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Un journaliste d'investigation, Jean-François Roubaud, se présentant comme amateur d'armes, a contacté un trafiquant qui lui a présenté un pistolet mitrailleur uzi et un kalachnikov, cachés au fond du coffre d'une voiture. "Comme il a augmenté les prix, l'affaire ne s'est pas faite", précise le journaliste, disposant de 800 euros fournis par le quotidien.
L'auteur de l'article et son rédacteur en chef ont été interrogés par la PJ durant, respectivement, cinq et trois heures. Ce qui a provoqué la protestation de Michel Comboul dans Nice-Matin, le 10 avril. Malgré sa confirmation de la réalité des ventes d'armes de guerre dans les Alpes-Maritimes, il s'insurge contre le caractère disproportionné de ces auditions : "Nous pensons que la justice a clairement outrepassé ses droits".
"UN SECRET DE POLICHINELLE"
Le procureur M. de Montgolfier a demandé un droit de réponse, publié jeudi 12 avril, dans le quotidien. Il assure n'avoir fait qu'exercer ses attributions "en demandant des comptes à ceux qui avaient cru pouvoir user d'un stratagème pour étayer un article propre à inquiéter l'opinion publique". M. Comboul réplique que le journal est totalement "libre du choix de ses sujets y compris évoquer d'éventuels trafics d'armes de guerre dans la région. Sur le fond, nous maintenons la réalité de nos investigations".
De son côté, un expert proche des services de renseignement français confirme la pertinence des révélations de Nice-Matin. "Des armes de guerre circulent sous le manteau sur la Côte d'Azur et ailleurs. C'est un secret de polichinelle. Identifier et démanteler ces trafics, souvent artisanaux, s'avère judiciairement difficile", dit-il.