Le Blog des Alternatifs Vallée des Paillons (06) diffuse des informations, des débats, des appels, au service des mobilisations populaires et de l'alternative politique anticapitaliste et antilibérale
On ne travaille pas plus longtemps
On subit une baisse importante de la pension.
Gouvernement et patronat se moquent des salarié(e)s. Les chiffres démontrent que la notion du « travailler plus longtemps» est en décalage avec la réalité du travail :
37 ans
C’est la moyenne actuelle de durée des cotisations des salarié(e)s
57,5 ans
C’est l’âge moyen de cessation d’activité des salarié(e)s dans le privé.
57% des salarié(e)s ne sont plus en activité lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite (préretraite, chômage, invalidité ou longue maladie). En 1983, ils n’étaient que 40% dans ce cas : la réforme, qui soi-disant incite à cotiser plus longtemps, n’a rien changé.
Avec les réformes de 1993 et 2003, les salariés ne peuvent bénéficier d’une retraite à taux plein qu’avec 40, bientôt 41 et ensuite 42 ans de cotisation. Sauf exception, personne ne peut travailler autant et la pension, calculée en proportion du nombre d’années travaillées, baisse au fur et à mesure. Et comme c’est encore trop pour le gouvernement et le patronat, ils ont ajouté une pénalité supplémentaire : la pension est réduite de 5% par année manquante. Le pensionné moyen, qui n’a réussi à cotiser que 37 ans, subit une réduction de 3 ans x 5% = 15% de sa pension. Il touche ainsi moins de 59% de son salaire.
L'entrée de plus en plus tardive des jeunes dans le monde du travail, la persistance d'un taux de chômage élevé, la multiplication des situations de précarité... tout cela rend de plus en plus aléatoire la possibilité d'avoir son nombre d'annuités au complet. Cela devenait déjà difficile avec 37,5 annuités, ce sera quasi impossible avec 40, 41 ou 42 annuités. Il y aura une baisse de la pension au titre des annuités manquantes aggravée d'une baisse due à la décote.
Le système par répartition est basé sur un double principe de solidarité : les actifs cotisent pour les retraités, les plus anciens laissent la place aux plus jeunes. Ce double principe est détruit par les réformes précédentes et celles annoncées par le gouvernement !
Telles sont les conséquences de ces réformes imposées aux salariés pour soi-disant sauver la retraite par répartition. Au nom de la productivité et de l’atteinte d’objectifs souvent surréalistes, les patrons n’hésitent pas à se débarrasser de salariés vieillissants, moins productifs, plus souvent absents, mieux rémunérés. Ce sont ces mêmes patrons qui, par la voix du MEDEF, exigent une durée de cotisations de 45 ans.
La majorité des personnes part donc déjà et partira de plus en plus à la retraite avec des pensions réduites. Cette tendance ne peut que s’aggraver car l’entrée des jeunes dans la vie active est de plus en plus tardive. Les salarié-e-s seront donc toujours plus nombreux à ne pas bénéficier d’une retraite complète.
Celles et ceux qui en auront les moyens auront recours aux assurances privées, aux fonds de pension, en espérant que, quelques dizaines d’années plus tard, les aléas de la spéculation leur permettront de récupérer leur capital et un peu d’intérêts.