Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Blog des Alternatifs Vallée des Paillons (06) diffuse des informations, des débats, des appels, au service des mobilisations populaires et de l'alternative politique anticapitaliste et antilibérale

Publicité

Une comparaison entre sondages et résultats lors des précédentes présidentielles

En avril, ne te découvre pas d'un fil.

Guy Birnenbaum

Plus que deux semaines...

Si l'on observe à la loupe la différence entre les intentions de vote une quinzaine de jours avant toutes les élections présidentielles depuis 1981 et les résultats réels de ces élections, il y a, à chaque fois, de 2 à 4% de différence entre les prévisions et les résultats concernant les scores des trois premiers [je me suis limité à la Sofrès - devenu TNS-Sofrès - qui reste une référence].

De 2 à 4 %.

De quoi largement faire basculer - et dans absolument tous les sens - le premier tour d'une élection aussi serrée que celle que nous allons vivre dans quinze jours précisément. Et serrée, cette fois, non pas entre trois candidats mais, en vérité, entre quatre !

Autant dire que ce flash-back est instructif et qu'il permet de comprendre pourquoi le premier tour n'est absolument pas joué. 

 

En avril 2002, Lionel Jospin était encore donné à 19% même s'il baissait (comme en 1995...). Il allait pourtant mourir trois point plus bas le jour de l'élection. Même punition pour Jacques Chirac qui allait lui perdre quatre points entre les sondages (24%) et le résultat (19,9). C'est Jean-Marie Le Pen, bien évidemment, qui profitait de l'écart ; donné à 12 ou 13%, il avait en fait 16,9%.

Donc en 2002, à la même distance du scrutin, l'ordre d'arrivée donné par les sondages est faux.

Le troisième (Le Pen) sera le deuxième avec 4% de plus que prévu.

le deuxième (Jospin) sera le troisième avec 3% de moins.

Et le premier est bien le premier, mais avec 4% de moins.

Il y a bien jusqu'à 4% de différence entre sondages et résultat. 

 

Entre le 4 et le 10 avril 1995, Lionel Jospin était généralement donné deuxième du scrutin avec à peu près 21%. Il était apparemment plutôt en baisse si l'on observe la fameuse "tendance" dont les sondeurs nous rebattent les oreilles. Il allait pourtant finir à 23,3% et en tête au premier tour ! Jacques Chirac qui avait, lui, juste doublé Édouard Balladur dans toutes les enquêtes à peu près un mois et demi plus tôt, était généralement entre 24 et 26%. Son score le jour de l'élection ? 20,8%. Et la deuxième place. 

Donc en 1995, à la même distance du scrutin, l'ordre d'arrivée donné par les sondages est faux.

Le deuxième (Jospin) est premier avec 2% de plus que prévu.

Le premier (Chirac) est deuxième avec 4% de moins qu'attendu.

Le troisième (Balladur) est avec 18,6% à peu près au même niveau que ce que prévoient les enquêtes depuis trois semaines environ, mais auparavant, il avait été donné largement gagnant depuis...un an !!!

Il y a bien entre 2 et 4 % d'écart entre sondages et résultat. 

 

Remontons à 1988. Toujours aux mêmes dates. François Mitterrand est à 36%. Il sera en fait 2% plus bas. Jacques Chirac est à 23,5%, il finira plus de 3% plus bas, à 19,9 ! Raymond Barre troisième est, lui, à peu de choses près au niveau prévu par les enquêtes depuis un mois et demi.

Donc en 1988, à la même distance du scrutin, l'ordre d'arrivée donné par les sondages est juste. 

Mais nous retrouvons toujours nos 2 à 4 % de différence entre les sondages et le résultat. 

 

Et en avril 1981 ?

Eh bien, VGE est à 27,5%, il fera 28,3%. En revanche, François Mitterrand, aparemment en baisse à 22% va obtenir près de 4% de plus avec 25,8. Quant à Georges Marchais, il y a aussi trois points d'écart entre le sondage (18,5%) et le résultat (15,3%), mais dans l'autre sens.

Donc en 1981, à la même distance du scrutin, l'ordre d'arrivée donné par les sondages est juste. 

Mais nous retrouvons toujours nos 2 à 4% de différence entre le sondage et le résultat.

 

Pour nous amuser, car c'était un autre temps, finissons par le 9 avril 1974. 

François Mitterrand est à 36%, il fera 43,2%. Chaban-Delmas, donné à 26% finira à 15,1%. Et VGE donné à 27% obtiendra 32,6%.

Il n'est pas nécessaire ici de pointer la différence entre sondages et résultats. 

 

Est-il vraiment utile de conclure ?

Et d'inviter chacun à la raison ? 

De rappeler qu'en 1995 et en 2002, les sondeurs n'ont pas prévu le bon ordre d'arrivée? 

Au moment où l'écart entre la "deuxième" (Royal) et le "troisième" (Bayrou) est ce qu'il est, qui peut prétendre prédire sérieusement quoi que ce soit ?  

Et je n'évoque même pas la surestimation probable de Nicolas Sarkozy qui peut le rapprocher de la "deuxième".

Ni la sous-estimation évidente de Le Pen qui peut le rapprocher du "troisième".

Bref, jamais une Présidentielle n'a été aussi ouverte depuis trente ans et il y aura, cette fois encore, de 2 à 4% de différence entre les sondages quinze jours avant et le résultat du scrutin.

Reste à savoir dans quels sens...

 

Source:

http://birenbaum.blog.20minutes.fr/

archive/2007/04/08/avril.html

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article