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LE BLOG
DES ALTERNATIFS
Oserai-je l'avouer face au tollé provoqué par l'« affaire » de la candidate au foulard musulman du NPA ? Lorsque j'ai entendu cette information, j'ai trouvé que c'était plutôt une bonne nouvelle. Je l'ai dit lors un débat sur BFM-TV ce jour-là, pour m'entendre traiter de suppôt de l'« islamo-gauchisme » par l'éditorialiste conservateur du Figaro Ivan Rioufol.
Je ne me reconnais pas dans l'« islamo-gauchisme », le NPA n'est pas vraiment ma tasse de thé, et ce n'est pas le calcul politique du parti d'Olivier Besancenot qui m'intéresse ici. Mais j'essaye de po-si-ti-ver, et je trouve que cette candidature est plutôt une bonne nouvelle pour la société française.
Je m'explique : si Ilham Moussaïd s'était présentée non pas sur la liste du NPA mais sur une hypothétique liste d'inspiration islamiste, tout le monde aurait trouvé ça cohérent, et l'aurait condamnée avec autant de virulence comme le signe de l'« islamisation » rampante de la société française.
Le fait qu'elle ait choisi de s'engager dans la vie politique nationale dans un parti paradoxalement très classique malgré son caractère « anticapitaliste », est à mon sens un choix d'intégration -le mot est lâché- qui devrait réjouir tous ceux qui se lamentent sur le fait que la machine intégrationniste française ne fonctionne plus aussi bien qu'avant.
A moins qu'en disant « intégration », on pense « assimilation », les deux notions ayant longtemps été confondues dans le discours national sur l'immigration. Or, depuis longtemps déjà, sans avoir été réellement « acté » officiellement, les deux notions ont divergé : on peut être parfaitement intégré dans la société française sans pour autant s'assimiler, c'est-à-dire perdre son identité d'origine.
Ça ne s'applique pas qu'aux musulmans : de nombreux Juifs, Arméniens, et bien d'autres vivent aujourd'hui leur intégration dans leur différence sans que la cohésion nationale n'en soit menacée.
Et les Français ne vivent pas ça si mal que les gros titres (ou Eric Besson) le laisseraient croire. Selon une étude rendue publique cette semaine par Equity Lab et TNS Sofres, 77% des Français considèrent positivement la « grande diversité des origines et des cultures » dans la société française, un score qui se retrouve dans toutes les classes d'age et les catégories sociales. Sans surprise, il n'y a que chez les électeurs du Front national que cette opinion devient majoritairement négative.
Cette étude rappelle que plus du quart des Français ont un grand parent ou un parent étranger, et 22% des Français se disent porteurs de plusieurs cultures, un phénomène trop important pour être marginalisé ou repoussé sous le tapis.
Autre donnée intéressante : une majorité claire (62%) considère que l'intégration est avant tout perçue comme « la possibilité pour un individu de vivre ses différences culturelles, tant que cela ne heurte pas ses concitoyens », contre un quart des Français interrogés, qui considèrent que les personnes d'origine étrangère doivent renoncer à leur culture d'origine pour s'intégrer.
Le foulard, à ne pas confondre avec la burqa qui est un tout autre débat, fait-il partie de ces signes qui « heurtent » les concitoyens de ces Françaises de culture musulmane ? Le sujet divise assurément : dans ce sondage, 54% des Français accepteraient une collègue de travail voilée, mais 44% refuseraient.
Pour revenir à la candidate du NPA, pourquoi ne pas voir comme un signe positif le fait que cette jeune femme distingue sa foi, qui appartient à la sphère privée, et un engagement politique et citoyen auquel elle a droit comme tous les Français ?
En écrivant cela, je sais que je risque d'apparaître comme un naïf, ou pire, un « idiot utile » de je ne sais quel complot, aux yeux de ceux qui voient dans cette affaire une entorse criminelle à la sacro-sainte (sic) laïcité.
L'incrédulité de la presse étrangère (voir un récent éditorial du New York Times qualifiant l'interdiction envisagée de la burqa en France comme une « incitation à la haine ») face à la manière dont la société française aborde la question de l'Islam en France inciterait à prendre un peu de recul face à l'hystérie quotidienne du débat public. Et à prendre les bonnes nouvelles pour ce qu'elles sont.

D'où je parle ? Militante féministe de
longue date maintenant, une des animatrices depuis 1995 du Collectif droits des femmes 06, militante des Alternatifs, membre de la commission féministe nationale. Je suis aujourd'hui tête de
liste départementale 06 pour les élections régionales , charge que j'ai acceptée par conviction féministe : on peut difficilement critiquer la faible représentation des femmes en politique,
réclamer la parité en toutes circonstances et refuser de s'engager (et de s'exposer?) quand une tête de liste est proposée aux Alternatifs !
Lors de notre première rencontre régionale avec le NPA, pour conclure un accord politique et programmatique, nous avons été informé-e-s de la présence sur la liste Vaucluse d'une jeune militante
portant un foulard. J'insiste sur le mot "foulard" car j'ai vu trop de textes circuler parlant de "burqa" ce qui n'est pas du tout la même chose.
Pour moi Ilhem est avant tout une femme engagée, active, portant un projet politique anticapitaliste , social et écologiste, ET portant un foulard. Ce n'est pas pour son foulard qu'elle est sur
la liste. Pourquoi pourrait-elle être trésorière de son groupe, participer aux réunions, coller des affiches et être interdite de présence sur une liste qui défend ses convictions? Son choix est
au contraire une marque forte d'émancipation .C'est courageux de sa part d'avoir choisi d'affronter certaines personnes de son quartier qui la critiquent justement parce qu'elle milite et
qu'elle a choisi de s'engager en politique .Elle demande elle-même a être jugée pour ce qu'elle fait et pas sur ce qu'elle porte.
Certes Ilhem Moussaïd est croyante, certain-e-s d'entre nous le sont (moi pas) doit-on la rejeter pour cela?
Certes ce foulard est un signe religieux plus visible que d'autres , aurait-on vu les mêmes réactions d'hostilité envers une autre religion?
Certes ce foulard est un symbole de domination masculine présente dans toutes les religions mais dans notre vie quotidienne également Qui peut prétendre ne pas y être soumis-e ?
N'est ce pas l'occasion de nous s'interroger sur ce que nous impose la domination masculine? Pourquoi tant d'exigence , de besoin de "certificat de libération" envers les femmes voilées?
Un homme se réclamant d'une religion ne serait pas rejeté sous prétexte que cela ne se voit pas , c'est un peu faux-cul tout de même?
Au nom du féminisme ce sont des femmes que l'on rejette , n'est ce pas contradictoire?
Il faut s'interroger aussi sur ce qui celles et ceux qui se découvrent féministes pour combattre l'islam (et tout un pan de la population qui y est amalgamée) et qui par ailleurs combattent
le droit à l'avortement . ou encore, celles et ceux qui agitent la laïcité mais qui défendent les subventions aux écoles privées confessionnelles ...
Depuis mercredi nous n'avons cessé de débattre , entre Alternatifs ou avec le NPA lors du meeting de lancement de la campagne dans les Bouches du Rhône, en présence d' Ilhem Moussaïd. Elle nous a
dit être contre toute forme de violence et d'oppression , pour l'égalité hommes femmes, pour la contraception et le droit à l'IVG . Elle pense qu'il n'y a pas qu'une seule manière d'être
féministe. Elle sait que certaines femmes sont contraintes de se voiler et qu'elle se battra pour elles. Serions-nous contre le voile en rejetant les femmes voilées ?
La candidature d'Ilhem m'oblige -nous oblige- à réfléchir encore et c'est une bonne chose . A l'inverse ce n'est pas en la rejetant et en la sommant de faire un choix entre son engagement
politique et l'expression visible de sa croyance religieuse que le dialogue continuera avec elle et qu'un jour , je l'espère , elle enlèvera elle-même son voile comme tant d'autres l'ont fait
avant elle.
Florence Ciaravola
Un an après la guerre destructrice à
Gaza, alors qu’il n’a jamais respecté les condamnations des Nations unies depuis soixante ans, Israël pourrait bien rapidement rendre des comptes grâce à cette instance dont la première session
aura lieu en mars [1]. Le 16 décembre dernier, a eu lieu à Bruxelles la journée d’introduction à la première session du tribunal Russell sur la Palestine .Il a été lancé à l’initiative de Leila
Shahid, déléguée générale de Palestine auprès de l’Union européenne, Nurit Peled, prix Sakharov 2001 et militante de la paix, et Ken Coates, politicien britannique et président de la fondation
Bertrand- Russell pour la paix. Il se réfère notamment à la décision rendue le 24 juillet 2004 (1) par l’Assemblée générale des Nations unies, condamnant une nouvelle fois l’État hébreu pour
l’occupation des territoires «demandant à Israël, la puissance occupante, de respecter ses obligations mentionnées dans le texte » et « appelant les États membres des Nations unies à se conformer
à leurs obligations pareillement ».
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