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Mobilisation

12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 14:42

Nous publions ci-dessous le « Pacte » adopté lors des États Généraux du Service Public (qui se sont tenus les 29-30 janvier 2011 à Orly)


 


Préambule

En France, en Europe et dans le monde, les crises financières, sociales et écologiques qui se succèdent sont la démonstration des échecs du capitalisme et de la concurrence « libre et non faussée » sacralisée que l’on nous impose depuis des décennies.

Dans cette lutte sans fin au profit d’une minorité, les populations payent le prix fort. Partout, les services publics, les protections sociales sont la cible des agressions les plus violentes, car ils sont un symbole de prééminence de l’intérêt général, de progrès social et de solidarité. Depuis quatre décennies, les inégalités - que le service public contribue normalement à réduire - n’ont fait que croître.

C’est bien une inquiétante régression qui s’installe. Tant sur les plans économiques qu’écologiques, que sur ceux des droits et des libertés fondamentales, surtout pour les populations les plus dominées, marginalisées ou démunies (peuples du "Sud", personnes âgées démunies, femmes, réfugié(e)s et migrant(e)s, travailleurs(euses) précaires…)

Face à cette offensive de grande ampleur, les populations se mobilisent pour ne pas payer la note d’une crise dont elles ne sont pas responsables et pour construire des alternatives. Dans le domaine des politiques publiques de nombreuses luttes sociales ont eu lieu et se poursuivent : la santé, les retraites, l’éducation, la recherche, la Poste, l’énergie, l’eau, la petite enfance, le logement, la culture, les transports, etc.

Si nous voulons éviter la barbarie, la désespérance et le fatalisme, si nous voulons que les résistances et les luttes débouchent, il nous faut opposer et proposer un autre projet de société dont le Service Public est un des éléments moteurs.

À la priorité donnée aujourd’hui à l’accumulation des profits au bénéfice d’une minorité, nous opposons l’exigence de la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre par une autre répartition des richesses.

Le Service Public est en effet seul capable de répondre à une définition et gestion démocratique des biens communs, et d’assurer la satisfaction des besoins fondamentaux de chacun sans discrimination d’aucune sorte, origine, croyances, et opinions philosophiques. L’élaboration et la mise en œuvre de l’intérêt général, la redistribution des richesses qu’il induit, la solidarité qu’il nécessite et mobilise, l’implication populaire qu’il exige, participent de la construction d’une société démocratique et durable, tant pour les humains que pour les ressources de la planète.

Partie prenante des luttes et convaincus qu’à partir d’elles il faut ouvrir un large débat de société sur le Service Public du 21e siècle une quarantaine de syndicats, d’associations et de partis politiques, s’appuyant sur tous les mouvements sociaux et d’usagers concernés, ont lancé l’Appel pour des États Généraux du Service Public.

 

À l’issue d’une première année de débats, de mobilisations, réunis à Orly les 29 et 30 janvier 2011, ils adoptent le « Pacte du Service Public » suivant.


1. Le service public a pour objectifs la satisfaction des besoins prioritaires des populations, concrétisés par des droits (droits civiques, droits sociaux, droits économiques, droits environnementaux et culturels), et de l’intérêt général, défini démocratiquement par les citoyens et leurs élus, dans une volonté et une recherche de liberté, d’égalité, et de solidarité.

Dégagés des contraintes du marché et du profit, les services publics contribuent à un développement économique participant à la fondation d’un État social, dans une société juste, solidaire, redistributive, garante des libertés publiques, sans discrimination et respectueuse de l’environnement.

Aucune réelle égalité, notamment entre les hommes et les femmes, entre les territoires, n’est possible sans services publics évolutifs, de qualité et de proximité. Dans cette perspective, nous nous engageons à soutenir, par une mobilisation associant tous les acteurs concernés, celles et ceux, qui se battent pour la création de nouveaux services publics, qui résistent ou s’opposent à leur destruction ou à leur affaiblissement.


2. Des services publics de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications, de la Poste, du logement, du crédit, de l’emploi sont à reconstruire.

Il faut stopper le démantèlement des services publics de la petite enfance, de l’Éducation, de la Recherche, de la Justice et de la Santé et au contraire les développer et les améliorer.

Il faut refonder un service public de l’information et de la culture, soustrait à l’emprise des pouvoirs politiques et économiques et garant d’un pluralisme politique et d’une diversité culturelle effectifs.

Il faut également de nouveaux services publics, définis avec les personnes concernées, pour faire face aux défis liés à la révolution de l’information, à l’émergence d’une société de la connaissance, aux exigences écologiques sans précédent, et aussi à l’allongement de la durée de vie et au vieillissement, aux mouvements migratoires.


3. Tous les dispositifs de protection sociale doivent relever d’une logique publique dans leur évaluation, leur financement et leur gestion.


4. Pour chaque service public, il convient de regarder quel est le niveau territorial le plus pertinent pour sa mise en œuvre par et pour les populations, notamment pour assurer le lien avec les citoyens, mais aussi pour s’assurer que ce niveau permette une réelle égalité sur tout le territoire et garantisse la mise en œuvre de l’intérêt général et la défense de la planète. Quel que soit le niveau territorial dont ils relèvent, les Services Publics doivent permettre à tous, un plein accès aux services rendus, dans le respect des principes qui sont les leurs : égalité, continuité territoriale, capacité d’évolution dans la qualité du service rendu, solidarité. À ces principes qui fondent l’identité des Services Publics il faut ajouter la laïcité, la proximité, la transparence de la gestion et son contrôle par les élu(e)s, les usager(e)s et les personnels.


5. Nous refusons tout dispositif qui fasse perdre à la puissance publique le plein contrôle du service rendu, de sa tarification, des investissements à consentir, ainsi que des conditions de travail et d’emploi des agents et de la place effective pour les usagers dans la définition et l’évaluation du service.


6. Les services publics, les politiques publiques doivent permettre une répartition des richesses qui garantit l’effectivité des droits. Le financement de services publics n’est pas une charge, c’est un investissement qui manifeste une confiance dans l’avenir et assure une redistribution des richesses.

Cela passe notamment par une fiscalité (nationale et locale) juste, fortement progressive, par une taxation des revenus et actifs financiers non taxés à ce jour, par une véritable taxation des revenus du patrimoine et par une suppression des niches fiscales profitant aux hauts revenus et aux multinationales.

Cela passe également par la remise en cause d’exonérations de cotisations sociales, et d’aides injustifiées aux entreprises.

Cela passe par le retour à la maîtrise publique de la politique monétaire et du crédit.

Cela passe aussi par une tarification qui tienne compte à la fois des péréquations nécessaires et des situations sociales.

Dans un souci de justice sociale les systèmes tarifaires ne doivent pas exclure la gratuité lorsque le service concerne de fait toute la collectivité publique, et doivent prévoir des mesures de non facturation des minimums vitaux de services pour les personnes en difficulté.

La défense et l’extension de la sphère de la gratuité, parce qu’elle impose des choix et s’oppose à la logique marchande, parce qu’elle oblige et favorise une citoyenneté active, constitue une des batailles importantes dans les années à venir.


7. Il est nécessaire de sortir du « tout marchand », mais également de contrer tout État bureaucratique et technocratique coupé des besoins réels et du contrôle des populations. L’État doit être conçu comme un « faisceau de services publics » (Léon Duguit) et être fondé sur une réelle démocratie, représentative et participative. Si « Là où est la propriété là est le pouvoir ! » il convient que ce pouvoir soit celui du peuple.

Nous plaidons donc pour l’appropriation sociale des services publics ; celle-ci passe par un transfert juridique de propriété à l’État ou une collectivité publique mais ne saurait s’y réduire. Elle doit, en effet, s’accompagner d’une extension de la démocratie : intervention des travailleurs dans la gestion ; participation des populations, définition des missions et des orientations des services, entreprises et organismes concernés par le débat des assemblées compétentes (nationale, régionale, départementale, municipale voire internationale), etc. Il s’agit aussi de donner aux citoyen(ne)s - usager(e)s, salarié(e)s, élu(e)s - de nouveaux droits pour exercer une démocratie effective avec pour objectifs : - une véritable égalité dans l’accès à ces services et leur plein usage, sur tout le territoire ; - la garantie de leur qualité et de leur efficacité ; - une vraie collégialité dans toutes les décisions.


8. La caractéristique commune de tous et toutes les salarié(e)s du secteur public (le quart de la population active en France) est que leur situation est définie par la loi et non par le contrat au sens du code du travail. Il en est ainsi parce que les fonctions et activités exercées relèvent de missions de Service Public, elles mêmes inspirées par l’intérêt général exprimé sur le terrain politique à l’issue d’un débat démocratique. C’est cette spécificité qui caractérise l’agent public. Il doit être l’agent, et le garant de la mise en œuvre d’une égalité réelle, de la continuité, de la qualité. C’est à ce titre que nous nous opposons à toute précarité et demandons que le même niveau de garanties soit reconnu dans le statut général des fonctionnaires (d’État, hospitalière, territoriale). Les conditions de travail, d’emploi, de formation et de rémunération doivent viser aux mêmes finalités et notamment permettre d’assurer à tous et partout un service de qualité.

Ceci doit être mené de façon convergente avec la construction d’un « statut des salarié(e)s du secteur privé » sur des bases, à la fois homogènes et différenciées.


9. Notre bataille pour le Service Public s’inscrit dans le cadre français, européen et mondial. Notre époque est celle d’une prise de conscience par les peuples de l’unité de leur destin. Nombre de biens et de services sont appelés à entrer dans le patrimoine commun de l’humanité ce qui appelle une large appropriation sociale et la mise en œuvre de services publics partout dans le cadre d’une planification démocratique.

* * *

Réunis à Orly les 29 et 30 janvier 2011 les associations, syndicats et partis signataires de l’Appel pour des États Généraux du Service Public, les représentants des collectifs locaux :
  • Décident de faire connaitre partout, dans les lieux de vie (villes, villages, quartiers…) et de travail, et au travers de débats ouverts au plus grand nombre ce « Pacte du Service Public ». De le porter dans la mobilisation populaire pour le Service Public.
  • Proposent à tous les réseaux (associatifs, syndicaux, politiques) qui luttent pour une véritable transformation sociale de s’en saisir pour travailler ensemble, au niveau local, national, européen et mondial à une contre- offensive convergente, concertée et durable, afin de défendre et de promouvoir le Service Public.
  • Proposent de soumettre à signature ce pacte, et de tout faire pour le traduire en loi constitutionnelle. Ils proposent une pétition (500 000 signatures) demandant au CESE l’ouverture d’un débat national.
  • Se fixent comme objectif de faire de 2011 une année d’initiatives de toute nature et de mobilisation populaire en faveur du service public, et pour cela :

 


- De soutenir et de populariser toutes les luttes et les mouvements de résistance et de développement des Services Publics, compatibles avec ce Pacte, qui se multiplient contre la démarche d’affaiblissement, de privatisation, de marchandisation du service public actuellement à l’œuvre. Notamment le 11 mars pour le petite enfance avec le collectif « Pas de bébés à la consigne », 19 mars dans l’éducation à l’appel du collectif « Un pays, une école, notre avenir », et le 2 avril dans la santé à l’appel de la Coordination des hôpitaux et maternités de proximité.

- De s’inscrire dans le contre sommet au « Forum mondial de l’Eau » à Marseille.

- De faire connaître, par tous les moyens dont elles disposent, les nouveaux champs de services publics qui s’ouvrent dans le monde ainsi que toutes les innovations développées notamment par des collectivités et par les agents du Service Public pour améliorer la qualité et favoriser l’égalité d’accès réelle.

- De proposer aux collectivités territoriales, d’organiser localement, un « Festival des Services Publics » destiné à populariser la diversité et la richesse des Services Publics existants, les innovations et reconquêtes, ainsi que les besoins non satisfaits.

- D’interpeller sur ce Pacte les candidat(e)s aux différentes élections, les organisations syndicales, les partis politiques, et les associations en charge de services publics et sociaux.

- D’intervenir dans les débats européens contre la prééminence donnée à la « concurrence libre et non faussée », qui assure la primauté de la rentabilité économique sur le social dans la construction de l’Union européenne et pour défendre la construction d’une Europe plus solidaire dont les services publics soient une des pierres angulaires. Cette dimension européenne de notre combat doit être la nouvelle étape des États Généraux du Service Public.

- De faire entendre leur point de vue et leurs expériences dans le cadre de la construction d’un « Agenda mondial pour des Services Publics de Qualité » proposé par la Confédération Syndicale Mondiale, ainsi que dans tous les forums sociaux et autres instances internationales qu’ils jugeront nécessaires.

Elles travailleront, enfin, dans la suite de toutes ces initiatives, à la construction d’une manifestation d’ampleur nationale, à l’automne 2011 pour imposer ce Pacte dans le débat politique et citoyen.

Les États Généraux du Service Public proposent que leur prochaine réunion nationale, permettant de faire le point et de décider de la manifestation nationale se tienne le 11 juin à Bagneux et ils proposent à cette occasion à toutes les collectivités territoriales engagées dans la lutte pour le Service Public et contre l’AGCS de venir témoigner et populariser leur combat.

 

Pacte soutenu par : Appel des appels / AITEC / ANECR / ACRIMED / Association Nationale des Sports / ATTAC / CADAC / CELSIG / CNAFAL / Convention Nationale de Défense et Développement des Services Publics / Coordination Nationale des Hôpitaux et Maternité de Proximité / Coordination Eau IDF / Fondation Copernic / Fédération Finances CGT / Fédération CGT des Services Publics / FSU / IRFSU / Gauche Avenir / GU / Les Alternatifs / LDH / MRAP / MPEP / NPA / PCF / PG / PS / République et Socialisme / Résistance Sociale / Solidaires / UFAL / UDB / UGFF CGT / UNRPA.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 14:30

Invitation à la réunion publique du

Forum citoyen 06

sur les déchets

 

 

mardi 15 février 2011 à 19 h

salle CMCAS de l’EDF

8 av des Diables Bleus

à Nice

(à 100 m de l’arrêt du Tram Risso. Stationnement à l’extérieur. Entrer par le grand portail, traverser le grand parking des voitures de fonction d’EDF, aller tout au fond puis à gauche. Suivre le fléchage)

 

Les poubelles: c’est urgent, ça déborde!!!

 

Depuis des années la gestion des déchets dans le 06 conduit à une situation catastrophique. Le nouveau Plan d’Elimination des Déchets du Conseil Général prône  le recours incontournable à un nouvel incinérateur. Ce choix est obsolète, dangereux pour la santé, non durable et onéreux à long terme. Des citoyens  ont constitué un FORUM pour travailler à des solutions ALTERNATIVES et faire connaitre celles appliquées ailleurs avec succès.

 

Venez nombreux rejoindre ce FORUM et faire avancer ses propositions.

 

 Contact : contact@forum-06-dechets.org

 

 Blog : que-ferons-nous-de-nos-dechets.over-blog.com/

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 19:59
Communiqué de presse des Communistes Unitaires
 Le PCF a signé un texte sur l’Europe et la présidence française dans le cadre du Comité de liaison de la gauche, avec notamment le PS et le PRG, qui ont approuvé sur le fond le traité de Lisbonne, après le projet de Traité constitutionnel européen. Dans le même temps, le PCF a refusé de signer un appel proposant un cadre commun de réflexion et de mobilisation, contre la méthode actuelle de construction européenne et pour une autre Europe. Parmi les signataires de cet appel* figurent des syndicats, des associations et des formations politiques engagés clairement dans les batailles récentes, notamment contre le traité de Lisbonne. Comment a-t-on pris de telles décisions, et en mesure-t-on les implications ? Ainsi, signer un texte avec le PS n’aliénerait en rien l’indépendance du PCF, tandis qu’en signer un autre avec les forces critiques corsèterait les actions communistes ! Cette double décision est inquiétante : au mieux, elle paraît incohérente avec les trois années précédentes ; au pire, elle annonce un parti communiste qui se met à la remorque du PS. Trop incohérente ou trop cohérente ? Cela ne présage rien de bon pour les prochaines élections européennes, de l’issue du Congrès de décembre et de l’avenir même du communisme politique. Il est plus que temps de redresser la barre.
Nous proposons à cet effet :
  1. Que le PCF s’inscrive sans restriction dans tous les espaces critiques et constructifs (dont le « collectif pour une autre Europe ») qui visent à faire face à l’Europe des libéraux et des sociaux-libéraux.
  2.  Que, sans tarder, il appelle à ce que s’engage un processus de convergence électorale, rassemblant en 2009 l’arc le plus large des forces critiques, et notamment celles qui se sont mobilisées contre le traité de Lisbonne.
  3.  Qu’en septembre un premier bilan soit fait du travail engagé, pour élargir l’initiative et la réflexion unitaires.Rassemblés, et seulement si nous le sommes, nous pourrons contribuer à ce qu’émerge une autre Europe. 
Le 10 juillet 2008
Les « communistes unitaires »du Conseil national du PCF

*Alter Ekolo, Attac, CGT-Finances, Confédération paysanne, Coordination des collectifs unitaires, Fondation Copernic, Forces Militantes, FSU, La Gauche Cactus, LCR, Les Alternatifs, Les Marches européennes contre le chômage,MARS-Gauche Républicaine, Mémoire des luttes, MRAP, PCOF, Pour la République Sociale, Réseau Féministe « Ruptures », UFAL, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT, Union syndicale Solidaires…

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 11:42
Olivier Besancenot appelle à la création
d'un "nouveau parti radical et populaire"
à la place de la LCR
 
LE MONDE | 27.08.07

imanche 26 août, à Port-Leucate où se tenait l'université d'été de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot a lancé un appel à construire un "nouveau parti anticapitaliste", "mi-guevariste, mi-libertaire".

Après le bon score de leur candidat à l'élection présidentielle – 4,08 % des voix – les dirigeants de la Ligue tournent ainsi deux pages. Celle de la campagne du non au référendum sur la Constitution européenne, avec la recherche d'une candidature unitaire antilibérale à l'élection présidentielle, et celle de sa propre histoire, liée au trotskisme (Le Monde du 9 juillet).

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L'idée de la direction de la LCR part du constat qu'Olivier Besancenot a réussi pour la seconde fois à rassembler plus de 4 % des voix sur son nom et qu'il occupe désormais un espace politique bien identifié.

"Face à la crise de la gauche, il y a place pour un nouveau parti radical", explique son bras droit, François Sabado. La LCR, qui revendique quelque 3 000 membres, assure que 2 000 personnes ont contacté son siège pour demander à adhérer.

"Lors de la campagne, on a senti qu'un nouveau milieu politique, jeune et prolo, venait me voir", assure M. Besancenot. Le nombre de sympathisants venus à Port-Leucate (un petit millier de personnes) semble corroborer ce courant de sympathie.

Mais la Ligue telle qu'elle est, avec ses références au trotskisme, son rythme de réunions de militants quasi-professionnels et ses débats d'intellectuels, a du mal à attirer – et garder – ces nouveaux sympathisants.

"Nous voulons casser notre image d'organisation élitiste et avant-gardiste", souligne Pierre-François Grond, membre de la direction.

LES "COMITÉS ROUGES" DE 1969

Ce "nouveau parti", la LCR entend le construire seule, sans ses ex-partenaires de la gauche antilibérale – PCF, gauche des Verts, amis de Jean-Luc Mélenchon ou collectifs de la campagne du non.

"Il faut arrêter de chercher des regroupements de forces qui ne représentent plus rien. Nous voulons bâtir une nouvelle organisation sur la base du programme présidentiel d'Olivier, avec comme frontière indépassable, l'indépendance vis-à-vis des institutions et du PS", insiste Alain Krivine.

Fini donc d'espérer que des courants se détachent du PS ou du PCF, comme le voulait la tradition trotskiste. "Ça fait des années qu'on essaye et que cela ne marche pas", renchérit M. Besancenot. Il est "temps de refermer la page du vieux mouvement ouvrier pour en écrire une nouvelle, vierge, en regroupant par le bas des personnalités anonymes", a-t-il martelé dimanche.

Il veut ainsi rassembler "tous ces héros de la vie quotidienne qui n'ont plus envie de se laisser faire". Pas pour construire une "LCR bis autoproclamée" mais pour lancer une révolution interne.

Les minoritaires, emmenés par Christian Picquet, sont les seuls à s'opposer à cette nouvelle ligne : "on nous propose une organisation hermaphrodite, qui se reproduit sans partenaire !, ironise un de ses animateurs, Alain Mathieu. Ça ne marchera pas".

A leurs yeux, la tentative ressemble fort aux "comités rouges" que la Ligue avait impulsés en 1969, tentant de surfer sur la vague protestataire de Mai-68.

Les contours de la future organisation, encore flous, doivent être discutés à la fin de l'année par un congrès des militants de la LCR qui décideront, alors, ce qu'ils font de leur propre organisation.

Sylvia Zappi
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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 21:37

D'autant plus à lire que la direction de la LCR vient d'adopter à 80% l'orientation suivante :
1/ en 2008 le maximum de listes LCR refusant toute fusion au 2e tour avec le PS et ses alliés ;
2/ dans la foulée, création d'une nouvelle organisation rassemblant la LCR et celles et ceux qui l'auront accompagnée aux municipales.

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Une réponse au texte de Bensaid et Johsua dans Libération
de la part d'André Grimaldi, « ex Radot ».

Cher Daniel, cher Samy,


J'ai lu avec retard, du fond de ma tanière hospitalière votre tribune au journal Libération intitulée «Pathétiques ».
 
Je partage vos jugements : pathétiques, en effet, Kouchner ministre « boat-people », Ségolène Royal agitant le petit drapeau tricolore offert par Chevènement et courtisant Bayrou, DSK rivalisant de compétence économique avec les néo-libéraux, Fabius « à gauche toute » jusqu'à la synthèse, Montebourg dans le rôle de l'avocat radical, Marie-George Buffet rejouant l'alliée potentielle exigeante d'un PS sensé subir la pression des couches populaires, Voynet toujours candidate à un strapontin, hélas aussi, nos amis du collectif national unitaire faisant appel avant le 1er tour à Francis Wurtz pour sauver l'unité, et même notre ami José Bové acceptant une étude commandée entre les deux tours par « la petite mère du peuple ».

Hélas, votre liste désespérante est incomplète : pathétique Arlette Laguiller usée, certes comme nous par les années mais plus encore par son catéchisme inusable. Et pour se convaincre que rien n'a changé, LO fait l'addition : Arlette + Besancenot. + Schivardi = entre 5 et 7 %. Le compte trotskiste est bon. Et ça peut tenir encore pour quelques présidentielles !
Pathétique lui aussi, Olivier Besancenot déclarant au soir du 1er tour à des téléspectateurs tristounets «ce soir rien ne me fera bouder mon plaisir », pathétique toujours votre appel à créer un nouveau parti en s'adressant au peuple « par delà les appareils » (un 2e PT en somme !), pathétique la candidature de division de la LCR parachutée à Clermont-Ferrand contre le militant LCR unitaire local reconnu, et pathétiques les propos d'Alain, d'un autre age, rapportés par le journal Le Monde. La Ligue va t-elle réussir à combiner une orientation politique proche de celle de LO avec des méthodes organisationnelles aux relents lambertiste ?

Pathétique en effet la politique unitaire de la LCR réduite à néant au moment même où elle est à la fois indispensable et possible, alors qu'après 68 nous nous échinions à développer une politique unitaire malgré les difficultés (LO, le PSU).

Cette absence de réelle politique unitaire, à part le classique appel au front unique dans l'action, semble être la conséquence d'une stratégie réduite au triptyque historique : grève générale - double pouvoir - insurrection. Ce vide expliquerait l'appel rituel au « troisième tour social », à la grève générale « comme nos anciens », à la manifestation de rue, à la poursuite de l'action et au toujours plus !

Cette absence de réelle politique unitaire est d'autant plus pathétique que s'ouvre à la gauche du PS un large espace politique de décomposition / recomposition.

Au lieu d'agir activement pour la structuration de cette espace, la Ligue donne le sentiment de souhaiter et d'attendre la décomposition (ça déblayera le terrain !).

En même temps, la Ligue tient un double langage et fait semblant de se désoler sincèrement : « Hélas, nous sommes seuls ! ». Cette pratique du double langage sonne mal aux oreilles de certains anciens, comme moi, car elle ne fut ni notre culture, ni notre héritage. Cette solitude est en réalité auto-proclamée: « le PC est un parti de vieux, il n'en sortira rien ». Jugement assorti d'allusions complices rigolardes sur les « pans entiers », « les comités unitaires : un ramassis d'ex qui ont des comptes personnels à régler, le parti des sans partis », quant à « la gauche du PS, c'est moins que rien ».

La gravité de cette situation tient au fait que la Ligue a aujourd'hui beaucoup plus de possibilités et donc beaucoup plus de responsabilités que nous en avions.

La Ligue mise sur la destruction de la gauche de la gauche et va tirer argument de cette décomposition pour justifier sa politique sectaire.

Logiquement son isolement l'amènera à décréter qu'il est à nouveau « minuit dans le siècle » et que la priorité est de regrouper un noyau arc-bouté sur le programme pour résister à la déferlante libérale. D'où votre appel pathétique « à la clarté, à la patience et au courage ». En réalité la classe ouvrière a subi une défaite idéologique et politique mais pas une défaite sociale. La bataille est devant nous et pas derrière nous, comme viennent de le montrer de façon déformée, le 2e tour des législatives.

Pour vous convaincre vous-mêmes, vous estimez que le score significatif de Besancenot ne s'explique pas principalement par le talent médiatique et le sens de la répartie du « jeune postier » mais par la justesse de la ligne politique de la LCR.
Sérieux ? Quel score aurait fait sur la même ligne politique Krivine ou Sabado ?
Vous pensez vraiment que la différence de score entre Arlette et Besancenot s'explique par la plus grande clarté de la LCR vis-à-vis du PS ?

Poser ces questions c'est y répondre.
Le triomphalisme confinant parfois à l'arrogance ne peut combler les faiblesses d'une politique. Allez voir ou revoir le film sur Lip, vous apprécierez le décalage entre la politique unitaire des dirigeants de cette lutte (pendant, avant et après la lutte) et celle de la LCR d'aujourd'hui. Peut-être percevrez vous que la LCR a à apprendre des autres.
Vous comprendrez ma rage impuissante à l'aune des espoirs que nous avons eu dans la LCR et vous mettrez à la rubrique des circonstances atténuantes, l'amitié fraternelle que je continue à vous porter.

Ex Radot

PS : Je viens de lire le texte de Samy : "Deux questions majeures sur l'expérience antilibérale" qui défend la stratégie révolutionnaire face à la « gagne » et la verticalité du parti face à l'horizontalité des réseaux. Il a hélas deux défauts majeurs :
1) Pas un mot en 8 pages sur la politique unitaire avec les antilibéraux.
Vous imaginez la construction d'un parti révolutionnaire en France sans une politique unitaire passant par des accords, des fronts, des regroupements, des fusions ? C'est sûrement long et complexe, mais ça se prépare.
2°) La réfutation sommaire de l'hypothèse avancée, paraît-il par Yves Salesse, « d'un gouvernement antilibéral partiellement anticapitaliste ».
Non seulement cette hypothèse témoignerait, d'après Samy de l'adieu à la révolution de son auteur mais surtout il la juge irréaliste car « un tel gouvernement ne tiendrait pas plus d'un mois ». C'est quoi le gouvernement Chavez ? (gouvernement que Daniel appelait à soutenir lors des élections vénézuéliennes « bien qu'il n'ait pas détruit l'état bourgeois » !)
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TamTam liste de diffusion
des Alternatifs des Alpes-Maritimes
B.P. 2016 - 06101 NICE cedex 2
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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 18:15
La galaxie de la gauche radicale
lorgne sur la gauche du PS

AFP | 29.06.2007 | 18:36

La galaxie de la gauche radicale, de plus en plus morcelée, crée à tout va des « clubs de réflexion », tentant une démarche de recomposition et lorgnant sur l’aile gauche du PS, à l’exemple de Die Linke en Allemagne.

Sur les décombres des candidatures multiples à la présidentielle, qui leur a valu un cuisant échec, des figures du mouvement antilibéral ont décidé de fonder cette semaine un club, « Maintenant à gauche ».
« A nouvelle période, ambitions et méthodes nouvelles », affirment les initiateurs - dont Clémentine Autain adjointe au maire de Paris, Roger Martelli (PCF), Christian Picquet (LCR). « L’espace antilibéral a été fragmenté, il ne s’agit pas de créer à l’identique ce qui a échoué », argue Claude Debons, ex-coordinateur des antilibéraux.
Réfutant l’option « social-libérale », ils entendent dans la perspective d’un possible recentrage du PS vers un « libéralisme tempéré », récupérer « des milliers de militants qui peuvent se retrouver au bord de la route ».
La même démarche - rhétorique radicale en moins- est à la base de la création du club, « Gauche Avenir » par des socialistes comme le fabiusien Paul Quilès, les communistes Francis Wurtz et Jean-Claude Gayssot. Ce Club veut « redéfinir » les valeurs de la gauche, sans proposer à ce stade la création d’un nouveau parti.
Pour le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, dont les amis font partie des deux clubs,  « un dialogue très construit avec les communistes est nécessaire ». Mais, il faut d’ores et déjà « poser la question de la forme de l’organisation » à laquelle on veut arriver, affirme-t-il à l’AFP.
M. Mélenchon appelle la gauche du PS à « s’inspirer » du processus qui a conduit à la création du Linkspartei puis de Die Linke (La Gauche) en Allemagne, où les sociaux démocrates autour de Oskar Lafontaine ont fusionné avec les néo-communistes de l’ex-RDA.
Mais, si le sénateur se voit dans le rôle d’un Oskar Lafontaine, la direction du PCF, elle, hésite encore à copier l’outre-Rhin. Après sa défaite, Marie-George Buffet, qui a convoqué un congrès extraordinaire en décembre, a toutefois évoqué, pour la première fois au Conseil national du PCF, la semaine dernière, l’exemple de Die Linke.
Quant aux amis de l’ancien leader communiste Robert Hue, ils sont sortis du bois pour proposer un « nouveau parti » qui pourrait ne plus s’appeler communiste.
Mais, souligne l’historien Marc Lazar, l’explosion du PS est peu probable: « une opération de scission du PS autour de Mélenchon ou d’autres pour s’allier avec le PCF est très risquée, notamment électoralement », explique-t-il à l’AFP.
« Le grand enseignement des élections, selon lui, est une tendance au bipartisme » et « il n’y a pas de raison pour que des socialistes quittent le PS » qui « bénéficie d’une assise incroyable » comme le montre son « bon résultat au deuxième tour des législatives et un premier tour autour de 25% ».
Quant à la LCR, elle reste opposée à l’idée d’un Linkspartei en France, « ce serait une régression, il s’agit d’un parti réformiste de gauche », souligne à l’AFP Alain Krivine.
Fort du score honorable de 4% d’Olivier Besancenot à la présidentielle, la LCR entend créer « un nouveau parti, beaucoup plus important que la Ligue à la gauche de la gauche », précise M. Krivine. Mais il reconnaît que dans cette entreprise, il lui manque des « interlocuteurs organisés ».
Enfin, les amis de José Bové viennent de se réunir pour tenter de recoller les morceaux des collectifs, mais sans le PCF ni la LCR.


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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 23:02

 

Résolution adoptée par les Collectifs unitaires

La coordination des collectifs unitaires, réunie à Saint-Denis les 23 et 24 juin 2007, et rassemblant des délégué-es de collectifs et comités unitaires, quels que soient les noms qu’ils se donnent, et quels qu’aient été leurs choix à l’occasion de la séquence électorale, a décidé d’organiser avant la fin de l’année 2007, comme cela avait été envisagé lors des précédentes coordinations de Bobigny et de Saint-Denis, des Assises dont l’objet est ainsi défini :

 

Nous voulons pérenniser notre existence en tant qu’espace commun de réflexion et d'action, structuré en collectifs locaux, coordonnés de manière efficace et visible.

 

Les collectifs unitaires sont des espaces ouverts à tous : citoyens engagés, membres ou non d'organisations politiques, associatives, syndicales, de courants. Ils ont la volonté de réunir toutes les sensibilités de la gauche antilibérale, altermondialiste, alternative, écologique, antiraciste, solidaire, féministe, anti-guerre.

 

Ils sont en lien avec les divers mouvements et réseaux de mobilisation sociale, et en sont parties prenantes.

 

Ils sont des lieux d'échange, d'élaboration d'un projet de gauche véritablement en rupture avec le libéralisme, des lieux de résistance et d'action.

 

Ils proposent un cadre stable et ouvert à celles et ceux qui veulent faire vivre un processus unitaire par une dynamique capable d’ouvrir une alternative au libéralisme.

 

Chaque collectif décide souverainement de ses modalités d'organisation, sur la base du principe : 1 personne = 1 voix.

 

A l’occasion de nos Assises, nous entendons :

 

- Nous donner au niveau national des règles de fonctionnement, de décision, et de représentation démocratiques, ainsi qu’une dénomination.

 

- Contribuer à l’organisation, de la résistance à la politique du gouvernement Sarkozy, avec l’ensemble des forces disponibles.

 

- Travailler à la poursuite de l’élaboration de notre projet écologiste, féministe et de transformation sociale, allant bien au-delà du cadre programmatique des « 125 propositions » du texte « ce que nous voulons ».

 

- Faire le bilan de l’activité de la gauche de transformation sociale et écologique depuis 2005, ainsi que de l’état des forces à l’issue des dernières élections.

 

- Travailler à l’élaboration d’outils de communication.

 

Toutes les citoyennes et tous les citoyens, les militantes et les militants qui entendent porter le projet d’un rassemblement des forces « anti-libérales », écologistes et de transformation sociale, qu’ils appartiennent ou non par ailleurs à des forces constituées, sont invité-es à participer, depuis les collectifs existants dans leurs localités, et le cas échéant dans leur département, ou à travers les collectifs qui se constitueront, à la préparation de ces assises, dont les modalités plus précises de convocation et d’organisation seront arrêtées par la prochaine coordination, prévue à la fin du mois de septembre.

 

L’organisation de la dynamique des collectifs constituera un élément décisif des rassemblements à venir.

 

Il est donc convenu :

1 – de tenir les Assises des collectifs unitaires à l’automne 2007.

2 – de veiller à la relance de l’activité et au développement des collectifs locaux et des coordinations départementales.

3 – de proposer aux partis, courants, forces organisées et autres partenaires de la gauche écologiste et de transformation sociale, ainsi qu’aux diverses composantes du mouvement social, la préparation et la tenue dans le courant de l’année 2008 d’États Généraux unitaires pour construire et porter un projet d’alternatives pour la transformation sociale et la préservation de la planète (actualité de l’antilibéralisme, de l’anticapitalisme, du féminisme, de l’antiproductivisme, de la lutte contre les discriminations, etc.).

 

Le secrétariat désigné par la coordination nationale est mandaté pour commencer à mettre en œuvre cette triple décision.

 

La coordination donne donc mandat au secrétariat qu’elle a désigné pour prendre contact avec les forces politiques de la gauche antilibérale, les associations, les syndicats, les réseaux de mobilisation et autres acteurs, pour :

- leur présenter le projet des Assises

- leur proposer de diffuser leurs contributions, qui seront intégrées à la préparation des Assises

- les interroger sur la possibilité d’organiser dans l’unité des États Généraux de l’ensemble de la gauche écologiste, féministe et de transformation sociale. Le secrétariat rendra compte de ce mandat lors de la coordination prévue en septembre.

 

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 21:36
REUNION NATIONALE DES COLLECTIFS ANTILIBERAUX (23 et 24 juin à Saint Denis)
CONTRIBUTION DES ALTERNATIFS

Un triple cycle touche à sa fin :
- Celui de la reconstruction du PS, ouvert au congrès d’Epinay en 1971 et traduit dans les différentes formules d’unions de la gauche. Le positionnement au centre gauche de la campagne de Ségolène Royal et l’affaiblissement des partenaires anciens ( le PCF ) et nouveaux ( les Verts) a tourné la page.
- Celui de la crise du PCF, crise d'orientation et affaiblissement organisationnel
- Celui de l’émergence des Verts comme force de renouvellement du champ politique.

Sans doute la gauche antilibérale avait elle surestimé le NON au TCE, qui, s’il était bien l’expression d’une contestation large de l’ordre ultralibéral, n’induisait pas mécaniquement l’existence d’un socle idéologique commun auquel il suffisait désormais de donner une expression politique.

Ces deux dernières années ont montré le caractère complexe, hétérogène, volatile et souvent contradictoire de la conscience politique des couches populaires que l’affaiblissement et l’archaïsme du PC d’une part et la démission du PS d’autre part ont laissé sans ancrage, sans boussole et sans cohésion dans une période sans précédent de mutations économiques, sociales et environnementales.

Cette période nous a enseigné que nous ne pouvions faire l’économie d’un travail collectif et démocratique sur le projet de société nouvelle que nous désirons construire, travail d’invention politique et sociale qui nécessite un temps de gestation et de maturation par essence long.
D’autant que ce travail ne saurait avoir de sens sans une bataille longue elle-aussi pour l’unité sociale des exploité-e-s et opprimé-e-s et leur participation active à l’élaboration de ce projet de société.

Résister à l’offensive d’un capitalisme violent et liberticide et construire une gauche d'alternative sont donc évidemment deux tâches à mener de front pour la gauche de gauche dans sa diversité.

Pour nous en tenir au champ de la gauche de transformation sociale, terme décidément à substituer à celui de gauche antilibérale, les Alternatifs souhaitent apporter les éléments suivants au débat

1/ SUR LE PROJET

1/1 Il est nécessaire d'articuler la plate forme politique que constituent les 125 propositions, socle ayant vocation a être amélioré, à une rélexion globale sur un projet de société

1/2 Il est indispensable de considérer des questions comme celles de l'antiproductivisme, de l'altermondialisme, de la précarisation durable, de l'initiative populaire (nous dirions autogestionnaire), d'une nouvelle contruction européenne, comme des éléments constitutifs du projet d'alternative. L'émergence de la question du réchauffement climatique, l'unification à l'échelle de la planète d'une série de mobilisations sur ce terrain, sont des éléments structurants de la nouvelle période qui s'ouvre

1/3 Construire le projet, c'est penser le bloc social qui en sera porteur. De ce point de vue, le premier défi est de répondre, dans les luttes et par nos propositions, à la division des couches populaires dont joue et qu'accentuera la politique du bloc UMP MEDEF. La question de l'unité est centrale.

2/ POUR L'UNITE, POUR L'ALTERNATIVE

2/1 Les Alternatifs sont favorables à l'unité sociale et politique la plus large afin de ne pas laisser isolés les secteurs en première ligne face à la droite et au MEDEF (sans papiers, chômeurs et précaires, jeunesse, secteurs encore garantis du salariat...)

2/2 Ils sont favorables à un front commun entre toutes les organisations, courants et collectifs de la gauche de transformation sociale. Le sectarisme de la LCR, la crise d'orientation et le repli du PCF ne doivent pas conduire à renconcer à cet objectif.

2/3 La période la plus récente, entre autres la campagne législative "gauche alternative 2007", a confirmé que celles et ceux qui se reconnaissent dans les collectifs antilibéraux (qu'ils aient ou non participé à la campagne avec José Bové), sont partagés entre deux démarches (ce partage n'est pas un partage entre "courants" identifiés mais entre des aspirations ). D'une part poursuivre la construction d'un espace politique de transformation sociale ouvert, d'autre part faire émerger une nouvelle force politique aux côtés de la LCR et du PCF.

2/4 Il est indispensable, pour ne pas contruire sur le sable des non-dits, de clarifier cette question.

2/5 Dans la loyauté et la clarté à l'égard des cadres larges à construire, et qui ne peuvent être instrumentalisés au bénéfice d'une de leurs sensibilités, les Alternatifs jugent nécessaire le développement d'une composante politique organisée alternative, autogestionnaitre, écologiste, qui ne peut se retrouver ni dans le PCF ni dans la LCR, et doit s'affirmer au sein de l'espace de la gauche de transformation sociale. Ils sont prêts à échanger et à se retrouver avec celles et ceux qui se situent dans cette même perspective.

2/6 Les Alternatifs sont en même temps favorables à la mise en place, aux Assises de l'automne d'un espace de débat et d'initiatives large de la gauche de transformation sociale.

La condition nécessaire à la constitutuon d'un tel cadre est l'exigence démocratique : identification des mandats collectifs, de celles et ceux qui les mettent en oeuvre, contrôle collectif et transparence.

Cet espace a pour objet d'être le creuset, théorique et pratique d'un nouveau projet et de nouvelles formes d'engagement social et politique. Il peut contribuer à moyen terme à l'éméergence d'un nouveau mouvement politique, mais ne peut en jouer le rôle à ce stade, sauf à se rétrécir considérablement.

Il doit assumer l'hétérogéneité du champ de la gauche de transformation sociale, être ouvert aux doubles appartenances, viser à permettre l'échange et l'élaboration en commun avec les acteurs des mouvements sociaux, être disponible pour l'échange avec les nouveaux engagements militants, notamment dans la jeunesse des quartiers populaires et/ou scolarisée (ces dernières démarches ayant jusqu'à présent été très peu portées par les collectifs antilibéraux).
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:06
Gauche, l’heure des choix

Plusieurs acteurs* des collectifs antilibéraux prennent la plume pour tirer un premier bilan de la présidentielle et tracer quelques pistes pour l’avenir.

    La défaite est sévère. Après cinq ans de pouvoir, le « sortant » Nicolas Sarkozy a réussi à se faire passer pour un homme « neuf », prônant la « rupture ». Il a construit sa victoire en proposant une perspective agrégeant les diverses valeurs de la droite, mariant ultralibéralisme et autoritarisme, « laisser-faire » économique, et ordre sécuritaire et identitaire. Poursuivant son offensive par la composition du gouvernement, il plonge la gauche dans un désarroi profond. Lourdement battue à la présidentielle, celle-ci risque d’être écrasée aux législatives. Pourtant, près d’un électeur sur deux s’est opposé, le 6 mai, au héraut de la droite dure. Il faut tout faire, les 10 et 17 juin, pour empêcher Sarkozy de disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale, au service de sa politique de contre-révolution libérale et conservatrice. Encore faut-il, pour cela, ne pas poursuivre les orientations qui viennent de conduire à la défaite.

    L’heure des choix à gauche est donc clairement venue. Pas question, comme en 2002, d’évacuer les raisons profondes de l’échec et d’attendre la prochaine échéance électorale. L’urgence est au réarmement idéologique, politique et culturel. Et c’est un choix fondamental entre les orientations existantes à gauche qui s’impose.

    Bien des voix s’élèvent pour inviter la gauche à se rassembler autour d’une politique dite « réaliste », renonçant à contester l’ordre capitaliste et cherchant son salut au centre. Cette « analyse » oublie que l’adaptation social-libérale caractérise l’évolution de la politique du Parti socialiste depuis 1983, que les gouvernements de gauche successifs ont été sanctionnés jusqu’au désastre du 21 avril 2002, que les exemples européens souvent cités n’ont rien produit de bon pour les peuples. Elle ignore aussi que Ségolène Royal a tenu durant la campagne un discours de facture « blairiste » sur le « goût du risque », « l’esprit d’entreprendre », le refus de « l’assistanat », la réconciliation avec le profit, allant jusqu’à disputer à Sarkozy une part du discours sécuritaire et identitaire. Ce parti pris, accentué entre les deux tours, a désorienté l’électorat de gauche. Nous sommes convaincus que c’est l’une des clés de la défaite. Et il faudrait maintenant entretenir toujours plus cette machine à perdre ? Jusqu’où ? Une gauche qui ne sert plus à rien parce qu’elle ne change plus rien ? Une gauche assistant impuissante à la domination de la droite pour les dix années à venir ?

    Ce n’est pas en aggravant les orientations qui ont déjà conduit à l’échec que la gauche pourra défaire la droite et sa politique. C’est en refusant la fatalité libérale que le mouvement populaire a retrouvé son allant dans la dernière décennie. Demain, c’est aussi en conjurant les ravages de l’éparpillement que la gauche de transformation, la gauche antilibérale, pourra contribuer à la reconstruction d’une perspective porteuse d’espoir. On mesure à quel point son incapacité à se rassembler à l’occasion de cette séquence électorale aura contribué au désastre. Faute de pouvoir peser sur le champ politique et dessiner une offre alternative à celle qu’incarnaient le Parti socialiste et sa candidate, elle aura favorisé un vote utile à son détriment, affaibli la dynamique d’ensemble à gauche et n’aura pu empêcher les thèmes de la droite de marquer le débat public.

    Pour retrouver le chemin des catégories populaires, rouvrir la voie d’un changement radical, offrir un débouché aux mobilisations sociales, c’est à une refondation qu’il faut s’atteler, de la gauche, d’une gauche qui soit à gauche. Une gauche fidèle à ses valeurs et qui invente de nouvelles réponses aux nouveaux défis. Une gauche qui mette l’émancipation individuelle et collective au cœur de son projet et vise la conquête de nouveaux droits et libertés. Une gauche qui donne la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, qui relève le défi du partage des richesses et des pouvoirs, qui défende un nouveau modèle de développement respectueux des équilibres écologiques, qui replace la démocratie, c’est-à-dire la souveraineté populaire, au coeur de ses propositions pour la France et pour l’Europe.

    Un tel projet ne manquerait pas de soutien populaire. Les nombreux mouvements sociaux des dernières années et le rejet d’une constitution libérale pour l’Europe attestent d’une résistance aux politiques libérales. Des forces sont donc disponibles pour lier la résistance aujourd’hui nécessaire à l’affirmation d’une perspective ambitieuse de transformation sociale, de justice, d’égalité, de solidarité. On les retrouve avec les organisations et courants qui ont mené la campagne du « non » de gauche au TCE, dans les collectifs unitaires antilibéraux, mais aussi, plus largement désormais, dans les partis, les forces syndicales et associatives, dans le monde intellectuel et culturel, parmi les citoyennes et les citoyens, dans la jeunesse.

    L’urgence est à la résistance et à la mobilisation pour battre les candidats sarkozystes aux législatives. Elle est tout autant à reprendre l’offensive sur le terrain des idées et des propositions autour de contenus transformateurs attractifs. Une gauche molle n’est pas l’outil politique adéquat face à la contre-révolution libérale ; quant à une « petite » gauche, elle serait cantonnée au rôle d’aiguillon minoritaire d’un social-libéralisme hégémonique.

    Rassemblons les énergies antilibérales et transformatrices dans un processus pouvant déboucher sur un moment fort, du type états généraux. L’heure pour la gauche est d’être, maintenant, à gauche !

*Ce texte porte les signatures de : Éric Coquerel (président de Mars Gauche républicaine), Claude Debons (ex-coordinateur des collectifs du 29-mai), Charlotte Girard (secrétaire nationale PRS), François Labroille (élu régional IDF Alternative citoyenne), Patrice Leclerc (conseiller général communiste 92), Jacques Lerichomme (syndicaliste), Claude Michel (syndicaliste), Christian Picquet (courant Unir de la LCR), Catherine Tricot (communiste unitaire), José Tovar (syndicaliste).
 
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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 09:38
Législatives:
120 à 130 candidats labellisés
"gauche alternative 2007"

PARIS (AFP) - Des collectifs antilibéraux et des comités Bové soutiennent quelque 120 à 130 candidats aux législatives labellisés "gauche alternative 2007", dont une moitié seront en concurrence directe avec des candidats trotskistes ou communistes
au premier tour.
Quelques uns de ces postulants sont soutenus à la fois par le PCF et la LCR (comme dans les Deux-Sèvres), quelques dizaines d'autres par l'un des deux partis à la suite d'accords locaux, a précisé lundi l'un des animateurs, Jean-Jacques Boislaroussie, lors d'un point de presse.
Dans les autres cas, faute d'accord, les postulants - présentés par les collectifs unitaires et par des comités Bové qui avaient soutenu la candidature à la présidentielle du leader altermondialiste José Bové - vont se trouver en concurrence le 10 juin avec des candidats de la LCR et du PCF, rééditant le scénario de l'émiettement à la présidentielle.
80 à 90 candidats sous étiquette "gauche alternative 2007" sont rattachés, pour leur financement, à l'association SEGA (Solidarité, écologie, gauche alternative), les autres au PCF ou à la LCR, a précisé un autre animateur de cette campagne, Pierre Cours-Salies.
L'objectif politique, selon les animateurs, est de poursuivre le combat à long terme pour un rassemblement large des antilibéraux à la gauche du PS, après le fiasco de la présidentielle.
Mais les élections législatives peuvent aussi s'avérer une manne pour les formations politiques puisque celles-ci ont droit à une aide publique de l'ordre de 1,60 à 1,70 euro par voix. Toutefois, pour bénéficier de ces aides, obligation est faite aux partis que leurs candidats obtiennent chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions.
De son côté, l'organisation d'Olivier Besancenot présente quelque 470 candidats (sur 577 circonscriptions) et soutient une quarantaine de candidats antilibéraux.

NDLR
Rappelons que dans les Alpes Maritimes, il n'y aura pas de concurrence entre la LCR et la Gauche Alternative, l'une et l'autre se présentant dans des circonscriptions différentes. Par contre, le PCF présentant des candidats partout sauf dans la 9e circonscription, il sera en concurrence soit avec la LCR soit avec la Gauche Alternative.
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