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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 23:17

BILAN DES ENSEIGNEMENTS
DU BAROMETRE BVA-BFM-LES ECHOS
SUR LA CAMPAGNE ELECTORALE
Une pièce en 4 actes d’octobre 2006 à avril 2007


1 – Nature du document

Ce document présenté comme une pièce de théâtre en 4 actes retrace l’histoire de cette campagne présidentielle vue à travers le prisme unique de notre baromètre de l’Economie BVA-BFM-Les Echos.

Il est donc construit à partir des 7 synthèses mensuelles du baromètre qui ont été fidèlement compulsées et ne sont que raccourcies et « mises en scènes » : les grands titres encadrés et soulignés présentés comme des « actes » et des « scènes » résument l’information de ces synthèses mais en ayant bien à l’esprit le résultat final de l’élection.

Tout le corps du texte (en bleu) des synthèses est lui totalement et strictement « d’époque ».

2 – L’histoire racontée

Ce document fait un sort à plusieurs idées plus ou moins à la mode parmi les commentateurs selon lesquelles :

- La très large victoire de Nicolas Sarkozy prouverait une droitisation de la société française

- Ségolène Royal a perdu car elle a été « plombée » par le programme économique et social que lui imposait le PS

- La « centrisation » était et est encore attendue par les électeurs de gauche et c’est pour ne pas l’avoir effectuée assez nettement que Ségolène Royal a perdu.

L’examen de nos études dément indéniablement chacune de ces trois « analyses ». Il prouve au contraire que la gauche avait toutes ses chances de l’emporter mais qu’elle n’y est pas parvenue en n’assumant pas assez ses mesures et l’orientation idéologique et politique qu’elle induisait. C’est bien l’absence de lisibilité politique de la candidate sur les grands enjeux économiques et sociaux conjuguée à une propension à se « centriser » (entre-deux tours) voire à se « droitiser » (autorité, sécurité et drapeau) en faisant campagne sur les thèmes de son adversaire qui explique le mieux cette déroute.

3 – La portée du document

Aussi radicales qu’apparaissent les conclusions présentées ci-dessus, notre objet n’est évidemment pas de prendre parti politiquement. Il nous apparaît simplement pleinement légitime de répondre à des questions qui se posent aujourd’hui et auxquelles nos études nous permettent de répondre.

Par ailleurs, nous nous devons de préciser ces conclusions ne valident ou n’invalident en rien quelque orientation que le PS souhaiterait prendre pour l’avenir : savoir que l’on a perdu pour avoir été trop flou et s’être coupé des catégories populaires et des sympathisants de gauche ne signifie pas nécessairement qu’il faille que ce parti embrasse une ligne plutôt qu’une autre.

Dit plus directement, cette analyse dont l’ambition unique est de permettre de mieux comprendre les vraies raisons de l’échec du PS (qui étaient sans doute déjà celles de celui de 2002) ne cautionne pas mécaniquement l’adoption d’une ligne « classique » ni n’invalide la pertinence d’une ligne « réformiste ».

En effet, le triomphe de Nicolas Sarkozy a assez bien montré qu’une offre politique non systématiquement suiviste par rapport à la demande de son électorat pouvait très bien parvenir à remporter son adhésion in fine.

 

ACTE I – OCTOBRE-NOVEMBRE 2006, LUTTE INTERNE AU PS,

ROYAL ECRASE SES CONCURRENTS MAIS PERD DU TERRAIN DEBATS APRES DEBATS ET REALISE UN GRAND ECART IMPOSSIBLE A TENIR DANS LA SOCIOLOGIE DE SES SOUTIENS

 

ACTE I / SCENE 1 - 9 OCTOBRE 2006 : Royal écrase ses deux concurrents socialistes sur tous les enjeux économiques de la campagne mais on observe déjà de lourdes contradictions dans la sociologie de ses soutiens.

Ségolène Royal l’emporte nettement sur les enjeux économiques majeurs de la campagne à chaque fois, sauf sur la fiscalité et la réduction de la dette où DSK fait presque jeu égal.

Surtout, elle parvient à écraser ses deux concurrents auprès des sympathisants socialistes : l’écart moyen observé entre Ségolène Royal et son second, DSK, est de 22 points et culmine même à plus de 30 points sur la création d’emplois et les retraites, deux des enjeux jugés les plus importants par les Français comme les sympathisants socialistes.

Plus surprenant, elle bénéfice d’une image beaucoup moins « droitière » que supposé : elle est ainsi nettement préférée à Laurent Fabius par les sympathisants d’extrême-gauche et les catégories populaires, y compris sur les thèmes chers à l’ancien Premier ministre du pouvoir d’achat (44% contre 25%), des retraites (50% contre 16%), et du financement de l’assurance maladie (45% contre 20%).

Réciproquement, DSK est plus apprécié qu’elle par les sympathisants de droite et leurs catégories habituelles de soutien. Nul doute qu’avant le choix des militants socialistes, une telle domination et un tel marquage à gauche ne pourront être que profitable à Ségolène Royal.

Tout lui sourit à tel point que, sur un thème comme la durée du temps de travail, elle réussit même le tour de force de satisfaire des publics aux aspirations aussi contradictoires que les sympathisants de droite (30% contre 28% lui font plus confiance qu’à DSK), ceux du PS (58% contre 19% à DSK) et ceux d’extrême-gauche (45% contre 24% à Laurent Fabius).

Il lui sera toutefois difficile de ne pas décevoir les uns ou les autres à mesure que la campagne politique avancera et qu’elle devra plus clairement prendre position sur chacun des grands sujets.

 

ACTE I / SCENE 2 - 6 NOVEMBRE 2006 : à la veille du dernier débat, Royal domine toujours largement mais perd du terrain au profit de DSK et ne s’avère pas aussi en phase que Fabius avec les attentes du « peuple de gauche » concernant l’Europe

La présidente de Poitou-Charente perd du terrain sur tous les enjeux testés auprès des Français (de -2 points à -8 points par rapport à octobre) comme auprès des sympathisants socialistes (de zéro à -7

points). Le principal bénéficiaire de cette érosion de Ségolène Royal est Dominique Strauss-Kahn : tandis qu’elle perd en moyenne 4 points auprès des sympathisants socialistes sur ces 9 enjeux économiques majeurs, l’ex-ministre de l’Economie en gagne 6.

Comme sur l’économie, le palmarès des enjeux d’avenir liés à l’Europe et au monde voit Ségolène Royal dominer Dominique Strauss-Kahn et « écraser » Laurent Fabius.

En moyenne sur les 9 thèmes investigués, Ségolène Royal est privilégiée par 45% des sympathisants socialistes, DSK par 30% et Laurent Fabius par 13%.

Comme sur l’Economie, ce dernier est systématiquement jugé le moins crédible sur tous les thèmes investigués. Et pourtant, il est, de loin, celui dont les positions sur l’Europe se rapprochent le plus de celles des Français (37%, contre 29% à Royal et 13% à Strauss-Kahn), et surtout des sympathisants socialistes (51% contre 28% et 13%).

Le fait que cet avantage structurel de l’ex-premier ministre – conféré par sa position en faveur du non lors du référendum sur le TCE – ne se traduise absolument pas pour le moment en termes de crédibilité s’explique largement par la difficulté qu’à Laurent Fabius à convaincre de la sincérité de son « nouveau » positionnement politique de ces deux dernières années.

Il lui sera donc sans doute difficile d’en convaincre les adhérents socialistes au cours des 10 prochains jours.

 

ACTE II - DECEMBRE-JANVIER, ENTREE EN CAMPAGNE : ROYAL PRESUMEE SOCIALE DOMINE SARKOZY PRESUME COMPETENTEN ECONOMIE, MAIS ELLE PEINE A RASSEMBLER SON CAMP

 

ACTE II / SCENE 1 : 6 DECEMBRE 2006, alors que Sarkozy la domine sur les enjeux économiques, Royal le devance sur l’enjeu prioritaire des Français, le social.

 

Royal domine son rival sur les enjeux sociaux ; légèrement concernant sa capacité à réduire le chômage (42% contre 37% ; différentiel de 5 points) et de façon écrasante concernant sa capacité à « mener une politique sociale juste » (57% contre 27% ; différentiel de 30 points).

Elle est en revanche systématiquement dominée par Nicolas Sarkozy sur tous les enjeux économiques. L’ex-Ministre de l’Economie est ainsi jugé nettement plus capable de réduire la dette et les déficits publics (45% contre 35%), sensiblement plus capable de favoriser la croissance économique en France (44% contre 38%), et donc, globalement plus capable de mener une politique économique efficace (43% contre 39%).

Les sympathisants de chaque camp plébiscitent logiquement leur « poulain », mais ceux du PS sont tout de même en moyenne 3 fois plus nombreux (21% contre 8%) que ceux de droite à opter, en ces domaines, pour le candidat de « l’autre bord ».

Comme elle vient de l’entreprendre sur le volet International avec son voyage au Moyen-Orient, il serait important pour Ségolène Royal de pouvoir faire entendre de façon claire et audible ses propositions en matière économique afin d’éviter que son adversaire ne prenne durablement une nette avance sur elle sur un sujet clé pour l’élection à venir.

Inversement, Nicolas Sarkozy doit poursuivre sa stratégie d’euphémisation de ses positions – au delà de la seule transformation de son slogan de la « rupture » à la « rupture tranquille » – afin de paraître plus « humain » sur le plan social et de moins « inquiéter ».

Tels sont sans doute quelques uns des défis qu’ils auront à relever dans les mois à venir s’ils veulent convaincre et faire la différence.

 

ACTE II / SCENE 2 : 16 JANVIER 2007 Royal est jugée plus convaincante que Sarkozy

sur le logement mais peut pâtir de ne pas avoir suivi Hollande sur ses hausses d’impôts

Après avoir longtemps laisser le champ libre à N. Sarkozy sur la question du logement, S. Royal aura finalement été plus convaincante que lui sur le sujet puisque 43% des Français contre 35% lui font plus confiance pour traiter efficacement le problème du logement.

Au niveau sociologique, la candidate socialiste réussit le tour de force de dominer très nettement (écarts compris entre 10 et 20 points) son adversaire dans toutes les catégories sociales.

Mais, dans les semaines à venir, chacun des candidats devra parvenir à fédérer son camp et à convaincre les indécis.

Or, dans ce contexte, Ségolène Royal pourra peut-être regretter d’avoir donner l’impression de désavouer les orientations fiscales souhaitées par son compagnon, François Hollande.

L’augmentation des impôts des personnes gagnants plus de 4000 € net par mois voulue par le premier secrétaire du PS est en effet approuvée par une courte majorité de Français (50% contre 46%) mais parvient surtout à fédérer une très large majorité de sympathisants socialistes et, plus globalement des partis de gauche (64% contre 33%).

Bien entendu la mesure est clivante au niveau sociologique (les ouvriers y adhérent à 66% ; les cadres et professions libérales y sont hostiles à 60%), mais elle permet justement en cela de donner des gages ou des signes à un électorat populaire se défiant traditionnellement du PS (ou l’inverse). A l’instar de ce qu’a d’ores et déjà réussi Nicolas Sarkozy au sein de l’électorat de droite, c’est peut-être avec des annonces de ce type – polémiques et clivantes – que Ségolène Royal parviendra à fédérer un électorat potentiel, pour l’heure, encore très volatil.

 

ACTE III – FEVRIER-MARS, VILLEPINTE CONSACRE UN BON PROGRAMME MAIS UN INTERPRETE NE PARVENANT PAS A PROPOSER UNE ORIENTATION ECONOMIQUE ET SOCIALE CLAIRE ET LISIBLE. ROYAL DECOIT PEU A PEU LES SYMPATHISANTS DE GAUCHE ET LES CATEGORIES POPULAIRES

 

ACTE III / SCENE 1 : 13 FEVRIER 2007, Les grandes mesures économiques et sociales

présentées à Villepinte sont largement approuvées, mais c’est le programme économique

et social de Nicolas Sarkozy qui est jugé le meilleur.

Les principales mesures économiques et sociales issues des 100 propositions qu’elle a présentées étant non seulement appréciées mais jugées positives pour l’économie française par une large majorité de Français : La hausse de 5% des petites retraites, l’obligation faite aux entreprises de rembourser les aides accordées par l’Etat en cas de délocalisation et le « bouclier logement » (…) sont des mesures plébiscitées par 8 Français sur 10 (87%, 79% et 81%) qui les jugent économiquement efficaces. Tout aussi populaires à gauche mais un peu moins auprès de l’ensemble des Français, la création de l’allocation autonomie pour les jeunes (64% au global et 79% auprès des symp. de gauche) et la hausse du SMIC à 1500 € (65% et 82%) sont des mesures jugées positives pour l’économie. Pourtant, malgré ce « grand oral » réussi par Ségolène Royal, le programme économique et social de Nicolas Sarkozy est jugé meilleur que le sien.

L’avantage du candidat de l’UMP est certes mince – 36% contre 33% – mais est problématique, s’agissant d’un domaine où un candidat de gauche bénéficie habituellement dans l’Opinion d’un crédit supérieur à son adversaire de droite.

La campagne ne fait que commencer et Ségolène Royal vient tout juste de présenter son programme. Elle a encore largement le temps de reprendre l’avantage sur son adversaire dans ce domaine et y aurait sans doute plus intérêt qu’à l’attaquer sur « son » terrain de prédilection, l’autorité.

Pour y parvenir, il faudrait et suffirait que la candidate du PS poursuive sa démarche de (re)conquête de son électorat : Un quart des sympathisants de gauche jugent actuellement que les politiques économique et sociale proposées par Nicolas Sarkozy (11%) ou François Bayrou (14%) seraient meilleures que la sienne.

 

ACTE III / SCENE 2 : 29 MARS 2007, pour la deuxième vague de notre indicateur de performance économique et sociale comparée, Royal perd systématiquement du terrain, notamment auprès des ouvriers, mais domine toujours Sarkozy sur les enjeux sociaux

Si Ségolène Royal apparaît toujours plus capable que Nicolas Sarkozy de rassurer les Français sur les sujets « sociaux » – réduction du chômage (44% contre 42%) et surtout capacité à mener une politique sociale juste (57% contre 33%) –, son avance s’est érodée en l’espace de trois mois. Alors que le différentiel Royal – Sarkozy sur ces sujets était de respectivement +5 points et +30 points en faveur de la candidate socialiste en décembre, il n’est plus que de +2 et +25 aujourd’hui.

Parallèlement, le retard de Ségolène Royal sur Nicolas Sarkozy en ce qui concerne sa compétence économique perçue s’est nettement accentué durant cette même période : l’avantage à Nicolas Sarkozy en ces domaines était en moyenne de +7 points, il est désormais de +12 points.

La campagne du candidat de l’UMP sur le front économique et social apparaît donc pour l’heure plus efficace et convaincante que celle de son adversaire socialiste.

Un simple indice synthétique global de performance comparée des deux candidats sur ces 5 enjeux (somme des scores de l’un « moins » somme des scores de l’autre) le montre bien : cet indice s’établissait à +15 pour Ségolène Royal en décembre, il est maintenant de +9 en faveur de Nicolas Sarkozy ; soit 24 points de glanés par le candidat de l’UMP en trois mois.

Ce sont les évolutions observées auprès des ouvriers qui expliquent le plus ce redressement de Nicolas Sarkozy ou cet effondrement de Ségolène Royal : Sur les trois enjeux purement économiques ainsi que sur la capacité des candidats à réduire le chômage, Ségolène Royal devançait Nicolas Sarkozy de 57 points d’indice en décembre auprès des ouvriers ; elle ne le devance plus que d’1 point aujourd’hui.

Pourtant, la prééminence des enjeux sociaux sur les enjeux économiques avantage toujours la

candidate socialiste.

Les enjeux majeurs de cette campagne pour les Français étant bien plus sociaux qu’économiques, il convient de relativiser la domination globale de Nicolas Sarkozy sur ceux-ci. Ainsi, la capacité d’un candidat à réduire le chômage (1ère attente avec 60% de citations) et à mener une politique sociale juste (2ème cité avec 42%) sont des enjeux nettement plus importants aux yeux des électeurs que les trois autres enjeux économiques testés (respectivement 32%, 28% et 23% de citations).

Or, Ségolène Royal est toujours dominante sur ces enjeux prioritaires, même si elle est en forte baisse par rapport à décembre (Cf. supra).

La baisse enregistrée par Ségolène Royal sur ces enjeux prioritaires, tout particulièrement auprès des ouvriers, devrait sans doute inciter la candidate à réorienter son action et son discours dans cette voie, plutôt que dans celle de l’identité nationale, ou de l’insécurité, sujets nettement moins prioritaires pour les électeurs et sur lesquels Nicolas Sarkozy la domine structurellement.

C’est en effet sur ce champ social et tout particulièrement auprès des catégories populaires que Ségolène Royal a le plus de possibilités de gains électoraux.

Son récent rattrapage de Nicolas Sarkozy dans nos intentions de vote (+3 points au 1er comme au 2nd tour) en témoigne assez bien, celui-ci s’expliquant essentiellement par une forte progression (+6 points) auprès des catégories populaires du fait de l’actualité médiatique de ces sujets (Airbus, Alcatel-Lucent, manifestation des enseignants, etc.)

 

ACTE IV – AVRIL 2007, A J-10, SARKOZY ECRASE ROYAL SUR NOS INDICATEURS DE PERFORMANCE ECO ET SOCIALE ALORS QUE LES MESURES DU PS SONT PREFEREES A CELLES DE L’UMP

 

ACTE IV / SCENE 1 : 26 AVRIL 2007, 1er VOLET, la course au centre de Royal déçoit les catégories populaires et les sympathisants de gauche et permet à Sarkozy d’accentuer encore sa crédibilité sur le plan économique et social

Si S. Royal apparaît toujours bien plus capable (59% contre 33%) que N. Sarkozy de mener une politique sociale juste (…), elle est nettement devancée par ce dernier sur les 4 autres enjeux testés. Le baromètre consacre même un renversement de tendance spectaculaire sur l’enjeu majeur de cette élection (1ère attente avec 60% de citations le mois dernier), le chômage. Alors que sur ce thème, perçu comme social et habituellement plus favorable à la gauche, Ségolène Royal dominait Nicolas Sarkozy de 5 points en décembre dernier, et encore de 3 points il y a un mois, il la devance désormais de 13 points (48% contre 35%) !

Des gains comparables (16 à 20 points d’indice depuis décembre) sont enregistrés par Nicolas Sarkozy concernant sa capacité à mener une politique économique efficace (56% contre 32%), à favoriser la croissance (56% contre 31%) et à réduire la dette et les déficits (55% contre 29%).

Dans la période actuelle de « course au centre », deux autres informations sont intéressantes :

- Le recul de Ségolène Royal s’explique essentiellement par une démobilisation du noyau dur de l’électorat populaire et de gauche au fur et à mesure de la campagne : Seulement 61% des sympathisants de gauche la jugent plus crédible que Nicolas Sarkozy en moyenne sur nos 5 indicateurs (73% en déc.), et seulement 57% spécifiquement sur le chômage (74% en déc.).

Inversement, Nicolas Sarkozy est plébiscité par 77% des sympathisants de droite au niveau global et par 76% d’entre eux en ce qui concerne spécifiquement le chômage.

- Les électeurs de François Bayrou, par ailleurs déjà sensiblement plus enclins à un vote Royal que Sarkozy sont tout aussi sévères à l’égard de cette dernière que la moyenne des Français concernant sa crédibilité économique et sociale. Il serait donc bien difficile et pas forcément « rentable », du fait de la démobilisation de l’électorat de gauche que cela pourrait induire, de trop en faire dans la conquête des voix centristes. D’ores et déjà, les électeurs de l’extrême gauche ne sont que 58% à la juger la plus crédible sur les enjeux testés, ce qui explique peut-être que plus d’un tiers d’entre eux n’envisage pas pour le moment de voter pour elle au second tour (BVA Orange du 24 avril)…

 

ACTE IV / SCENE 2 : 26 AVRIL 2007, 2ème VOLET, Royal perd contre Sarkozy alors que le programme économique et social du PS est jugé bien meilleur que celui de l’UMP

Les principales mesures économiques et sociales prônées par Nicolas Sarkozy suscitent presque toutes l’adhésion d’une majorité de Français, à l’exception notable « du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite » (53% contre 43% y sont opposés). 64% des Français se déclarent favorables aux 5 mesures testées et 69% sont favorables à une majorité d’entre elles.

Mais les mesures économiques et sociales proposées par Ségolène Royal suscitent toutes au minimum l’adhésion de plus des deux tiers des Français (minimum 68% d’avis favorables sur le SMIC à 1500 €) et en moyenne de plus des trois quarts d’entre eux (76%).

Même des mesures que certains pensaient impopulaires, comme « la hausse de l’IR pour les plus hautes tranches » (72%) ou qui ont été parfois présentées comme trop autoritaires, comme « la reprise des aides versées aux entreprises délocalisant » (81%) suscitent une très forte adhésion.

Très populaires auprès des Français (76%) ces mesures semblent très mobilisatrices pour les sympathisants de gauche (86%) tout en étant fort appréciées des électeurs de François Bayrou (77%).

Ces derniers sont d’ailleurs plus nombreux (77% contre 66%) à soutenir les mesures du « pacte présidentiel » que celles du programme de Nicolas Sarkozy.

C’est donc sans doute davantage dans son programme, et son ancrage à gauche, que dans sa personnalité et son ouverture plus forte au centre que résident les principaux atouts de Ségolène Royal.

 

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Published by Rouges et Verts
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