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Mobilisation

19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 19:30

Notre objectif : placer l'environnement au cœur du débat agricole. Voici quelques pistes concrètes.

  • Traiter la question des algues vertes à la source

Les autorisations d'extension de cheptel  ne doivent plus être accordées dans les zones affectées par les algues vertes, dont la prolifération est liée à la surpopulation dans les élevages porcins. Nous devons atteindre les objectifs du Grenelle de la mer de réduction dans les zones vulnérables de 40 % des flux de polluants (nitrates, phosphates) provenant de l'agriculture, de l'industrie et des stations d'épuration.   

  • Interdire les pesticides les plus dangereux et/ou dont les risques sont mal évalués (notamment pour les pollinisateurs)

 A commencer par l'insecticide Cruiser : la décision du Conseil d'Etat du 16 février 2010 annule l’autorisation du Cruiser pour 2008 et 2009 pointe bien du doigt une insuffisance dans l’évaluation de l'innocuité du produit pour les abeilles.

  • Mettre en œuvre le plan Ecophyto sur le terrain.

Cet engagement du Grenelle de l’Environnement prévoit la réduction de l’usage des pesticides d’ici 2018. En mobilisant l’ensemble des acteurs, notamment les Préfets de régions, Présidents de Conseils régionaux et coopératives, avec une communication au public sur la mise en œuvre de ce plan, en particulier sur le réseau de fermes de démonstration.

  • Séparer le conseil de la vente des pesticides 

A l’image de la séparation des rôles du médecin et du pharmacien pour les médicaments,  nous souhaitons que des personnes indépendantes conseillent les agriculteurs pour les traitements à réaliser sur leurs cultures, avec une prescription écrite.

  • Réorienter les aides financières vers les agricultures les plus respectueuses de l’environnement

L’agriculture biologique, l’agriculture de haute valeur environnementale, et plus généralement, l’agriculture liée au sol - c’est-à-dire qui utilise peu d’intrants, de pesticides, d’énergie, d’eau d’irrigation, d’aliments du bétail importés... et produisant l’essentiel de l’alimentation de leurs animaux - doivent être favorisées.A court terme par des mesures nationales (ex. crédit d’impôt), à long terme par un engagement dans ce sens du gouvernement français dans la perspective de la réforme de la PAC. Le congrès de la fédération des 31 mars et 1er avril aura portera justement sur cette thématique.

  • Etiqueter les produits d’animaux issus d’élevages nourris sans OGM

Pour valoriser les bonnes pratiques. Une proposition de loi dans ce sens a été faite, nous souhaitons l'aboutissement de ces propositions.

  • Appliquer la législation et vérifier sur le terrain la réalité des plans d’épandage.
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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 15:43

 

les Alternatifs

solidarités – écologie – féminisme – autogestion

Fédération des Alpes-Maritimes

38 rue Dabray - 06000 Nice

06@alternatifs.org 


 

Enquête publique PPRI de la basse vallée du Var

Contribution des Alternatifs des Alpes-Maritimes

 

Tout d'abord, nous tenons à noter la qualité du dossier soumis à enquête publique. Ce dossier est très documenté et très bien présenté. Les multiples remarques généralement justifiées formulées par les différentes « personnes publiques associées », confirment qu'il s'agit là d'une documentation facilitant la compréhension et la prise en compte du risque inondation.

 

Nous émettrons néanmoins deux types de remarques :

  • les premières concernant l'orientation qui sous-tend ce PPRI et qui est, de fait, un choix de politique d'aménagement ;

  • les secondes sur ce qui nous semblent êtres les principales lacunes « techniques » de ce plan.

 

I . Le choix « politique ».

Sur ce premier point, nous notons à travers la lecture de ce document qui se voudrait « technique », la volonté sous-jacente de faire de la basse vallée du Var une zone plus urbanisée qu'elle ne l'est actuellement.

Ce choix, loin d'être neutre, se fait d'ailleurs au prix de quelques contorsions sans doute difficiles pour les rédacteurs.

Nous notons en effet une contradiction de fond.

 

D'une part, il est rappelé au 1.1.1. comme une directive de l'État, citant la circulaire du 24 janvier 1994 : « interdire toute nouvelle construction dans les zones inondables soumises aux aléas les plus forts (…). Contrôler strictement l'extension de l'urbanisme dans les zones d'expansion de crues. Évitertout endiguement ou remblaiement nouveau qui ne serait pas justifié par la protection de lieux fortement urbanisés. »1

Cette position a été douloureusement confirmée à plusieurs reprises en 2010 (rupture des digues en Vendée, inondations du Var, Draguignan)

 

D'autre part,l'adaptation aux objectifs de l'O.I.N. que l'on trouve au 1.2.2., qui parle de « caractère stratégique de la basse vallée »pour des « opérations de nature à favoriser l'aménagement, le renouvellement urbain, le développement économique (...) ». Cette soumission est confirmée, toujours au 1.2.2., par la phrase : « Le présent PPR a pour objet d'y répondre ».

 

Tout est dit!.

On semble poser ici le caractère inéluctable de l'urbanisation de cette zone, l'objectif du PPRI devenant la protection de cette future zone urbaine, en pleine contradiction avec les affirmations citées plus haut

A partir de ce moment, l'étude est biaisée, une des préoccupations des experts devient d'étendre au maximum les zones blanches.

Difficile, dans ces conditions, de rappeler que d'autres choix sont encore possibles !

Non, l'urbanisation contre-nature par le bétonnage à outrance dans le lit et le delta d'un fleuve si redoutable n'est pas inéluctable.

L'avis rendu par une personnalité aussi modérée que monsieur Michel Vauzelle, président du Conseil Régional PACA le dit d'ailleurs très bien : « Nous pouvons noter que l'adaptation du PPRI au caractère stratégique du territoire est aussi de nature à favoriser l'urbanisation de la Basse Vallée du Var. Une autre orientation aurait été de ne pas s'adapter aux seuls enjeux économiques et fonciers et de s'appuyer sur le PPRI pour impulser une gestion raisonnée du territoire, dans l'esprit de la stratégie durable préconisée par le SRADT 2».

Pour notre part, nous souhaitons, dans une optique véritablement « durable » un plan qui prévienne bien entendu des risques... tout en rendant progressivement son caractère naturel au cours du Var dans sa basse vallée et son delta au lieu de les artificialiser encore d'avantage. Il s'agit aussi de retrouver le caractère méditerranéen du fleuve et de la richesse de sa terre.

Cette position est renforcée en particulier par :

  • le constat de l'importance biologique de ces lieux reconnus par Natura 2000 ;

  • la nécessité de préserver avec une priorité forte les terres fertiles pour les générations futures.

 

II . Les aspects « techniques ».

Une fois fait ce constat concernant la logique politique du Plan, qui pour nous remet en cause sa pertinence, nous observons des manques qui, même dans l'optique choisie par les rédacteurs, ne laissent pas d'inquiéter :

 

II . 1 . La question des vallons.

II . 1 .1 . Le problème du déversement des eaux des multiples vallons qui descendent des massifs encadrant le lit du Var nous apparaît sous-estimé. Le rehaussement et le renforcement des digues enserrant le Var font de l'espace situé à l'arrière des digues un bassin réceptacle idéal pour les eaux des vallons qui n'arriveraient pas à rejoindre le lit du fleuve. La présence d'embacles entraînées par la crue aggrave le problème. La prise en compte d'une urbanisation rapide (et qui continue) sur les hauteurs de Saint-Isidore en particulier sont de nature à modifier rapidement les régimes de ces vallons. Les conséquences de cette urbanisation des collines niçoises est certes difficile à modéliser, ce n'est pas une raison pour les éluder.

 

II . 1 . 2 . Remarquons en outre que la crue centennale de l'Estéron, estimée à 700 m3/s en 1994, n'a été retenue qu'à hauteur de 600 m3/s.

 

II . 2 . La question des interventions dans le lit majeur.

Plusieurs études, certes sommaires, mais récurrentes, prévoient plusieurs franchissements nouveau du fleuve dans sa basse vallée. Pour ne parler que des plus probables (mais ce n'est pas limitatif) : doublement de l'accès depuis la rive gauche à la D6202bis, traversée en rive droite de la voie ferrée des CP (Chemins de fer de Provence)3, nouvelle(s) liaison(s) routière reliant les deux rives entre la pont Napoléon III et le pont de la Manda.

Tous ces travaux nécessitent de grands travaux modifiant l'écoulement naturel des eaux. Nous ne voyons pas qu'ils soient pris en compte dans le Plan.4

 

II . 3 . La question du niveau des eaux marines.

Les hypothèses utilisées pour la modélisation des crues nous paraissent insuffisantes : le niveau des marées est sous-estimé, et l'impact d'une conjugaison de haute marées et de vents violents avec une crue importante n'est pas étudié.

Or ces phénomènes ne sont pas rares sur notre département. Il nous paraît nécessaire de compléter les études par une modélisation de la partie basse Saint Laurent du Var Cap3000 ainsi que l'impact en amont (Saint-Laurent-du-Var Mairie et CADAM-MIN) dans ce type de circonstances. D'autant plus que l'endiguement nouveau tendra à accélérer et concentrer le débit du fleuve lors de ces épisodes. Ceci est d'autant plus nécessaire que « la réalisation de digues entraînera très rapidement de nouveaux permis de construire comme l'a précisé M. le Préfet lors de l'inauguration de la Digue des Français »5.

 

Cette question ayant été posée lors d'une des réunions publiques consignée dans le dossier, il a été répondu qu'elle ne relève pas du PPRI, qu'elle fera l'objet d'un autre futur plan par une autre instance (et donc d'une autre enquête publique). Nous pensons au contraire que cette étude pourrait bien remettre en question les conclusions quand aux digues et zonages aux alentours du delta.

 

II . 4 . La question du prolongement des digues en mer.

Le périmètre délimitant l'O.I.N. ne s'arrête pas en bord de mer, mais déborde largement le milieu marin. Il s'agit de préserver la possibilité d'agrandissement du port de Saint-Laurent-du-Var, entrainant la construction de digues nouvelles, « canalisant » encore un plus plus l'ex-delta déjà mis à mal par la création de la zone commerciale de Cap 3000 dans les années 60.

 

Cette possible contrainte supplémentaire dans la phase capitale de rencontre des eaux fluviales et maritimes n'est pas non plus prise en compte dans ce PPRI qui a pourtant, comme nous l'avons souligné en première partie de notre contribution, choisi délibérément l'alignement sur les souhaits de l'État affirmés à travers l'O.I.N.

 

Or l'examen du périmètre du PPRI tel qu'il ressort des cartes, s'étend jusqu'au delta lui-même et aux abords des pistes de l'aéroport. Il est nécessaire d'examiner les conséquences des modifications de l'arrivée du fleuve en mer, avec son débit et ses apports, sur le plateau continental immédiat et les supports de l'aéroport. Rappelons qu'en 1984, lors des travaux de la 3ème piste, et suite à une crue d'intensité moyenne du Var, un éboulement sous-marin meurtrier s'était produit.

 

II . 5 . Le classement des digues

II . 5 . 1 . Le classement en digues persistantes de kilomètres d'ouvrages étend la surface de terrains devenant constructibles, aggravant ainsi le problème du coût du foncier. Le décret du 11 décembre 2007 introduit la prise en compte du nombre d'habitants concernés par la protection apportée par la digue. On est donc en droit de se poser la question de la pertinence d'appliquer les normes à la population actuelle, qui est appelée à augmenter de plusieurs dizaines de milliers d'habitants.

II . 5 . 2 . D'autre part, il suppose que le maître d'ouvrage apporte la garantie d'un entretien régulier, dans un contexte de forte réduction des capacités financière des collectivités territoriales concernées.

 

II . 5 . 3 . L'application de la « doctrine Rhône » à un fleuve côtier maralpin n'apparait pas adaptée.

II . 5 . 4 . Enfin, dernier point, le caractère de forts risques sismiques de la région n'a été pris en compte à aucun moment. Dans quelle mesure les digues résisteraient-elles à de fortes secousses ?

 

II . 5 . 5 . Nous préconisons donc de revoir le classement d'une partie des digues et de modifier la définition des aléas retenus, notamment en intégrant un séquencement plus adéquat des crues des vallons, la prise en compte de tempêtes.

 

Conclusions

 

Pour toutes ces raisons, nous demandons à messieurs les Commissaires enquêteurs, de donner un avis défavorableà ce PPRI en l'état.

 

A tout le moins, nous considérons que des études complémentaires doivent être faites sur ces points critiques et qu'une réponse doit leur être apportée. L'hypothèse d'un OIN installant une importante population sur cette vallée rendant encore plus important la réelle prise en compte de dangers potentiels, ce qui est l'objectif du PPRI.

La procédure de révision des PPRI approuvés (loi 2010-788 du 12 juillet 2010 Grenelle2 ; article 222) permet des modifications substantielles dans des délais restreints (pas d'enquête publique notamment). Dans le cas du PPRI de la basse vallée du Var les conséquences en termes d'aménagement et de bétonnage sont trop importantes pour permettre l'application de ce type de procédure.

 

Nous demandons qu'un nouveau Plan, prenant en compte d'autres options, plus respectueuses de l'environnement, pour l'aménagement de la basse vallée du Var soit établit et soumis à une nouvelle enquête publique.

 

 

Fait à Nice, le 7 février 2011

 

 

1- Et l'on comprend bien pourquoi, en lisant au 1.1.3. : « (…) les zones endiguées sont des zones soumises à un risque d'inondation où le risque de ruptures brutales ou de submersion des digues, avec des conséquences catastrophiques, demeure, quelque soit le degré de protection théorique de ces digues. (...)»

2Schéma régional d'aménagement durable du territoire

3Globalement, la voie ferrée des CP et la capacité de résistance des digues la supportant, sont trop légèrement traitées.

4L'on sait pourtant qu'ils réservent bien des surprises : voir le retard pris lors du chantier du franchissement pour la D6202bis quand, en creusant les fondations de la première pile côté rive gauche, les ouvriers mirent à jour une source souterraine de fort débit non prévue par les géologues.

5 Inaugurée lundi 5 juillet par les représentants de l'État et des collectivités locales cette digue de protection contre les crues du Var, doit permettre de préserver des inondations 8.000 habitants et 25.000 salariés de la partie ouest de Nice, zone dans laquelle se trouvent concentrés l'aéroport, le Centre administratif des Alpes-Maritimes (CADAM) et le marché d'intérêt national (MIN).

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 15:23
Depuis quelques mois, la France commence à s'intéresser aux gaz de schistes que l'on pourrait trouver dans le Sud-est. Mais l'exploitation de cette nouvelle ressource, déjà bien avancée aux Etats-Unis, et qui pourrait se révéler stratégique pour de nombreux pays, pose de gros problèmes environnementaux. Explication.

Qu’est ce que le gaz de schiste ?

Ce gaz non conventionnel se différencie du gaz conventionnel car il est réparti de manière diffuse dans les couches géologiques et ne peut donc être exploité de manière classique. Trois types de gaz peuvent être classifiés ainsi : le gaz de réservoir compact (Tight gas), le gaz de charbon -ou grisou- (coal bed methane) et le gaz de schiste (shale gas). C’est ce dernier qui est actuellement sous le feu des projecteurs en Amérique du Nord et dont on commence à parler en France. Ce gaz, au lieu d’être bloqué dans un réservoir est piégé dans une roche peu perméable. Pour l’extraire, il est donc nécessaire de forer des puits horizontaux (forage directionnel) à partir d’un puits vertical, puis de fracturer la roche (fracturation hydraulique) par injection d’eau sous forte pression avec du sable fin et des produits chimiques pour éviter que les fractures ne se referment.
Aujourd’hui, les gaz de schistes sont produits principalement aux Etats-Unis où ils représentent 12 % de la production de gaz contre seulement 1% en 2000, selon l’IFP Nouvelles Energies. Au niveau mondial, la connaissance du potentiel reste incertaine –mis à part dans quelques pays qui n’ont pas de bassin sédimentaire, on peut en trouver quasiment partout- mais les principales zones se trouvent au Canada, Chine, Australie, Inde et Europe (principalement Pologne, Ukraine mais aussi France).


Pourquoi un tel engouement ?

Jusqu’au début des années 2000, le coût d’extraction de ce gaz était trop important pour développer massivement l’exploitation. Mais la hausse du prix du gaz en 2003 aux Etats-Unis et la volonté du pays de s’extraire de la dépendance au Moyen-Orient et à la Russie a rendu intéressant le développement de la technologie, essentiellement par des petites sociétés indépendantes au départ. L’arrivée à maturité de ce processus et les perspectives de volumes importants et rentables a entraîné une grosse vague de transactions de la part des grandes compagnies pétrolières pour un montant de 65 milliards de dollars depuis 2008.

Derrière cette exploitation se cache un enjeu géopolitique extrêmement important, les réserves de gaz non conventionnels étant estimées au double de celles du gaz conventionnel. C’est donc toute la question de l’indépendance énergétique des pays qui est en jeu. Ainsi, aux Etats-Unis, « la proportion de gaz de schistes pourrait atteindre 25% en 2030 permettant à ce pays d’être auto-suffisant, alors que des importations massives de gaz liquéfiés (GNL) transportés par bateau étaient envisagées », analyse l’IFP énergies nouvelles. En Europe, les réserves potentielles de gaz de schistes (de 3 000 à 12 000 Mdm3, selon le CERA) pourraient permettre de multiplier par 2 la durée de vie des réserves actuelles et réduire la dépendance en importation, notamment en provenance de la Russie. L’IFP est actuellement impliqué dans le consortium GASH (avec Total GDF Suez, Repsol, ExxonMobil, etc) qui a pour mission de mieux cerner le potentiel exploitable en Europe (voir document lié).

Par ailleurs, le gaz de schiste est souvent présenté comme une énergie plus propre car rejetant moins de CO2 que le charbon. Or, une étude de l’université de Cornell, montre que la technique de la fracturation hydraulique rend son impact sur le climat pire que le pétrole et au moins aussi mauvais que le charbon (voir document lié)…


Quels sont les problèmes posés ?

Le mode d’extraction de ce gaz pose de nombreux problèmes environnementaux. « Les gaz de schiste se situent au même niveau que les sables bitumineux: toujours plus loin, toujours plus profond, toujours plus sales », dénonce ainsi Aloys Ligault, chargé de campagne responsabilité sociale et environnementale des entreprises pour les Amis de la terre qui demande une étude exhaustive sur les risques sanitaires et environnementaux de cette exploitation. Quant au parti politique Cap 21, il demande un moratoire européen. « En plus des dégâts de cette technique, cette nouvelle énergie peut freiner le développement des énergies renouvelables », craint Eric Delhaye, le président délégué de Cap 21 qui a réalisé une étude sur le sujet.

L’impact sur le paysage, d’abord : sachant que les puits s’épuisent rapidement, il faut régulièrement en forer de nouveaux. On peut ainsi en trouver tous les 500 mètres ! Même s’ils ne dépassent par 1 mètre de hauteur une fois finis, cela semble peu compatible avec la densité de population que l’on connaît en Europe…et rend l’acceptabilité sociale d’une telle exploitation difficile.

Les ressources en eau, ensuite : la fracturation hydraulique est extrêmement consommatrice d’eau, chaque puits pouvant en consommer de 10 à 15 millions de litres (l’équivalent de 3 piscines olympiques), recyclés entre 20 à 80% pour d’autres puits. Par ailleurs, la fracturation peut engendrer des transferts de fluides chimiques –un cocktail d’antibactériens, de biocides, d’anticorrosifs, etc - que les compagnies rechignent à révéler. L’EPA a retrouvé des composés hautement cancérigènes, tandis que 3 ou 4 cas de pollution des nappes aquifères adjacentes et de contamination de l’eau ont été relevés aux USA.
Pour l’IFP, ces cas seraient « liés à la mauvaise qualité des forages et non à la fracturation, ce qui serait relativement facile à gérer grâce à une règlementation stricte », explique une note d’analyse. Par ailleurs, « la fracturation se fera à une distance beaucoup plus importante – 1500 à 2000 mètres- des zones aquifères » et « de nombreuses études d’impact seront réalisées », renchérit-on au siège de Total. Une étude de l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) évalue actuellement l’impact de cette exploitation sur la santé et l’environnement. Le résultat, attendu dans 2 ans, pourrait déboucher sur une nouvelle réglementation limitant ou décourageant l’exploitation de gaz de schistes, entraînant un intense lobbying de la part des pétroliers.


L’exemple de l’Amérique du Nord

Alors que le pays compte plus de 500 000 puits répartis dans 31 Etats,  le documentaire de l’américain Josh Fox, Gasland, diffusé cette année, a révélé au grand public les dégâts de cette technique avec des images choc comme l’embrasement de l’eau sortant d’un robinet d’une maison située sur une zone d’exploitation. Sur le terrain, la survenue d’accidents et de contamination de puits, provoque une vague de protestation. Ainsi, en Pennsylvanie une explosion d’un puits suite à la pression hydraulique exercée lors de la fracturation a provoqué le déversement de produits toxiques pendant près de 15 heures. Et au Texas, dans la petite ville de Dish, quadrillée par 12 000 puits, on observe des morts suspectes de bétail alors que des concentrations importantes de benzène – un gaz hautement cancérigène- ainsi que du méthyl et dyméthyl pyridine –neurotoxiques- ont été relevés dans l’air…Dans la région, l’extraction gazière s’est également accompagnée d’activités sismiques anormales, rapporte Cap 21 dans son rapport « Gaz non conventionnels, attention danger ! ».

En avril, l’Etat de New York a décrété un moratoire sur l’exploitation du gaz de schistes pour protéger les réserves d’eau potable de Big Apple. Suivi par le conseil municipal de Pittsburg. 50 représentants de la Chambre des représentants ont aussi présenté un projet de loi pour remettre en cause la loi de 2005 votée sous l’ère Bush par Dick Cheney -alors vice président et ex président d’Halliburton- exonérant la technique de la fracture hydraulique de la loi sur la sécurité de l’eau potable.


Et en France ?

En France, « la géologie des différents bassins sédimentaires est plutôt favorable à leur développement, notamment dans le bassin du Sud-est, dans le triangle Valence-Montpellier-Nice », estime Roland Vially, géologue à l’IFP énergies nouvelles. Pour l’heure, trois permis exploratoires ont été accordés au début de l’année à Total, Gdf-Suez et Schuepbach Energy. D’autres sont en cours d’étude au ministère. « Le permis de Montélimar va nous permettre de valider nos hypothèses de gisements » explique-ton chez Total. Dans les années 60 en effet, quelques carottages ont déjà été effectués dans le bassin. Reste à réaliser des forages exploratoires pour évaluer le potentiel et la rentabilité, ce qui devrait demander 1 ou 2 ans au moins. « Mais pour l’instant, il encore trop tôt de dire quoi que ce soit : nous sommes en phase exploratoire », insiste le groupe. Chez GDF, on reste silencieux. Seule la filiale GRDF traite le sujet dans son blog en dressant un état des lieux du débat. Mais déjà, la résistance s’organise. José Bové, les Amis de la Terre et Cap 21 tentent d’informer la population par des réunions ou site internet dédié. « Le dialogue avec les populations riveraines sera effectivement important par la suite », reconnaît Total. « Cela peut-être considéré comme un frein par les industriels mais aussi comme une chance pour que l’exploitation se fasse dans des conditions durables. Il est par exemple possible de mettre en place un suivi plus rigoureux et une législation plus stricte », veut croire Roland Vially. Celle-ci est déjà différente sur un point crucial : alors que l’exploitation s’est massivement développée aux USA grâce à l’octroi de royalties aux propriétaires qui détiennent un droit sur le sous-sol de leur terrain, en France, le sous-sol appartient à l’Etat.

Reste aussi à savoir si l’exploitation française sera rentable. Car si d’un côté les prix du gaz sont 2 à 3 fois plus chers en Europe qu’aux Etats-Unis, le coût de production de ce gaz –déjà élevé- devrait être beaucoup plus cher de ce côté de l’Atlantique. Notamment parce qu’il faudra au départ aller chercher du savoir faire aux USA (d’où les rapprochements des compagnies françaises avec les américaines comme Total avec Chesapeake), développer le matériel de forage et que la concurrence sera bien moindre qu’aux Etats-Unis dans un premier temps.

Béatrice Héraud
Mis en ligne le : 21/12/2010
Source: Novethic

http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/ressources_naturelles/le_gaz_schiste_entre_eldorado_strategique_et_risque_environnemental/132284.jsp

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 14:41

Gasland est un film documentaire de 2010 écrit et réalisé par Josh Fox. Le film se concentre sur des communautés américaines touchées par le forage du Gaz de Schistes et plus précisément, un procédé connu sous le nom de « fracturation hydraulique ».

 

 

 


En mai 2008, Fox a reçu une lettre d’une société de gaz naturel lui proposant de louer les terres de sa famille à Milanville, en Pennsylvanie pour 100 000 $ afin forer pour trouver du Gaz de Schistes.

À la suite de l’offre, il a cherché des informations sur le forage de gaz naturel dans le schiste Marcellus situé sous une grande partie de la Pennsylvanie, New York, l’Ohio et la Virginie-Occidentale. Il a visité Dimock, en Pennsylvanie où le forage de gaz naturel a déjà eu lieu. À Dimock, il a rencontré des familles capables de faire couler l’eau du robinet avec du feu ainsi que des familles souffrant de nombreux problèmes de santé et craignant que leurs puits d’eau soient contaminés.

Tout au long du documentaire, Fox tendit la main à des scientifiques, des politiciens et des cadres de l’industrie du gaz et finalement s’est retrouvé dans les couloirs du Congrès alors qu’un sous-comité discutait de la loi sur la responsabilité de fracturation et de sensibilisation à des produits chimiques (Fracturing Responsibility and Awareness of Chemicals Act), « un projet de loi modifiant la loi sur la sécurité de l’eau potable (Safe Drinking Water Act) pour abroger certaines exemptions pour la fracturation hydraulique. » La fracturation hydraulique a été exempté de la loi sur la sécurité de l’eau potable et la loi sur la politique énergétique de 2005 (Energy Policy Act).

Gaz de Schiste
Le gaz de schiste (anglais : Shale gas) est une forme de gaz naturel produite à partir des schistes. Ils jouent un rôle de plus en plus important dans l’approvisionnement en gaz naturel aux États-Unis depuis une décennie. On s’intéresse de plus en plus au potentiel gazier des schistes au Canada, en Europe, en Asie ainsi qu’en Australie. Un analyste s’attend à ce que les gaz de schiste constituent la moitié de la production nord-américaine de gaz naturel d’ici 2020.

D’autres analystes s’attendent aussi à ce que le gaz de schiste puisse accroître considérablement les approvisionnements énergétiques mondiaux. Selon une étude du Baker Institute of Public Policy de l’Université Rice, l’augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis et au Canada pourrait contribuer à empêcher la Russie, le Qatar et l’Iran de dicter des prix plus élevés pour le gaz qu’ils exportent vers l’Europe. L’administration Obama aux États-Unis estime que l’intensification de l’exploitation des gaz de schiste permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:27
Réseau Action Climat France
vendredi, 22 octobre 2010 / Réseau Action Climat - France

Trois ans après les engagements des tables rondes du Grenelle de l’environnement et le discours enflammé de Nicolas Sarkozy le 25 octobre 2007, le Réseau Action Climat fait le point sur le dossier « climat-énergie ».

Montreuil, le 22 octobre 2010« Le moins que l’on puisse dire c’est que le « New deal » écologique promis par le Président de la République n’a pas eu lieu », constate Olivier Louchard, Directeur du RAC-France. « Au contraire, ce que certains redoutaient déjà en 2007 est arrivé : les petites avancées que le gouvernement affiche ne doivent pas masquer l’absence criante de mesures de rupture, structurantes et réellement efficaces ».

Télécharger le Bilan détaillé du Grenelle de l’Environnement par le Réseau Action Climat - France

PDF - 143.7 ko
Grenelle :
Le bilan



L’enterrement de la taxe carbone, emblème de l’hypocrisie du gouvernement

« L’abandon de la taxe carbone au lendemain des élections régionales aura eu un mérite : faire tomber les masques, commente Karine Gavand, responsable climat à Greenpeace. Il est clair désormais que l’environnement est avant tout une tactique électorale, et l’opportunisme politique de Nicolas Sarkozy sans bornes. La mise en place de cette mesure, structurante et structurelle, vendue par le candidat à la présidentielle comme le pilier de sa politique environnementale, aurait eu le mérite d’enclencher une réelle prise de conscience au sein de la société française. Le renoncement du gouvernement, après le fiasco de Copenhague, encourage, dangereusement, le sentiment d’un « à quoi bon ? ».


Transports : le dossier noir

Côté transports, c’est la consternation. « Malgré certaines avancées, les résultats du Grenelle ne sont pas à la hauteur des enjeux. Aucun financement pérenne des transports urbains et ferroviaires n’a été mis en place, le vélo reste ignoré par l’Etat et les investissements routiers sont relancés au mépris de tout bon sens. » déclare Jean Sivardière, président de la FNAUT.


Énergie : des objectifs ambitieux, des moyens modestes

Alors que des objectifs satisfaisants ont été fixés sur l’énergie (23 % d’énergies renouvelables en 2020, - 38% de consommation d’énergie pour le bâtiment existant...), les outils mis en place ne sont pas du tout à niveau. Pour Raphaël Claustre du CLER, « le Grenelle a pourtant suscité des envies, les acteurs des territoires se mobilisent, les collectivités, les entreprises et les associations agissent maintenant ensemble. Mais l’Etat semble reculer de plus en plus face à ce mouvement ». En soufflant le chaud et le froid sur les énergies renouvelables, le gouvernement empêche le développement serein de ces filières pourtant créatrices d’emplois locaux.


Concernant les autres sujets majeurs, le bilan est tout aussi insuffisant (voir note détaillée ci après) : absence de mesures climat sur l’agriculture, imposture sur les agrocarburants, taxe sur les incinérateurs dépouillée de son contenu, deux EPR programmés, etc. A noter néanmoins quelques avancées sur les politiques territoriales et l’urbanisme.

Contacts

- Olivier Louchard – Réseau Action Climat : 01.48.58.83.92 – 06.26.40.07.74
- Karine Gavand – Greenpeace : 06.77.04.61.90
- Jean Sivardière – FNAUT : 04.76.75.23.31
- Raphaël Claustre – Comité de Liaison Energies Renouvelables : 06.03.85.87.96

 

 

Source RAC  http://www.rac-f.org/Grenelle-de-l-environnement-3-ans.html



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Published by Rouges et Verts - dans Ecologie
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