epinay) - Seine-Maritime (Resf Le Havre et Rouen) - Val de Marne (Collectif Unitaire de Défense des Elèves, Etudiants et Enseignants Etrangers) - Val de Marne (Collectif de défense des sans papiers de Villejuif) - Val de Marne (Lycée Apollinaire – Thiais) - Val de Marne (JMSF - lycée J. Macé Vitry) - Vienne (Resf 86) - Yvelines (Collectif lycée J. Vaucanson Les Mureaux).
Soutiens :
Alternative Citoyenne, Alternative Libertaire, JCR, Les Alternatifs, Les Verts, LCR, MJS, OCML VP - Journal Partisan, PCF, PS (Fédération 93), UDB.
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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 23:32
L'asociation Sin favorise les rencontres interculturelles par la mise en place de projets communs sur le terrain.
 
    "L'art et l'action culturelle peuvent aujourd'hui jouer un rôle important en déjouant cette réalité qui veut que pour certains l'expression même de leur existence soit interdite par la guerre et les obscurantismes qu'elle engendre, et que d'autres, malades, dans leur autisme télévisuel et mercantile, leurs fièvres sécuritaires et individualistes, peuplent des villes de morts vivants, dans lesquelles, l'art, le corps et l'intelligence, comme toute chose vivante, n'ont plus que valeur marchande."
 
Montrez votre soutien en venant applaudir ce magnifique travail d'adolescents :
 
                                            soirée théâtre :

  L'association Sin accueille le spectacle des enfants
    du centre culturel Al Rowwad de Bethlèem

                 " Nous sommes les enfants des camps "             
 
                                        le Mardi 25 juillet 2006 à 19h30
                                                  Centre Socio-culturel Django Reinhardt
                                                            14 chem Château St Pierre
                                                                NICE  l'Ariane (06300)


En première partie, concert de oud par  les musiciens du conservatoire de Naplouse

  Renseignements/Réservation : 06 17 14 87 05
  tarif : 7 euros et 3 euros (enfants)
Rencontre conviviale avec la troupe à l'issue du spectacle. 
Soyez aimables d'apporter quelques boissons
et surtout des plats salés ou sucrés à partager.
 
 Merci de diffuser l'info   !!!!!


Suite à leur rencontre avec des jeunes français qui auront suivi un stage de théâtre dirigé par Nathalie Masseglia, les adolescents d'Al Rowwad joueront leur spectacle : "Nous sommes les enfants des camps". La Cie existe grâce à leur metteur en scène, Abdel Fatah Abo Srour, dans le camp de réfugiés d'Aïda (banlieue Béthléem).
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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 22:35

Témoignage de Willy Beauvallet , membre du Bureau National de l’Union Juive Francaise pour la Paix


Le Liban, une nouvelle Palestine.


En visite familiale au Liban où réside la famille de mon épouse, j’assiste en direct et avec douleur aux évènements actuels. Alors que le pays compte plus de 120 morts au moment où ces lignes sont écrites, il n’est pas sûr que les Européens aient bien pris conscience de l’ampleur des destructions et des meurtres qui sont commis ici depuis plusieurs jours par l’armée israélienne.

Elle fait ainsi payer à l’ensemble des habitants le rapt de deux soldats israéliens que le Hezbollah comptait échanger contre une partie des prisonniers arabes croupissant par milliers dans les prisons de la "seule démocratie du Proche-Orient" et dont aucun président, aucun premier ministre, aucun député, en Europe ou aux Etats-Unis, ne s’est encore préoccupé.

Aucun d’eux ne s’est précipité, tout au long de ces années, pour demander leur « libération immédiate ». Aucun d’eux ne s’est soucié ce faisant, de désamorcer l’un des fondements de cette crise et de rétablir un peu la balance. Faire payer aux Libanais ce rapt et le soutien d’une large partie de la population à la « résistance », faire payer aux leaders politiques le fait de n’avoir pas pris le risque, depuis le départ des Syriens, d’une nouvelle guerre civile pour désarmer le Hezbollah, leur faire payer l’hésitation qu’ils ont manifesté à accepter de jouer, ce faisant, ce rôle auquel on a tenté de réduire l’Autorité Palestinienne, celui d’une police intérieure au service des intérêts israéliens ou occidentaux dans la région, ce sont sans doute là les raisons de cette agression sanglante de l’armée israélienne.

Même si elle prend fin rapidement, il faudra des années pour effacer les traces des destructions dont cette armée s’est rendue coupable ces derniers jours. Bien que ces propos ne pèsent pas lourd face à la désinformation qui domine en Europe dès qu’il est question du conflit entre Israël et ses voisins, il faut redire que l’armée israélienne est seule responsable de cette furie destructrice que rien ne justifiait. S’il a enlevé deux soldats, le Hezbollah n’a pas porté atteinte à leur vie et il n’a attaqué les zones civiles israéliennes qu’en réponse aux bombardements aussi massifs qu’incompréhensibles de populations civiles au Liban Sud, dans les banlieues Sud de Beyrouth, à Baalbek et presque partout ailleurs.

"Inadmissible" ou pas, cet enlèvement autorisait-il la destruction d’un pays entier ? Oui sans doute, quand on considère que les Arabes "ne comprennent que ça" (chercher la filiation...). Par ailleurs et quoiqu’on vous en dise ici, je vous assure qu’il n’y aucune commune mesure entre les roquettes tirées par le Hezbollah et les puissantes bombes incendiaires des Israéliens qui s’abattent nuit et jour sur les villes, les immeubles (des bombes incendiaires pour plus de « dégâts »), les ponts, les usines. Au demeurant, on n’a toujours pas entendu dire que l’armée de la Honte avait réussi à neutraliser des combattants du Hezbollah. Les civils, apparemment, suffisent. De préférence musulmans et surtout chiites, mais personne ici n’est à l’abri. Pas même le Premier Ministre.

Comme en Palestine au même moment, les meurtres de civils, hommes, femmes, enfants, les meurtres délibérés de familles entières se multiplient. Ils ont débuté bien avant que les premiers morts ne se comptent en Israël. Parmi les dizaines de morts et les centaines de blessés dont de très nombreux enfants, au moins 3 familles de 7 à 9 personnes ont ainsi été décimées dans le sud du Liban dès les premières heures de l’opération en cours et de nouvelles informations de ce type se succèdent régulièrement sur les TV allumées en permanence. Dans certaines régions du Sud, les bilans ne sont pas encore connus avec précision, les informations circulant de plus en plus difficilement entre cette région et le reste du pays.

Nous savons seulement que l’armée israélienne y a utilisé des bombes au phosphore, que les bombardements sont continus, que les cibles sont indifférenciées et que tout le monde est terrorisé. Dans tout le pays, les destructions des infrastructures civiles sont systématiques. Les routes et autoroutes, les ponts, les aéroports, les ports mais aussi des réserves de carburants, des stations services, des centrales électriques, des barrages électriques, toutes ces infrastructures sont systématiquement pulvérisées ou mises hors d’usage. Depuis deux jours, ce sont aussi les casernes de pompiers (à Tyr où des habitants s’étaient réfugiés), les casernes militaires (à Tripoli), les usines même alimentaires (l’usine Liban Lait près de Baalbek a été détruite cette nuit) qui sont prises pour cible.

La présence sur les routes d’une foule de familles, de touristes et de travailleurs étrangers tentant de fuir le sud vers le nord, ou le Liban lui-même vers la Syrie n’empêche pas ces routes d’être bombardées et de nombreuses personnes y ont laissé leur vie. Après que des tracts largués par l’aviation israélienne aient poussé les habitants d’un village à le fuir en vue d’une prochaine attaque, des habitants se sont dirigés vers les locaux des Nations Unies pour obtenir protection. Après le refus des « soldats de la paix », ces personnes sont parties sur les routes, vers le Nord où le bombardement de leur véhicule a tué 22 personnes et, à nouveau, décimé toute une famille. En quelques jours, des années de reconstruction physique, politique et psychologique ont volé en éclat.

Alors que le pays, d’années en années tentait difficilement de se relever de sa guerre civile, c’est à nouveau l’image du chaos qui envahi l’écran. Le sentiment terrible que toute cette folie destructrice n’aura jamais de fin. Que tout sera encore et toujours à recommencer, à reconstruire pour être à nouveau réduit en pièce par un Etat sans honneur ni dignité, seulement préoccupé de maintenir les sociétés voisines dans un sous développement qui le rassure sur l’illusion de sa propre supériorité et de sa sécurité. Après la destruction de la Cisjordanie il y a quelques années, de Gaza aujourd’hui, la puissante armée israélienne sème à nouveau la mort et la destruction au pays du Cèdre, toujours sous le regard des dirigeants européens qui ne semblent craindre qu’une chose : qu’Alain Finkelkraut ne les désigne comme « antisémites » parce que « trop critique envers Israël ».

Alors que les autres pays du Moyen-orient semblent sagement attendre que leur tour arrive, les dirigeants français quant à eux abandonnent les Libanais. S’ils furent prompts à imposer la fin du protectorat syrien au Liban, ils les laissent aujourd’hui mourir sous les bombes israéliennes.

Que vont devenir les nôtres ? C’est la question angoissante que tous ceux qui ont de la famille ou des amis au Liban se posent maintenant, en priant Dieu d’épargner leur vie et en pleurant tout ce gâchis, toute cette dévastation aussi inutile que cruelle. Les dirigeants israéliens promettent que leur guerre criminelle sera longue. Le Hezbollah promet des ripostes à la hauteur des crimes commis par les militaires israéliens. Les hôpitaux sont pleins, les médicaments manquent, l’Etat, l’armée, les services publics semblent paralysés et commencent déjà à être directement pris pour cibles.

Le prix des produits alimentaires a commencé à augmenter. Certaines denrées essentielles vont bientôt se faire rares. Les ports et les routes étant coupés ou détruits et le blocus toujours actif, l’approvisionnement des villes va très rapidement devenir difficile. L’essence ne va pas tarder à manquer et avec l’essence, l’électricité puis l’eau potable, ce qui est déjà le cas dans certaines villes. Après le départ des travailleurs saisonniers, les agriculteurs ne trouvent plus d’ouvriers pour cueillir les fruits. Tous les projets de constructions sont arrêtés, les magasins, les restaurants, les rues sont vides. Beaucoup de personnes ont cessé de travailler. Le chômage risque maintenant d’augmenter très rapidement. La faillite menace les nombreuses personnes qui ont investis ces dernières années dans divers projets commerciaux.

La pauvreté grandissant et l’Etat s’affaiblissant, on ne peut que craindre que les processus de replis communautaires et le clientélisme sur lequel ils s’appuient vont s’accentuer. Ce sont l’ensemble des équilibres sociaux, politiques et économiques, déjà instables, qui sont menacés. C’est le chaos qui, plus que jamais, menace aujourd’hui le Liban.

Détruire pour détruire, isoler, diviser, désespérer, semer puis entretenir la haine, appauvrir voir affamer : tandis que les dirigeants américains et britanniques ont fait de l’Irak un nouveau Liban, les dirigeants israéliens font aujourd’hui du Liban une nouvelle Palestine, avec la complicité passive sinon active des dirigeants français et européens. Il est 22h00, ce 16 juillet.

Les murs tremblement. Aux grondements sourds ddes avions répondent les explosions. Elles ont lieu a quelques kilomètres (Chtura, Baalbek, Saad Nayel, Rayak...), mais le souffle menace de faire exploser les vitres de la maison. Le père de ma femme s’amuse de nos airs effrayés et ne semble pas s’inquiéter. Depuis 30 ans, il en a vu d’autres. On se réfugie dans les coins, loin des vitres, avec notre pour mettre notre fils de 9 mois. Hady porte bien son nom. Il semble calme et serein. Avec un air mi-amusé mi-étonne, il regarde les voisins d’en haut, très agites, venus se réfugier ici.

Avec sa maman, nous lui chantons des chansons et je le fais rire pour ne pas qu’il s’inquiète. La nuit sera longue, avec deux ou trois alertes de ce type. Sa jeune tante de 12 ans, en age de comprendre, a peur mais tente de se contenir ses larmes. Que Dieu les protégent.

Dans quelques jours sans doute, les services français organiseront notre sortie. Nous mettrons notre fils a l’abri. Devrons-nous laisser sa jeune tante seule se réfugier dans les coins de la maison avec ses parents ? "Seulement les Européens" m’a rétorquée la personne a l’ambassade.

Quel monde pourri.

Willy Beauvallet Zahlé, Liban - 17 juillet 2006

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 16:09
Dans la perspective des élections législatives de 2007, et des cantonales, municipales de 2008, les communistes de la Trinité ont choisi Adeline MOUTON Conseillère Régionale et Municipale  et G. MARTI, Conseiller Municipal comme porte-paroles.

Deux élus connus et appréciés pour leur dévouement et leur engagement au service de la population.

source: http://pcflatrinite.canalblog.com/

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 16:06

(fk / metro)
  La gauche alternative s'unit
Plusieurs personnalités politiques toulousaines, pour une alternative au Parti socialiste à gauche, se sont réunies hier à Toulouse et ont annoncé une union potentielle à l'horizon de 2007.(09/06/2006)



Alternatifs, Collectif pour l'écodéveloppement, Convergence citoyenne, Gauche républicaine, Mars (Mouvement pour une alternative républicaine et sociale), Parti communiste français, syndicalistes ou altermondialistes... Les représentants toulousains de ces mouvements ont souhaité démontrer, hier, leur volonté de s'unir pour affronter les prochaines échéances électorales.

Le Collectif unitaire pour des candidatures communes aux élections présidentielles et législatives de 2007, mouvement local mais surtout national, se définit comme étant "le collectif pour un rassemblement anti-Front national et antilibéral, qu'il soit de droite ou de gauche", précise Jean-Michel Clavel, du groupe Alternatif en Midi-Pyrénées, tout en rappelant la formule de Pierre Bourdieu : "Il est impératif de voir aujourd'hui une gauche de gauche."

Objectif 2007
L'objectif à atteindre, pour le collectif, est de sortir victorieux des élections en 2007. "Notre premier but est l'échéance électorale de l'an prochain, avec la présidentielle et la législative, met en avant Pierre Lacaze, de la section départementale du Parti communiste. Si la démarche aboutit, nous pourrons aller ensemble aux municipales et aux cantonales." Il y a encore plusieurs problèmes de poids à régler dans l'union, comme celui des modalités de désignation du candidat commun. Quand et comment décider entre l'altermondialiste José Bové, le révolutionnaire Olivier Besancenot et la communiste Marie-George Buffet (ce sont les trois noms les plus avancés pour la présidentielle dans le collectif) ? La question se pose. Cependant, les idées de base qui ont mené à cette union sont communes : "Le non au traité de Constitution européenne, la révolte des jeunes dans les banlieues en novembre et le combat mené contre le CPE" ont été ou sont leurs préoccupations.

Frédéric Khalkhal



'Une dizaine de collectifs en Haute-Garonne se sont déjà créés.

source: http://www.metrofrance.com/site/home.php?sec=contenu&Idarbo=21&Idarbo1=100&content=
1&id=59544&resec=liste_complete&vi=0
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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 15:48

Pour éviter le piège

de la présidentielle

Comme nous le disons au PCF, la présidentielle est un piège qui empoisonne la vie politique, et celle de 2007 encore plus. Les médias vont tout faire pour attiser la personnification de la campagne et monter les petites phrases en épingle.

Nous sommes nombreux en France à penser qu'il est possible d'amener un candidat anti-libéral au second tour. C'est loin d'être gagné mais c'est ce qu'attendent de très nombreux citoyens. A partir de là, deux solutions :

  • Les organisations et partis qui n'y croient pas ou ne souhaitent pas vraiment gouverner ne joueront pas le jeu. Leur intérêt sera alors d'y aller avec leur propre candidat pour marquer leur différence et compter leurs rangs. Mais ceux qui souffrent aujourd'hui s'en souviendront...
  • Les partis qui pensent cette victoire possible devront faire preuve d'un courage et d'une audace politique exceptionnels pour qu'elle devienne une réalité en évitant les pièges qui leurs sont tendus, notamment par les médias. Pour couper court immédiatement au choc des personnalités, recentrer le débat sur le contenu du projet et donner corps à cette idée d'une candidature à plusieurs voies, il va falloir innover, et vite !

Considérant :

  • Que le collectif national du 29 mai constitue l'instance idéale pour porter cette candidature multiple, car nous avons appris à y travailler ensemble et qu'aucun parti ne pourra l'amener seul à la victoire.
  • Que la Charte pour une alternative au libéralisme issue de ce collectif constitue une plate-forme qui nous fédère.
  • Que la présidentielle n'est pas le lieu pour marquer nos différences, mais au contraire pour nous rassembler sur un socle commun, d'autant plus que nous sommes tous d'accords pour promouvoir une 6ème république qui donnera moins de pouvoirs au président et plus au parlement et aux citoyens.
  • Que c'est lors de l'élaboration des projets de lois que nos différences et nos propositions pourront s'exprimer et être débattues, dans l'hémicycle et avec les citoyens.

Je mets en débat la proposition suivante, pour la présidentielle :

  • Que tous les partis présents dans le collectif national s'engagent immédiatement à ne pas présenter de candidat en leur seul nom.
  • Que chacun de ces partis qui le souhaite désigne rapidement (et démocratiquement) son porte-parole de la candidature collective anti-libérale, avec pour projet politique la Charte pour une alternative au libéralisme.
  • Que pendant toute la campagne ce projet soit défendu, expliqué et porté par l'ensemble de ces porte-parole.
  • Que le moment venu, c'est-à-dire le plus tard possible, tous les adhérents des organisations impliquées dans les collectifs du 29 mai soient consultés (après tout nous sommes pour la démocratie oui ou non ?) pour élire celui des porte-parole dont le nom sera porté sur le bulletin de vote (puisqu'il en faut un).
  • Que tous les porte-parole s'engagent d'ores-et-déjà à respecter ce choix.

Au-delà des déclarations de principe et des appels incantatoires au rassemblement, il va bien falloir adopter rapidement un processus concret pour y parvenir. C'est le sens de cette proposition. Il faudrait qu'une telle démarche soit rapidement débattue et validée par chaque parti, et qu'ils aient le courage politique de ne pas nous faire le coup de la barbichette, car le temps presse ! En clair, qu'un premier parti s'engage formellement dans un processus de ce type, sans attendre que tout le monde soit d'accord. Ca serait bien que le PCF soit ce premier...

Enfin, comme "moi je vote pour la candidature à plusieurs voies issue des collectifs du 29 mai et fondée sur la charte pour une alternative au libéralisme" c'est un peu long à dire à l'apéro, il faudra trouver autre chose. Je dirais bien "je vote Fraternité". Mais on va dire que je suis monomaniaque ! (cf. ma note du 26 mai)

Commentaires et réactions plus que jamais les bienvenus, j'ai certainement dit de grosses bêtises ! Mais c'est vrai que vu comment les choses sont parties, je crois qu'il est urgent de poser des actes politiques forts !

 

source:http://alter-politique.blogs.com/

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 10:38

Six mois de mobilisation contre la loi sur l’immigration et l’intégration :

Eléments de réflexion mis en débat

 

La loi sur l’immigration aujourd’hui votée par les deux assemblées affiche l’objectif d’adapter l’immigration aux besoins des entreprises et de la société française. Elle conditionne la délivrance, la durée et le renouvellement des cartes de séjour aux contrats de travail et rend encore plus difficile les mariages mixtes et le regroupement familial.

Une hypocrisie majeure domine cette politique de l’immigration. Chacun sait que de nombreux secteurs de l’économie française continueront à utiliser une main d’œuvre d’autant plus fragilisée qu’elle est clandestine et que cette loi dont l’objectif affiché est la réduction de l’immigration illégale contraindra en  réalité encore plus d’immigrés à la clandestinité.

Flexibilisation de la société et année pré-électorale

Ce gouvernement n’a pas été inactif ; c’est bien le seul reproche que l’on ne puisse lui faire. Son action a été guidée par la volonté de rendre plus flexible les structures de la société, notamment de démanteler le droit du travail et de diminuer dans le même temps le coût du travail. Cette flexibilité s’est traduite en précarité pour l’ensemble des travailleurs.

Le CNE rend le travailleur de PME de moins de 20 salariés licenciable sans motif par le patron dans les 2 premières années de son contrat, le CPE aurait créé la même dépendance pour le jeune travailleur jusqu’à 28 ans. En faisant dépendre de façon plus étroite la carte de séjour du travailleur immigré de son contrat de travail, c’est une dépendance encore plus grande par rapport au patron qui est mise en place.

L’introduction de cette loi s’est déroulée en pleine mobilisation sociale de la jeunesse scolarisée, fortement soutenue par les salariés. Cela a eu un double effet contradictoire ; si une fraction importante de la jeunesse a exprimé sa solidarité dans la lutte commune contre la précarité, les médias ont plutôt ignorés durant les quatre premiers mois de l’année la mobilisation naissante.

L’étranger immigré, un bouc émissaire

C’est la deuxième loi sur l’immigration de Sarkozy (la première date de novembre 2003). C’est la première fois qu’un ministre de l’Intérieur fait voter deux lois sur l’immigration dans la même législature. 

La période préélectorale n’y est certes pas étrangère. Les thèmes rebattus des dangers d’une immigration soi-disant envahissante, ceux de l’insécurité attribuée aux jeunes de banlieue ainsi que l’amalgame avec l’islamisme y sont habituellement agités. Et ce au grand plaisir de Le Pen, qui n’a pas tort de déclarer que au final les électeurs préfèrent l’original à la copie. En tout cas utiliser ces thèmes dans le débat public banalise le Front national et rend respectable l’intention de vote en sa faveur.

Rappelons que Sarkozy a fixé l’objectif de 25 000 expulsions en 2006, après avoir atteint près de 20 000 expulsions en 2005. La circulaire commune des Ministre de la Justice (sic !) et de l’Intérieur du 21 février 2006 a pour seul but de contribuer à la réalisation de cet objectif : faire du chiffre pour montrer aux électeurs un pouvoir fort et efficace.

Six mois du Collectif « Uni(e)s contre l’immigration jetable » (UCIJ)

Les précédentes lois sur l’immigration et le droit d’asile, votées en novembre et décembre 2003, déjà rendaient plus difficile l’obtention des cartes de séjour et sous le couvert d’une fausse abrogation de la double peine démantelaient le droit d’asile. Les organisations de défense des droits de l’homme et de solidarité avec les immigrés avaient alors tenté de mobiliser contre ces lois. Leurs efforts n’avaient pas eu d’effet.

Fin 2005, ACT-Up, la CIMADE, la FASTI, le GISTI, la LDH, le 9ème Collectif de Sans Papiers rendent publique une déclaration commune dénonçant le danger de la première mouture du nouveau projet de loi.

Début janvier 2006, une première réunion est convoquée au siège de la Ligue des Droits de l’Homme. Le collectif UCIJ est créé ; entre 60 et 100 représentants de partis, syndicats et associations se réuniront chaque lundi durant tout le premier semestre. C’est le premier élément positif : contrairement à 2003, une réelle mobilisation s’organise.

Le Collectif national a tenu un double rôle : collectif d’initiative national et en même temps collectif de mobilisation sur l’Ile de France. Des collectifs locaux se sont constitués dans plusieurs villes non franciliennes, dans quelques arrondissements parisiens et quelques villes ou départements de banlieue. Mais ce phénomène est resté restreint : les mobilisations locales ont le plus souvent souvent été préparées par les noyaux militants se mobilisant habituellement sur les questions de l’immigration.

Le Collectif national a monté un site très documenté avec notamment l’analyse des moutures successives du projet de loi. Cette analyse a été alimentée principalement par le GISTI, la LDH et la FASTI. Mais ce site regroupe également une revue de presse, les annonces des différentes mobilisations, les matériels disponibles ainsi que la pétition nationale en ligne.

Cette pétition recueille à ce jour 85 000 signatures individuelles et celles de plus de 750 associations (les associations déjà citées, les Collectifs de sans papiers, nombre d’associations locales), des partis (Les Verts, le PC, Lutte ouvrière, la LCR, les Alternatifs, Alternative libertaire, le MJS et en mai après plusieurs relances le PS) et des syndicats (la CGT, Solidaires, la FSU, le SAF, le Syndicat de la Magistrature, dernièrement l’UNSA)

Les réunions régulières tenues, les tâches militantes assumées nouent des liens entre organisations et créent un réel collectif, qui est précieux pour le futur. Le Collectif n’a tenu que peu de débats de fond pris par l’organisation de la mobilisation au quotidien. Seulement deux points l’ont divisé, l’un ponctuel sur l’opportunité de rencontrer Sarkozy, l’autre plus permanent sur l’articulation avec l’action des collectifs de sans papiers et sur le mot d’ordre de régularisation des sans papiers. En effet, dans la plate forme du collectif ne figure pas cette revendication et le débat de fond sur la politique de l’immigration souhaitable et l’adoption de ce mot d’ordre n’a pas eu lieu, bien que périodiquement des associations ou des collectifs de sans papiers aient poussé le collectif à adopter ce mot d’ordre.

Une mobilisation militante non négligeable

Le Collectif a organisé plusieurs journées nationales d’action. De nombreuses initiatives se sont déroulées sous la forme de cafés débats, meetings, pique niques, distributions de tracts massives, manifestations de rues…

Le dimanche 2 avril, un grand concert marque l’engagement aux côtés du Collectif de nombreux artistes ; environ 50 000 personnes viendront dans l’après-midi Place de la République. La manifestation de rue la plus importante est la manifestation nationale du 13 mai, qui réunit près de 35 000 personnes de la place de la République à la place Saint Augustin.

En synthèse une mobilisation conséquente, mais qui ne débouche pas sur le raz de marée d’un mouvement large de solidarité. En fait ce sont les milieux de la gauche militante qui sont mobilisés.

Deux éléments positifs : la mobilisation des Eglises et de RESF

Nous ne serions pas complets dans ce panorama, si nous ne signalions pas deux mobilisations nouvelles très positives celle des Eglises et celle du Réseau Educations Sans Frontières.

La mobilisation des Eglises en mai et juin a pris plusieurs formes publiques importantes : déclarations solennelles de responsables des Eglises contre le projet de loi, débat devant un large public à l’Institut Catholique, accueil des sans papiers dans les églises et les temples. Le réseau chrétiens immigrés a joué un rôle d’aiguillon essentiel.

Le réseau éducation sans frontières (RESF) fût créé en juin 2004 à l’initiative d’enseignants et parents d’élèves. RESF a multiplié les mobilisations locales autour d’élèves et parents sans papiers en 2005 et 2006. Le réseau a obtenu des régularisations au cas par cas et contraint Sarkozy à rédiger une circulaire en octobre 2005 repoussant les expulsions à la fin de l’année scolaire 2005-2006. Ce printemps, se sont multipliés les baptêmes républicains dans les mairies. Ces formes de mobilisation autour des écoles permettent de rendre très proche « l’étranger » et mettent en mouvement des personnes et milieux habituellement pas touchés par la solidarité avec les sans papiers. 

Une mobilisation des sans papiers limitée

Les manifestations de sans papiers, les occupations de locaux divers ont été nombreuses en ce premier semestre 2006. Des collectifs de sans papiers en sommeil se sont réactivés. En Ile de France, les collectifs de sans papiers notamment avec l’occupation prolongée du SSAE et les rencontres avec le mouvement étudiant ont renoué des liens après la déliquescence de la coordination nationale des collectifs.

Mais on ne peut que le constater : il n’y a pas eu de sortie massive des sans papiers. La répression, les contrôles d’identité, les arrestations aux guichets des préfectures, aux alentours des foyers, dans les quartiers immigrés, dans les transports publics se sont multipliés. Tous les témoignages convergent pour attester à la fois d’une prise de conscience du besoin de réagir face à cette nouvelle loi et du repli provoqué par la peur. Cette peur quotidienne, l’absence de perspective de régularisation importante et la faiblesse du mouvement de soutien expliquent la mobilisation limitée des étrangers sans papiers.

Les immigrés en situation régulière ne se sont pas mobilisés…

Pourtant la loi Sarkozy les vise directement. L’obtention de la carte de résident de 10 ans, qui est la seule carte permettant de sortir de la précarité deviendra encore plus soumise à l’arbitraire, le renouvellement de la carte de séjour salarié sera de plus en plus difficile. Le regroupement familial deviendra un privilège réservé à quelques uns. Toutes ces mesures toucheront les travailleurs étrangers en situation régulière : contrairement à d’autres pays comme l’Italie ou l’Espagne, l’obtention d’une carte de séjour temporaire en France était le plus souvent le premier pas vers une régularisation durable, certes au travers de tracasseries administratives nombreuses et avec une dégradation progressive ces dernières années. La situation pourrait complètement s’inverser ; l’obtention d’une carte de séjour temporaire ne serait plus la première marche vers la carte de 10 ans.

Les Français, enfants de l’immigration, ne se sont pas mobilisés non plus.

Les enfants de l’immigration n’étaient pas nombreux dans les manifestations. Ils étaient très présents dans la révolte des banlieues à l’automne 2005. Leurs problèmes ne sont pas ceux de la régularisation des sans papiers, du droit au séjour, ils ont la nationalité française.

Pourtant la multiplication des contrôles au faciès, la banalisation du racisme au quotidien, le développement de l’agressivité de certaines forces de police les visent directement.

Il y a là un véritable enjeu : comment le mouvement des sans papiers, les mouvements de solidarité peuvent ils nouer des liens de solidarité entre les Français, enfants de l’immigration, et les immigrés plus ou moins récents ? Comment mettre un terme à la stigmatisation de l’immigration, dont ces jeunes français sont eux même victimes et qu’ils finissent par intérioriser ?

Un élément plaisant : l’accueil reçu par Sarkozy au Bénin et au Mali

Les dirigeants africains ont violemment réagi contre la carte compétence et talents. Sarkozy s’est fait apostropher successivement par les présidents du Bénin, du Mali et du Sénégal. Ceux-ci mettent en cause le pillage des cerveaux que cette carte symbolise.

Par ailleurs le FSM de Bamako a permis que se nouent des liens entre anciens immigrés revenus en Afrique, expulsés de France et mouvements d’en France présents au FSM. Plusieurs manifestations en Afrique ont eu lieu mettant en cause la politique de l’immigration du ministre français. Développer ces solidarités, lier le débat sur l’immigration à la question des rapports Nord Sud, voila une nouvelle dimension à approfondir.

Quelles suites ?

Poursuivre la mobilisation

En premier lieu, la mobilisation contre le projet de loi n’est pas terminée : le vote au Sénat a eu lieu courant juin, la commission entre le Sénat et l’Assemblée nationale est saisie pour arbitrage et le vote définitif n’aura lieu qu’à fin juin. Donc la promulgation de la loi n’aura pas lieu avant juillet 2006. Le Conseil constitutionnel sera peut-être saisi (étant donné le nombre de parlementaires nécessaire, cela dépendra de l’attitude du Parti socialiste). La revendication de retrait ou d’abrogation de la loi reste donc à l’ordre du jour. RESF et l’UCIJ appellent à une journée nationale de manifestation le samedi 1er juillet.

Il y a également un risque réel durant l’été de multiplication des expulsions de personnes en situation irrégulière, notamment d’élèves et de leurs parents. Le réseau RESF se prépare à soutenir et cacher les personnes concernées ; plusieurs organisations ont appelé à entrer en résistance, dans l’illégalité si nécessaire.

Pérenniser le collectif UCIJ, approfondir le débat en son sein

Le Collectif  en lui-même est un acquis, vu le nombre de personnes et d’organisations ayant pris l’habitude de travailler ensemble. Certes il a connu un certain essoufflement ces dernières semaines ; l’adaptation du rythme des réunions est à l’ordre du jour.

Les obligations et urgences de la mobilisation ont empêché le Collectif d’approfondir le débat en son sein ; tenir ce débat est une condition pour passer d’une mobilisation défensive, centrée sur l’objectif de mettre en échec les expulsions et sur le refus de la loi, à une mobilisation positive pour les mesures que nous voulons voir mises en œuvre. Le projet d’« assises sur la politique de l’immigration » au mois d’octobre ou novembre 2006 répond à ce besoin.

Ce débat sur le fond au sein du Collectif ouvre le risque de révéler des contradictions mettant en cause son unité. Mais ne pas tenir ce débat rendrait le collectif impuissant dans les échéances à venir.

Une politique différente de l’immigration en 2007

La régularisation des sans-papiers est nécessaire pour apurer la situation, mais elle ne suffit pas à constituer une politique de l’immigration.

L’enjeu de 2007 est que s’il y a alternance, une politique alternative en terme de politique de l’immigration soit mise en œuvre. Le PS a signé la charte de l’UCIJ après une longue période d’hésitation. De plus lors des sommets de la gauche il a refusé la demande des Verts et du PC qu’un des débats publics ait pour thème la politique de l’immigration

Les déclarations contradictoires des dirigeants PS sont significatives. L’expérience nous a appris à nous méfier. Il y aura nécessité d’une forte pression si nous voulons voir une autre politique de l’immigration appliquée. Il apparaîtrait illusoire de la réclamer si la régularisation des étrangers présents n’en était la première étape.

Quelques pistes pour une autre politique de l’immigration :

Réhabiliter la défense des droits pour sortir d’une attitude strictement défensive doit guider le mouvement de solidarité avec les immigrés. Nous avons assisté à une rupture : l’habillage sur les droits de l’homme prédominait dans les discours, maintenant la tendance est à rejeter ce discours comme archaïque et signe de bonne conscience naïve. Le cynisme triomphe et les droits sont ouvertement subordonnés aux besoins des entreprises et de la société.

Le Gouvernement veut faire de la carte de séjour temporaire de dérogatoire la règle, et de la carte de résident l’exception. C’est inadmissible : le droit à une vie stable exige la carte de résident.

Le lien entre la bataille pour le droit de vote des résidents étrangers et la régularisation des travailleurs étrangers a progressé. Il est nécessaire de poursuivre dans cette voie en l’élargissant à la question de la lutte contre le racisme (les contrôles au faciès) à la lutte pour l’égalité des droits politiques, sociaux et économiques pour les enfants de l’immigration.

Plus généralement se pose la question de démontrer la solidarité entre les travailleurs, de renouer la solidarité face à une politique de segmentation des catégories et donc des intérêts. Les salariés et chômeurs précaires, les sans-papiers, les immigrés et leurs enfants, sont tous la cible de la politique de précarisation et de flexibilité. Lorsque les travailleurs étrangers voient leur statut fragilisé, avec des conditions de travail, de rémunération hors tout droit du travail, hors tout accord collectif, nous sommes tous visés. Opposons une résistance commune, une solidarité choisie, à la segmentation, à la concurrence du plus au moins précaire que le pouvoir veut nous imposer.

 

le 24 juin 2006

Le Collectif Migrations et Liberté (CMiL)

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