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Dans le catalogue des mesures que devrait prendre un gouvernement "vraiment de gauche", imaginé par le Collectif national pour un rassemblement antilibéral, le chapitre consacré au nucléaire explique que, pour trancher le différend entre sortie du nucléaire et maintien d'un nucléaire sécurisé, "un référendum populaire" sera organisé à l'issue d'un "débat national sur la politique énergétique". Pendant la durée de ce débat public - pas moins de deux à trois ans, reconnaissent les intéressés -, "un moratoire sur la construction de tout nouveau réacteur" sera décrété. En clair, le sort du réacteur EPR est suspendu à cette consultation. Mieux encore, la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne de l'Hexagone, "sera fermée" car "elle ne garantit pas la sécurité des conditions de travail et de vie des populations", précise le texte.
Le compromis, poussé par Francine Bavay, vice-présidente de la région Ile-de-France, a été bouclé en tête-à-tête avec Patrice Cohen-Seat, proche conseiller de Marie-George Buffet. Les écolos voulaient pouvoir démontrer leur influence en faveur de solutions "durables" sur un des points de désaccord entre les partisans de la candidature unitaire. Les communistes étaient prêts à faire un bout de chemin pour faire la preuve de leur virage "écolo", entamé à leur congrès du Bourget en mars. Yves Salesse, président de la Fondation Copernic et artisan de la première version, a laissé faire.
"Nous sommes convaincus que le nucléaire n'est plus la solution unique. C'est une question qu'on ne se posait pas il y a dix ans", reconnaît Alain Hayot, membre de l'exécutif responsable du développement durable. "C'est un pas énorme, se réjouit Mme Bavay. Accepter de fermer une centrale, c'est déjà un début de sortie du nucléaire."