Le Blog des Alternatifs Vallée des Paillons (06) diffuse des informations, des débats, des appels, au service des mobilisations populaires et de l'alternative politique anticapitaliste et antilibérale
Une délégation de 8 faucheurs et faucheuses volontaires (Magalie Christophe, Jacques Dandelot, Christine Thelen, Franciska Soler, Jean Baptiste Libouban, Agnès Renaudon, José Bové, Patrice Goutagny) accompagnée d’un éminent conseiller technique, Michel Dupont (animateur Confédération Paysanne) a été reçue mardi 31 juillet au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables par Marie Claire DAVEU – directrice de cabinet de Nathalie KOSCIUSKO-MORISSET, Sandrine SEGOVIA-KUENY – conseillère technique -, Patricia BLANC –service prévention environnement , chargée du suivi du dossier OGM- et Bérangère BAZIN.
Nathalie KOSCIUSKO-MORISSET a souhaité voir en personne José BOVE. Un échange de prêt d’une heure. Ils ont aussi joint par téléphone Jean Louis BORLOO.
1° - Rencontre de la délégation
D’emblée, MC DAVEU a présenté les objectifs que le ministre –JL BORLOO- s’est fixé pour cette rencontre : « entendre l’ensemble des éléments que vous souhaitez porter à notre connaissance ». c’est ce que nous nous sommes employés à faire.
Au préalable, après une présentation de l’historique du mouvement des faucheurs volontaires, MC DAVEU a exprimé le désaccord du ministère quant aux actions illégales que nous menons « nous ne pouvons être d’accord sur le non respect de la loi ».
L’analyse que nous faisons de cette entrevue :
les réponses aux questions que nous avons évoquées (débat, moratoire, arrêt des cultures actuelles…) ont vite été « ficelées » par la référence quasi-permanente au Grenelle de l’Environnement : « nous sommes dans une situation de dialogue avec le Grenelle où le sujet des OGM sera abordé dans toutes ses dimensions », « moment privilégié de concertation où les sujets seront abordés sans tabous ni préjugés », « des décisions fortes vont être prises, les groupes de travail sont là pour innover », « il faut s’engager, changer les choses »…
nous sortons avec le sentiment que nous maîtrisons mieux certains aspects du dossier que les « spécialistes », tout au moins les « conseillers techniques », particulièrement en ce qui concerne des aspects techniques, réglementaires, suivi…, nous sommes même fortement invités à « faire des propositions si vous considérez que des modifications doivent être apportées, si vous avez repérer des faiblesses ».
Ces demandes apparaissent lorsqu’il est fait état :
des insuffisances du registre national
de la non application du plan de bio vigilance et la contamination qui en découle
de l’absence de transparence au niveau des cultures, des transports, de la commercialisation, de l’étiquetage, de la traçabilité…
Nous avons démontré qu’aujourd’hui, nous n’en étions plus à proposer ou venir chercher des réponses techniques mais politiques, que l’alerte et les faiblesses avaient déjà été évoquées lors des différentes procédures engagées par les FV mais aussi par d’autres organisations, qu’il n’est pas envisageable de pouvoir pallier immédiatement les carences de missions et de moyens (humains et financiers) des différents organismes d’Etat concernés par le suivi des OGM (DRAF, SRPV…) sauf à décréter l’état d’urgence ! et ce, bien avant les débats prévus en octobre lors du Grenelle de l’Environnement. Le ministère n’a pas mesuré l’ampleur de la situation actuelle, causé entre autres par les cultures commerciales. Sa position d’attendre le Grenelle a été démontée. Le gouvernement est dans une impasse et craint pour son Grenelle.
Il y a donc URGENCE à ce que l’Etat assume sa responsabilité (en accord, entre autre) avec le choix affirmé de multiplier par 5 les productions bio), en s’engageant à faire détruire les parcelles ensemencées pour éviter la contamination.
Quelques remarques subsidiaires :
de la part des FV :
la filière non OGM : une chance économique pour la France et pour l’Europe
tout faire pour éviter que le processus de contamination ne s’enclenche davantage (exemple de l’Espagne)
du ministère :
« nous ne cautionnons pas les actions qui ne respectent pas la loi » mais « la loi n’est pas immuable, on peut la changer ».
« nous avons la chance d’avoir maintenant un grand ministère, avec un ministre d’Etat qui a de l’influence sur ses collègues »
« avec ce nouveau gouvernement, il faut que chacune des sensibilités puissent s’exprimer, nous recherchons le dialogue »
« si vous en êtes d’accord, je peux transmettre le dossier (qu’on a remis NDRL) aux différents groupes de travail du Grenelle »
la position de la France à l’Europe concernant toute nouvelle autorisation « quand il y a le moindre risque, la France vote non, quand il n’y a pas de risques, la France s’abstient »
A la fin de l’entrevue, qui a duré 2 heures, MC DAVEU affirme qu’elle « a bien compris votre message, je vais le transmettre rapidement ».
Nous avons réaffirmé que sans un geste fort du gouvernement les faucheurs volontaires continueront les actions engagées pour dénoncer les aberrations des OGM et les carences de l’Etat.
Agnès, Patrice.
2° - Rencontre José Bové
La rencontre avec Nathalie Kosciusko-Morisset a porté sur les mêmes sujets que le reste de la délégation.
Même si le ton était courtois, j'ai senti un certain embarras.
Tout d'abord par rapport au débat sur les OGM, aucune décision n'est prévue et tout est renvoyé au Grenelle sans aucune proposition concrète. Face aux risques de dissémination : pollen, récolte, transport ou stockage, rien n'a été prévu !
Ensuite par rapport aux condamnations et aux peines à effectuer (J. Emile et moi-même): le fait que j'ai annoncé le refus de tout aménagement qui me priverait de la possibilité d'agir (aménagement = réinsertion dans la société : je ne me sens pas concerné), alors que Sarkozy refuse pour sa part toute loi d'amnistie globale pour les faits sociaux ou environnementaux, met le Ministère en difficulté.
Difficultés : risque de sortie du Grenelle des associations en cas d'incarcération, mauvaise image de marque car aucun projet écologique sérieux, risque de renforcement des actions sur le terrain, etc.
Suite à cette entrevue et à l'entretien téléphonique avec J. L. Borloo, mon sentiment est que l'avenir du moratoire dépend plus que jamais de notre capacité à agir.
José.