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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:38

Si l'on en croit les déclarations des dirigeants d'EDF et d'Areva, de la quasi-totalité du personnel politique, et de la plupart des éditorialistes, la France est "à la pointe" de la technologie nucléaire et peut s'enorgueillir d'une telle compétence dont le pays tire les bénéfices sur le plan économique et même écologique. La réalité est bien différente :

 

- 54 des 58 réacteurs nucléaires "français" sont en réalité… américains (sous licence Westinghouse)
- les réacteurs purement français, des "graphite-gaz" à Superphénix et à l'EPR, sont de véritables flops
- la France paye à une société étrangère la technologie d'enrichissement de l'uranium
- le nucléaire est incapable d'assurer à la France son indépendance énergétique
- la politique du chauffage électrique entraîne de fortes importations d'électricité produite par des centrales au charbon… en Allemagne

 

Voici l'explication de ces données qui contredisent totalement les idées reçues (et fausses) savamment entretenues dans l'opinion publiques française :

 

- 54 des 58 réacteurs nucléaires "français" sont en réalité… américains (sous licence Westinghouse)
En 1973/1974, sans consulter la population française ni même le parlement, le Premier ministre Pierre Messmer puis le Président Valery Giscard d'Estaing décident de la construction d'un gigantesque parc nucléaire en France. La technologie "graphite gaz", utilisée pour la dizaine de réacteurs déjà construits, est abandonnée au profit des réacteurs à eau pressurisée. Ce sont des réacteurs sous licence américaine Westinghouse qui sont choisis (*). Résultat : aujourd'hui encore, 54 de nos 58 réacteurs sont américains. Voilà déjà de quoi écorner sérieusement le mythe du nucléaire français "triomphant"…

 

- les réacteurs purement français, des "graphite-gaz" à Superphénix et à l'EPR, sont de véritables flops

 

* Nous venons de le voir, la technologie des réacteurs "graphite-gaz", développée par le CEA et exploitée dans un premier temps par EDF, a été abandonnée. Premier grave échec pour les réacteurs français.
* Seuls les quatre plus récents réacteurs sont réellement français : deux ont été construits à Civaux (Vienne) et deux à Chooz (Ardenne) et mis en service à la fin des années 90. Mais, après à peine quelques semaines de fonctionnement, un de ces réacteurs, à Civaux, connaît une très grave avarie en mai 1998 : il faudra plusieurs jours de tâtonnements pour que les "responsables" parviennent à reprendre le contrôle du réacteur et à le mettre à l'arrêt. Dans le même temps, les trois autres réacteurs sont arrêtés en urgence pour éviter un accident identique. Des réparations et modifications ont depuis été apportées, mais il est clair que le "génie" nucléaire français a encore frappé…

* Autre "fleuron" de la technologie nucléaire française : le surgénérateur Superphénix, qui a englouti 10 milliards d'euros en pure perte : en dix ans de "fonctionnement", ce réacteur a collectionné les pannes plus ou moins graves, certaines entraînant l'arrêt du réacteur pendant près de deux ans !
* Enfin, le dernier avatar du nucléaire hexagonal, l'EPR. Un premier exemplaire a été vendu (à prix cassé) à la Finlande, mais le chantier compte à ce jour 2 ans de retards et près de 2 milliards d'euros de pertes qui vont être couverts… par la France. La construction d'un second exemplaire a commencé en décembre 2007 à Flamanville (Manche) mais, là aussi, le chantier connaît des problèmes graves qui ont contraint l'Autorité de sûreté à le stopper pendant plusieurs semaines. A suivre…

 

- la France paye à une société étrangère la technologie d'enrichissement de l'uranium


L'enrichissement de l'uranium est à la Une de l'actualité avec l'Iran qui installe des centrifugeuses capables de produire du combustible pour centrales nucléaires… mais aussi de l'uranium enrichi permettant de faire des bombes atomiques. Hé bien sachez que la France, prétendument "numéro un mondial du nucléaire", est incapable d'enrichir elle-même l'uranium. En effet, la nouvelle usine d'enrichissement, baptisée Georges Besse II, actuellement en construction à Tricastin (Drôme), va utiliser des centrifugeuses… payées à une société Nérlando-Britannique, Urenco. Il a fallu un accord international, et il a même fallu attendre de longs mois la signature de la Reine des Pays-Bas, pour que la France soit enfin autorisée… à payer pour utiliser la technologie Urenco, sans pour autant accéder à cette technologie qui restera cachée aux français par des procédures appropriées. Une véritable humiliation.
Notons toutefois que la France sait enrichir l'uranium… mais avec une technologie archaïque, utilisée dans l'usine actuelle, dite Georges Besse (ou Eurodif) : il s'agit de la "diffusion gazeuse", technologie qui consomme 50 fois plus d'électricité que l'utilisation de centrifugeuses. Cela explique un autre record de ridicule dû à la "maestria" nucléaire française : la production des 4 réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin est presque entièrement engloutie par l'usine Eurodif !

 

- le nucléaire est incapable d'assurer à la France son indépendance énergétique


Il est souvent dit que le nucléaire protège la France de la montée du prix de l'énergie. Or, l'actualité montre depuis des années que la France est, comme ses voisins, frappée de plein fouet par la montée du prix de l'énergie. Et, effectivement, notre facture énergétique était de 60 milliards en 2008, après avoir monté de 24% en 2004, 35% en 2005 et 19% en 2006. C'est-à-dire respectivement +5,6 milliards d’euros en 2004, +10,6 milliards en 2005, et +7,2 milliards en 2006.

 

Le ministère de l'Economie avoue : "La facture payée en 2006 pour un approvisionnement énergétique d’origine étrangère est le double de celle de 2003. Sans elle, le commerce extérieur de la France aurait été excédentaire de 15 milliards d’euros. Avec elle, il est déficitaire de 30".
Mais aussi : "Avec 58,7 milliards d’euros, la facture énergétique de la France s’envole en 2008. Elle s’aggrave de plus de 13 milliards (+ 29,4 %). Elle dépasse ainsi le record établi en 1981, après le second choc pétrolier" (**)

 

Il est donc clair que le nucléaire ne protège aucunement de l'envolée du prix de l'énergie. L'explication est simple : même poussé à son maximum comme en France (dont 80% de l'électricité est nucléaire), l'atome ne couvre finalement qu'une faible part de la consommation totale d'énergie : 17% de la consommation française d'énergie. Faites la différence : 83% de l'énergie consommée en France ne proviennent pas du nucléaire lequel, finalement, ne change pas grand-chose… à part apporter des problèmes supplémentaires (risques, déchets radioactifs, etc)

 

- la politique du chauffage électrique entraîne de fortes importations d'électricité produite par des centrales au charbon… en Allemagne


Il est de bon ton en France de railler le plan de sortie du nucléaire en cours en Allemagne. Qui n'a pas entendu dire que "L'Allemagne sort du nucléaire… en achetant l'électricité nucléaire française". Or, c'est parfaitement faux : depuis 5 années consécutives, c'est l'Allemagne qui est exportatrice nette d'électricité vers la France : 8,7 TWh en 2004, puis 9,7 TWh en 2005, encore 5,6 TWh en 2006, 9,3 Twh en 2007, et 12,6 Twh en 2008 : c'est plus de la production annuelle de deux réacteurs nucléaires que la France importe annuellement depuis l'Allemagne.

L'explication est simple : pour "justifier" le nucléaire, des millions de chauffages électriques ont été installés en France sous la pression d'EDF et de l'Etat. Du coup, dès qu'il fait un peu froid, la consommation est telle qu'il faut importer massivement de l'électricité, principalement d'Allemagne où elle est produite par des centrales au charbon. Les énormes émissions de CO2 générées à cette occasion devraient donc être comptabilisées à la France (et non à l'Allemagne), et même au nucléaire français, qui est la vraie cause de ces énormes consommations.

 

 

(*) Pour la petite histoire : les droits d'utilisation des réacteurs Westinghouse pour la France sont alors détenus par le groupe Schneider, qui fait dont à cette occasion une gigantesques opération financière. Il se trouve que la propre épouse de M Giscard d'Estaing est membre de la famille Schneider. C'est certainement la plus incroyable prise illégale d'intérêt de l'histoire de France. Curieusement, personne n'en parle jamais…

 


(**) http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/statisti/pdf/facture-2008.pdf

 

Source:http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=EPR2009&page=1

   
   
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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 16:45

On les appelle les « nomades du nucléaire ». Ils parcourent la France de centrales en centrales pour effectuer les travaux de maintenance dans les zones les plus radioactives. En quinze ans, leurs conditions de travail et de vie se sont dégradées. Et les experts craignent pour le bilan sanitaire des années à venir. Enquête sur ceux qui se surnomment « les esclaves du nucléaire »

« Le nucléaire ne m’intéresse plus, mais j’ai pas le choix. Faut bien gagner sa vie. » Philippe Caens a 41 ans, dont 20 passées au chevet des centrales nucléaires françaises. Electricien, il exerce son métier aux cotés des agents EDF, dont il partage les difficultés. Mais pas le confortable statut. Son employeur, la société Clemessy, est moins prodigue en avantages sociaux, moins généreuse en salaire.
Désormais attaché à la centrale de Flamanville (Manche), Philippe a aussi connu, pendant quatre ans, « les grands déplacements » à travers la France, de centrales en centrales. De 40 à 60 000 kilomètres parcourus chaque année au gré des arrêts de tranche, ces périodes où les réacteurs sont arrêtés pour maintenance. « Je suis divorcé, comme la plupart de mes collègues ».

Comme Philippe, ils sont 22 000 en France, chaudronniers, électriciens, soudeurs, robinetiers, employés par des sous-traitants. On les appelle les « nomades du nucléaire ». Beaucoup sont nés à proximité d’une centrale, dans des régions où, comme le Nord, le chômage dépasse largement la moyenne nationale. Ils connaissent par cœur les 58 réacteurs nucléaires français, répartis dans 19 centrales. Des milliers de kilomètres de câbles et de tuyaux à vérifier et à réparer dans les zones les plus radioactives.

Ces employés sont payés au Smic, auquel s’ajoutent les primes journalières, de 54 à 60 euros pour couvrir les frais de logement et de nourriture. « On essaie de faire de la marge sur les primes », raconte Philippe, qui avec ses 20 ans d’ancienneté, émarge à 10,50 euros de l’heure. Pour le logement, les plus vieux ont pu investir dans une caravane ou un camping-car. D’autres choisissent les hôtels bon marché, à plusieurs dans une chambre. Il y a aussi la solution du gîte, « c’est le moins désagréable, mais en période de vacances les prix explosent ». Il y aussi ceux qui dorment dans leur voiture, sur le parking de la centrale. « Ceux-là n’aiment pas trop en parler parce qu’ils ont honte, confie Philippe. Je me souviens d’un arrêt de tranche où le responsable des prestataires passait à 6H30 le matin sur le parking pour réveiller les gars ».

Autour des centrales, une petite économie locale s’est formée. Dans les campagnes ont fleuri les gîtes, et le long des routes, les marchands de kebab.

Au début des années 90, les sous-traitants assuraient 50 % des activités de maintenance des centrales nucléaires. Ce chiffre s’élève aujourd’hui à 80%. Une dizaine de grands groupes se partagent le marché. Parmi eux, Vinci, Areva, ou Suez. Ces multinationales disposent chacune de plusieurs dizaines de filiales. Pour un seul arrêt de tranche, 30 à 70 sociétés différentes sont amenées à coopérer. Cela représente plusieurs milliers de prestataires, et jusqu’à cinquante conventions collectives différentes à gérer.

La politique du moins disant
La direction d’EDF affirme appliquer « la politique du "mieux disant". » « Nous on dit que c’est au « moins disant », ironise Yves Adelin, ancien cadre d’EDF, responsable CGT. En fait EDF fixe officieusement un prix. Aux sociétés de proposer moins ».
Et quand le contrat d’une société n’est pas renouvelé, des salariés se retrouvent sur le carreau. C’est ce qui s’est produit en février à la centrale de Cruas (Ardèche). La société CIME qui employait 71 salariés a perdu son contrat au profit de la société Essor. Cette dernière s’était engagée à reprendre tous les employés. Mais au début du chantier, la promesse n’est tenue que pour 45 d’entre eux. Le 14 février, installés dans des caravanes devant l’entrée de la centrale, neuf prestataires ont entamé une grève de la faim pour sauver leur emploi. Elle a duré dix jours. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

Pour chaque contrat, EDF paie au forfait. A la société sous-traitante de gérer sa productivité, parfois à la limite de la légalité. Selon une enquête réalisée par le Centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique publiée en 2004, « les glissements de planning et des imprévus nécessitent des rattrapages qui peuvent se faire qu’en faisant passer la durée du travail de 8 à 10 heures par jour, en décalant le travail de jour en travail de nuit ainsi qu’en prolongeant le travail dans la semaine pendant le week-end. » Selon l’étude, 80% des prestataires interrogés en ont fait l’expérience.

En 1990 un arrêt de tranche durait entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui les plus longs durent un mois et demi. « Pour les arrêts simples, certains battent des records à 18 jours » précise Yves Adelin. EDF réplique : « la diminution de la durée des arrêts s’inscrit dans le cadre d’une volonté d’améliorer la disponibilité des centrales nucléaires d’EDF. »
Pour Yves Adelin, « en clair, 24 heures d’arrêt de tranche c’est une perte d’1 million d’euro pour EDF. Il y a 58 tranches par an en France. Faites le calcul. Sur toute la France si vous gagnez une journée d’arrêt de tranche, c’est 58 millions d’euros de gagné pour EDF. C’est pas des petites sommes ».

« Rien n’est calculé pour nous »
Marc Duboile, marié, un enfant, a 45 ans. Il est magasinier, salarié de la société Techman. Il travaille depuis huit ans dans le nucléaire : « Rien n’est calculé pour nous. On n’a pas toujours de place sur les parkings. Souvent, le premier jour du contrat on attend des heures que nos autorisations d’accès soient validées parce que pour plusieurs milliers de gars, il n’y a que deux ou trois guichets mis à disposition. Et puis, vous venez de faire 800 Km depuis chez vous et on vous dit qu’il n’y a pas de casiers prévus pour vous changer. Sans parler du matériel, on attend encore des heures avant de pouvoir travailler parce que EDF ne nous donne pas les outils ».

En 2006, l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, mandaté par EDF, alerte la direction : « J’ai été surpris, écrit-il dans son rapport, en arrivant sur certains sites en début d’arrêt de tranche de rencontrer des prestataires qui déploraient le manque d’outillages en zone nucléaire. Les marchés nationaux existent, et je m’interroge donc sur l’origine de cette carence qui donne dès le départ une piètre idée de l’organisation logistique des sites ».
La direction d’EDF reconnaît qu’aujourd’hui encore « des difficultés ponctuelles peuvent exister sur certains sites. »

Plus de 80% des prestataires veulent arrêter
Depuis 1996, le centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique effectue, à la demande d’EDF, une enquête annuelle sur le moral des nomades du nucléaire. Ces enquêtes sont confidentielles. Une seule a été présentée aux syndicats, en 2005. Elle établissait que 84 % des prestataires interrogés souhaitaient quitter l’industrie du nucléaire. La direction d’EDF confirme ce chiffre, mais s’en défend : « D’autres études montrent au contraire un fort taux de satisfaction de la part des entreprises prestataires du secteur nucléaire. Mais lorsque l’on demande de consulter ces enquêtes, la direction est gênée : « Elles ne sont malheureusement destinées à un usage externe. »

En 1993, 18% de ces « intermittents du nucléaire » présentaient une symptomatologie dépressive. En 1998 ils étaient 25%. Autre symptôme inquiétant, en 2003, la mutuelle de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) remarquait que 80% des feuilles d’assurance-maladie traitées prescrivaient des calmants.

« Pour les prestataires, c’est une souffrance sociale, observe Yves Adelin. Ils ont le sentiment d’être dévalorisés par rapport aux agents EDF. Pour les agents EDF c’est une souffrance psychologique. Ils ont honte de ce que fait subir la direction aux sous-traitants »

« On est là où ca crache »
A ces conditions de travail s’ajoute un autre problème majeur, sanitaire cette fois : l’exposition aux rayons radioactifs.
Le 4 décembre 1990, le conseil de l’Union européenne adopte la directive Euratom qui impose de diminuer la dose toxique reçue par les travailleurs du nucléaire, de 5 rems par an à 2 rems par an. Seulement quelques mois plus tard, en 1991, EDF publie le « Rapport NOC ». Ses auteurs préconisent de « généraliser la sous-traitance à toutes les activités qui peuvent l’être ». Simple coïncidence ? La direction d’EDF affirme qu’« il n’y a aucun lien ».
Pour Yves Adelin, de la CGT, « EDF avait tout intérêt à sous-traiter les postes les plus exposés. L’entreprise se dédouanait de sa responsabilité par rapport aux pathologies médicales à long terme ».

Les prestataires du nucléaire reçoivent 80 % de la dose collective d’irradiation subie dans l’industrie française du secteur. Cette dose est contrôlée sur chaque prestataire grâce à un film et à un badge dosimétriques qu’ils portent sur eux. Quand la limite est atteinte, c’est « la mise au vert », c’est-à-dire le chômage, en attendant que la dose redescende. « Alors pour garder leur boulot, il arrive que des gars dissimulent leur film et leur badge quand ils sont dans des zones où ça crache » confie Philippe Caens.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) effectue régulièrement des inspections dans les centrales, « mais le suivi des doses dépend de l’employeur. A chaque société de contrôler ses salariés », explique Evangelia Petit, de l’ASN.

« La loi impose aux employeurs de fournir une attestation d’exposition à leurs salariés, précise Michel Lallier, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires. Le problème c’est que les prestataires changent constamment de centrale et de société, du coup il y a une énorme confusion sur qui doit délivrer ces attestations. On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des gars qui partent à la retraite n’ont pas d’attestation sur la dose toxique qu’ils ont reçue durant leur carrière. Dans 10 ou 15 ans, quand les premiers cancers apparaîtront, ces employés ne pourront pas faire reconnaître leur pathologie en maladie professionnelle. »

A ce jour, aucune étude n’a été réalisée en France sur les risques cancérologiques qu’encourent les prestataires du nucléaire. « Je crains le pire, affirme Michel Lallier. Il n’est pas improbable qu’on se retrouve dans quelques années face à un problème comparable à celui de l’amiante » L’amiante a tué près d’un millier d’agents EDF. 5000 sont contaminés.

Alexandra COLINEAU

Cet article a obtenu le Prix 2008 de l'AJIS (Association des journalistes de l'Information sociale)

http://www.ajis.asso.fr/article.php3?id_article=1188

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 23:51
Un huissier mandaté par le Réseau "Sortir du nucléaire" a signifié à EDF l'obligation d'arrêter les travaux

Une visite de la centrale aura lieu mardi 19 juin après-midi

 Mercredi 6 juin 2007, saisi par le Réseau "Sortir du nucléaire", le Conseil d'État a annulé le décret du 9 février 2006 autorisant le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis. Ce succès du mouvement antinucléaire pourrait avoir des conséquences insoupçonnées. En effet, qu'il s'agisse du dossier du démantèlement des installations nucléaires ou de celui de la construction de nouveaux réacteurs, l'industrie nucléaire n'est peut-être qu'un colosse aux pieds d'argile.

 Le vendredi 15 juin, le Réseau "Sortir du nucléaire", représenté par son administratrice Chantal Cuisnier, s'est présenté devant la centrale de Brennilis avec un huissier afin de signifier à EDF l'obligation d'arrêter les travaux.

  Par cette démarche, le Réseau "Sortir du nucléaire" ne remet pas en cause la nécessité de démanteler les installations nucléaires, mais il entend empêcher EDF de bâcler cette opération au détriment de l'environnement, de la santé des salariés et en bafouant la légalité. Le Conseil d'Etat a ainsi reconnu que EDF n’avait pas mis à disposition du public l’étude d’impact avant l’autorisation de démantèlement.

 Notons par ailleurs que, en plus des risques imposés aux travailleurs et du problème insoluble du stockage des déchets, le démantèlement de ces réacteurs constitue une incroyable bombe à retardement sur le plan financier : EDF annonce avoir budgétisé à cet effet quelques dizaines de milliards d'euros, alors que la facture finale se comptera certainement en centaines de milliards. A titre de comparaison, la Grande-Bretagne a évalué à 103 milliards d’euros le démantèlement de ses installations, beaucoup moins nombreuses qu'en France.

 Les dirigeants de la centrale ont signifié qu'ils avaient accepté de se conformer à la décision du Conseil d'Etat. Quelques travaux de sécurisation sont en cours et devraient être achevés avant la fin du mois de juin. Les opérations de démantèlement sont donc bel et bien stoppées.
  
 EDF a proposé au Réseau "Sortir du nucléaire" et à son huissier une visite de la centrale, qui aura lieu mardi 19 juin après-midi, pour s'assurer de la mise en oeuvre de la décision de justice.
  
Contact Réseau "Sortir du nucléaire"  : Chantal Cuisnier 06.84.14.58.87
Chantal Cuisnier <chantal.cuisnier@sortirdunucleaire.fr>
REVUE DE PRESSE

La Tribune - 07/06/07 - Chantal Colomer

Nucléaire - Le Conseil d'État sanctionne EDF

 Saisi par le réseau Sortir du nucléaire, le Conseil d'État a annulé hier un décret autorisant le démantèlement de la centrale de Brennilis.
 
 Le Réseau Sortir du nucléaire savoure sa victoire. Saisi par cette dernière, le Conseil d'État a annulé hier un décret gouvernemental du 9 février 2006 autorisant le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis dans le Finistère. Il se range à l'avis du commissaire du gouvernement Yann Aguila qui s'était prononcé à la mi-mai en faveur de l'annulation du décret. La plus haute juridiction administrative a estimé que l'exploitant de la centrale EDF n'avait pas respecté la procédure d'information publique, comme l'y oblige une directive européenne de 1985.
  
 Le maître d'ouvrage doit " fournir une description du projet et des éléments de l'environnement susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet, notamment la population, la faune, la flore, le sol, l'air, l'eau ", précise la directive. EDF a pris " acte de cette décision et s'y conformera ", a déclaré hier l'un de ses porte-parole. Le groupe estime, toutefois, avoir mis ce document à la disposition du public. Mais reconnaît l'avoir fait trop tard : après la publication du décret autorisant le démantèlement. Pourtant, souligne maître Benoist Busson, avocat représentant l'association Sortir du nucléaire, " 700.000 habitants vivaient dans un rayon de 50 km autour de la centrale ".
  
 UNE FACTURE LOURDE. Si cette action ne fait que retarder d'un an le démantèlement de Brennilis, elle doit faire date, estime l'association qui veut " empêcher EDF de bafouer la loi ". Cette centrale de 70 MW fait partie des réacteurs français de la première génération. Les prochains démantèlements seront d'une autre ampleur, portant sur des réacteurs de 900 MW et plus.

 Cette affaire risque de relancer aussi le débat sur les coûts du démantèlement. " La facture se compte en centaines de milliards d'euros et non en dizaines de milliards comme l'annonce EDF ", affirme Sortir du nucléaire. À titre de comparaison, précise-t-elle, " la Grande-Bretagne a évalué à 103 milliards d'euros le démantèlement de ses installations qui sont bien moins nombreuses qu'en France ".
  

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Le Télégramme de Brest - jeudi 7 juin 2007 - Karine Gaonac’h
 
Brennilis. Coup d’arrêt au démantèlement
 
 Le Conseil d’État a donné raison, hier, à l’association Sortir du nucléaire, en annulant le décret du 9 février 2006 autorisant le démantèlement complet de la centrale de Brennilis. Ce texte avait été attaqué par l’association qui voulait ainsi dénoncer l’absence de publication d’une étude d’impact, obligatoire dans un tel dossier.
  
 Le Conseil d’État a tranché. Suivant ainsi les recommandations du commissaire du gouvernement qui a demandé, le 14 mai dernier, l’annulation du décret de février 2006, en raison de « l’absence de mise à disposition du public d’une étude d’impact ».
  
 « Il est urgent d’attendre ». Les différentes phases de la déconstruction de la centrale de Brennilis ont été activées dès sa fermeture, en 1985. En février 2006, EDF, maître d’ouvrage dans ce dossier, est autorisé par décret ministériel à réaliser un « démantèlement total », faisant de Brennilis la première centrale française à être entièrement déconstruite. Cette décision avait entraîné de nombreux commentaires des associations de protection de l’environnement, dont Sortir du nucléaire qui préconisait d’attendre la décroissance de la radioactivité. Soit au moins 40 ans.
  
 « Il est urgent d’attendre », a commenté, hier, Chantal Cuisnier après avoir pris connaissance de la décision du Conseil d’État. « Nous voulons une véritable étude d’impact menée par un organisme indépendant », a rappelé la représentante de Sortir du nucléaire Cornouaille. « Démanteler une centrale n’est pas si simple que cela. Cela pose d’énormes problèmes tant au niveau du stockage des déchets que de la sécurité des personnes qui travaillent sur le site », a soutenu la militante qui a rappelé que Brennilis était « une petite centrale ».
  
 Sortir du nucléaire demande « un arrêt immédiat » des travaux, sinon « EDF serait hors-la-loi ».
  
 Évaluer l’impact. « Nous avons pris acte de la décision du Conseil d’État. Cela ne remet nullement en cause la déconstruction de la centrale. Nous allons rapidement constituer un dossier pour obtenir un nouveau décret », a affirmé Bertrand Dubuis, responsable du site de Brennilis. L’arrêt des travaux n’est cependant pas clairement annoncé : « Une analyse est en cours pour évaluer quel impact cela va avoir sur les entreprises présentes ».
  
 Une centaine de salariés travaillent actuellement sur le site. EDF assure qu’une étude d’impact, réalisée par ses services en 2003 et avalisée par l’État, a bien été publiée, mais après le décret de février 2006. « Il aurait fallu le faire avant », a expliqué Bertrand Dubuis qui n’exclut pas que « des mises à jour de cette étude soient nécessaires ». Elles retarderont d’autant plus un retour au programme initialement prévu.

Le Conseil d’État a mis un coup d’arrêt au démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis dont les différentes phases de déconstruction ont été activées dès la fermeture du site, en 1985. (Photo archives E. Le Droff)
 

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Ouest-France - Finistère - jeudi 07 juin 2007
 
Le démantèlement de Brennilis jugé illégal

 Les représentants de Sortir du Nucléaire, l'association qui a saisi le Conseil d'État, avec Agir pour l'Environnement et le Développement Durable, et Vivre dans les Monts d'Arrée, réclament l'arrêt immédiat du chantier.

Le Conseil d'État a annulé l'autorisation de terminer la démolition de la centrale nucléaire finistérienne. Le public n'a pas été assez informé.

 La plus haute juridiction administrative a, hier, donné raison aux militants du « Réseau sortir du nucléaire ». Les magistrats du Conseil d'État ont annulé le décret pris par le gouvernement, le 9 février 2006, autorisant le démantèlement complet de la centrale électrique des Monts d'Arrée. Ce décret devait permettre de s'attaquer au bâtiment du réacteur, partie la plus radioactive de la centrale arrêtée en 1985, et seul bâtiment encore debout. Le décret précédent, datant de 1996, autorisant un démantèlement partiel, avait permis la démolition d'autres bâtiments. Lancé en 1999, le chantier est prévu pour durer jusqu'en 2018.

 « Un décalage dans le planning ». Les juges ont suivi les recommandations de Yann Aguila, le commissaire du gouvernement, qui est le magistrat chargé d'éclairer le Conseil d'État sur la solution de droit. Lors de l'audience, en mai, il avait rappelé que le ministre de l'Économie aurait dû, avant de prendre ce décret, « soumettre l'étude d'impact à la consultation du public ». Pour Yann Aguila, il appartenait au gouvernement « de tout mettre en oeuvre » pour que les 700 000 habitants des 50 km alentours puissent consulter l'étude d'impact. Ce qui n'a pas été le cas. Pourtant, en 1999, un rapport faisait état « d'un fort risque d'exposition des intervenants aux radiations ». Et posait le problème du stockage des déchets.

 Contrairement aux allégations du ministre, la consultation de « l'observatoire » du démantèlement, rassemblant élus, syndicats, associations et État, « ne répond pas aux objectifs de la directive européenne » qui impose de consulter le public. D'autant moins que l'objet de cet « observatoire » était « d'informer ses membres sur l'avancement des travaux » et pas le public.

 « Une grande victoire pour la démocratie », se réjouit Chantal Cuisnier, de Sortir du Nucléaire, qui exige « l'arrêt immédiat » du chantier. « Un état des lieux approfondi s'impose : évaluer les risques pour la santé du personnel, préciser l'impact sur l'environnement et avancer sur la gestion des déchets. » Une centaine de personnes travaillent sur ce chantier pilote. Son coût est désormais évalué à 482 millions d'euros, soit cinq fois plus que ce que prévoyait EDF initialement.

 « EDF prend acte et s'y conformera strictement, commente Bertrand Dubuis, chef du site de Brennilis. L'annulation entraînera un décalage dans le planning, mais ne remet pas en cause le démantèlement. Nous allons représenter un dossier complet, dans la plus grande transparence, selon nos objectifs fondamentaux : préservation de l'emploi, sécurité, radioprotection et sauvegarde de l'environnement. »


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Le Figaro - jeudi 7 juin 2007
 
Nucléaire : le casse-tête du démantèlement

Neuf centrales françaises sont arrêtées mais pas déconstruites. Le Conseil d'État a stoppé hier le démantèlement de Brennilis.
  
 IL EST plus rapide de s'engager dans la troisième génération du nucléaire (l'EPR à Flamanville) que de démanteler une vieille centrale nucléaire arrêtée depuis plus de vingt ans. C'est ce qui arrive au site de Brennilis, dans le Finistère : hier, le Conseil d'État a annulé le décret gouvernemental du 9 février 2006 autorisant la déconstruction complète de la seule centrale nucléaire implantée en Bretagne.
  
 Mis en service en 1967, Brennilis, unique représentant en France de la filière à eau lourde, a alimenté la région en électricité jusqu'en 1985. Les opérations doivent en théorie durer jusqu'en 2018. Toutefois, après la décision du Conseil d'État, ce calendrier pourrait prendre du retard. Même si, depuis qu'un commissaire du gouvernement avait réclamé l'annulation de ce décret, une telle décision était attendue.
  
 En l'occurrence, le Conseil d'État, saisi par l'association Sortir du nucléaire s'est appuyée sur « l'absence de mise à disposition d'une étude d'impact » des opérations de démantèlement. Autrement dit, une faille dans les procédures d'information qu'EDF va devoir combler. Quand ? L'opérateur historique le dira bientôt. Pour le moment, il se contente d'indiquer qu'il respectera scrupuleusement la décision du Conseil d'État.
  
 Si le dossier est aussi sensible, c'est tout simplement parce que pas moins de neuf centrales nucléaires en France sont en déconstruction. Sur ces neuf sites, un seul, Chinon A1 (qui a fonctionné jusqu'en 1973) a aujourd'hui totalement bouclé le processus : la centrale abrite aujourd'hui un musée.
  
27 milliards d'euros provisionnés
 
 Quant à Brennilis, il s'agit, parmi les huit centrales restantes, du seul site arrivé en phase de niveau 3. Celle-ci recouvre les différentes opérations de démantèlement total : à la fois le démontage, le conditionnement et l'évacuation du bâtiment réacteur et des matériaux et équipement encore radioactifs. Au terme de cette phase, le site peut être réutilisé.
  
 Pour sa part, le niveau 2 (démantèlement partiel) sert en particulier à isoler et à mettre sous surveillance le réacteur. Quant au niveau 1, il s'agit d'une phase de mise à l'arrêt définitif : via notamment le déchargement du combustible.
  
 Toutes ces opérations ont un prix : au 31 décembre 2006, EDF avait estimé à 2,1 milliards d'euros le coût total de la déconstruction de ces neuf centrales, hors opérations de retraitement du combustible. Une enveloppe destinée à croître puisque la fin de la prochaine décennie correspondra au début de la vague de remplacement des centrales actuelles, 19 en tout, soit 58 réacteurs. Celle de Fessenheim, en Alsace, aura précisément 40 ans en 2017.
  
 Même si la durée de vie des réacteurs peut être prolongée au-delà, EDF a provisionné 27 milliards d'euros pour le démantèlement et le retraitement des déchets.
  
 ENVELOPPE. Au 31 décembre 2006, EDF avait estimé à 2,1 milliards d'euros le coût total de la déconstruction de ces neuf centrales, hors opérations de retraitement du combustible.

TRIBUNE

Succès du Réseau "Sortir du nucléaire" devant le Conseil d'Etat : un premier pas
 
 Saisi par le Réseau "Sortir du nucléaire", le Conseil d’Etat a annulé mercredi 6 juin 2007 le décret qui autorisait EDF à procéder au démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère), arrêtée depuis 1985.
 Ce succès du mouvement antinucléaire pourrait avoir des conséquences insoupçonnées. En effet, qu'il s'agisse du dossier du démantèlement des installations nucléaires ou de celui de la construction de nouveaux réacteurs, l'industrie nucléaire n'est peut-être qu'un colosse aux pieds d'argile.
 Si le Réseau "Sortir du nucléaire" s'est attaqué au décret autorisant le démantèlement complet de la centrale de Brennilis, ce n'est bien entendu pas pour contester la nécessité de démanteler les installations nucléaires. Il s'agit en réalité d'empêcher EDF d'abuser l'opinion publique :  en procédant de façon précipitée au démantèlement de ce petit réacteur d'une puissance de 70 MégaWatt (MW), et en prétendant que cette opération se déroule sans difficulté, EDF veut faire croire qu'il serait tout aussi "aisé" de démanteler les réacteurs actuels. Mais ceux-ci sont beaucoup plus gros : 34 réacteurs de 900 MW, 20 de 1300 MW, 4 de 1450 MW. Sans oublier les 8 réacteurs dits de "première génération", arrêtés depuis 20 ans et qui attendent qu'EDF veuille bien s'occuper d'eux.
 De fait, les importantes difficultés d'ores et déjà rencontrées par EDF à Brennilis vont être démultipliées. Ainsi, il n'existe pas actuellement de solution pour les déchets les plus radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis. Il semble que EDF envisage de les expédier vers le centre nucléaire du Bugey (Ain) mais… le site d'entreposage n'existe pas (il est annoncé pour 2015). De toute façon, l'entreposage n'est pas une solution pérenne : si les déchets de Brennilis sont envoyés au Bugey, ils devront tôt ou tard être expédiés ailleurs, ce qui démultipliera les coûts, les transports et les dangers associés.
  
 Tout aussi problématique est la véritable bombe à retardement que constitue, sur le plan financier, le dossier du démantèlement. Ainsi, dans son rapport public 2005, la Cour des comptes a rappelé que la facture annoncée par EDF pour Brennilis est longtemps restée aux alentours de 20 millions d'euros, alors qu'elle atteint aujourd'hui 482 millions (*).
  
 Pour ce qui est du démantèlement de l'ensemble du parc nucléaire, EDF annonce avoir budgétisé 27 milliards d'euros. A titre de comparaison, la Grande-Bretagne a évalué à 103 milliards d'euros le démantèlement de ses propres installations, bien moins nombreuses qu'en France. La facture réelle du démantèlement en France atteindra donc inévitablement le montant incroyable de plusieurs centaines de milliards d'euros.
  
 Si EDF était contrainte de mettre de côté de telles sommes, l'entreprise risquerait la faillite. On comprend alors bien les raisons du mensonge sur le coût réel du démantèlement. Mais, la vérité menaçant d'éclater tôt ou tard, il est prévu de faire disparaître cette épée de Damoclès : en payant une "soulte libératoire", EDF pourrait se débarrasser définitivement, sur le dos de l'Etat (et donc des citoyens), des installations à démanteler.
  
 Bien entendu, quelques années plus tard, le chèque versé par EDF se révèlera d'un montant absolument ridicule par rapport à la facture réelle, mais ce sera trop tard. Il ne s'agit pas là de simple supputations : ce subterfuge a déjà été utilisé concernant les installations du site nucléaire de Marcoule (Gard) qui appartient désormais en totalité au Commissariat à l'énergie atomique (c'est à dire à l'Etat, c'est à dire aux citoyens), les entreprises EDF et Areva s'étant désengagées à bon compte. La soulte étant "libératoire", il n'y a plus de moyen de revenir en arrière.
  
 Appliqué à l'ensemble du parc nucléaire, ce tour de passe-passe aurait des conséquences catastrophiques pour les finances publiques... et inversement bénéfiques pour les profits des actionnaires. Si de puissants financiers parient sur l'avenir d'EDF en bourse, c'est qu'ils ne doutent pas un seul instant que la manoeuvre sera tôt ou tard mise en oeuvre. Mais le Réseau "Sortir du nucléaire" espère la faire échouer, en particulier en informant les citoyens de ce qui se trame dans leur dos. La victoire devant le Conseil d'Etat est un bon début : chacun doit savoir que le dossier du démantèlement plombe l'avenir d'EDF et qu'il ne sera pas facile de se débarrasser du problème sur les citoyens.
  
 Ce succès ouvre aussi d'autres perspectives : les infractions de l'industrie nucléaire sont multiples. Ainsi, le Réseau "Sortir du nucléaire" a bon espoir de voir, dans quelques semaines, le Cour administrative d'Appel de Nantes lui donner raison et annuler le permis de construire du réacteur EPR, qu'EDF entend construire à Flamanville (Manche), en violation de la "Loi Littoral".
  
 On peut citer aussi l'affaire de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), depuis 4 ans sous le coup d'une plainte après avoir fonctionné durant cinq mois en 2003 sans ses autorisations de rejets. Pour le moment, ce sont des militants antinucléaires, qui ont eu le "tort" de revendiquer un procès contre cette centrale, qui sont poursuivis à Bordeaux le 13 juin prochain. Mais la justice pourrait finir par condamner les nombreuses infractions de l'industrie nucléaire. Le Conseil d'Etat a ouvert la voie, les citoyens sont en droit d'attendre d'autres succès.
  
 Stéphane Lhomme
 Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire"
  
 (*) http://www.ccomptes.fr/CC/documents/RPT/RapportRadioactifsnucleaire.pdf
 Pour ne plus recevoir ces informations envoyez un mail vide à : sortirdunucleaire1-unsubscribe@lists.apinc.org
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 17:26
Annulation du démantèlement de la centrale de Brennilis recommandée en Conseil d'Etat

PARIS (AFP) - 14 mai 2007 - L'annulation du décret gouvernemental du 9 février 2006 autorisant le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère), l'une des plus anciennes du parc nucléaire français, a été recommandée lundi devant le Conseil d'Etat.


Le commissaire du gouvernement, magistrat indépendant chargé de dire le droit, a demandé l'annulation du décret en raison de "l'absence de mise à disposition du public d'une étude d'impact" des travaux de démantèlement de la centrale située dans les Monts d'Arrée, qui a fonctionné de 1967 à 1985. Le Conseil d'Etat doit rendre sa décision dans quelques semaines.

Le décret de 2006, permettant un "démantèlement complet" de la centrale, faisait suite à celui de 1996, qui autorisait un démantèlement partiel. Le texte du 9 février 2006, signé par le Premier ministre Dominique de Villepin et les ministres de l'Economie, de l'Industrie et de l'Ecologie, a été attaqué par le réseau Sortir du nucléaire.

Le commissaire du gouvernement Yann Aguila a estimé recevable l'un des motifs d'annulation soulevés par l'association écologiste, mettant en évidence "l'absence de mise à disposition du public d'une étude d'impact" des travaux. "Les centrales nucléaires, y compris leur démantèlement, sont soumises" à cette obligation prévue par une directive européenne de 1985, a rappelé le magistrat.

Réalisée par le maître d'ouvrage, en l'occurence EDF, l'étude d'impact doit contenir un descriptif du projet et de ses conséquences sur l'environnement. Il s'agit "d'offrir au public concerné la possibilité de donner son avis avant que l'autorisation ne soit donnée", a insisté le commissaire du gouvernement.

Or, dans le cas de la centrale de Brennilis, "le démantèlement a bien fait l'objet d'une étude d'impact mais celle-ci n'a pas été mise à la disposition du public avant que l'autorisation de démantèlement ne soit donnée", a fait valoir Yann Aguila, qui a rappelé que 700.000 habitants vivaient dans un rayon de 50 km autour de la centrale.
En conséquence, le décret attaqué doit être jugé "contraire au droit communautaire" et annulé par le Conseil d'Etat. Le magistrat a en outre recommandé à la plus haute juridiction administrative de condamner l'Etat à verser 2.200 euros à Sortir du nucléaire au titre des frais de procédure.

La centrale nucléaire des Monts d'Arrée, à Brennilis, fait partie des réacteurs français de la première génération. Unique exemplaire industriel français de la filière nucléaire à eau lourde, elle a alimenté la Bretagne en électricité de 1967 à 1985. Les opérations de démantèlement doivent durer jusqu'en 2018.
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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 17:29

Le nucléaire ne couvre que 17% de l'énergie consommée en France

Suite aux chiffres erronés annoncés lors de leur débat par M Sarkozy et Mme Royal, le Réseau "Sortir du nucléaire" tient à rappeler quelques données fondamentales :
 
Le nucléaire représente 78% de l'ELECTRICITE produite en France, mais il ne couvre finalement que 17% de l'ENERGIE consommée dans l'hexagone. Le nucléaire représente d'ailleurs à peine 2% de l'énergie consommée sur la planète, ce qui en fait une énergie marginale (bien que le risque nucléaire soit, lui, maximal).
 
Le chiffre de 50% avancé par M. Sarkozy ne correspond tout simplement à rien. Il s'est d'ailleurs aussi lourdement trompé en confondant les générations de réacteurs.(*)
Le chiffre de 17% avancé par Mme Royal correspond à la part du nucléaire dans l'énergie consommée en France et non dans la production d'électricité.
 
Le trio pétrole/gaz/charbon couvre environ de 70% de l'énergie consommée en France (pétrole 45%, gaz 21%, charbon 4%).
 
Contrairement à ce qui est souvent dit, le nucléaire ne représente finalement qu'une petite part de l'énergie consommée en France car il ne peut répondre qu'à des besoins précis et limités.
 
C'est pour cela que la facture énergétique française (sans même compter la facture nucléaire) a doublé en 3 ans : le nucléaire ne protège pas la France de l'envolée du prix de l'énergie... mais il fait par contre courir un véritable risque à l'ensemble du pays (en cas d'accident nucléaire)
 
De plus, la facture nucléaire s'annonce elle aussi très lourde (démantèlement des installations, gestion des déchets) : plusieurs centaines de milliards d'euros.
 
En résumé, le nucléaire est une énergie trop marginale pour pouvoir protéger la France de la montée du prix de l'énergie, et le nucléaire s'avère finalement une très mauvaise affaire financière pour la France.

(*) N. Sarkozy a également confondu la 3ème et la 4ème génération de réacteurs nucléaires.
Cette incompétence est d’autant plus surprenante que c'est M. Sarkozy, lorsqu'il était ministre de l'économie en 2005, qui a lancé le projet EPR, dit de 3ème génération, que M Sarkozy croit être de 4ème génération.
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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 16:55

Le réacteur nucléaire EPR n’est pas la solution à l’avenir énergétique de la France

A la veille des élections présidentielle et législatives de 2007, moment clé de notre démocratie, il est encore temps d’arrêter la construction de l’EPR à Flamanville, en Basse Normandie.

La décision de construire l’EPR bafoue la démocratie.

Ne vous y trompez pas : si l’EPR est construit, il sera bientôt suivi par plusieurs dizaines de nouveaux réacteurs nucléaires partout en France. C’est le renouvellement du parc nucléaire tout entier qui est en jeu aujourd’hui.

L’EPR est aussi dangereux que les réacteurs nucléaires actuels. Accident nucléaire, déchets nucléaires, rejets radioactifs, prolifération et vulnérabilité aux attentats : il n'existe pas de solution à ces risques.

L’énergie, c’est l’affaire de tous !

L’avenir énergétique de la France doit être choisi par tous les Français et non par le lobby pro-nucléaire qui défend exclusivement ses intérêts. 84% des Français plaident en faveur des énergies renouvelables et 77% d’entre eux souhaitent que la maîtrise de l’énergie soit développée (sondage BVA 21-22 juillet 2006). Seules la sobriété énergétique et les énergies renouvelables permettent de lutter contre le changement climatique, assurant ainsi un avenir aux générations futures.

Si l’EPR est construit, la France restera prisonnière d’un modèle énergétique dépassé, centralisé, polluant et dangereux.

A nous d’agir ! Pour qu’ils ne construisent pas l’EPR, nous devons être le plus nombreux possible à manifester.

Faites entendre votre voix le 17 mars !


Matériel de campagne, informations et départs groupés : www.stop-epr.org

E-mail : jocelyn@stop-epr.org

Tél : 02 23 46 10 13

Fax : 02 99 33 05 95

Envoyez vos dons (déductibles à 66 % de vos impôts) à :

Stop EPR - 9, rue Dumenge

69317 Lyon Cedex 04

Chèque à l’ordre de “Stop EPR”

Vous recevrez un reçu fiscal.


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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 19:26

              Contre la censure,
publions le document
Confidentiel Défense sur l'EPR


A l’appel de Greenpeace France et du Réseau Sortir du Nucléaire .

Nous, citoyens, associations, élus, partis politiques déclarons solennellement être en possession du document Confidentiel Défense émanant d’EDF et portant sur la résistance de l’EPR aux chutes d’avion de ligne que la DST est allé chercher chez Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire, au cours d’une perquisition le mardi 16 mai 2006.

Stéphane Lhomme a été remis en liberté après plus de 14h de garde à vue et la DST a procédé à de nombreuses saisies à son domicile personnel (ordinateurs, téléphone portable...).

Nous publions ce document confidentiel sur nos sites internet, publications ou tout autre moyen de rendre public ce document et encourrons à ce titre 75 000 euros d'amende et 5 ans de prison.

Ainsi, nous nous élevons  pour que cessent les attaques contre le droit à l’information des citoyens dans notre pays et la répression des opposants. C’est aujourd’hui ceux qui dissimulent les informations qui devraient être poursuivis.

Nous appelons tous les citoyens à télécharger ce document et à le publier le plus largement autour de soi.

Le document confidentiel défense est publié ce jour sur les sites internet suivants:

- Greenpeace France :
http://www.greenpeace.org/france/
- Réseau “Sortir du nucléaire” : http://www.sortirdunucleaire.fr
- Helène Flautre, présidente de la sous-commission des Droits de l'Homme au Parlement Européen :
http://www.flautre.net/article.php3?id_article=235
- Groupe des députés Verts au Parlement européen :http://www.verts-ale.org/index.htm
- Les Verts France : http://lesverts.fr/
- Dominique Voynet (sénatrice) : http://dominiquevoynet.net/
- Jean Dessessard (sénateur) :http://www.desessard-senateur.org/article151.html
- Noël Mamère (député) : http://noelmamere.org/
- Martine Billard (député) : http://martinebillard.org
- Yves Cochet (député) : http://yvescochet.net
- World Information Service on Energy - WISE Amsterdam :http://www.antenna.nl/wise/

Contacts presse :
- Stéphane Lhomme (Réseau “Sortir du nucléaire”) :
06 60 72 09 73 ou 05 57 95 69 33
- Hélène Gassin (Greenpeace) : 06 73 89 23 14 ou 01 44 64 02 05
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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 22:14
Document confidentiel défense sur l’EPR
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Mise en examen par la DST
d’un porte parole
du Réseau “Sortir du nucléaire”


Ce matin à 8 h, la Direction de la sureté du territoire (DST) a mené une perquisition dans l’appartement de Stéphane Lhomme, porte parole du Réseau “Sortir du nucléaire” et auteur du livre “L’insécurité nucléaire. Bientôt un Tchernobyl en France ?” (Editions Yves Michel).

Stéphane Lhomme a été en garde à vue au Commissariat central de police de Bordeaux pour une durée indéterminée. Il est soupconné de détenir un document confidentiel défense qui démontre la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash suicide d’un avion de ligne. L’affaire est entre les mains de la section anti-terroriste du Parquet de Paris.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce cette arrestation et demande la libération immédiate de son porte parole.

Le Réseau “Sortir du nucléaire” avait publié en septembre 2005 une lettre d’un responsable d’EDF (non couverte par le secret défense) faisant état de ce document confidentiel défense (voir : http://www.sortirdunucleaire.fr). Lors du débat public sur l’EPR qui s’est terminé début avril 2006, la CPDP (Commission nationale du débat public) avait censuré un passage de la contribution écrite du Réseau “Sortir du nucléaire” faisant état de ce document confidentiel défense.

Cette affaire démontre une fois de plus toute l’opacité et la censure concernant le nucléaire.

Les citoyens sont en droit de connaître la vérité sur le nucléaire et en particulier sur l'EPR. Le Réseau “Sortir du nucléaire” demande à l'Etat de "déclassifier" le document Confidentiel défense sur l'EPR afin que la vérité soit faite sur ce réacteur.

Nous assistons actuellement à un véritable passage en force du lobby nucléaire qui tente par tous les moyens d’imposer la relance du nucléaire en France avec la construction d’un nouveau réacteur nucléaire EPR. Le 15 mai 2006, le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé que l'enquête publique sur la construction par EDF du réacteur EPR sera lancée "avant l'été". Après le succès du rassemblement de Cherbourg contre l’EPR le 15 avril 2006 qui a rassemblé 30 000 personnes, le gouvernement tente de rendre inéluctable la construction de l’EPR avant les prochaines élections présidentielles et législatives de 2007.

Alors qu’une très grande majorité de l’opinion publique est opposée à la construction de nouvelles centrales nucléaires en France, le Réseau “Sortir du nucléaire” dénonce ce passage en force du gouvernement qui tente de museler l’information citoyenne par une criminalisation de l’action associative. La perquisition, l’arrestation et la garde à vue d’un porte parole du Réseau Sortir du nucléaire, Fédération de 720 association, en est la preuve flagrante.

Contacts presse :

- Philippe REULET (avocat) : 06 07 06 55 69
- Didier ANGER (porte parole du réseau Sortir du nucléaire dans la Manche) : 06 80 23 39 45
- Philippe BROUSSE (Directeur et porte parole du Réseau “Sortir du nucléaire”) : 06 68 86 89 21
- Stéphane LHOMME (dès sa sortie de garde à vue) : 06 64 100 333

BORDEAUX/PARIS (Agence Reuters)
- Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau écologiste "Sortir du nucléaire", a été arrêté et placé en garde à vue mardi à Bordeaux par la Direction de la surveillance du territoire (DST), apprend-on de source judiciaire.

Il est soupçonné de détenir un document classé "confidentiel-défense" sur le réseau nucléaire EDF. L'opération a été ordonnée par le parquet de Paris dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "compromission du secret de la
défense nationale".
La DST a perquisitionné à son domicile dans le but de retrouver le document en question, diffusé par "Sortir du nucléaire" sur son site web.
La nature de ce document n'a pas été dévoilée dans l'immédiat.
L'organisation écologiste avait notamment publié en février dernier des documents EDF présentés comme classés "confidentiel", qui montraient selon elle que l'EPR, nouveau type de réacteur nucléaire, ne résisterait pas au choc d'un avion lors d'un attentat suicide avec un avion. Elle a aussi publié d'autres documents montrant, selon elle, que certaines pièces des circuits de refroidissement de secours de 34 centrales nucléaires EDF ne sont pas en conformité.
Stéphane Lhomme est le beau-frère de José Bové, ancien leader de la Confédération paysanne. Il a déjà été arrêté à plusieurs reprises après des manifestations contre le nucléaire.
Le délit de compromission du secret de la défense nationale est passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d'amende.
Le député-maire écologiste de Bègles, Noël Mamère, a jugé l'arrestation de Stéphane Lhomme "scandaleuse".
"Pendant que les plus hauts responsables de l'Etat instrumentalisent les services secrets français pour leurs barbouzeries, on arrête Stéphane Lhomme, militant anti-nucléaire pour atteinte au secret défense comme s'il s'agissait d'un dangereux terroriste", a-t-il dit à Reuters. "C'est la preuve que le pouvoir préfère l'opacité à la transparence en matière nucléaire", a-t-il ajouté.


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