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Le Blog des Alternatifs Vallée des Paillons (06) diffuse des informations, des débats, des appels, au service des mobilisations populaires et de l'alternative politique anticapitaliste et antilibérale

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Sarkozy vomi par l'opinion publique africaine

Parti peaufiner en Afrique son image de présidentiable, Sarkozy semble avoir manqué son but. Sa loi est bien comprise par les opinions publiques comme raciste et xénophobe. Cela lui permet néanmoins de donner des gages à l'électorat qu'il convoite, celui de Le Pen. La presse malienne n'est pas tendre pour les gouvernements français. Il faut dire que les exemples d'expulsions contre des ressortissants maliens sont nombreux: ce sont eux qui avaient inauguré les tristement célèbres "charters" de Pasqua!

Nicolas Sarkozy,
Le moins Français des Français
(Les Echos, Bamako)

L’actuel ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, enfant issu lui-même de l’immigration - ses parents sont d’anciens ressortissants d’un des pays d’Europe de l’Est - est chargé de pister les nègres et au besoin de les casser. Naturellement, deux pique-assiettes ne pouvant, autour de la même table, se souffrir, il fait du zèle, lui le moins Français de la bande de Chirac.

Depuis 1960 la visite d’un ministre français de l’Intérieur - ils ne furent pas nombreux à venir - au Mali constitue en elle-même un événement, le plus souvent sur le mode majeur. La présence de nombreux ressortissants Maliens dans ce pays donne aux visites des dirigeants français une tournure qu’elles ne prennent pas dans d’autres pays.

Dans cette affaire, c’est la France, la première, qui fut demandeuse de main-d’œuvre bon marché à partir de 1945 pour sa reconstruction et les Maliens, aussi bien que beaucoup d’autres Africains, y ont répondu nombreux. Mais à partir de 1974-1975, peut être même avant, estimant sa reconstruction terminée, la France, unilatéralement, décida de verrouiller ses frontières et, pire, de renvoyer chez eux certains des nombreux Maliens qui s’y trouvaient.

Pendant ce temps, d’autres, gueulant leur faim et leur soif pour cause de sous-emploi et de chômage, demandaient à rentrer en France et à y rester coûte que coûte, d’où la chanson de Salif Kéita « Nous pas bouger » qui fit un tabac dans la sous-région. Depuis cette période, la France entretient avec ce pays des relations diplomatiques difficiles dues essentiellement aux traitements inhumains quotidiennement infligés par les autorités françaises à nos compatriotes résidant dans ce pays.

Déjà sous Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) on eut droit à quelques expulsions spectaculaires qui ne firent pleurer que les seules familles des expulsés. Des Maliens, ramassés dans les rues, d’autres pris par la police française dans les cafés, ont été jetés dans les avions de fortune, dans les conditions indescriptibles, en partance pour l’Afrique et ramenés presque manu militari au pays.

Les dirigeants Maliens eurent beau protester à la violation des accords de coopération liant les deux pays, on les prit pour des imams fainéants prêchant dans le désert. Même le long règne des socialistes français (1981-1995) n’épargna pas les immigrés Maliens. Non seulement les autorités françaises filtrèrent sévèrement les entrées, mais avec démagogie continuèrent d’expulser.

Pire, il fut demandé aux responsables maliens de récupérer certains de leurs enfants nés sur le sol français et appelés pour cette raison les immigrés de la 2e génération ou les enfants issus de l’immigration. Les dirigeants socialistes firent néanmoins un effort en inventant, pour freiner les flux migratoires en direction de leur pays, la notion de co-développement, mais ce ne fut qu’un enfant mort né parce que, aussi bien ses concepteurs que ceux qu’elle était censée aider, ne s’en préoccupèrent guère.

Revenue au pouvoir dans les années 1995-1996, la droite française estima le pays archi-plein de nègres - de Maliens donc - et qu’il fallait en mettre dehors pour permettre aux Français de bien respirer l’air de la Méditerranée. Depuis, c’est la chasse aux nègres dans les pays de France et de Navarre. Les ministres de l’Intérieur ne sont maintenus en fonction que quand le dossier de l’immigration est bien tenu par eux et qu’au moins par trimestre un avion atterrit à Bamako rempli de sans papiers. L’on dit chez nous que « si tu veux que ton bien ne soit pas volé, confie le à un voleur ».

L’actuel ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, enfant issu lui-même de l’immigration - ses parents sont d’anciens ressortissants d’un des pays d’Europe de l’Est - est chargé de pister les nègres et au besoin de les casser. Naturellement, deux pique-assiettes ne pouvant, autour de la même table, se souffrir, il fait du zèle, lui le moins Français de la bande de Chirac. D’où sa formule fumeuse de l’immigration choisie qui pue à pleins gaz de la xénophobie et qui, sortie de la bouche d’un Jean-Marie Le Pen, eût été mieux comprise, mais pas de la sienne à lui, l’enfant des Balkans. Mais en matière de politique d’immigration, les dirigeants français, qu’ils soient de gauche ou de droite, se retrouvent d’accord autour de la même table et se reconduisent comme bonnet blanc et blanc bonnet.

Facoh Donki Diarra (ISH Bamako)



MOUSSA WANGARA

Une victime pantelante de la loi sur l’immigration

Ce n’est pas de gaieté de cœur que les Maliens vont à l’étranger. La nécessité faisant monter le singe sur l’arbre épineux, ils s’y établissent afin d’aider les parents à s’affranchir de la dictature de la pauvreté et par voie de conséquence à sortir le pays du sous-développement. C’est pourquoi ils acceptent d’être toisés du regard, de subir toutes sortes de brimades... jusqu’à leur expulsion sans ménagement. L’odyssée de Moussa Wangara, une victime de fraîche date de Nicolas Sarkozy.

Du haut de ses 182 cm, Moussa Wangara, ressortissant de la région de Kayes avait choisi la France pour lutter contre la pauvreté ambiante dans laquelle lui et les siens vivent depuis des années. Arrivé à Montreuil en 2002, il élut domicile, rue Bara, dans un foyer d’émigrés en France.

Volontaire et déterminé à travailler dur pour aider sa famille et partant son village pour un mieux-être, M. Wangara, un colosse de 32 ans n’avait pas d’autre choix : travailler honnêtement pour se faire beaucoup d’argent et retourner au bercail.

Sans qualification, il a œuvré dans le secteur des BTP précisément dans le démolissage de vieux bâtiments. Avec un revenu mensuel de 615 euros, soit environ 402 000 F CFA, quatre ans de labeur lui avaient suffi pour arriver à payer les impôts de sa famille, à éponger les dettes contractées par son père pour faire face aux dépenses quotidiennes, à acheter quelques bœufs et à participer à la construction d’une maternité et d’une école de trois classes dans son village natal.

Sans papier, donc en situation irrégulière, Wangara vivait en France la peur au ventre. « Tous les jours je priais Dieu pour qu’on ne me prenne pas », dit-il ajoutant qu’il a fait quatre années sans jamais avoir d’accros avec qui que ce soit. « Il fallait tout accepter, même les injures », témoigne-t-il.

Sympathique et peu bavard, M. Wangara impute son expulsion, il y a 2 mois de cela à son nouveau patron qui n’autorisait jamais les musulmans à prier aux heures de travail. « On se cachait, un à un, on priait sans qu’il ne se rende compte. Un jour, il m’a surpris en train d’accomplir ma prière d’Al Asr. Il a piqué une colère vive et m’a qualifié de terroriste. Et depuis ce jour une mésentente s’est installée entre nous », dit-il les larmes aux yeux.

Espoir brisé

Dans la nuit de jeudi 2 mars dernier vers 20 h ,au moment où il s’apprêtait à emprunter le métro, Wangara a été apostrophé par deux flics qui l’attendaient vraisemblablement. Il fut arrêté et embarqué manu militari, menottes aux mains comme un vulgaire voleur.

« La terre s’écroulait sous mes pieds », raconte-t-il ajoutant que des Français n’ont aucun respect pour les Africains. « Dix jours après on m’embarqua dans un avion pour Bamako. Je n’ai même pas eu droit d’aller rechercher mes bagages ».

Il ne récupérera ses bagages que grâce à la solidarité malienne. De plus, ses « frères » ont cotisé pour lui envoyer l’équivalent de deux mois de salaire.

Wangara garde un mauvais souvenir de la France à cause de la loi sur l’immigration initiée par Nicolas Sarkozy qui, à ses dires, n’est pas Français d’origine. « Les autorités françaises se servent de lui. La France n’est pas reconnaissante à l’Afrique qui lui a tout donné. Sarkozy finira comme Edouard Balladur, Pierre Bérégovoy et autres Charles Pasqua ».

Entreprenant et courageux et en bon Soninké, Wangara ambitionne aujourd’hui de rentrer aux USA pour, dit-il, continuer son combat contre le sous-développement dans son pays.

Idrissa Sako

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