D'autant plus à lire que la direction de la LCR vient d'adopter à 80% l'orientation suivante :
1/ en 2008 le maximum de listes LCR refusant toute fusion au 2e tour avec le PS et ses alliés ;
2/ dans la foulée, création d'une nouvelle organisation rassemblant la LCR et celles et ceux qui l'auront accompagnée aux municipales.
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Une réponse au texte de Bensaid et Johsua dans Libération
de la part d'André Grimaldi, « ex Radot ».
Cher Daniel, cher Samy,
J'ai lu avec retard, du fond de ma tanière hospitalière votre tribune au journal Libération intitulée «Pathétiques ».
Je partage vos jugements : pathétiques, en effet, Kouchner ministre « boat-people », Ségolène Royal agitant le petit drapeau tricolore offert par Chevènement et courtisant Bayrou, DSK rivalisant de compétence économique avec les néo-libéraux, Fabius « à gauche toute » jusqu'à la synthèse, Montebourg dans le rôle de l'avocat radical, Marie-George Buffet rejouant l'alliée potentielle exigeante d'un PS sensé subir la pression des couches populaires, Voynet toujours candidate à un strapontin, hélas aussi, nos amis du collectif national unitaire faisant appel avant le 1er tour à Francis Wurtz pour sauver l'unité, et même notre ami José Bové acceptant une étude commandée entre les deux tours par « la petite mère du peuple ».
Hélas, votre liste désespérante est incomplète : pathétique Arlette Laguiller usée, certes comme nous par les années mais plus encore par son catéchisme inusable. Et pour se convaincre que rien n'a changé, LO fait l'addition : Arlette + Besancenot. + Schivardi = entre 5 et 7 %. Le compte trotskiste est bon. Et ça peut tenir encore pour quelques présidentielles !
Pathétique lui aussi, Olivier Besancenot déclarant au soir du 1er tour à des téléspectateurs tristounets «ce soir rien ne me fera bouder mon plaisir », pathétique toujours votre appel à créer un nouveau parti en s'adressant au peuple « par delà les appareils » (un 2e PT en somme !), pathétique la candidature de division de la LCR parachutée à Clermont-Ferrand contre le militant LCR unitaire local reconnu, et pathétiques les propos d'Alain, d'un autre age, rapportés par le journal Le Monde. La Ligue va t-elle réussir à combiner une orientation politique proche de celle de LO avec des méthodes organisationnelles aux relents lambertiste ?
Pathétique en effet la politique unitaire de la LCR réduite à néant au moment même où elle est à la fois indispensable et possible, alors qu'après 68 nous nous échinions à développer une politique unitaire malgré les difficultés (LO, le PSU).
Cette absence de réelle politique unitaire, à part le classique appel au front unique dans l'action, semble être la conséquence d'une stratégie réduite au triptyque historique : grève générale - double pouvoir - insurrection. Ce vide expliquerait l'appel rituel au « troisième tour social », à la grève générale « comme nos anciens », à la manifestation de rue, à la poursuite de l'action et au toujours plus !
Cette absence de réelle politique unitaire est d'autant plus pathétique que s'ouvre à la gauche du PS un large espace politique de décomposition / recomposition. Au lieu d'agir activement pour la structuration de cette espace, la Ligue donne le sentiment de souhaiter et d'attendre la décomposition (ça déblayera le terrain !). En même temps, la Ligue tient un double langage et fait semblant de se désoler sincèrement : « Hélas, nous sommes seuls ! ». Cette pratique du double langage sonne mal aux oreilles de certains anciens, comme moi, car elle ne fut ni notre culture, ni notre héritage. Cette solitude est en réalité auto-proclamée: « le PC est un parti de vieux, il n'en sortira rien ». Jugement assorti d'allusions complices rigolardes sur les « pans entiers », « les comités unitaires : un ramassis d'ex qui ont des comptes personnels à régler, le parti des sans partis », quant à « la gauche du PS, c'est moins que rien ». La gravité de cette situation tient au fait que la Ligue a aujourd'hui beaucoup plus de possibilités et donc beaucoup plus de responsabilités que nous en avions. La Ligue mise sur la destruction de la gauche de la gauche et va tirer argument de cette décomposition pour justifier sa politique sectaire. Logiquement son isolement l'amènera à décréter qu'il est à nouveau « minuit dans le siècle » et que la priorité est de regrouper un noyau arc-bouté sur le programme pour résister à la déferlante libérale. D'où votre appel pathétique « à la clarté, à la patience et au courage ». En réalité la classe ouvrière a subi une défaite idéologique et politique mais pas une défaite sociale. La bataille est devant nous et pas derrière nous, comme viennent de le montrer de façon déformée, le 2e tour des législatives. Pour vous convaincre vous-mêmes, vous estimez que le score significatif de Besancenot ne s'explique pas principalement par le talent médiatique et le sens de la répartie du « jeune postier » mais par la justesse de la ligne politique de la LCR. Sérieux ? Quel score aurait fait sur la même ligne politique Krivine ou Sabado ? Vous pensez vraiment que la différence de score entre Arlette et Besancenot s'explique par la plus grande clarté de la LCR vis-à-vis du PS ? Poser ces questions c'est y répondre. Le triomphalisme confinant parfois à l'arrogance ne peut combler les faiblesses d'une politique. Allez voir ou revoir le film sur Lip, vous apprécierez le décalage entre la politique unitaire des dirigeants de cette lutte (pendant, avant et après la lutte) et celle de la LCR d'aujourd'hui. Peut-être percevrez vous que la LCR a à apprendre des autres. Vous comprendrez ma rage impuissante à l'aune des espoirs que nous avons eu dans la LCR et vous mettrez à la rubrique des circonstances atténuantes, l'amitié fraternelle que je continue à vous porter. Ex Radot PS : Je viens de lire le texte de Samy : "Deux questions majeures sur l'expérience antilibérale" qui défend la stratégie révolutionnaire face à la « gagne » et la verticalité du parti face à l'horizontalité des réseaux. Il a hélas deux défauts majeurs : 1) Pas un mot en 8 pages sur la politique unitaire avec les antilibéraux. Vous imaginez la construction d'un parti révolutionnaire en France sans une politique unitaire passant par des accords, des fronts, des regroupements, des fusions ? C'est sûrement long et complexe, mais ça se prépare. 2°) La réfutation sommaire de l'hypothèse avancée, paraît-il par Yves Salesse, « d'un gouvernement antilibéral partiellement anticapitaliste ». Non seulement cette hypothèse témoignerait, d'après Samy de l'adieu à la révolution de son auteur mais surtout il la juge irréaliste car « un tel gouvernement ne tiendrait pas plus d'un mois ». C'est quoi le gouvernement Chavez ? (gouvernement que Daniel appelait à soutenir lors des élections vénézuéliennes « bien qu'il n'ait pas détruit l'état bourgeois » !) ---------------------------------------
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