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Après le bon score de leur candidat à l'élection présidentielle – 4,08 % des voix – les dirigeants de la Ligue tournent ainsi deux pages. Celle de la campagne du non au référendum sur la Constitution européenne, avec la recherche d'une candidature unitaire antilibérale à l'élection présidentielle, et celle de sa propre histoire, liée au trotskisme (Le Monde du 9 juillet).
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"Face à la crise de la gauche, il y a place pour un nouveau parti radical", explique son bras droit, François Sabado. La LCR, qui revendique quelque 3 000 membres, assure que 2 000 personnes ont contacté son siège pour demander à adhérer.
"Lors de la campagne, on a senti qu'un nouveau milieu politique, jeune et prolo, venait me voir", assure M. Besancenot. Le nombre de sympathisants venus à Port-Leucate (un petit millier de personnes) semble corroborer ce courant de sympathie.
Mais la Ligue telle qu'elle est, avec ses références au trotskisme, son rythme de réunions de militants quasi-professionnels et ses débats d'intellectuels, a du mal à attirer – et garder – ces nouveaux sympathisants.
"Nous voulons casser notre image d'organisation élitiste et avant-gardiste", souligne Pierre-François Grond, membre de la direction.
LES "COMITÉS ROUGES" DE 1969
Ce "nouveau parti", la LCR entend le construire seule, sans ses ex-partenaires de la gauche antilibérale – PCF, gauche des Verts, amis de Jean-Luc Mélenchon ou collectifs de la campagne du non.
"Il faut arrêter de chercher des regroupements de forces qui ne représentent plus rien. Nous voulons bâtir une nouvelle organisation sur la base du programme présidentiel d'Olivier, avec comme frontière indépassable, l'indépendance vis-à-vis des institutions et du PS", insiste Alain Krivine.
Fini donc d'espérer que des courants se détachent du PS ou du PCF, comme le voulait la tradition trotskiste. "Ça fait des années qu'on essaye et que cela ne marche pas", renchérit M. Besancenot. Il est "temps de refermer la page du vieux mouvement ouvrier pour en écrire une nouvelle, vierge, en regroupant par le bas des personnalités anonymes", a-t-il martelé dimanche.
Il veut ainsi rassembler "tous ces héros de la vie quotidienne qui n'ont plus envie de se laisser faire". Pas pour construire une "LCR bis autoproclamée" mais pour lancer une révolution interne.
Les minoritaires, emmenés par Christian Picquet, sont les seuls à s'opposer à cette nouvelle ligne : "on nous propose une organisation hermaphrodite, qui se reproduit sans partenaire !, ironise un de ses animateurs, Alain Mathieu. Ça ne marchera pas".
A leurs yeux, la tentative ressemble fort aux "comités rouges" que la Ligue avait impulsés en 1969, tentant de surfer sur la vague protestataire de Mai-68.
Les contours de la future organisation, encore flous, doivent être discutés à la fin de l'année par un congrès des militants de la LCR qui décideront, alors, ce qu'ils font de leur propre organisation.